CHAPITRE XXXL
Les supérieurs doivent même rendre servitude au prochain pour l'amour de Jésus, el par hommage à sa puissance suprême. Humilité et charité, deux verlus inconnues au inonde avant la venue de soji sauveur.
Nous devons raôrae rendre servitude à autrui par son amour, et par hommage à cette sienne puissance, ne servant pas seulement à lui, et [)rali(iuanl ces grandes et glorieuses paroles de l'Apôtre, esclave de Jésus, et des autres encore jiour l'amour de Jésus : Nos autem servos vestros per Jesum (Il Cor. IV, 5), servants aux âmes en sujétion el humilité comme leurs esclaves, et connue leurs esclaves par Jésus. Ainsi en noire ministère, et en chaque action d'icelui, nous exerçons saintement l'humilité et la charité tout ensemble, les deux vertus plus grandes du christianisme, et les |)lus inconnues au monde avant l'arrivée de celui qui est la lumière et l'amour du monde ; car aimant Dieu dans les âmes, et nous humiliant sous le pouvoir de Jésus, nous servirons les âmes, ayant toujours jtrésente cette autorité sacrée de Jésus sur elles et sur nous. Aimons et adorons celle autorité de Dieu-Homme, et de
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MKMOUI.M. I>r, IHIIKCTION.
rHomnio-Dioii. on h(]n('llo consiste lonl nolii' honliciir CM la lerri'cl aiiricl, en Icmirsct en (^It'iriité : .lutonlé par la(|ii('IU! ri(nis devons ac(()iii|ilir luiis nos devoirs et loules nos fl( lions; nuiofilù sous reinitire de In- (pndle nous ilcvons consa.rer noirn vie el noire tnorl, et pour l'élffidue de l/njucllc nous d"vons employer tous nos l.iltcnrs, servant par noire ministère h ce (jue son règne advienne, el son avènement s'ap|iro- «•lie, s(don sa paroI(> : Ailrcninl mpium lunin (Mittth. I, 10), el c(dle de son liien-aiiiK' saint Jean : \ etii,t)iniiiw Jrsu.iApoc. xxii, iO.) (lar c'est en celle parole (pie nous voulons tinir cette in>tilulion en l'Iionneurde Jésus et do son bien-aimé disciple, ,(|ui a voulu linir en celte iu(^me parole le livre (jue Jésus-Clirisl a donné jiar lui h son K.^lise.
CHAIMTIU: XXXII.
Les supérieurs doivetil ^ire dans un ardent dr'sir de l'avénrmenl de Jésus el de son règne. Nous ne sommes en In terre ({ue pour établir le règne, et annoncer le glorieux avènement de Jtfsus.
Cette sainte parole donc (juo Jésus a voulu enclore enla prière (pi'il a lui-mé(ne enseignée à tous les (Jiréliens, et en laipielle le bien-aimé de Jésus a voulu cloie son Apocalypse, doit èlre gravée en nos esprits, et souvent exprimée en notre C(eur et en no're bouclie : car elle nous lie d'amour à Jé-sus et à son avènement, qui l)éatiiie nos âmes et nos corps. Elle nous représenle le fonds et la fin de noire ministère, qui tend h pré-
{ tarer et avancer le dernier avènement cJu 'ils de Dieu, comme les prophètes servaient à son premier avènement. Elle nous marque un des devoirs principaux des Chrétiens, qui doivent èlre en attente el en désir môme de cet avènement, selon ces propos du Fils de Dieu: Eslote similes liominibus exspectantibus dominuin suum [Luc. xii , 3G) ; et ceux de son apôtre , qui approprie la couronne de Dieu, lis qui diliyunt adventum ejus. (Il Tim. iv, 8.) Elle e>t conforme à l'esprit apostolique, qui représente à tous les fidèles ce dernier jour comme prociie, qui n'est pas bien éhjigné d'un chacun de nous en [larticulier, par Tlieure ()rouiple et incertaine de la mort. Servons-nous donc de cette sacrée parole, recueillant hïs aifections el dispositions qu'elle doit produire en nous; reconnaissons l'état de notre voc;Uion; rendons-nous dignes de ses œuvres, el consacrons ut employons notre Ame el notre ministère h l'ctrel pour lequel Dieu a créé l'un et ordonné l'autre, el voyons que nous sommes en la terre et en l'Eglise pour établir le règne el avancer le glorieux et souhaital)le avènement de Jé.NUS. Comportonsnous comme huiuhles sujets el dignes ollîcicrs de sa couronne, et vivons en sorte it qui homo Dei et Christi esse jam cœpit, Deo et Christo dignus habeatur, (.omme dit saint Gyprien. (seini. i De mortalilale.) A cet effet, corres()ondant aux desseins de Dieu sur nous, et servant en la puissance de son Fils enla terre, oublious-nous nous-mêmes, éle-
v(»ns-nous nu ciel, ndliérons }) Jèsn<;, Dieu et homme, adhérons à Marie, N'iergf* et mère, et mère de Dieu, et ndliérons à Dieu mfta)0 en son unité el tiinilé.
CIIAPITUE XXXIII.
J.es trois objrts de la fui rt pitié chrétienne sont Diiu, Jésus ri Marie. I.' fù/lisr honore tingulirrrincnt la liaison inrjrahlr dr l'unité ai ec la Irinité rn Uini : di- I humanité avec la divinité rv Jésus ; dr In vin/inité arrr la vtatrrnilé m Marie. Marin parte le nom de N'ijrge par cxrrllence. IS'ous devons invoquer souvent rrs trois objets et tirer direction de ces trois autorités. Dieu a révélé la fécondité de son essence, au temps qu'il a voulu donner fécondité à l t'ylite, et la multiplier par toute la terre.
Ce sont les trois objets de la foi ot piété chrétienne, qui reconnaît une merveille singulière en la liaison inelîahle de l'unilé avec la Irinité en Dieu ; de l'hjmanité avec la divinité en Jésus ; de la virginité avec la nialernilé en la N'iei'ge, qui porte ce nom j)ar excellence, et par honneur de cette vertu rare el choisie [lour honorer et accompagner la fécondité et maternité divine, qui a produit le Fils de Dieu au monde. Contemplons souvent ces trois merveilles, adressonsnous distincement 5 ces trois objets distincts, dérivons notre direction de ces trois autorités diirérentes, de chacune selon leur condition el projiortion, et nous adressons à l'autorité de Dieu suprême sur toutes choses, pour en tirer puissance el conduite ; adhérons à l'unité de son essence et à la fécondité de ses personnes pour concevoir l'esprit d'unilé, de sapicnce, de charité et fécondité sainte el spirituelle dans son Eglise, en l'honneur el imitation de la fécondité et propriété des trois |)ersonncs divines. Car le Dieu que nous adorons Deus unus et trinus est, (jui est un langage dilféienl do celui (|u'on tenait au peuple d'isiaël, aïKpiel Moïse disait simplement : Deus luus Deus unus est, lui cachant la pluralité iles personnes qui nous est révélée. Aussi lors celle unité était restreinte à un seul peuple, et mainlenant on parle d'unité et de Irinité tout ensemble. El on nous ap(trend en l'unité la fécondité de notre Dieu, qui en Thonneur de cette sienne fécondité, au tem(»s auquel il a voulu la révéler et manifester à son Eglise, il a aussi voulu bénir, étendre eldilaler son Eglise par toute la terre. Enla vertu et puissance de cette unité et fécondité, les suj)érieurs doivent être bénis el assistés d'une fécondité sainte el spirituelle, produisant el étant la connaissance de l'amour de Dieu dans lésâmes, en honneur el imitation des processions divines qui sont j)ar amour el parconnaissance. En l'honneur donc de cette unité et triiiilé, travaillonsen notre mini>lère; écoutons celui que Jésus a donnépour pasteur h toute son l^glise, et suivons cessacrées paroles de saint Pierre : i'nusquisque sicut accepit gratiam in alterulrum illa'n administrantes, sicut bonidispensalorea tnultiformis gratiœ Dei. Si quis loquitur,
Christum : cui est gloria et imperium, in sœcula sœculorum. Amen. (/ Pelr. iv, 11.)
piasi sermones Dei : si guis ministrat, tanjjiiam ex virtutc, quam administrât Deus : 'ut in omnibus honorificetur Deus, per Jesam