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iih'il fûi a| cirti , le cl(5:u()n no lu trnvaillant urdiiiaireiuenl ({uc la unit.
Le inôiiie Snùl servira (l'cxeiiiple «les possessiotis moins violentes ; car son lonrnienl est bien modéré, puisipie le son d'une li.irpe lu diminue, et |iuis(|u'il n'en [lerd point l'usnge el la liberté «le son discernement ; jugeant liien le moyen du couvrir son intention maligne de l'apparence d'une rencontre lorluile, en poussant la lance conliu David si h propos (pie l'on estime (ju'il l'adresse contre la muraille et non contre liji.(/ Rey. XIX.) Acte pourpensé et exécuté durat)t son accès el attribué toutefois non au démon mais ^ Saiil.
III. Ampiel je joindrai riiisloire de cetlo fillo d'Alnaliam (ainsi et non autrement estelle appelée de celui qni donne TtHre et le nom à toutes choses) qui était aini,j;éc d'un mal référé h Satan, et au rapport du grand et divin médecin, n'avait pas senk-ment une intirmilé, mais lialxhat spiritum infirmilalif! (98). Ce néanmoins elle n'en avait autre incommodité (joe d'être courbée sans se Mouvoir aucunement redresser. Et bien (|ue l'enfant lunatiiiue fill [>Ius travaillé, si est-ce que ce qui est déduit de son mal ne surftasse pas la fureur d'une épilepsie, encore qu'il n'y ait pas d'apparence que le Père, représentant les accès à Jésus-Clirist pour l'émouvoir, ait oublié lesplus violents, ni que les apôtres narrant l'histoire, aient recueilli les moindres.
IV. La troisième particularité est vérifiée en deux possessions que saint Matthieu (99) raconte ; celle du démoniaque muet seulement, au chapitre ix ; celle de l'énerguraène muet et aveugle, au chapitre xii. De l'un desquels saint Luc faisant mention, ne rapporte, non plus que saint Matthieu, aucun autre accident de sa {)Ossession; ce qu'il n'eût omis en un fait mémorable, contesté des {)harisiens, admiré des Juifs, sur lequel expressément il re[)assail la main a[)rès saint Matthieu ; car c'est le devoir de celui qui prend le crayon après un autre, d'ajouter les traits qui manquent, el c'est la coutume des derniers évangélistes d'accomplir le narré de ceux (pii les ont précédés Défait saint Luc qui n'y rennrquc rien de plus, y a|)porie |)lus de lumière ; car, au lieu (jue dans saint Matthieu celte privation est attribuée à l'homme, elle est ici attribuée au démon. Jésus, dit-il, chassait un diable et il était muet (100). Comme si cet etfet, lequel il applique à ce démon, lui était propre, selon le sens et l'oiiinion de ceux ijui estiment que les malins esprits ont partagé entre eux el les péchés et les peines; en sorte que chacun d'eux a son vice auquel il nous sollicite le plus ; chacun a son tourment, lequel il nous apporte plus volontiers, d'oii ils
[9i) liane alligavit Salanas, dit Jésus-Christ. {Luc. XIII, IG; Màlllt. xvii ; Luc. ix.)
(91M Sailli Clirysosloiiie el Tiieoph. Sur saint Matthieu , tiennent que ce démunia<|ue élail muet et aveugle, nun de nature, uiais par la po.-session de Satan , de laquelle il ne lesseiilait aulic effet quç celle perle de vi.e cl de parole.
tirent leurs noms ainsi que de qualités distinctes; l'un élant nommé pour le regard des [leines, l'espril sourd el muet en saint Man (101); l'autre, esprit d'infirmité en saint Luc (xm,^ ; et pour le regard des vices, l'un, esprit d erreur en saint l»aul (/ nm. iv) ; l'autre, esprit de fornic.ition en O^ée (102). (Jue si celle remarque n'est agréable h quelques-uns, au moins il leur appert que l'un (le ces malins esprits étant (pialifié l'esprit d'inlirmité, el l'autre, esprit sourd el mud, c'était leur uniqui-ou [nincipal effet, j»uisquils en sont dénommés, rellemenl (jue nous avons toujours droit [(J'inférer qu'il y a ihîs po>sessions es(iuelles r('ncrgumène est exempt do la géhenne et de la torture de Satan, (nii a seulement le ;>ouvoir de lui ôter l'usagfi d'une ou de plusieurs de ses fonctions A quoi ils doivent coiisenlir facilement: car il n'y a point telle liaison enlre le bien que la nature jteut perdre el le mal qu'elle peut soulfiir, cpji! Dieu ne puisse permettre; ni Satan faire (|u'elle soit incommodée en l'un sans être intéressée en l'autre. Mémo chaque fonction ou faculté naturelle regardant plusieurs objets, Satan piut en interdire i'usag»^ au regard de l'un d'iceux et le laisser libre au regard des autres, ainsi qu'il a|)|»erl en l'énergumène que Fortunalus, évoque de l'oiliers, récite avoir été délivrée par saint Germain, évêque de Paris, il y a mille ans, el n'avoir eu autre incommodité eu plusieurs années que dura la possession, sinon que son corj)S était destitué de mouveiuent quand elle voulait aller à l'église.
V.Ces particularités donc sont différentes en divers possédés. Ce (jui est commun h tous, est le droit que le malin es[)rit a d'habiter el d'agir en eux. Droit à la vérité bien étrange s'il est considéré en sa source, car il n'est nullement fondé en la nature ; chacune de ces deux ()ersonnes élant complète en son ordre, chacune élant sans relation de l'une à l'autre, chacune étant séparée d'être et d'opération el même contraire en conditions et en desseins. Mais encore est-il [)lus étrange en son principal effet: car il tend à une très-étroiie li.iison de ces deux natures, de ces deux esprits, de ces deux personnes ensemble, liaison dont le ciment est la haine et non l'a'uour, liaison seule sans amour, de toutes celles que la nature et que la grâce opère ; ainsi <nie le diable est l'unique d'entre toutes les créatures qui soit sans amour. El d'abondant il est très-dommageable en sa suite ; car comme de ce droit vient celle liaison, aussi de celle liaison vient un empire absolu de Satan sur la personne, parce que la maxime de la nature est que de deux choses unies ensemble, l'une commande, l'autre obéisse (103) ; el l'humeur de Satan est de
(100) Luc. XI : lia censel Orige^es honiil. 15 in Jusue, et lliKRoN- in cap. vi Epibtotœ ad Lphesios.
(101) Mure. IX : Surde et mute spiriius, eiiabeo. (loi) Oicc IV, 1:2 : Spiriius (vrniculionum deeepit
e<is, etc. — V, -i : Spiritus fornicalionis in viedio ciiruni.
(lor>i Aristm. lib. I l'vlii. : i yux'cuii'iuee plus
vouloir commander partout où il se trouve, Sdit au ciel, soit en la terre, soit en etifer. D'où vient que s'étaiU logé (iedans l'homme, comme dans une |)lace qui lui appartient , en vertu de ce droit il y commande selon son orgueil ; il y dérègle et confond tout selon sa condition qui est d'être un esprit de confusion ; il y ruine et liélruit selon son nom et sa qualité de destructeur (lOi). Kt au lieu que lame commandt'C de Dieu seul avait un pouvoir absolu sur son corps, et sur ses appétits un j)ouvoir raisonnal)le, le diable la dépouille de l'un et de l'autre, usurpant le premier sur son corps comme il attente le second sur son âme.