‹ Œuvres complètesChapitre 167 sur 540 · II' AVIS · texte numérisé non relu

II' AVIS

Elle ne se contentera de persister en sa j)remière pratique d'abnégation, ains comme Dieu l'assiste de plus ample grâce, aussi lui rendra-t-elle de plus beaux fruits d'abnégation que devant. C'est pourquoi outre ce qui

onuvnKS i)i: pikti:. — i, ihim; I'Ki.ncipe kt fin im: i,a ciilatliik.

fl éli^ilil eu ce cliniiilro |ioiir l'iiiléi itur, ot èsniilrt's |iOiii' rexléiieiir, elle .ijoutt.'ra ci'S trois règles es (irlion."', /iircclioiis et pensées, (ktiil 1.1 iireinièri'csl Italie : elleriereia aïKMinc action iiotalile sans inatiqnor iiik; flbnéj^alioii de telle a( lion de soi-tnôine, et de tout ce (jui e.sl iréé, (.oinnic s'il n'} avait que Dieu sans elle, sans monde et sanseetle nction , e'csl-.'i-diro ï>'aji|ili(jnanl autant h Dieu seni, et aussi peu an monde, ù ellemùmo, et h cette sienne action, (Ounne s'il n'y avait (jue Dieu. La deuxième, en la volonté elle ne recevra am une allection sensible envers ((uelcjuc créature (jiie ce soit, hormis envers celles contre lesiiuellcs elle ressentirait (pielipie aliénation, et ce autant comme il serait besoin |ioiir la déraciner, el non plus, lin l'entendement elle n'atbnettra aucune pensée ordinaire d( s choses créées hormis celles qui seront nécessaires |»our l'aider à tendre h Dieu, à la vertu el à racipiil (le sa vocation, et ne l'cntreliendra non plus en son esprit, qu'il ne sera de besoin pour exercer et régler l'action à laquelle elle se rajiporle. Kt (raulant qu'entre les

{)ensées les jugements su[)erllus détiennent e plus rûme, elont plus (le besoin de rôglemenl, elh; y observera ces règles. Premiènienl elle n'admettra aucun jugement, que de la chose (|ui lui sera enchargée de juger el pourvoir, ou par obéissance, ou par nécessaire cliarilé, pour mater davantage resjirit. Secondement ence jugement ({u'cllc fera, et résolution (|u'clle [)reiidra, sera Irèscontenle d'ôtrc conduite secrètement de Dieu, au choix et à l'accomplissement de son vouloir sans qu'elle le connaisse, comme un aveugle qui est conduit par un autre en un beau et sûr chemin, sans qu'il le sache, el sans qu'il s'y complaise et assure. Tiercement elle se disposera à sonder la volonté de Dieu autant exactement, que si elle en prétendait lirer une grande assurance en la résolution qu'elle veut [)rendre, et après cette disposition elle te privera de toute assurance en cet avis, comme si elle n'eût ap))orté aucune pré|)aiation ne la pouvant, ne devant, ne désirant avoir. Quatrièmement elle examinera diligemment en ce fait toutes les aj)parences el les ell'eti intérieurs qui accompagnent et occasionnent la résolution qu'ils |)résenleni. Mais elle conclura par une confiance, ni en ses apparences, ni en ses elfets ressentis, ains seulement par une

sinjple démission de sori espiit h la providence de Dieu, el i la néc-essité q'ji lui est imposé»; d'en ju^cr, en sorte (pie si pr.jviilence el nécessité était sans les autres moù[\ de la délibération, elle ne 1,'iif rail de con- ( liire en si!n|)licité et humilité. Kt ces deux n'y étant [loini, nonob>vtanl tous hîs autres, elle eiracerait tout jugement sans s'y arrêter.

m' AVIS

Je finir .i ce degré el ce discours par m IroisièiiKî el dernier avis rpie je donne h l'Ame élevée en la perfection conienue en co livre, cl exercée en toutes les prali(jues d'abnégation (}ui sont déclarées, h ce (pi'ello n'estime pourtant être arrivée au dernier degré de perfection: car outre (pj'y ayant une distance infinie entre Dieu et 1 âme, et les degrés de perfection étant autant d'approches de fume à Dieu, il n'y peut avoir aucun degré en cette vie dernier el souverain; el qu'un chacun est inli/îiincnl distant de la (lernièrn el souveraine perfection, qui est en Dieu seul; outre, dis-je, elle doit *roire en général (jiic nul (\e< degrés de la /ie parfaite (ju'elle peut atteindre, ou d'elfel, ou môme de pensée, n'est le dernier nonseulement en soi, mais môme au regard d'elle, el de ceux esquels elle pourrait arriver si elle cooi)érait (idelemenl h Dieu. Et en particulier elle croira y avoir bien d'autres esi.èces d'abnégation [dus élevées et parfaites que celles qu'elle a pratiquées, et qu'en son degré y restent de très-grandes pro[triélés, aveuglements et défauts qui n'ont été découverts, et que coiume jusquà présent, pour bannir d'elle et de ses œuvres l'amour-propre, Dieu l'a déj)Ouillée Je ce qu'elle i)Ouvait faire intérieurement; que imr après, selon l'accroissement de sa (disposition en vertu, il l'appauvrira, même de toutes les soulfrances intérieures, qu'il soulait y 0|)érer pour bannir ce même amourpropre, du règne qu'il occupe parmi les traits de Dieu même. Mais je laisse à un autre esprit d'entendre cet ouvrage, et à une autre i»lume d'en écrire. Joint que telles Ames ont [)lus besoin d'une abnégation à tout, et d'un avilisseuient continuel de tout ce qui est en elles, soit de riche, soit de pauvre, soit de la part de Dieu, soit de la part d'slles-mêmes, ou de celle de l'ennemi, que de beaucoup d'avis et d'écriture.

Page 1