CHAPITRE III
Divise en deux degrés.
DE LA SECONDE SORTE d'aBNÉGATION, QUI EST DES CHOSES TRÈS-UTILES A l'esPRIT.
I. La seconde espèce d'abnégation est des choses fort utiles à l'esprit, comme sont les consolations intérieures, qui sont de deux sortes: les unes résidantes en la partie inférieure, les autres en la supérieure. IL Le premier degré de cette seconde espèce d'ahncgation est le renoncement des consolations sensibles. Pourquoi il faut le faire. IIL Quatre pratiques très- importantes pour se préserver du mal que nous pouvons recevoir des consolations sensibles. Les deux points principaux qu'il faut prétendre en ce premier degré, sont : le premier^ que l'âme reçoive indifféremment par abnégation les consolations sensibles ; le second, qu'elle en use fructueusement par une exécution fidèle et assidue de vertu. IV. Le leuxième degré de l'abnégation des consolations est le renoncement des consolations êpiri.tuelles. Son importante. On commet ordinairement deux défauts au regard des consolations spirituelles : le premier est de les recevoir avec satisfaction et complaisance ; le second est de les étendre par disfours, et les allumer par l'effort des fonc^ tions et affections naturelles, ce qui au lieu de les accroître, les diminue, et enfin les fait cesser. Y. Il y a deux différents états de l'âme, en l'un desquels elle doit et peut coopérer avec les lumières et affections divines par étendue de discours en l'entendement, et dilatation de mouvements en sa volonté. En l'autre, non. Quand et de quelle manière l'âme se doit retenir de toute activité au regard des lumières et affections divines. Yl. Jl importe merveilleusement que l'âme suive avec ponctualité les mouvements de Dieu, ne s'élevant qu'autant qu'il rélève : 7nais aussi se laissant élever lorsqu'il la tireà lui. VIL Jl y a très-peu d'âmes arrivées à telle perfection de vertu et d'élévation intérieure, que Dieu en ^rit pris une totale possession et perpétuité, sans intermission quelconque, et sans jamais plus leur rendre la faculté d'agir par ellesmêmes.
Al'rès que l'âme s'est ainsi dépêtrée de l'atrection des choses extérieures et indifférentes,- elle reçoit abondance de consolations et sentiments intérieurs, que Dieuf;iit dérouler en elle, comme un doux lait pour la nourrir eu son enfance, et une tiiidre rosée pour engraisser la terre stérile de sou
(JtUVIŒS DE l'ILTE. — THAiTE DE E'AIJ.NECATION iNTEUiElUE.
c<i;ur. Mais d'aulnnl (jno sous co voile tic sa-intcté el douceur intérieure, l'auiourpropro se ni^le cl cache iiir.iillihlciiicnl, ell'e les doit faire passer par l'élaiiiiiH! de I'al)né^ationeii ce secornl étal, cpie nous diviserons en doux degrés, selon les deux sortes de consolations et sentiments intérieurs nue nous rcmarciuons des deux parlies de iMiuo.