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IV. UNITÉS DE DIEU ET DE JÉSLS-CURIST

Jésus est un en la divinité; il est unique en la filiation; il est unique en l'humanité (112); il n'a qu'un Père au ciel; il n'a qu'une Mère en la terre ; il est uni .ue en son Eglise, uni(jue au sein du Père, unique au sein de sa Mère, unique à son éjiouse el à son Eglise ; toujours Dieu, toujours un, toujours unique. Et ainsi l'unité est et triomphe en l)ieu et en son œuvre, qui est rincarnation, el en son Fils unique, qui est

Jésui-Christ Notre-Soigneur. L'unité est empreinte non-seulement en l'cssence, mais encore en la trinité des persormes ; car il n'y a (pi'un Père, el il n'est Père que d'un Fils uniouo; et s'il y n deux personnes firodiiisani le Saint- Esprit, c'est en unité do principe, el le lormo (prelles nroduisenl esl un terme d'unité; et si le Père donne son Fils au monde, il le donne comme unique à notre humanité el à son Eglise, qui est une coîiirne il est un, et qu'il ne délaissera jamais, comme il ne délaissera jamais son humanité sainte. El ainsi nous allons d'unité en unité, en la contemplation de nos mystères. El nous avons unité, même en la pluralité des personnes, parce qiu; Dieu est un, le Père est un, le Fils esl uniqiio, el le Saint-E'prit même esl unité-d'esprit el d'amour. ,\insi nous allons d'unité en unité, el le Père éternel, (|ui est un el a un Fils uniijue, n'a point à diviser ses pensées, et en s(jn Fils loul se passe en unité.

y. NOS DEVOIRS ENVERS DIEU ET ENVERS JÉSLS-CHRIST.

Louer Dieu en soi-mémc, en ses œuvres el en l'œuvre de ses œuvres, c'esl-à-dire en l'Incarnation.

Au regard de l'Incarnation, adorer ce mvslère avec les anges, s'ap[)ro|)rier ce mvsfère avec les âmes saintes, se rendre aux fins et aux eïïels de ce mystère.

Ce mystère est profond, et il le faut révérA'; il esl divin, el il le faut adorer; il esl efiicace et opérant, et il en faut porter el recevoir les fruits et les opérations. C'est un mystère liant Dieu à l'homme et l'homme à Dieu, el il se faut lier à ce mystère ; c'est un mystère séparant l'homme du péché par la grâce, et de soi-même par une grâce secrète, suf)rême el propre h ce mystère; et il se faut séjiarer de soi-mêine, et de tout ce qui nous rend subsistant en nous-mêmes, en Adam, et non en Jésus, qui est notre Adam et notre tout.

L'ange fut sanctifié en lui-même, el sciOn sa nature; mais l'homme, à présent, esl sanctifié hors de lui-môme; il est sanctifié en Jésus-Christ : Et sccundum mensuram donationis Christi. [Ephes. iv, 7.) Chaque ange est un loul, mais subordonné. Chaque liomme ne fait que partie dont Jésus esl le tout; et il ne sufiil à l'homme d'être subordonné, mais il doit être désapproprié et anéanti, et approprié à Jésus, subsistant en Jésus, enté en Jésus, vivant en Jésus, opérant en Jésus, fructifiant en Jésus : Ego sum'ûitis, vos patmites. {Joan. XV, 5.)

La vie de l'homme esl de s'abaisser el s'anéantir en soi-même, se référer à Dieu, s'unir à Jésus, vivre el 0[)érer en Jésus. Dieu est la Cm des fins, Jésus est le moyen des moyens, et le moyen qui contient et enclôt la fin.

Que je vous connaisse el me connaisse, ô Jésus ! Je me connais et considère comme un

(Mi) Cela signifie que des trois personnes «liviucs <pii le produisent leniporellement , le Père seul Teiigeiidre , el c'est son Père.

ŒUVRES COMPI.KTES DU CARDINAL DE BERULLE

être émané, dépendant, référé, et référé à vous, que j'adore comme princi-jte de mon être et de tout être, que je recherche comme ma fin, et la fin suprême et éternelle de toutes choses. Je m'établis en vous connue au fonds de mon être, qui n'a être et subsistence (ju'en vous

Durant le cours de ce mien être, dès son |.rincipe jusqu'à sa On, et dans l'éternité même de sa fin, je vois ce mien être subsistant, non en soi et par soi, mais en vous et par vous, qui êtes sa subsistence, comme vous êtes son origine et sa fin. Je me veux donc conformer à mon état et condition; je me veux appuyer en vous, et me joindre à vous insép rablemont, qui êtes mon appui, ma force et mon refuge ; car sans vous je ne suis point, et je ne puis être hors de vous. Jo me rends donc à vous comme à mon refu.ie;je m'appuie en vous comme en ma subsisience; je me rends dépendant de vous et de vos vouloirs, comme étant et ma conduite et ma puissance; et je vous rends, selon votre i)arole, ce sacrifice de justice; je vous rends le tribut de mon être et de ma vie, de ma dépendance et servitude, adorant vos grandeurs, vos pouvoirs, vos (pisVités et vos perfections, par mes imjicrfections, mes faiblesses et mon néant.

Je me réfère à vous et à votre louange, et en vous-même et en vos œuvres, et vous offre tous les moments et mouvements de (lion êiro, et le dernier me nent de ma vie, voulant cx])irer en vous et à vous.

^ I. DJEL, JÉSLS ET MARIE SONT VIIi ET SOURCE DE VIE.

i. La vie de Dieu, en soi-même et en ses émanations, doit être regarde'e, adorée, aimée et imitée de 7ious. — II. La vie de Jésus, en sa c^ouhle essence, a son origine en nos iniquités et dans l'amour du Père, et est toute nôtre. Elle est le principe, le modèle et la fin de la nôtre. — 111. Grandeurs et privilèges de lavie de la Vierge, toute pour Jésus et en Jésus. — IV. Nous devons nous occuper et vivre en Dieu, en Jésus, en Marie. — V. Nous ne pouvons arriver à la vraie vie quen avançant dans la mort à nous-mêmes et au péché. Abnégation de soi, porter sa croix, fuivre Jésus-Christ, sont les trol-^ éléments qui composent l'homme intérieur.

I. La vie de Dieu en soi-même doit être considérée chaque jour, estimée, adorée, iuméo et imitée en notre vie, vie d'esprit et source de toute vie, et spécialement de la vin de l'Esprit : car Dieu est Esprit, et son ôtre est sa vie. La vie de Dieu en soi-même eslvie de lumière et d'amour, vie de communication très-intime, vie d'unité et de société, vie de communication d'essence entre les personnes divines, vie de résidence intime des personnes l'une en l'autre : Ego in Pâtre et Pater in me [Joun. xiv, 11), vie de repos et de félicité, vie d'origine et d'émanation , car il y a procession en la Divinité : Efjo ex Deo processi {Joan. viir, k2); vie d'origine en unité , car le Père est le principe ^«^ deux autres personnes, et le Père et le

Fils sont un principe de la troisième. Toute vie doit être référée à cette vie.

II. La vie de Jésus est une vie nouvelle, établie depuis et par le mystère de l'Incarnation. Elle est adorable, et contient double vie, comme elle contient deux natures : la vie de la divinité en l'humanité, et la vie de l'humanité en la divinité. 0 vie source de vie, source de vie de grâce et de gloire, et source de vie de nature encore en la résurrection î vie que nous devons chaque jour regarder, adorer, aimer et imiter comme nôtre : car elle a son origine en nos iniquités, aussi bien qu'en l'amour du Père. Elle est cause de notre salut, et le modèle de notre vie : Principium creaturœ Dei, (Apoc. m, ik.)

1!I. La vie de la Vierge, vie pour Jésus el en Jésus : car elle est à Jésus avant que Jésus soit, puisqu'elle n'est vivante que pour être Mère de Jésus. Et depuis que Jésus a pris naissance on elle, elle a pris une naissance et vie nouvelle en lui ; el dès lors elle est vivante en Jésus comme Jésus est vivant en elle. Vie singulière et éminente e;i la grâce, vie solitaire par son éminence, vie de société par Jésus et en Jésus : car, en sa solitude, elle a Jésus en elle, et elle est en Jésus.

IV. Toutes ces trois vies sont admirables, et doivent être l'objet et l'occupation de notre vie, qui n'est (pi'une ombre de vie et de lumière, au regard de ces trois vies. Comme Dieu vit en soi, et cette vie de Dieu que nous adorons porte la vie des trois personnes divines l'une en l'autre, aussi Dieu nous a rendus capables de vivre en nous, et de vivre encore en autrui ; et quelquefois nous vivons plus sensiblement en autrui qu'en nous-mêmes, et cela est destructif de notre propre vie par l'imbécillité d'icelle. Vivons en Dieu, vivons en son essence, vivons en ses personnes divines, vivons en Jésus, son Fils unique, auquel est la vie, cl notre vie et lumière : Jn ipso vita erat et vita erat lux hominum {Joan. i, 4) ; vivons en celle qui a donné la vie à Jésus, c'e>t à -dire en la Vierge, qui s'a|)|)elle la vie, et est principe d'une si grande vie.

En l'univers nous contemplons la vie des plantes, des animaux et des hommes, vie étendue et diversifiée ; vie en laquelle il y a j)lusieurs raretés à observer; et une seule de ces vies-là, et d'un des plus petits animaux d'icelle, c'est-à-dire, de la mouche à miel, a occupé la vie d'un philosophe, et l'a ravi en cette occupation. Nous avons en la foi de plus grands objets de ravissements et de plus grandes vies à contempler : la vie de Dieu, de Jésus, de sa très-sainte Mère. Occupons-nous en icelles, et vivons en ces divins olijets.

V. I\Iais nous parlons de la vie, et nous sommes en élat de mort : Filii irœ, plii mortis. Nous naissons morts et séparés de la vraie vie, et nous ne pouvons ni arriver, ni asfiirer par nous-mêmes à icelle. Notre vie en la terre doit être une vie et de moit cl de vie tout ensemble; de mort au mon le

()!:UVIIKS DKIMEIK. — NUI, II.KMl IDIC IH: DIKU DANS L LNCAUNATION. 97^

h nous ol nu iicflié; de vie à Dieu, h Jésus el h \it N'iprj^e. Si mous sépnroiis l'usag»; do celle vie d'nvee l'usnj^o do celle morl, nous sunimes en |)t'ril de Iruuver une nouvelle mon dedans la vie, el le |ié(liù dedans la grâce, el les lénèlires dans la lumière, |tar orj^ueil, par erreur el par auiour-pr.)pre.

Joignons donc en nuire conduite intérieure el spiriluclle la vie el la niorl enseniitle, l'abaissenienl cl réièvenu'nl, l'abnégalion de nous el l'aiiioiir de Dieu. C'esl pourquoi Jésus, (|ui esl la vie el le maître «le celle vie, commonco sa catéchèse sccrèle avec Nicodémus p^ar naissance, [laroe (jue nous sommes hors de la vie, el il nous v laul naître; el il connuenco sa catéchèse |iublii|ue à ses discinit^s par abnégation, qui doil ôlre supposée a celle naissance comme la privation à la Ibrme (jui doil Cire introduite dans les clioses naturelles : Abnei/et semclipsum, et lolUit cnicem suain quotiùie, et scquacur me. [Matth. xvi, i\.) Trois élémcnls (lui com[iosonl l'homiiie intérieur el spirituel : Ahnajct, tullut, sequadtr, au lieu des quatre éléments (jui comi.o->etit l'homme extérieur cl matériel :car aussi riiomme intérieur a jilus de rapport à la Trinité, qui reluit en la divine essence et en rincarnation, que non pas l'homme extérieur el matériel, qui le soutient.

VII. DE I.A SAINTE TRINITÉ, DE l'iNCARNA" TION ACCOMPLIE EN l'hoNNELR ET A l'iMI- TATION DE LA SAINTE TRINITÉ, ET DE LA VOCATION DES CURÉTIENS A LA CONTEMPLA- TION.

Le Père éternel contomplanl l'unité de son essence, il a voulu établir une nouvelle unité d'une subsistcncc divine en plusieurs liatures, pour y rendre gloire et honneur par cet œuvre, et pour imiter en icelui celle unité divine, élernelle el ineréée. Le Père Gtcrnel |>roduisant son Fils, il lui fait deux très-grandes donations de soi-même : l'une de son essence, de sa grandeur, de sa vie en unité: car il rend cette essence, celle grandeur, celle vie, l'essence et la grandeur et la vie de son Fils ; l'autre de sa ()orïonno j)ar résidence : Pater in me esl{Joan.\i\, 11) ; el encore en communiiiuanl sa personne à son Fils en unité de [)rincipe de la production du Saint-Esprit.

Le Fils unique de Dieu conlemplanl, aimant et imitant la donation qu'il a reçue de soi-même, il s'est voulu donnera une essence créée, à une humanité descendant de l;i Vierge, el il lui a donné sa personne en unité de subsislence, el son essence par une sorte de résidence et inhabitation toute particulière.

Le Père donnant sa personne à son Fils, ( 'e>l en distinction de personnes; el le Fils donnant son essence à notre humanité, c'est avec distinction des mêmes essences.

Les Chrétiens sont dédiés el appelés par vocation, comme essentielle à la contemplation ; le Père leur donnant son Fils, qui esl son Verbe, sa pensée, sa connaissance el ^a conlem|dalion produite, ou, si voulez, qui

est la lleur et le fruit de '•a coiilem|iI.ition et de sa jiensée; il a doux sortes de vocations : l'une par inspiration, l'autre par état ; el je dis que les Chrétiens sont appelés à la conlem|)lalion, non simplement |'ar inspiratuui, mais par l'état el la condition de la manière de vie et de grûce qu'ils ont reçue au baptême; celte sorte de grûce les élevant cl liant 5 Dieu [lar Jésus-Christ, son Fils, qui est sa parole, sa pjuisée, sa conlem|»lalion. Noire vocation est notre naissanc»;; c'est ce qui nous élal)lil en l'être s|iiriluel, qui est la vraie existence. Ce qu'est la procession aux jiersonnes divines, la vocaliofi l'est aux personnes humaines. Le princi|ie tie notre naissance, et comme la matrice dans laipieile nous sommes formés, c'est le mystère de l'Incarnation, ainsi que le sein du Père et sa fécondité est le lieu oCi sont produites les personnes divines. Or, dar,s ce mystère, nous sommes tous appelés comme par élat el par essence à la contemplation, et nous devons tous tendre comme à notre dernière fin 5 la vie élernelle, fjui n'est autre chose que la parfaite conlem|»lation de Dieu el de Jésus-Christ, selon celle parole du niôuie Jésus parlant 5 son Père : Jlœc est vita œterna ut cognoscant te solum Dcum vcrum, etqnem misisli Jesum Christum. (Joan. XVII, 3.)

MU. DE LA PLÉNITUDE DE DIEL DANS LE MYS- TÈRE DE l'incarnation.

I. La grandeur, l'unité et la plénitude de Dieu nous tire à lui, nous unit avec lui, nous ahime en lui. — W. La grandeur et r unité de Dieu en ce mystère demande séparation de nous-mêmes et application à lui : mais spécialement à la personne du Verbe, à sa divinité et à son humanité. — IIL Lasainte Trinité et C [ncarnation sont leux mystères établis par la communication, iunde Tessence, l'autre de la subsistence divine ; et toutes ces deux communications portent plénitude de Dieu. — IWlly a quatre capacités différentes en Vêlre créé : de l'existence et être naturel, de la grâce, de la gloire, et de l'Etre incréé. Dieu actue et remplit chacune de ces capacités , tnais différemment. Chacune d'iccUes fait un état, un empire, un monde.

I. La théologie mysli(]ue tend à nous tirer, à nous unir, à nous abîmer en Dieu. Elle fait le premier |)ar la grandeur de Dieu, le second par son unité , le troisième par sa jjlénitude ; car lagrandeur de Dieu nous sépare de nous-mêmes et des choses créées , et nous lire en Dieu ; son unité nous reçoit et nous unit en lui, cl sa plénitude nous perd , nous anéantit el nous abîme dans l'océan immense de ses i)erl'ections, comme nous voyons que la mer perd et abîme une goutte d'eau.

IL Premièrement donc, nous devons contempler la grandeur et l'unité de Dieu eu cet œuvre de l'Incarnation, el y rendre fidèlement nos devoirs, entrant dans les usages que ces deux points requièrent de nous. Car «n ce que lagrandeur de Dieu s'abaisse jui-

ŒUVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BERLLLE

qu'à nou:^, et que son unité s'établit parmi nous, unissant notre nature humaine avec sa nature divine ; nous nous devons élever à lui, nous nous devons approcher de lui, nous nous devons appliquer à lui et non plus à rien de sensible et de créé hors de lui et de sa grâce. Ce sont nos obligations par ce mystère : et parce que le Verbe est singulièreujent appliqué à cette nouvelle nature, nous devons avoir une application singulière, 1° à la personne du Verbe ; 2° à la nature divine , qui est l'unique nature du Verbe comme Verbe, et une des natures de l'Homme-Dieu; 3° à la nature humaine, qui seule est une à Dieu et au Verbe.

m. Mais pour venir à la plénitude de Dieu en ce mystère, remarquons que la foi dislingue, adore et reconnaît en Dieu deux choses , son essence et sa subsistence ; elle distingue, adore et reconnaît aussi en ses mystères deux sortes de communications divines, lesquelles fondent et établissent les deux mystères principaux et permanents en toute éternité, que l'Eglise annonce et publie au monde, et que le ciel verra en sa lumière, adorera et aimera en son amour éternellement. Car la communication d'essence établit le mystère delà Trinité, et la communication de subsistence établit le mystère de l'Incarnation. Et comme cette essence divinement communiquée à ces deux personnes éternelles est leur grandeur et leur plénitude : ainsi cette subsistence communiquée à celle nouvelle nature et h ce nouvel homme, est la grandeur et la durée de toute la plénitude de la Divinité qui habite en lui corporellement.

IV. Il y a quatre capacités différentes en l'être créé : 1° capacité d'existence et de nature, qui est actuée de Dieu en qualité de prerïiier être, lorsqu'il tire cet être créé du chaos et du néant et qu'il le maintient et conserve en cette existence : et en qualité d'être , il est présent à toute créature et remplit sa capacité; 2° il y a capacité de grâce, qui rend Dieu comme saint, présent aux saints et aux justes en celte qualité de saint et de juste, et établit une société et une amitié parfaite entre Dieu et l'homme ; S" il y a une capacité de gloire qui rend Dieu ()réseiil à l'âme bienheureuse, et fait que la félicité divine triomphe dans sa créature : et selon cela. Dieu est présent au ciel eu une manière dont il n'est jias présent en la terre ; k° il y a capacité de l'Etre incréé , qui est le dernier cl [jIus haut degré de capacité : capacité de la subsislence divine ; et c'est (•elle 'capacité, lorsqu'elle est actuée, qui porte plénitude de Dieu ; et c'est de l'homme qu'il a plu à Dieu établir dans l'actualité incompréhensible de cette divine capacité, que sai-nl Pau! a dit : Jn ipso inhnbiiat omnis plenitudo divinitatis corporaliler. {Col. ", 9.)

Chacune de ces capacités fait un Etal , un empire , un monde de diversités. L'homme en état d'innocence, c'est-à-dire de la nature tlorissante cl entière, régnait sur tous Icsanimausel était comme le Dieu visible de

l'univers. Dieu comme saint règne dans les saints, et les fait rois en la grâce; Dieu comme heureux règne au ("lel dans les bienheureux et les fait régner en sa gloire. Quel donc sera l'état, quel l'emfiire, quel le monde de l'union hypostali(pie ? Quelle la [ilénilude, quelle la |)uissame, quelle la diversité dont sera orné et enrichi cet Etat, cet empire, ce monde? Il est accomjîâgné et orné de toute la plénitutle de la divinité ; sa puissance est la puissance suprême du Fils unique de Dieu, et c'est un monde qui enclôt une variété infinie de communications divines.

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