‹ Œuvres complètesChapitre 171 sur 540 · I.KAI.NLIK l)K DU L hT DK JKSLS · texte numérisé non relu

I.KAI.NLIK l)K DU L hT DK JKSLS

dnlUnolii» poleilatem filios Dei fieti(Joan. I, 1-ij, et nous a cj^nféré cet être et (pialité admirable d'être enfanta de Dieu. La troisième vient de la grandeur de nos péchés, grandeur |terni<ieuse el abominable, grandeur d'une efli'ace ruinante cl mortelle, gramleur pui>sante el efliiVK e h donne.'- la mort, non-seulement h l'Iioinme, mais à l'homme-Dieu iiM'^me: grandeur anéantissant, non-S(îulemeiil les pécheurs, mais Dieu même en certaine manière, le(pjel sélant fait homme, lorsnu'il veut anéantir le péché , se lait pé( hé lui-même; el hostie pour le péché selon son ap(jlre , sujet , captif, el comme esclave sous la puissance des ténèbres, comme il dit lui-même. Voilà trois origines bien ditférenles, qui fondent trois mystères bien dill'érents aussi: le m.vst(^re de la Croix, l'Incarnation et la Trinité ; trois mystères en la contemplation desquels nous devons ôire incessamment occupés, et nous ne devons avf^ir aucune sorte de demeure en la terre (juc pour contempler ces demeures el ces mystères. A cet ellel, les demeures qui nous sont les |ilus propres en celle vie mortelle , ce sont; celles (pli nous peuvent le plus disposera la contemplation des saintes demeures du Fils de Dieu dans le sein de son Père , ie Jésus en la ( roix , et de Dieu moine dans notre humanité. C'est ce qui me fait incliner 5 vos pensées et au choix que vous pro- |)osez de ce lieu plus humble, [dus pauvro et plus retiré, et par conséquent [dus propre au silence, à la solitude el à la pauvreté que vous professez. Je loue le zèle de cette bonne ûincqui vous en veut divertir, mais j'approuve les pensées et les sentiments que vous me mandez, si ce n'est que l'air peu sain et salutaire empêchât cette demeure, à quoi je vous prie d'avoir égard, cl j)rendre l'avis de l'un des f)rincipaux et plus religieux médecins de la ville. Je prie Dieu vous conduire en ce choix, et en toutes les actions de votre vie, que je vous prie d'offrir à Jésus et à sa très-sainte Mère, comme chose qui est à eux el qui leur appartient par tant de titres, que vous seriez autant coupables de manquer à vos devoirs envers le Fils de Dieu et à sa très-sainte Mère, comme vous êtes heureuses de n'avoir aucun soin que de les accomplir.

XIII. LA SOLVERAINETÉ DE DIEL ET DE JÉSLS- CURIST PAR LE MYSTÈRE DE l"iNCAR>ATION.

Le Père éternel, avnnt le mystère de l'Incarnation , a pouvoir sur le néant, sur l'être de la nature, sur l'être de la grâce. l — II. Mais parce mystère il est tout ensenx'l ble le Père et le souverain de son Fils , et^ In paternité divine ert en quelque façon accomplie par l'incarnation du \erOe , qui joint ta dépendance à l'émanation. — ill. Le plus digne empire de Jésus-Christ n'est ni sur les corps, ni sur les âmes, ni sur les anges, mais sur soi-même, et consiste au pouvoir de suspendre les én.anations de la Divinité et de son âme glorieuse sur son propre corps.

ŒUVRES COMPLETES DU CARDINAL DE DERULLE

1. Le plus digne empire du Père éternel est celui qu'il a acquis au jour de rincarnalion ou nativité, eiiii>ire paternel , mais empire sur son Fils Homme-Dieu. Il avait aufiaravant empire 5ur le néant; mais qu'est-ce quu le néant? H avait empire sur l'être créé; mais qu'est-ce que l'être créé: être de nature, être lini et limité, être (|ue môme l'homme doit renoncer? Il avait cm|)ire sur la grâce: être noble et grand à la vérité, mais non suflisant r.our rem[.lir sa domination divine , domination infime et infiniment digne de commander et de régir, et qui mérite aussi un sujet intiniraent digne d'être commandé et régi. Notez ces trois em|)ires de la Divinité : empire sur le néant, auquel il commande comme h ce qui est : Vocat ea quœ non sunt, tanquam caquœ sunt. (Rom. IV, 17.) La lumière est encore dans le néant, il veut qu'elle soit faite, il dit : Fiat lux , et au même moment elle est f lite et passe du néant à l'être , Et fada est lux. {Gen. i, 3.) Empire sur l'être créé dans toute l'étendue de la nature, dont il dispose comme il lui plaît. Empire sur la grâce, qui dépend absolument de son bon plaisir, en son commencement, en son progrès et en sa consonmiation. El remarquez qu'en tout cela il n'y a rien qui égale sa souveraineté., ni où elïe soit dignement eaq»loyée.

11.11 est Père de son Fils dans l'éternité, mais il n'en est pas le Dieu ni le souverain ; l'émanation éternelle que le Fils a du Père étant sans dépendance , ce qui est nécessaire [;our fonder la relation du souverain au sujet et du sujet au souverain. 11 est souverain et non Père dans la création, parce qu'elle s'accomplit par dépendance et non par la voie d'émanation, qui serait nécessaire i)Our foncier une paternité. Mais en ce mystère, il est Père et souverain tout ensemble. C'est ] ourquoi j'a|)pelle le pouvoir du Père sur co nouveau chef-d'œuvre e//ijj/re paternel , parce que la déi)endance y est jointe à lémanation, et celui qui procède et est engendré comme fils et égal dépend du pouvoir de son Père comme sujet et vassal. Et en ceci est le plus grand empire du Père, puisqu'il commande à un Fils qui lui est consubstantiel, c'est-à-dire, à un autre luimôme. La paternité de la terre joint l'émanation h l'autorité, et l'enfa-nt qui est de la substance du [)ère dépend comme sujet de son père, et le père a puissance sur lui et droit de lui commander; et voilà que ,1a paternité du ciel, où il y avait émanation s;;ns autorité, s'accomplit en quelque façon par ce grand mystère, où l'autorité est jointe à l'émanation , et [)ar lequel Jésus-Christ est tout ensemble le fils et le vassal de sou Père.

m. Semblablement le plus digne empire de cet Homme-Dieu, Jésus-Christ Notre- Seigneur, n'est pas celui qu'il a sur la poussière et la cendre par le i)Ouvoir qui lui est donné de ressusciter les morts ; n'est pas celui qu'il a demandé et qu'il a obtenu de son Père au moment de rincarnation sur toutes les nations d(î l'univers (Psal. n,

7-9); n'est pas celui qu'il a sur les anges mêtue.s (jui vinrent fondre à ses pieds dès aussitôt (ju'il fut venu au monde , le Père éternel leur ayant commandé dès lors et sans différer plus longtemps de lui rendre hommage : Adùi'ent cuni omnes angeli Dei Jlebr. 1.6); mais c'est l'empire qu'il a sur soimême, un sujet divin, et sur ses émanations, avec pouvoir de les réprimer et suspendre, et empêchant effectivement que, la divinité étant unie à son corfis , et ce corps étant animé d'une âme revêtue de la gloire, et de la gloire de Fils unique de Dieu, la gloire du corps toutefois n'émai.e point de ces deux {)rincipes si puissants, si présents el si appliqués.

XiV. DU MYSTÈRE DE l'iNCARN ATION ET DES GRACES ET AVANTAGES Qc'lL COMMINIQIE A TOUTE LA NATUUE HUMAINE.

I. De l'alliance de Dieu avec l'homme par le mystère de rincarnation ; on ne peut attendre quune société sainte de Dieu avec les hommes et une vie divine. — II. Le mystère de CJncarnali(j7i ayant été accompli par voie d'exinanition, tous les autres mystères de Jésus Christ s'accomplissent aussi par la même v.)ie. — 111. Le Fils de Dieu se communique à l'homme par la voie de larelifjion , et en institue une toute divine, de laquelle il est la plénitude et te tout. Au lieu que dans l'état précédent de la religion, les hommes recevaient de Dieu quelques grâces , et lui offraient quelques usages et des créatures mortes : en la religion chréticnne,ce qu'ils reçoivent de Dieu, c'est son Fils, et ce qu'ils offrent à Dieu , c'est son Fils. — IV. La présence de Jésus en la terre est aussi réelle qu'au ciel, mais non aussi visible.

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