‹ Œuvres complètesChapitre 164 sur 540 · II* AVIS · texte numérisé non relu

II* AVIS

Elle remarquera comme Dieu la conduit en l'oisiveté avant de la remplir de ses traits, afin qu'elle habifAt tellement en son néant et acquît l'habitude des effets d'une si sainte demeure, que jamais elle ne vînt à affecter, se reposer, s assurer et complaire es traits de Dieu, ni à les souiller d'aucunes autres |)ropriétés et impuretés. Elle accomplira donc cotte intention de Dieu, et notera d'abondant, que comme il y a deux concurrents en ce saint œuvre, qu'aussi il y a deux offices, dont l'un appartient à Dieu seul, et l'autre convient h l'Ame qui est sans désordre et liors de danger en ses dévotions, tandis qu'elle se contient es bornes de son devoir sans usurper sur l'olïice de Dieu; ie propre duquel est de conférer des dons rares et excellents, et le propre de l'âme est de les refuser. L'oflice de Dieu est de s'ap- [irocher, et celui de l'Ame de se retirer par humilité comme saint Pierre ; celui de Dieu seul de l'élever, et celui de l'Ame de s'abaisser. Car comme notre nature ai)pète incessamment en tout et de tout une propre excellence et sublimité même paru»! Dieu, aussi notre esprit supérieur à la nature doit incessamment, en tout et de tout, chercher la privation de toute excellence , ains toute petitesse et pauvreté, même enver-. Dieu, à ce qu'elle ne soit moins ardente et avisée à se dom[tter pour l'amour de Dieu, que la nature à se chercher soi-même. De sorte que tant s'en faut qu'elle doive aisément accepter, s'approcher et s'élever avec Dieu; qu'au contraire, il y doit avoir un perpétuel combat entre Dieu et l'Ame sur ce sujet : Dieu tendant à s'approcher d'elle et à l'élever à quelque excellence, ou en l'oraison, ou es ilulminations, ou es inspirations, ou es soutfrances et actions intérieures; etl'àme

UtUVRES COMPLETES DU

tendant incessaaiment à l'heure même h s'abaisser et dépouiller de toile excellence particulière à laquelle Dieu Tatlire, soit par actes formés d'abnégation, humiliation et pauvreté vers celte élévation et excellence, ou par simples inclinations de resjirit en ce refus, en ce retiremeni et en cet abaissement et dépouillement de Tûme selon la disposition. Que s'il y avait h craindre quelque mollesse et délicatesse en quelque âme particulière, il sera bon que non-seulement elle entre en celte résistance, mais aussi qu'elle y i>ersévère avec cette exception, de ne se rendre que par pure nécessité, au cas que Dieu lui ùtetout jiouvoir de se retirer, de refuser et s'abaisser au regard de Texcellence à laquelle Dieu l'invite.

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