SOI
nouvel Homme digne et capable en la diverfeité de ses natures, d'être humblement et divinement adorant ce mystère suprême de la très-sainte Trinité.
IX. Or ces deux trinités sont fondées, comme nous voyons, en deux unités divines et différentes : l'une en l'unité d'essence, l'autre en l'unité de subsislence. L'unité d'essence est la première de toutes; car elle est éternelle et sans origine, et elle est l'origine des unités qui sont en l'être créé et incréé. Môme elle est l'origine de la pluralité des personnes que nous adorons en la très-sainte Trinité; car c'est de sa fécondité que vient cette pluralité de personnes, et c'est en son unité qu'elles subsistent. Et cette pluralité de personnes qui est divine et adoi-able comme la même essence, se termine en l'unité si souvent et si hautement publiée dans le service public et solennel de l'Eglise, qui marque et célèbre si humblement et si fréquemment l'unité du Saint-Esprit : In unitate Spiritus saneti, ce dit l'Eglise en toutes les prières qu'elle fait à son Dieu. O unité d'esprit et d'amour personnel, qui unit les personnes divines entre elles! Car comme elles sont divinement unies, ou plutôt une même chose en l'origine des émanations, c'est-à-dire en l'unité d'essence , elles sont encore divinement unies au terme des émanations, c'està-dire en l'unité d'esprit et d'amour. 0 unité d'essence et unité d'amour, qui enclôt ainsi le très - haut mystère de la Trinité sainte, et comprend l'étendue infinie de la fécondité de Dieu en ces deux unités 1 Car l'unité d'essence est l'origine de la fécondité et communication de Dieu en Dieu luimôme, et l'unité d'amour est l'origine de la fécondité et communication de Dieu hors de Dieu même; parce que Dieu se répand et communique hors de soi par 'oonté et par amour, qui sont les propriétés singulières du Saint- Ksprit.
O unités d'amour et d'essence, qui comprennent l'incompréhensible, à savoir, la nature et les personnes divines! Car l'unité d'essence commence (si nous pouvons user de ce terme) conmie [)rincipe sans principe, et l'unité d'amour ferme et termine comme lin sans fin, le cercle admirable des émanalions éternelles, et les processions inelfables sont comme un divin mouvement en l'être souverain, éternel et immuable, lequel commence en l'unité d'essence, et se termine et repose en unité d'amour. L'autre trinité comprise au divin mystère de Tlncarnaiion, est fondée en l'unité de la subsistence; subsislence non absolue, mais relative; non essentielle, mais personnelle, convenant au Verbe divin et aj)pliquée à notre humanité. Cette unité de subsislence est le fondement de ce très-haut mystère de l'Incarnation, de toutes les grandeurs qui l'accomiiagnent et de tous les effets qui en procèdent, soit envers Dieu, soit envers les créatures, soit en la terre, soit au ciel, soit au temps, sôit en l'élerniié, où il y a une suite admirable el incompréhensible en l'in-
finie diversité de choses, et de choses toutes saintes, grandes, rares et divines.
Et cette rare et excellente diversité constitue comme un nouveau monde surnaturel dedans le monde naturel; nouveau monde de grandeurs et de merveilles, qui est tout dépendant de cette unique et divine subsislence. Car comme les grandeurs et perfections des personnes divines viennent de l'unité d'essence commune à ces personnes, ainsi les gratuleurs et peifections de Jésus viennent de cette subsislence. C'est donc cette unité de subsislence qui établit ce mystère de l'Incarnation, et c'est aussi ce mystère qui établit réciproquement cette unité de subsislence en deux natures, et introduit par ce moyen, dans les mystères de Dieu et dans l'intime et le secret de la subsislence de son Verbe, une unité nouvelle, laquelle n'était pas auparavant ; au lieu que ces deux unités, l'une d'essence et l'autre d'amour, sont aussi anciennes que Dieu même et sont éternelles comme lui. Car les hommes adoraient bien en la terre l'unité de la divine essence, et les anges voyaient bien au ciel l'unité d'amour, liant entre elles les peisonnes de la sainte Trinité, qui est une sorte d'unité inconnue en la terre avant ce nouveau mystère d'amour et d'unité, et reconnue au ciel de ceux qui voyant la Divinité, voyaient en elle l'unité desor» esprit et de son amour personnel; mais (ô secret de ce divin mystère, reniarqué en trois divers lieux par saint Paul [ J Cor. m, Ephes. ni, Coloss. i] ni les hommes par l'état de la loi et institution judaïque ne croyaient point, ni les anges (selon les principaux Pères de l'Eglise grecque, et plusieurs des Latins) ne voyaient point et n'adoraient point encore cette unité nouvelle de subsislence; et môme, selon l'avis universel de toute la théologie, ne la connaissaient point en toutes ses merveilles et en toutes les circonstances qui établissent la substance de ce mystère unique au monde.
Au contraire, ils croyaient , voyaient el adoraient la Trinité de subsislence, et non pas l'unité de subsislence : à laquelle maintenant le ciel et la terre rendent un commun honuBage, consentant et conspirant en un même esi)rit et en une môme adoration. Et comme le ciel et la terre sont adoianl l'unité de subsislence divine, qui est en Jésus, aussi nous sommes tons aspirants à l'unité de grâce et de gloire à laquelle il nous élève par le mystère de son Incarnation. O unité puissante en ses effets 1 ô unité adorable en sa divinité ! ô un:lé nouvelle en son application 1 ô unité admirable en son usage et en sa liaison! car elle unit en ce mystère le monde avec Dieu, Dieu avec l'homme, et l'être créé avec l'Etre incréé. Et au lieu que l'unité d'essence est entre des personnes incréées, divines et égales entre elles, et comme telles dignes de cette unité d'essence , cette unité nouvelle et puissante est entre des natures si distantes et inégales, que l'une est divine et l'autre humaine, l'une incréée etl'autre créée, l'une éternelle el l'autre
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GRANHEURS DE JESL'S. ~ DISC IV. UNITE l>E DIEC EN L'INCARN.
teni|iorcllo , l'uni? lirs-|nii?.sniilc ot l'nulro tr(\s-ini|iuissnnle. lA tniilefois elles sonl unies, et iiiii<'.s d'un lien s.icn', divin et éternel en unili^ do sii[)sislencc, (jui est une sorle d'unité (lui vn regardant et ndorntit en celle oeuvre VunitO d'essence (jui est entre Jes jiers(nincs divines, et l'unité d'ntnour qui est entre lo Pi^re et le Fils éternels, cl qui va onérant inrcssaminent en la terre et flu ciel l'unité d'esprit, de grâce et de gloire, en laquelle loulc créature doit ôtre établie et consonnnéo.
X, Ainsi Dieu est vivant éternellement en l'unité de son essence ; ainsi Dieu est opérant puissauunent en unité de principe ; ainsi Dieu e^t régnant lieureuseuicnt dans l'unité de son atiKuir, et ainsi Dieu est établissant nouvellement son l'ils et sesgran- <leurs en l'unité de la subsistence divine, et fouiiant son Klat et son royaume en l'unilé do cette sul^istence. O unité divine ! ô unité d'essence, unité do princi[)o, unité «l'amour, et unité do subsistence 1 que vous êtes admirables, que vous êtes aimal'Ies, que vous êtes adorables , et en vous, et en Tos émanations et en vos œuvres I Combien devons-nous vous clierclier en vous-même, vous recbercbcr en vos desseins, vous respecter en vos conseils, vous faire reluire en vos œuvres, vous conserver soigneusement dans toutes les choses que votre esprit et voire grAce nous fait entreprendre en votre honneur 1 Combien devons-nous adhérer à la secrète et puissante conduite de votre sapience, qui ramène tout à l'unité, comme tout est issu de l'unité 1 Car, selon saint Denis, a toutes choses sout sorties de l'unité par la nature , » et elles recherchent celte unité par un secret instinct de la nature; elles y rentrent i)ar la grâce, elles s'y abîment paV la gloire.
Mais par-dessus toutes les choses créées , cette humanité que nous adorons en Jésus , rentre et s'abîme en une autre sorle d'unité toute divine, par une voie aussi toute divine et incompréhensible : et elle se trouve éiablie par l'esprit d'amour, au nouveau mystère de l'Incarnation, en l'unilé nouvelle d'une personne divine, et en l'éiat suprême que porte en soi cette unité et dignité incréée et intinie.
Par ce mystère, Jésus est pour jamais le centre, le principe et la racine de l'unité d'esprit, de grâce et d'amour à laquelle il nous ai»pelle. il nous conduit, il nous atfermit par le divin élat de sa subsistence , par le cours de sa vie, par lo mérite dosa mort, par l'efficace de ses prières : car il le veut et le requiert ainsi avec instance; et de trois prières solennelles et signalées qu'il a voulu faire au dernier jour dosa vie, au jour de ses douleurs et soutfrances, et comme parle l'Ecriture, In diebiis carnis suœ {Ilebr. V, 7), l'une au cénacle de Sion, selon saint Jean ( xvii 1 seq.), l'autre au jardin des Olives, selon saint Luc ( xxii, ^2) , et la troisième en la croix, selon saint Paul (f/c6r. v, 7), il emploie la première à nous impélrer la grâce d'être
tous consommés en l'unité suprême qui est en lui, et (pi'il a éternellement avec son Père, selon ces saintes paroles ra[)[»ortées |tar le plus iniimc «le ses domestiques, le plus lidèlede ses apAtres , le plus grand de ses évangélislos, et le [tins aimant et aimé de ses disciples : O mon Père, ijue ions ceux qui croient en moi soient un, comme nous sommes ttn ; et comme vous ^les en moi, 6 mon Père, et je suis en vous, qu ils soient aussi ttn en nous , afin que le monde connaisse que vous m'avez envoyé. Je leur ai donné la qloire que vous ninvezdonnée (c'eslù-diie, je leur ai donné ma divinité dans mon humanité) , afin qu'ils soient t<n comme nous sommes un. Je suis en eux et vous êtes en moi, afin qu'ils soient consommés en un, et que le monde connaisse que c'est vous qui m'avez envoyé, et qui les aimrz comme vous m'avez aimé. [Joan. xvii, 21 seq.)
DISCOLKS IV.
DE l'unité de dieu EN CE MYSTÈRE.
I. Cet œuvre d'amour et d'unité appariionl nu Saint-Esprit , parcft qu'il est él«v nelleni'»nt amour et unité. Le Saint-Esprit est recevant l'unité d'essence, et produit par deux pprsonn.s eu unité de principe, comme uriitc d'f'sprii et d'amour. — il. L'amour tend a l'unité, et l'amour suprême et incréé est ruuilé même La siériliié du Saint-Esprit est aussi adoralde et aussi divine que la fécondité fjui le produit. La fécondité ilf. Dieu hors de soi est particulièrement attribuée au Saint Esprit, et nommément la production d'une personne divine subsistante dans une nature crééi'. Rapports de Jésus au Saint-Esprit en ses qualités u'unilé, d'amour, de slërilité, de fécondité. — III. Le Saint-Esprit qui est Dieu, amour et unité en sa personne, accomplit c« mystère d'amour, non en union seulement, mais en unité de personne et de personne divine. Le S;iinl-Esprit est l'unité personnelle, c'est-à-dire non par son essence, mais parla condition delà personne du Père et du Fils. — IV. Le mvsiére de riiicarnation est tout enclos dans Tiiniié, et luiiité est signalée en l'oriiîine et m l'él.a d icelui. Propriétés et louanges de l'unité sacrée du mystère de rincarna(ion. — V. La Divinité est unie avec l'humanité par l'Incarnaiiou autrement que par lEucharisiie. .Manière de conjouction de la Divinité avec notre humanité, rt même avec nos corps par lEucharistie. Explication des effets de l'union hyposiaii'iue. Indiasoluld iié de l'union hypostatique. Effort d amour et extase du Ftls de DiiU en l'incariiation. — VI. Commerce admirable de la Divinité avec 1 humanité, au mystère de l'Incarnation. — VII. Ce mystère fait un nouvel ordre et un nouvel état" dans le monde, élat inlinimeni élevé, même par-dessus celui de la gloire. Effets rares et singuliers de ce nouvel état. — VIII. Ce nouvel état porte changement dans l'ordre de la Providence divine, car la terre est maintenant plus élevée que les cieux et cesi elle qui les rég.i. Les anges apprennent de l'Eglise militante en la terre, les secrets de la sagesse de Dieu.— IX. Dieu même entre dans le ressort de sa propre juridiction, par ce sacre mystère. Le Fds de Dieu est prédestiné, et n'étant que l'objet de U pensée, du regard et de l'amour de Dieu son Père, il vient à éire l'objet de son conseil, de sa conduite et de sa puissance. Prédestination de Jésus-Christ, selon saint Paul ei selon saint .Augustin.— X. Différence enti^ l'éire de Dieu et son état , ou autrement son cà-
billet et son conseiL Dieu par ce mystère sort en quelque façon de soi-même, pour faire partie de son éiat et de son domaine el rentre en soi-même avec une nouvelle nature, par ce même mystère. La première production de Dieu est la produclion de son Verbe, el il a voulu que la pioduction de ce même Verbe dans une nouvelle iialure et son incorporation avec Thomnie, qui est le dernier de ses œuvres, fût la dernière de ses productions, pour joindre ainsi la lin au commencement. Dieu en ses émanations éternelles el temporelles, est une sphère adorable, quia son centre en lui-même; et tant les unes que les autres sont un cercle divin, qui pari de lui el retourne à lui.
I. L'œuvre ineffable et la divine économie de l'incarnation du Verbe éternel est un rare et sacré mystère d'amour et d'unité divinement accompli en la j)lénitude des siècles, comme le plus haut point et le [)lus profond secret de l'amour et de l'unité de Dieu hors de soi-même. Ht comme, selon le grand auteur que l'on nomme Aréopagite, l'amour est une vertu céleste divinement unissant les choses qui sont les plus éloignées, aussi le Saint-Esprit, lequel est amour en la Divinité, est celui qui unit l'Etre incréé avec l'être créé , et qui opère ce grand œuvre selon la i)arole de l'ange qui l'annonce à la Vierge et lui dit : Le Saint-Esprit surviendra en toi. {Luc. i,3o.) Et cet esprit de Dieu, qui est Dieu même, est opérant en cet œuvre comme esi-rit d'amour et d'unité, qui, conformément h sa propriété personnelle, tend à oi»érer en la terre, pour la terre et pour le ciel, pour les hommes et pour les anges , pour le temps et pour l'éternité, un œuvre rare et singulier, et un sacré mystère d'amour et d'unité. Contemplons donc ce divin ouvrier, et en lui-même et en ce sien ouvrage.
Le Saint-Esprit en la Trinité sainte est j)roduit et non produisant, mais il est recevant en sa production l'unité d'essence commune au Père et au Fils. Il est produit de ces personnes divines, distinctes à la vérité entre elles ; mais, par un secret admirable, il est produit par elles en unité de principe. Et comme nous remarquons ces deux unités saintes et adorables en sa production, l'unité d'essence et l'unité de princii)e, il est luimême encore produit comme unité d'esprit el d'amour dedans la Trinité. Tellement que contemplant ce Sainl-Esprit, le divin ouvrier de ce divin ouvrage, il semble que nous ne voyons en lui qu'amour et unité.
IL Ces deux points ont un naïf et parfait rapport ensemble : car l'amour tend naturellement à l'unité, et il est évident qu'un amour suprême et divin doit être l'uni é même. Mais ce qui est bien étrange en cette contemplation du Saint-Esprit, c'est qu'étant amour en la Divinité, il est stérile en la Divinité (si un mot si bas peut être employé en parlant de chose si haute et si grande), au lieu que l'amour et la fécondité sont naturellement joints ensemble. C'est un des points plus secrets et plus impénétrables en la profondeur du mystère de la trèssainto Trinité, où chaque point est un abîme
auquel se perd et s'abîme l'esprit humain qui veut somieretnon pas révérer ce qui passe la mesure de son intelligence. Donc en esprit humble et adorant les merveilles de notrecréance, et les secrets delà Divinité, sous la conduite et la lumière de la foi, passons d'abime en abîme, de secret en secret, de merveille en merveille, et avec un esprit d'amour et de révérence, disons que par un secret eacore aussi étrange et aussi merveilleux, cette stérilité du Saint-Es[)rit est une stérilité aussi divine et aussi adorable que la fécondité qui le produit ; que c'est une stérilité qui jjrocède de la puissance et fécondité de sa production , qui é])uise el arrête divinement en sa personne la fécondité divine ; que c'est une stérilité fondée en la grandeur, en la dignité et en la propriété de sa même personne, laquelle est heureusement produite comme le terme et le repos divin des émanations divines dedans la Trinité; que c'est une stérilité, laquelle, comme elle vient de la fécondité de Dieu, elle se termine en la fécondité de Dieu, c'est-à-dire en la fécondité d'une personne divine opérant hors de soi-même.
Car au lieu que le Verbe éternel a cela de propre d'être origine et origine tout ensemble, le Saint-Esprit a cela de propre d'être stérile et fécond tout ensemble : stérile en soi et fécond hors de soi-même. El c'est la propriété de sa personne d'être le terme qui tenuine divinement, et arrête heureusement en soi-même la fécondité divine en la très-sainte Trinité; mais il est le terme qui reçoit en soi, qui contient en soi, qui arrête en soi la plénitude de cette nature féconde, pour, en recevant , en conservant et en arrêtant cette fécondité, la répandre puissamment et divinement hors de lui-même. C'est [lourquoi , comme dans les œuvres de Dieu, la puissance est attribuée au Père, la sapience au Fils, aussi la fécondité est ajipropriée au Sainl- Esprit. Et aussitôt que Dieu commence à parler dans les Ecritures, et à opérer hors de soi-même , cette fécondité du Sainl- Esprit y est employée et célébrée ; car il est dit à l'entrée de ïdL Genèse {i, 1 ), au commencement de la création du monde , au premier œuvre de Dieu, et avant le premier jour du monde, que le Saint-Esprit se mouvait et se reposait sur les eaux : Incubahat aquis, sq\oi\ les Se|itanle, comme |)Our leuf imprimer sa fécondité et en faire sortir puis après autant de créatures si excellentes qui remplissent le ciel et la terre, et composent cet univers : ce que Dieu a révélé à son serviteur Moïse pour nous faire connaître que tout ce qui est produit en l'univers, et distingué par a[)rès dans les six jours de la Genèse, doit son rapi)ort et son origine à la fécondité du Saint-Esprit.
Mais la création de ce monde visible et sensible ne sufUt [>as à terminer dignement la fécondité du Saint-Es[)rit, elle doit être employée à un être plus élevé, et à former un monde [>lus excellent ; elle doit avoir un objet plus grand de sa puissance, el un
S09 CUANDKL'IIS DE JESL5. — DISC.
lortno [)liis di^no et (ilus élevé de son opéralion ; ol |iiiis(iii'il c>l slt-rile dflus \n divinilé I ar la coïKlilion propre du rnyslèrc de la Trinité, il f;uil (pie par un nouveau iiiyslùre il soit fécond en une nuire manière jneirnble , en donfianl un nouvel ôlre h l'une litis per^oniuvs sulisiNlaiiles en la plt-niludij de la liés-sainte Trinité; alin ipie cnintne la fécondité de Dieu eu Dieu niéme se termine en une perscuuic divine, aussi Ir. fé- <'()ndilé du Sainl-Ms|)rit hors do lui-même tende h la production d'un Dieu préexistant (ô merveille étrange!) et désormais existant en une nmivelle nature. Nous le voyons dans le renouvellement du monde, lorsrjue rarchilectc du ciel et de la terre, le Veibe éteruel, est révolu de riiumainc nature, et vient prendre ce nouvel ôlre pour donner un muivel être au monde. Car le même Esprit-Saiiit (jui a commencé à Oj»éror dans le inonde serisiMe, et da/is l'ordre de la nature, kclon la Genèse, commence 5 opérer dans le monde InvisiMe, et dans l'ordre de la grâce, selon le témoijjnage de saint Luc, formant le chef de cet ortire de la gr^ce, et le nouveau piincipe de l'être surnaturel qui fait un nouveau ciel et une nouvelle terre, et constitue un monde nouveau, |)0iir parler selon le langage de Dieu môme eu ses saintes Ecritures, et est lui-même en sa pro()ro jiersonne et en ses deux natures divinement unies, un monde incomparable.
Nous voyons donc comme le Saint-Esprit n'employant [)as sa fécondité dedans soimême, il l'emploie hors de soi-même; ne l'employant pas dans le monde archétype, il l'emploie dans le monde rpie nous pouvons nommer intelli;^ible ; ne rem[)loyant pas dedans l'éternité, il l'emploie dans la plénitude des temps. Car il im|)rime sa fécondité tlivine dans les heuiouses entrailles de latrès- >ainle Vierge; il produit un Dieu-Homme, et donne une naissance nouvelle au 'Nerbe éternel en la nature humaine ; et ne produisant point dedans soi-même, il produit heureusement et saintement hors de soi-même ce divin mystère de l'Incarnation comme le sufirôme de ses œuvres, auquel il représente son portrait au vif, le rendant son image fiarfaite, et y appliquant les traits les jilus excellents, et les plus vives et dernières couleurs de sa ressemblance. Car, pour recueillir en peu de mots ce que nous avons exf)0sé, comme il est personnellement amour et unité dans la Trinité sainte, il opère cet œuvre comme un œuvre et mystère d'amour et d'unité. Comme il est amour produit, et non pas amour produisant, dans la divinité en lacpielle il est seul, ne produisanl[)ûint son semblable, ainsi Jésus qui est l'œuvre du Sunt-Esprit, qui le forme dans les lianes de la très-sainie Vierge, et le |)roduit comme l'amour du ciel el de la terre, est un amour produit, et non produisant son semblable, en rêlre.en l'ordre et en l'état de l'union hypostatiquo. Et comme le Saint-Esprit est le terme el le repos de l'amour du Père el du Fils, qui arrête le mouvement incouiftréhensible d«s émanations divines dedans la divinité,
IV, LMTE DE DIEL' EN l.'I.NCVRX ÎIO
et qui répand lo fécondité de Dieu hors do Dieu mêmc! dedans ses œuvres, ainsi Jésus est le terme et le repos divin de l'amour de Dieu opérant hors la divinité, qui répand li(»rs (h; soi-mêiiK! la fécondité de son esprit en l'onlro de la grAce et de la gl(»ire dedans h's créatures. Et ainsi le sacré mystère de ITncai nation est un ojuvre, un état cl un mystère d'an\our et d'unité; un chef-d'fBUvre du Saint-Espril en ces deux tpialités divines , et un dief-d'œuvre (]\i\ adore les unités distinctes qui sont dans les jiersonnes éternelles, produisantes et produites; est un chef-d'œuvre qui regarde 1 es[»rit d'amour el d'unité comme son principe, el se rapfiorlc cl lui comme à son prolotyi)e, lequel s'est lui-même divinement exprimé et vivement représenlécn ce divin mystère d'amour cl (i'unité. Ce qui est un point [larticulier i|ui doit être observé, car il contient un exercice excellent (}ue nous devons faire, el marque un rai)poil adorable que cjl'I œuvre a au Sainl-Es[)rit el aux unités divines, bien digne d'être considéré en l'étal singulier de ce divin mystère de l'Incari.ation.
m. Or, y ayant plusieurs sortes de sujets qui peuvent être unis et conjoints ensemble, et aussi plusieurs sortes d'unions et d'unités qui peuvent être conçues par l'esprit de l'homme, et inventées par l'esprit de Dieu , le Saint-Esprit intervenant en cet œuvre, conjoint deux choses si distantes, si inégales et si séparées, comme l'être créé et iiicréé. Et comme il est lui-même l'unité sainte, qui unit divinement les personnes de la Divinité entre elles, il est aussi luimême en ce mystère unissant une des personnes adorées en la Trinité avec une des natures créées dans l'univers, et ainsi accomplit ce grand mystère non en union seulement, mais en unité, comme étant opéré par l'esprit d'unité, et l'accomplit non en unité telle quelle, mais en unité de personne ; car celui qui l'opère est esprit, amour et unité en sa personne; el d'autant qu'il est Dieu, il opère ce sacré mystère d'amour et d'unité en unité de personne divine.
Déni soyez-vous, ô Esprit-Saint et adorable 1 béni soyez-vous pour jamais, et en vous-même, et au plus saint, plus excellent et plus divin de vos œuvres 1 béni soyez-vous d'avoir fait et figuré en icelui une image vive de vous-même, el une sainte et admirable ex[)ression de l'unité divine que nous adorons non-seulement en votre essence, mais encore en la j»ro|>riélé de votre personne! double unité que nous reconnaissons en vous, que nous admirons en vous, et que nous implorons journellement en nos mystères plus sacrés, et en nos prières publiques ; car elles sont toutes saintement terminées par cette unité du Saint- Esprit, qui est le terme des émanations divines, et qui en la propriét^constilutive de sa personne est le lien unissant les personnes divines et l'unité sacrée du rè;e et du
OELVFŒS. COMPLETES DU CARDINAL DE BERL'LLE
Sij
Filsuans l'éternité. Car laf(M nous enseigne que le Père et Jo Fils sont liés divinement ensemble, non-seulement par l'unité de leur essence, mais encore par l'unité divine et ineffable du Saint-Esprit.
IV', Voilà la cause et l'origine de l'état et de l'unité qui est en ce divin mystère ; voilà l'idée parfaite sur laquelle est tiré ce parfait ouvrage, et le modèle accompli sur lequel il est formé par un esprit si excellent comme est l'Esprit éternel, procédant de la jmissance du Père et de la sagesse du Fils; digne ouvrage d'un si digne auteur, et d'un tel Esprit. Mais passons plus outre, et conduisons nos pensées à la contemplation de l'œuvre, comme nous avons contemplé l'ouvrier ; et comme par sa grâce et conduite nous avons pris cette vérité en son {irincipe, et puisé l'unité admirable de ce mystère dans sa vive source et origine, c'est-à-dire dans les unités saintes qui regardent le Saint Esprit, suivons-la en l'élat, aux effets t't aux circonstances de ce divin ouvrage; et voyons qu'en ce mystère auguste il n'y a qu'une personne subsistante en deux natures différentes par-dessus les lois de l'auteur du monde, qui donne à chacune nature sa substance propre, intrinsèque et incommunicable à tout autre sujet.
Aoyons aussi qu'il n'y a qu'une personne divine qui entre dans l'état de ce mystère entre les trois personnes que la foi adore; ce qui semble répugner non-seulemeiit aux lois de la nature créée, mais à Dieu même, et à Tinséparabilité que nous reconnaissons entre les personnes divines lorsqu'elles opèrent quelque chose existant hors l'être infini de leur essence conmiune. Voyons encore qu'il n'y a que la nature humaine, et dans cette espèce, cette seule humanité sacrée à laquelle cette faveur suprême, cette grâce incréée soit concédée. Et par ainsi voyons et remarquons que ce mystère est tout enclos dans l'unité, et l'unité est signalée en l'origine et en l'état d'icelui, et aux parties principales qui le composent, si par défaut de noms plus nobles il nous est permis de les nommer ainsi. Car pour réduire en peu de mots ce qui a éié dit amjtlement, c'est un principe d'unité qui produit dans rélernilé le Saint-Esprit opérant ce mystère; et cet Esprit opérant est unité en^la propriété de sa personne; et Toeuvre qu'il opère est un œuvre et un mystère d'unité; et la grandeur et consistance de ce mystère et toute en l'unité sacrée de la subf>istence divine qui est communiquée à cette naure créée, et qui donne au monde le didivin chef-d'œuvre de l'incarnation.
O unité qui fait un nouvel être, et un être adorable par tout ce qui est créé! ô unité qui pose un nouvel ordre dans l'univers, qui met un nouveau centre au monde, qui établit uri nouveau princi[)e en la nature I & unité qui donne un nouveau souverain à 1 ange, un réparateur à riiomine, et un chef â I Eglise du Dieu vivant ! ô unité qui éla- J>lit nu ciel un nouveau roi de gloire, en terre une ressource de vie et d'immortalité,
et au monde un soleil de justice <(ui répand sa lumière et ses ravons au plus haut des cieui et au plus bas àe la terre! ô unité qui couronne les œuvres de Dieu, et triomphe dans les deux mystères que la foi adore, c'est-à-dire en la Trinité et en l'Incarnation, qui sont deux mystères singuliers, et tous deux appartenant |)ropreraeiit à la Divinité, l'un en elle-même, l'autre en l'unique nature qui lui est uniquement conjointe.
Or nous voyons l'unité reluire en l'essence divine au mystère de la Trinité, et en la personne divine au mystère de l'Incarnation, c'est-à-dire en tout ce qui est de Dieu» n'y ayant à distinguer en Dieu que son essence et ses subsistences. Disons encore, ô unité vraiment sainte, et saintement adorable 1 car elle donne un nouveau Saint des saints à la terre et au ciel, et elle fait un nouvel adorateur et un nouveau sujet nouvellement digne d'être adoré, et d'adorer tout ensemble. O unité divinement puissante! car elle étend sa force sur Dieu môme, le faisant d'éternel temporel, d'immortel mortel, d'invisible visible, d'impassible passible, de tout-[)uissant impuissant, de créateur créature, selon la nature qu'il a a prise; et pour dire en un mot ce qui est ineffable, elle fait Dieu homme, et l'Homme- Dieu, O divinité, ô humanité, ô unité, ô grande merveille 1, que deux natures si di,«tantes et si inégales, dont l'une est si hauie et l'autre est si basse, 'Isoient conjointes ensemble ; et qu'elles soient conjointes d'une union si parfaite et d'un effort si |)uissanl, que l'humanité se trouve en unité personnelle avec Dieu, et que ce qui est sans exemple même entre les créatures, par la puissance de ce mystère, se trouve être entre Dieu et l'homme ; car entre les choses naturelles nous voyons bien quelipie sorte de mélange et de conjonction, qui nous sert même quelquefois d'ombre et de Ggure à représenter l'état de ce mystère; niais co n'est rien de semblable , et les créatures plus puissantes et parfaites, c'est-à-dire les intelligences, l'ange et l'homme, comme ils approchent plus près de Dieu en la perfection de leur être, ils sont aussi plus capables de s'unir et s'allier entre eux, et de former quelque sorte d'ombre et d'image de l'unité qui est entre ics personnes divines.
Mais la sacrée théologie nous apprend qu'il n'y a aucune sorte de nature parfaite et accomplie en son espèce qui puisse entrer ainsi en alliance avec une autre nature créée, et lui être conjointe par un lien personnel. Or, par la puissance du mystère de rincarnalion, l'Iiumanité entre en cette sorte d'alliance et d'unité avec Dieu même, et elle a, non en ses affections seulement ou en ses effets, mais en ressence, au fond et au centre de son être, une liaison, une privante, une intimité avec Dieu qu'elle n'a j)oint, et qu'elle ne peut même avoir avec au( une autre nature et personne créée. O bonté, ô puissance, ô amour! Dieu et rhom-
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CIIANDEIRS DE JtSIJS. — DISC. IV. t>(ITE DE DIEU EN LlNCAUN.
rue sont conjoints en nnil6 de personni', qui est la |)lii> linulc, In plus élroile et h plus intime «llinncc où la naluie crécu puisse ôlrc élovéo |>nr la toute -|»uissan(e divine. Kt comme en la Trinité sainte, l'unité d'essence est e(Mnme la racine et la source primitive de toutes les grandeurs qui conviennent aux personnes divines, ainsi en e(; mvslère l'unité de petsoiuies est la source de toutes les grandeurs et comniunicatioiis intdTaMes (|ui sont faites et qui fieuvenl Mre faites h cette iiumanité; mais cela Cïcède notre propos.
llentrons donc en notre discours, cl nous renfermons dans le point, dans le centre et dans l'unité île notre niystère ; et remarquons tomme cette unité, qui est si propre à Dieu, qui est si empreinte en sa créature, qui est si parfaite et si intime en ce mystère, est eiKore excellente en la manière liont elle subsiste; uianière invisible 5 nos yeux, mais très-visible aux yeux de Dieu et de ses anges. Car ceux ijui voyaient Jésus clietninant, parlant et conversant sur la terre, ne voyaient rien du secret et du mystère (|ue la' sapienco éternelle avait caclié en lui. Les anges seuls voyant sa gloire, voyaient l'unité admirable qui unissait sa diviîie essence avec la nature liumaine en la personne du \'erbe, et voyaient comme cette unité était non |)assagère, mais permanente , non accidentelle, mais substantielle, non temporelle, mais éiernelle, et non sujette h être interrompue, voire un seul moment, en l'usage, en l'ollice et en la fonction qu'elle exerçait au regard de la nature humaine : en sorte que celle âme et ce corps, étaient et devaient être élernelleuienl subsistants en la Divinité.
V. Ce que les anges voyaient en la clarté de leur lumière, nous le devons appréhender en l'obscurité de notre foi , et le considérer d'autant plus, que ce point relève de beaucoup l'excellence et la dignité de ce très-haut mystère. Remarquons donc comme le divin mystère de l'Incarnation lie trèsétroitemenl, et allie jiar ensemble Dieu et rhommc, et d'une sorte d'alliance qui ne donne pas seulement un droit et un titre originaire de la possession et jouissance qui doit être mutuelle et réciproque entre les deux natures, l'une divine, 'et l'autre humaine (comme nous voyons que les traités et les contrats d'alliance qui se passent en la terre, font entre les personnes qui se lient par ensemble); mais cette alliance, comme elle est [dus divine, aussi est-elle jdus puissante, plus agissante et plus élroile ; et ce sacrement est plus grand et plus élevé entre Dieu et l'homme, qu'entre ceux qui sont ap[ielés en l'Ecriture Duo in carne una {Gen. Il, 2i) , et qu'entre Jésus-Christ mé me et son Eglise. Je dis ce sacrement être plus grand entre Dieu et l'homme: car le nom de mystère et de sacrement convient très-bien à l'Incarnation, et c'est le langage ordinaire des Pères, comme savent ceux qui les lisent, et qui voient que souvent même
ils étendent l'usago de ce mol jusqu'à la Divinité, et au se( ret de la procession éternelle. Je dis donc que ce sacrement est [dus grand et plus élevé que tous les autres mosens (pi'on pourrait penser avoir la force de nous dotuier queltpie sorte d'alliance avec Dieu. Car emore que le Fils «Je Dieu soit toujours assistant h son Fglise suivant ses parcjles : Je nuis avec roux jusi/u'à la consomtuation des sièries [Mallh. xxviii, 20;; si e.st-i e ipie [»ar reflicace de celte promesse, en tant (pi'elle regarde jirécisément l'assistance promise h mmi Eglise pour l'enseignement de la dodrine de salut ; il n'est pas nécessaire (|u'il sfdl toujours et à tout moment opérant actuellement dans son corps général et dans ses conciles , mais sulht qu'il soit toujours la |)rolégeant el la couvrant de l'ombre de ses ailes, et la dirigeant dans les besoins occurrenls, prêt à l'éclaircir en ses vérités, lorsqu'elles se trouvent obscurcies ou par le temps, ou par les hérésies. Et encore (luc Jésus-Christ Noire-Seigneur soit toujours au monde par le saint sscrenienl de l'Eucharistie, qui est une seconde alliance qu'il a voulu contracter avec nos personnes, ensuite el en l'iionneur de celle qu'il a daigné prendre avec noire nature par l'Incarnation, si est-ce qu'il n'est pas toujours api'liqué el uni à nous par ce diviu sacrement.
Car l'Eucharistie, en laquelle est la grâce substantielle du Père, ne nous conjoint et unit avec Dieu que durant certains moments, durant lesquels à la vérité, ô grandeur, ô puissance de nos mystères! nous sommes unis réellement et substanlieliement avec lui, en tant qu'une môme substance individuelle, à savoir le corps et le sang de Jésus-Christ, se trouve conjointement et en Dieu et en nous : en Dieu, par subsislence personnelle ; en nous , par résidence réelle et sacramentelle. Mais la très-sainte communion étant parachevée, et les espèces usées, nous n'avons plus aucune adhérence substantielle au corps du Fils de Dieu, et cette chair précieuse, qui est le lien sacré qui nous conjoint à la Divinité, n'est plus en nous. Aussi, ce qui nous reste de l'alliance que nous avons avec Dieu par le moyen de l'Eucharistie^ n'est autre chose, sinon que le Fils de Dieu ayant choisi nos corps pour êlre comme sé- [lulcres vivants de son corps vivant et glorieux, il les sanctifie par une impression réelie de sa grâce et de sa vertu. Car ayant une fois par son corps pris possession de nos membres comme siens, et nous ayant rendus tous membres de son corps, de sa chair et de ses os, par ce divin attouchement , il a pouvoir sur nous, comme sur une chose qui est à lui, el dont le droit et la [iropriélé lui demeure. Mais en celle alliance de Dieu avec l'homme par le inystèro de l'Incarnalion, tout est bien différent, et accompagné de circonstances et conditions bien plus hautes et plus avantageuses. Car ce n'est pas une substance unie à Dieu, et diflérente de Dieu comme en l'Eucharistie y
ŒUVRLS COMPLETES DU CARDINAL DE BERULLE