‹ Œuvres complètesChapitre 175 sur 540 · TROUVENT EN DIEU · texte numérisé non relu

TROUVENT EN DIEU

l. Viinité etladistinction se trouvent en Dieu, sans que Cune empêche Vautre; parfaite distinction, parfaite unité. II. Le Père intervient comme Père dans l'Incarnation, et entendre son Fils en la Vierge, par la même vertu quil C engendre éternellement en soi-même.

I. Un des plus grands secrets de la religion chrétienne est la distinction et l'unité

-des personnes divines; et un des plus grands sujets où cette unité et distinction paraissent, est le mystère de l'Incarnation. Dans la Trinité même nous en avons des marques, en ce que le Père communique son essence, et ne lui communique j)as sa paternité, qui est une même chose avec cette essence ; mais la lumière de ce haut mystère nous éblouit si fort que ses lumières nous sont ténèbres. La distinction des jiersonnes y est réelle, c'est-à-dire la plus grande que nous pouvons concevoir; et l'unité aussi y est trèssiùiple et absolue, c'est-à-dire la plus grande aussi qui peut être conçue par resj)rit créé, sans que l'unité fasse empêchement à cette distinction, ni la distinction à cette unité. En l'Incarnation les trois personnes y sont distinctement nommées et api)liquées, et l'oilice de l'un n'e^t pas l'onice de l'autre. Il est évident que le Fils est appliqué en une manière qui ne convient qu'à lui, car il est incarné, et les deux autres personnes ne le sont pas. Le Père aussi y a son usage et ollice propre, qui ne convient qu'à lui : il envoie son Fils, et celte mission ne regarde que lui ; il donne son Fils au monde et à la A'ierge : Sic Deus dilexit miaiduyn nt Fiiium suum unigenilum daret (Joan. m, 16) : et ce ])ouvoirdele donner n'u])j)artienl qu'à lui, et Pd Deus siguilie le Père, puisque le \'erl)e est ajipelé son Fils, et qu'il n'est Fils que de Dieu le Père. ;.

II. Le Père donc intervient manifestement en ce mystère en qualité de Père, car il donne son Fils, et il le donne au monde et à la Vierge; donation et mission qui n'appartient qu'au Père, et se fait par la même vertu qui n'appartient qu'à lui qui est la vertu du Très-Haut, engendrant un Fils dans l'éternité, et le communiquant et donnant à la Vierge en qualité de Fils [lar indivis en la plénitude des siècles.

Le Père intervient en qualité de Père en ce mystère, et par la parole de fange il intervient en la Vierge, et il y intervient par sa vertu,' que l'ange appelle la vertu du Très- Haut, c'est-à-dire la vertu du Père, selon le style de l'ange. Donc la vcitu du Père est appliquée à la Vierge, pour la nouvelle jiroduciion de celui-là même que le Père produit lors, même non-seulement dans la Vierge, mais ausssi dans son sein et dans son éternité. Car le Père est toujours produisant son Fils unique dedans soi-même, et celle pioduclion ne cesse point, comme MOUS avons dit ailleurs. Lors donc le Père

CARDINAL DE BERULLE

éternel est doublement produisant son Fils unique, car il le produit dans soi-même et dans son éternité, par la génération éternelle, à laquelle ni îa Vierge ni le Saint- Esprit même n'ont aucune part; et il est le produisant dedans la Vierge, avec la Vierge, et avec la préparation que le Saint-Esprit y a apportée, donnant double naissance à son Fils unique, et lui donnant cette double naissance par une même vertu, que l'ange appelle proprement la vertu du Très-Haul, car elle ne convient qu'à lui ; qu'à lui, disje, non à sa nature sim|)lemenl, mais à sa [)ropre personne, et non aux autres personnes divines , qui n'ont pas la vertu, ni de produire dans l'éternité, ni d'envoyer le Fils au monde. Le Père seul produit son Fils, le Père seul envoie son Fils; le Fils ne vient que i)ar mission du Père, et le Saint-Esprit ne le peut envoyer ne l'ayant paint produit. Cette mission du Fils, c'est ITncarnalion du Fils; et cette mission se fait par la vertu propre qui engendre le Fils, et c'est [)Ourquoi elle ne convient ni au Fils même, ni au Saint-Esprit. L'Incarnation donc se fait par la vertu du Père, comme Père engendrant son Fils; et le Père éternel intime dedans la Vierge, s'applique à la Vierge, lui envoie, lui donne, lui communique son Fils en lui appliquant sa personne et sa vertu, afin qu'elle produise en elle celuilàmème qu'jl produit en soi. Ce mot mission confirme cette vérité, car, selon saint Thomas, l'aigle des docteurs scolastiques (i p., q. 42) : La mission d'une personne divine consiste en ce que par la verlu d'une autre personne elle soit existante quelque part en une nouvelle manière.

XX. DU NOM DE FILS DE l'hOMME, QUE JÉSUS- CUUIST SE DONNE SI SOUVENT.

Il y a trois choses en ce mystère : La substance qui est l'union hrjpostatique ; la voie de naissance par laquelle il s'accomplit, tt la fin ou l'usage. Jésus-Christ par cette dénomination si fréquente paraît se coiriplaire en son humanité, et en la voie dt naissance et d'enfance, par laquelle il l'a voulu prendre , et dans la relation qu'elle lui donne à sa mère. Jl se complaît d(ms les grandeurs cachées, dans la petitesse de cette seconde naissance, qui sont d'adorer par sa naissance étemelle, et de se donner à son Père pour l'un des sujets de son empire.

Un des noms dont il vous a plu vous nommer le plus souvent en votre sainte parole est celui de Fils de l'homme ; et étant le Fils de Dieu, et ayant tant de noms et de grandeurs en cette (jualilé, il semble que vous les ayez oubliées j)Our user à tout propos de celui-ci : ce qui est d'autant plus considérable, comme vous avez oublié vous-même et vos grandeurs, i)Our notre amour, et pour yous-abaisscr et huuiilier |)Our notre salut. Orcenomnous représenfe non-seulement votre nouvel état et qualité, et votre essence humaine (car en 'tant que Fils de l'homme vous êtes homme par conséquent) ; mais il

OEUVRES DE IMETE. — \XII, CONSIDKKATION SLR L'INCARNATION.

nous rc|trésenlo la voie el la innnière qiiil vous n itlu choisir pour vous iiùro liotnuje , entre [iliisieiirs niilros voies el manières (juo la divine s.i|)ienre pouv.'iil suivre , c'est-h- «lire |tar voie de naissance , et par conception an ventre de la sainte ^'i<'r^^e.

Il } a trois points considérables au mystère de rincarnalion : la suhstarK e de ce niyï>lère , <ini consiste en l'union des deux natures en une nniinc [tersonne, ce iiui peut être accompli sans aucun regard aux liomnies ; la voie el la manière qu'il a plu à Dieu tenir pour accomplir ce mystère, et I dans cette jiartic la Vierge seule y entre ; la lin et l'usage du mystère, et en cet endroit tous les liommesyont [»arl, comme en la première il n'y a (jue Dieu >eul, et cette nature qui est conjointe h Dieu personnellement.

Or celte dénominaiioii si fréquente en ri-'crilure est interprétée diversement par les saints Pères ; mais la raison ({ui me semble la princi|iale est cpie le Fils de Dieu se lOm- |ilait en ce sien nouvel étal d'homme el Fils lie l'homme; car se nonunanlT'ilsdel'homme, il se nomme homme par conséquent , et il se {daît en la substance de son mystère.

Secondement, il se complaît en la voie par la(]uelle il se fait homme, o'esl-à-dire par état de liliation humaine, el par naissance qui a son rap|>orl et son hommage à sa naissance étertudle, à sa filiation divine, à sa génération émanée du Père éternel : Generaliouem ejus quis enarrabit? [Àct. yiii, 33.)

En troisième lieu, il se complaît en l'état et en la relation qu'il a vers sa sainte Mère, de laquelle il est Fils, et de laquelle il se nomme Fils; étant Fils d'elle sans Père en la terre, comme il est Fils de son Père au ciel sans Mère.

En quatrième lieu, il se complaît en l'état, aux grandeurs et aiiï privilèges de sa naissance temporelle, cachée dedans la bassesse et petitesse qui j)araît en celte naissance.

Il faut peser, en cet endroit, ces points qui ap|)artiennent à l'honneur de la Nativité temporelle de Jésus : 1° Elle adore par état sa nativité ou génération éternelle; 2° elle donne au Père éternel son Fils unique et consubstantiel pour sujet; 3° et par cela elle étend la souveraineté du Père éternel sur le plus digne el le plus divin de tous les sujets qui puissent jamais être enclos dans son ressort et sa juridiction. Or c'est en vous, ô Vierge, que s'est accomplie celte naissance si auguste et si divine : c'est de vous qu'est issu ce Fils de l'homme; il est chair de votre chair, el os de vos os, el c'est en v<jus et jiar vous qu'il s'est fait chair de votre chair, el os de vos os, el qu'il a tiré de votre >aiig le prév ieux sang que les bourreaux ont depuis lire de ses veines.

XXI. DU DON DE DIEU, DE LA MANIÈRE DE LE RECEVOIB, ET DE SE DONNER A Ltl SUR CES

PAuoLES : 5j scires donum Dei.

Jésus doit être reçu comme don, et don de Dieu, et don qui est Dieu môme. Car, comme il est Dieu de Dieu , el il est don de Dieu, élanl donné |>ar le Dieu duquel il pro-

cède, il est don de si grande émiiience et dignité, qu'il est don et Dieu tout ensemble. Il est donc et donné de Dieu, ce qui marque son origine et sa procession; et don de I^ien. ce qui manpie son essence et sa divinité :.S* «rires donum Dei {Juan. iv,10) : mais il est don que nous devons recevoir, et don auquel il faut nous donner et nous livrer nous-mômes.

Je vous adore donc ot vcms reçois, ô J6- «us, comme donné de Dieu le Perc, comme relevant de lui par votre origiii" , comme émanant do lui, égal h lui el dcjnné par lui, tel que vous êtes, c'est-à-dire comme égal h lui. Je vous reçois comme vous d(jnnant vous-même : car vous êtes et en conformité et en unité môme de volonté et d'opération, avec le Père dans votre Etre divin. Je vous reçois, et je reçois en vous et avec vous le Père môme qui* vous donne. Car il est inséparable de vous, et en vous donnant, il se donne lui-même par le lien d'amour et d'unité qu'il a avec vous, qui le rend inséparable de vous par unité d'es[)rit, d'essence et fl'aniour. Je vous regarde et aime comme lui-même; et son amour, aussi bien que son essence, le joint à vous, et il est el veut être avec vous.

Même il vous donne non -seulement conmie émanant de lui, mais encore comme produisant [)ar lui cl avec lui le Saint-Esy.rh en l'ordre de la Trinité sainte, et vous voulez produire en nous ce môme esprit, en vous donnant à nous. Tellement que vous vous donnez, et il vous donne à nous, comme un don vivant et opérant; vivant d'une vie si haute, comme est la vie qui règne en l'ordre de la très-sainte Trinité ; et comme opérant chose si haute el si divine , comme la production d'une personne divine, qui remplit et termine la fécondité admirable de la Divinité.

0 don! à vie! ô opération! ôPère! ôFils! ô Saint-Esprit! Mais comme le don du Père est si digne el si excellent, la manière de le donner est ineffable. Car il le donne par un nouveau mystère, qui passe l'ordre de la nature, de la grâce et de la gloire, qui est lemvstèrede l'Incarnalion, mystère unique et singulier, mais qui imite l'unité el fécondité divine ; car, en son unité, il a une étendue et comfuunication sur tous les homoies et sur les anges môme ; mystère infini en grandeur et en abaissement , en dignité et en avilissement, en puissance el en impuissance, en vie et en mort. Je me donne à vous, pour tous les usages que je puis avoir et faire de vous ,wL|ue vous voulez avoir de moi, en moi el par moi.

XXI!. DISPOSITIONS DE l'aME AU REGARD DU MVSTtHE DE LINCAKNATION,

Le regard de l'âme envers Dieu et son œuvre de l'Incarnation sera un regard d'iiuuiililé, de simplicité, d'adoration, d'admiration et d'atfection liante, aimante et se complaisante en Dieu et en ce sien œuvre.

Regardd'humanité par lagrandeurdel'objct regardé, et iudianitéde l'âme regârdantei

Regard de simplicité contre curiosité, par la sublimité de l'objet regardé , et impuissance de l'âme regardante.

Regard d'adoration n'ayant antre dessein de regarder que par hommage, et non pour connaître et pénétrer, et ne prétendant que cette adoration i)ar ce regard et non-intel- Jigence.

Regard d'admiration par la dignité et divinité de l'objet regardé.

Regard d'aiTection, car l'amour de Dieu et ce sien œuvre est la On de ce regard humble et simple, amour liant et se complaisant en Dieu et en son œuvre.

Le désir de l'âme en la contemplation de ce mystère sera un désir d'hommage et d'ap-

yarence, et de liaison 5 la Trinité sainte, à ésus, à Marie et à saint Gabriel.

XXIII. LES GRANDEURS DU MOIS DE MARS OU DES MYSTÈRES ACCOMPLI? EN CE MOIS.

JS Incarnation et toutes les grandeurs commencées en ce moment, en Jésus et en Marie, la mort et Passion de Jésus, sa ré^ surrection , ^institution du saint Sacrement et de la prêtrise.

Une des paroles de Dieu à son peuple, le retirant d'Egypte, est celle-ci : Mensis iste vobis erit principium nunsium , primus erit in mensibus anni [Exod. xii , 2) : cette parole s'adresse plus à nous qu'aux Juifs, et ce mois de mars nous doit être en vénération plus grande que non pas à eux ; car les choses que Dieu a faites pour nous en ce mois sont bien plus grandes que non pas celles qu'il a accomplies pour la délivrance de ce peuple.

De toutes les observances judaïques, je n'en voudrais transplanter dans le christianisme que celle-ci.

Nous n'avons pas pouvoir de réformer le calendrier, et de rendre ce mois le premier de l'année de nos éphémérides, mais nous avons pouvoir de régler notre piété, et de le ren<ire le plus remarquable en nos dévotions : car c'est le mois des grandeurs de Jésus et de sa très-sainte Mère ; c'est le mois des souffrances de Jésus et de Marie; c'est un mois de vie et de mort tout ensemble, et un mois de double vie et de double mort pour Jésus; c'est le mois de son triomphe, de son humilité et de son amour en l'Eucharistie, et de sa puissance et gloire en sa résurrection; c'est en ce mois que le mystère de l'Incarnation a été accompli , et que la Vierge a été faite Mère de Dieu le 25 mars; les deux plus grands miracles d'entre les œuvres de Dieu, et les deux plus grands sujets qui soient et qui f)uissent être en l'ordre de la grâce et de la gloire. C'est en ce mois que le Fils de Dieu a commencé à vivre a'une vie nouvelle-; vie humaiiiGment divine et divinement humaine, et d'une vie mortelle , i)renant un corps passible destiné à la mort pour être la victime des péchés du monde; c'est en ce mois qu'il a commencé à vivre d'une vie voyagère et glorieuse tout ensemble , son flme étant glorieuse et son corps étant pas-

sible, son âme vivant ainsi dans la gloire et dans la souifrance tout ensemble. Miracle propre à Jésus, et miracle commencé on ce mois mystérieux, et continué toute sa vie; c'est en ce mois auquel, commençant à vivre, il commence à mourir, subissant cette loi faite à Adam: Quacunque die comederis ex eo, morte morieris [Gen. ii, 17) : car le premier jour de sa vie a été le |)remier jour de sa mort, puisque cette vie est mourante, et chaque moment d'icelle a autant de mort que de vie. Ce qui a pVus de lieu en Jésus, lequel ne vivait de cette vie que pour mourir, ayant une vie propre à lui , en laquelle il est immortel et éternel tout ensemble. Mais il y a encore un autre sens, selon lequel le Fils de Dieu commence à mourir en ce mois : car, dès l'instant de son Incarnation, le Fils de Dieu prive son corps de la vie de gloire, et celte vie est plus vie incomparablement que la vie de la nature, et son corps a i)lus de droit (et droit perpétuel) à la gloire qu'il^ n'a droit à l'âme de laquelle il doit être séparé pour un jamais selon le simple cours de la nature. Ohl quelle vie loi)! quelle mortl C'est pourquoi j'aiclitque ce mois était un mois de double vie, de double mort pour Jésus , car il meurt en ce mois de la mort naturelle par le corps, et il meurt encore de la mort surnaturelle dans le ventre de la Vierge , privant son corps de la gloire que l'âme et la divinité devaient répandre sur lui. C'est aussi le mois de double vie, voire de plusieurs sortes de vie pour Jésus: car il vit de la vie naturelle par l'infusion de son âme dans son corps au mystère de l'Incarnalion , et il vit de la vie céleste et immortelle par le mystère de la Résurrection fait en ce mois, aussi bien que son Incarnation et sa mort. Et, dans le seul moment de l'Incarnation , il y en a plusieurs : vie divine et vie humaine, car c'est la vie d'un Dieu-Homme, et d'un Homme- Dieu; vie voyagère et vie glorieuse , car il est voyageur et compréhenseur tout ensemble; vie souffrante et vie jouissante , car en la croix il est en l'amertume de la croix et en la jouissance de la gloire. Il y a encore en ce mois à honorer le commencement de la vie inlérieure et spirituelle de Jésus, voyant, adorant, aimant Dieu sou Père, et s'offrant à lui pour sa croix, et j)Our toutes ses volontés sur lui. Vie haute, vie ravissant et les hommes qui y pensent, et les anges qui la voyaient dès lors; vie qui fonde, qui l)énit, et qui sanctifie nos vies intérieures ; In qna oblatione sanctificati sunms. ¥A nous y pouvons ajouter la vie qu'il a commencé â imprimer dans la Vierge, à laquelle il était vie, et laquelle a porté en son cœur la premiijre im[)ression de la vie (le Jésus.

XXIV. OPÉRATIONS DES TROIS PERSONKES DIVINES DANS l'iNCARNATION.

i II n'y a que le Fils incarné, et ce Fils n'a qu'un Père au ciel et une Mère en la terre : Père sans Mère en sa pi»mière nativité, Mère sans Père en sa seconde nativité. C.p

949 OKIVUKS UK IMKTE. - XXVI,

l'ùre et co Fils sotil un seul Dion, sont deux rcrsonnos. cl no sont (|ii"nn iiiincipc piodiiisHnl le S.iitil-Rspril , qui inlorvionl h l'ojtéralion de ce nivslèic. Do ce niv.stt'To se j)ro(luit un Jé>u», un Sauveur. De ccJésiis )»arl un Kspril, une vwio, une vie : une vie

Ï|u'il nous l'aul posséder, un esprit qu'il nous aut recevoir, une v(jio {}u'il nous faut suivre; alin (jue, coninie «'ii la divinité il v a unité d'ossenee, unité d'amour, unité d'esprit, nous .^ovons laits un d'esprit. Il n'v a qu'un 'pii envoie, <i savr)ir le Pèie; il n'y a tpi'un (pli est envoyé et (pli vient, à savoir le Kils; il n'y a (juun (|ui intervient, savoir le S.iint-Ks|irit. Ln î'ère par envoi, un Fils j>ar aiqtlicalion, un Sainl-Kspril par opération.

XXV. DK 1,'lSAr.F. T*NT mM\I> Ql'E DIVIS Ql 1 (:o>Vlt:>T A JH>V SM-.IIUIST, TA>T AU BKliAimilK SON HIMAMTK l'IlOl'UK VL'aIJ RE-

«;aud i>k Noi s.

Le Fils <le Dieu, outrant en noire Immaiiilé, a l'ait usage iiuniain et usage divin de colle liunianilé. L'usage humain qu'il en faisait était |)lut6t en tolérant et supportant, et Dieu mémo on avait séparation par sa sainteté commo il y avait liaison par la mission (jui l'ét.ililit on notre liumanilé en exinanition de lui-môme. L'usage divin est son usage propre et correspondant à Dieu, et est selon les qualités et propriétés du Verbe, qui sait et qui doit user autrement de notre humanité que non pas riiomme.

Nous sommes obligés on suite de celte vérité, de nous laisser au Fils de Dieu, pour mourir en nous-mêmes en qualité de pécheurs, et pour le laisser (^Ire et vivre en MOUS, selon tous ses droits, qui sont en trèsgraml nombre. Car il a les droits de Dieu, et par être, parce qu'il est Dieu; et par génération, parce qu'il est Fils de Dieu. Il a les droits de Rédempteur, et en cette qualité, il a les droits du péché, du pécheur, du diable et de la créature; et par ainsi, il doit être autant en nous comme i" jiar la création nous devons être en nous-mêmes, et 2° comme par la plus rigoureuse justice de Dieu, le péché doit être et vivre dans les damnés, et 3° nous devons être autant à lui et en lui, comme par le plus grand amourpropre, le |)écheur veut être à soi-même et en soi-même, et autant 4° que par le péché nous devrions être au diable. Kl nous devons entrer dans la séparation qu'il a de l'usage présent de la créature, et le supporter toutefois avec patience, tant qu'il nous ordonnera d'y vivre et qu'il en voudra user avec nous ; el devons avoir disposition d'es] rit à le perdre ; même nous ne le devons [ orter qu'en lui, et de sa part; et nous devons soumettre, avec patience encore plus grande, tout ce que nous sommes ou Fils de Dieu, afin qu'il y soit et qu'il y vive en sa manière et selon lui, et qu'il en fasse l'usage divin qui lui convient, qui ne correspond ni au sens, ni à la raison, ni à la lumière môme de grâce ordinaire de la vie présenle

KKTK DE L'ANNONCIATION.

WVL EN LA FKTK I)E l'aNNONCI ATION. Aux rcli/i«Misrs (iarriKililcs de Caeii.

L l.e wysli're dr l'Itu nrnalion est un mystne de rie et pour les hommrg d pour 1rs niujex, et luéme pour Dieu qui y a une nouvelle sorte devir. — IL l'.l nous devons y prendre vie, d'uutant plus (fue c'est jjour nous qu'il suceoviplit. -MI. Le mystère de l' Incarnation est un mystne éternel el uninrsel, c'est-à-dire, qui romprnid tous les autres. — l\ . Le mystère accompli est pour la terre et pour le ciel, el il subsiste par tout où Jésus est. Ce mystère tient de la nature du temps et de l'étnnité tout ensemble. — \ . Nous devons tinr vie de ce mystère de vie, et stabilité en Dieu de sa condition stable et immuable. — VI. Jin ce mystère, la Merge donne vie à Dieu et prend vie en Dieu d'une manière qui ne convient qu'à Elle. — VIL Le Fils et la Mère prennent el donnent rie en ce mystère, mais avec cette différence que le til* donne vie en prenant vie, et la Mère prend vie en doninnit vie.

L Celte solennité a cela de propre qu'elle est toute de vie. Elle est vie et |Our les anges cl pour les hommes, et pour le ciel el pour la terre; et ce (jui passe toute pensée, elle est une solennité de vie, môme pour Dieu, quia une sorte de vie par ce mystère qu'il n'avait point auparavant : car il y est vivant d'une vie divinement humaine, et humainement divine, par l'union personnelle et inctl'able des deux natures ensemble.

IL Or, si Dieu, qui est vie et vie éternelle, qui est vie essentiellement, qui est toute vie éminemment et en (^ui tout est vie ; qui n'est que vie el source de toute vie, jirend même vie en ce mystère (tant ce mystère est mystère de vie,) prenons aussi une sorte de vie en ce mvslère, nous qui ne sommes que mort et misère par le péché, et qui avons un si grand besoin et indigence de vie. Que la fécondité de ce myslère, qui remplit tout de vie el donne même vie à Dieu, ne soit pas stérile en nous ; ijue cette heureuse el miraculeuse fécondité nous donne vie en celui qui est la vraie vie, et qui s'ajipelle aussi lui-même la vie en sa sainte parole : Ego sum vita. {Joan. xiv, 6.) Vivez donc en Jésus, vivez en celle qui donne vie à Jésus, c'esl-.î-dire en .Marie qui, étant Mère de Jésus par ce myslère, est aussi par ce myslère vie el mère de vie.

IIL 11 va i>lusieurs sortes de fêtes célébrées en "l'Eglise de Dieu : elles sont toutes saintes et divines, dignes de nos soins el de nos exercices on la piété. Mais si vous y prenez garde, elles ne concernent 'a plufiarl que quelques actions [)articulières du Fil§ de Dieu, lesquelles encore sont passagères cl de peu de durée, comme la naissance, la circoncision, la jirésenlation au Temple, 'a. fuite en Egypte, etc. Cette solennité, célébrée en ce jour et en colle octave, est une solennité universelle el même éternelle.

Elle [torle la base, le fondement et le sujet

de toutes les actions et mystères de la vie

«ol

voyagère du Fils de Dieu en la terre et de sa vie glorieuse et immortelle au ciel, c'està-dire l'humanité unie à la divinité; et elle enclôt un état permanent à jamais, puisque tant que Dieu sera Dieu, il sera homme, et qu'il y aura à jamais un Homme-Dieu ; tel- Jement que ce mystère n'est pas seulement mystère de vie, mais il est mystère de vie dé.^ormais éternelle, c'est-à-dire, d'une vie qui durera à jamais, et laquelle, ayant eu principe, en ce jour, n'aura jamais de tin, et ayant commencé dans la terre, durera dans le ciel éternellement.

IV. C'est la sublimité, la profondité, la di- Tinité de ce mystère. Nous ne pouvons assez le révérer, le contem[)ler; nous ne pouvons pas le pénétrer tout d'un coup, 11 est bon d'y penser et d'en parler ])\us d'une fois. Disons donc, derechef, qu'au lieu que les autres fêles du Fils de Dieu regardent des mystères et actions qui se passaient sur la terre et ne pouvaient être accomplies au ciel, et lesquelles encore n'ont duré que peu de jours ou peu d'heures sur la terre, comme la circoncision, l'agonie, la passion et autres, celle-ci regarde non une action, mais un état du Fils de Dieu et un état permanent en la terre et au ciel. C'est pourquoi l'ai dit que cette fête est pour le ciel et pour la terre tout ensemble, non-seulement à raison qu'elle est honorée par le ciel, ce qui lui est commun avec toutes les autres fêtes jdu Fils de Dieu, mais aussi parce qu'elle contient un mystère qui de la terre passe au ciel, qui s'accomplira dans le ciel comme il s'est accora|)li en la terre, et qui durera aussi bien dans le ciel qu'en la terre, en tant que l'union ])ersonnelle de la divinité au corps et à l'âme de Jésus est sans interruption quelconqae. Elle est en la terre et au ciel, elle est en la vie, en la mort et en la gloire ; et les anges dans le ciel, aussi bien que les apôtres en la terre, ont présents et adorent une Ame et un corfis déifiés par l'union personnelle et immuable de la divinité à notre humanité. Or cette union jiersonnelle et divine est le fonds et l'essence de ce mystère ; c'est ce qui est annoncé à Marie par un ange du ciel ; c'est ce qui est accompli en elle, par la vertu du Père, parla personne du Fils, par roj)ération du Saint-Esprit; c'est l'œuvre qui commence en Nazareth et continuera en Bethléem ; c'est l'œuvre qui commence en Judée et passera en /Egypte; c'est l'œuvre qui commence en la terre et durera au ciel ; c'est l'œuvre qui se fait en ce jour et subsistera toujours, tellement que la merveille de ce jour est partout où Jésus est. En la crèche et en la croix, sur la terre et sur les eaux, dans les villes et dans les déserts, dans les maisons et dans les campagnes, dans les cabinets et dans les temples, dans les actions plus basses et dans les plus relevées, dans les actions publiques et dans les particulières; bref, partout oij Jésus est, V)arlout il est Homme-Dieu, et il ne change et ne dépose point celte qualité : et cette Qualité lui convient par ce qui s'est accom-

pli en ce jour heureux et mystérieux du 25 de mars, jour de nos jours et de noire éternité même. Cela ne sulht pas h l'eihcace et condition de cette opération sacrée, qui s'accomplit en ce beau jour. Ajoutons donc eette [)enséeaudiscours précédent, et disons que le mystère de l'Incarnation est un œuvre qui se fait tellement en ce jour qu'il se fera toujours. C'est un œuvre qui tient de la nature du temps et de l'éternité tout ensemble : par la condition du temps, il est fait dès lors; par la condition de l'éternité, il se fera toujours. Car comme le Fils de Dieu est né de toute éternité et est toujours naissant de Dieu son Père, aussi définis ce jour sacré, il est uni et est toujoursjs'unissant à ce corps et à cette âme que le ciel et la terre voit , contemple et adore en cet homme qui s'appelle Jésus.

X. Pénétrons la dignité, la propriété, la divinité de celte opération sacrée. Prenons vie en ce mystère de vie ; prenons vie éternelle et immuable en ce mystère de vie immuable et éternelle; prenons toujours vie récente et nouvelle en ce mystère qui est toujours récent et nouveau puisqu'il est tellement accompli qu'il s'accomplit toujours. Et parmi les variétés de cette vie misérable sur la terre, prenons vie constante et invariable, comme l'état de ce très-haut mystère est invariable dans les variétés des temps, des lieux et des accidents auxquels le Fils de Dieu s'est trouvé sur la terre. Suivez-le pas à pas. Tantôt vous le verrez en une crèche et tantôt en une croix; vous le verrez naissant et croissant; vous le verrez et souffrant et opérant ; vous le verrez et vivant et mourant; vous le verrez et en la terre et au ciel; mais, en tous ses étals différents, il est sans diversité aucune ; il est toujours Homme-Dieu et sera pour jamais Dieu et homme. Dans les changements et variétés que nous avons à passer sur la terre , adorons l'être et l'état immuable de ce divin mystère. Et comme il est invariable, demandons au Fils de Dieu un esfirit invariable en lui. Nous tirons vie de ce mystère de vie ; tirons donc aussi de l'état immuable de ce divin mystère un état de grûce et de vie invariable en Dieu, et qne notre âme pour jamais soit unie à Dieu en l'hommage, en la déi)endance et en l'efficace de l'union perdurable à iamais de la divinité à notre humanité. Et c est, ce semble, une des grâces prO[)res à la condition de ce mystère qui est mystère de grâce, de vie et d'union jiour jamais, mystère, dis-je, de grâce et do vie incréée et d'union personnelle à la divinité.

VI. Or si ce mystère est ainsi mystère de vie et mystère éternel et mystère pour les anges et bour les hommes, que sera-t-il j)(»ur la Vierge qui est, après le Fils de Dieu, le sujet j)rincipal et plus digne de cette fête? Oh ! quel état ! Oh ! quelle vie 1 Oh ! quelle union! Oh ! quelle dignité pour la Vierge! Elle y a une pan qui n'est propre qu'à elle. Elle y a aussi une puissance qui ne convient (ju'à elle; car non-seulemeul clic {>rend vie, mais

OhLTUES DK PJKTK. — XXVII, NAISSANCE ET ENFANCE DE JESLS.

elU; donne vio on ce mystère, el en ce mvsliT»' elle preml v:u et donne vie h Dieu in<>me. Mlle prend vio en la dorin/inl el elle donne vie en la jirenant, ce (jui lui est i»njiire el singulier en ce mystère oiKinel et jo ciel et la terre reçoivent vie, mais im la donnent pas. Au iieu(|uela très-sainte Nierge en cette tète preml vie el d(jnnu vie t(jul ensemlile et donne vie 'i l'auteur de vie el lui donne vie éternelle en un cerliiin sens ; il esl éternel lui-inènie en la vie (ju'il reçoit du son l'ère : el maintenant il reçoit une vie nouvelle de sa très-sainte Mère, mais une vie ijui aura son éternité aussi. Car il n'est pas seulement le I-'ils de la \'icr;^e dans la yrotte de IJctldéeiu, il esl Fils <le i'Iiomnie, Fds île la \ lerj^e el en la terre et au ciel ; el il aura un re.^ard éternel vers elle comme vers sa Mère, sa source el son principe, ainsi cju'il a un regard éternel vers son l'ère éiernel qui est son principe uniijue dans la divinité.

Vil. Je dis (|uo la très-sainte Vierge prend vie ol donne vie tout ensemble. Car il lui esl impossible de donner vie à Dieu qu'en prenant vie do Dieu. Et aussi voyezv<jus (}uu l'ange lui annonce que le Sainl- Ksprit, qui est «source de vie, l'environnera cl <iue la vertu du Très-Haut la remplira. Or en cela il y a conformité entre le Fils et la Mère ; car le F'ils aussi en ce mystère prend vie et donne vie tout ensemble, prenant vie el revêtant do vie iiumaine sa divinité ; el au même instant qu'il reçoit celte vie il donne vie, mais vie divine à son humanité. Il reçoit vie Iiumaine et donne vie divine, et ainsi chacun d'eux esl [prenant vie el donnant vie tout ensemble, tin cette conformité il y acelte ditl'érence entre le Fils de Dieu et la Vierge que lui entre en ce mystère en (jualité Ue Fils ; couime Fils il prend vie, mais en i)renanl vie il donne vie. lit elle entre en ce mystère en qualité de Mère ; comme Mère elle donne vie proprement, mois en la donnant elle prend vio en celui à qui elle donne vie. Vie qui concerne et la Mère el le Fils, vie toute nouvelle etinetfa- Dle sur la terre. Mais iinissons nos paroles pour ne iiiiir jamais nos sentiments et alleclions, et [tour nous perdre et abîmer dans les raretés de ce jour des jours et de cet œuvriî des œuvres. O jour heureux 1 ù solennité divine! o vie! ù mystère de vie 1 ô vie jiour les hommes el pour les anges 1 ô vie pour le ciel et pour la terre 1 ô vie ponr Dieu môme et pour la Vierge ; pour le Fils unique de Dieu et [lour sa sainte Mère 1 Adorez, aimez, révérez cette vie; unissezvous à celte vie pour jamais; et servez de lûul votre pouvoir à Jésus et à Marie qui sont les sujets el les origines de vie.

XX Vil. DE LA NAISSANCE ET ENFANCE DE JÉStS EN MAHIE ET UOBS DE MAKIE.

I. Jésus dès sa conception est orné de l'usage de la raison, de ta science infuse et de la lumière de (jloire. Il esl dans le mouvement de In tjràce et dans le repos de la gloire, tmincnce de sa grâce. Huspension de sa

grâce et. de ta gluirr ; mirnrir d'autant pluf grand nu'il est op/n^ par Jrsus en un rtnt si humilie et si faible.-- II. Comme la naissance it enfance dr Jésus en Marirnses tnirarirs, sa naissance rt enfance hors d elle a aussi les sivns. Car elle est annoncée par 1rs anges, honorée d'une nourelU étoile^ adorée dss rois ; ellr épouvante llérode, elle sanctifie les innocents, etc. (ne des morgues de sa puissahce est qu'il rend l'impuissance puissante.

I. 11 y esl comme enfant, mais comme Enfant-Dieu , doué dès Irjrs d'une parfaite connaissance de Dieu, du monde el de soimême : el ayant les trois sortes de lumière (pii l'ornent et raccompagnent maintenant dans le ciel , le [larfait usage de son intelligence, la science infuse en la(iuelle il ( omialt toutes choses, el la lumière de gloire en laquelle il voit Dieu aussi parfaitement qu'h I)résent dans le ciel, il est dans les entrailles de la Vierge durant ce temps. Ne concevons rien de bas, mais sachons que là il est dans le repos de sa gloire et dans le mouvement de sa grâce, et dans le mouvement d'une grûce qui est la fdus éminente oui soit et sera jamais , qui régit la terre et le ciel, el qui esl la source et ressource de la grâce des hommes el des anges, et s'il en sus[iend el arrête pour lors la puissance el l'intluence, cette suspension est un grand elforl et un grand miracle. Là il est et adorant et adoré, adoré des anges : Et adorent eum omnes angeli ejus. [Hebr. I, 6.) Là il est aimant Dieu et les hommes, et s'offiant à son Père pour les hommes. Là il est acceptant la chair f»assible dent il est revêtu : In similitudinem carnis peccati [Rom. viii , 3] , et suspendant l'inllucnco de sa gloire; et cette suspension est le plus grand effort qui soit en la terre el au ciel, et le plus grand miracle de Jésus. Miracle sur la gloire et la gloire de Jésus; miracle en l'ordre non de la nature ou de la grâce, mais de la gloire el de la plus grande gloire qui sera jamais, la gloire de Jésus; miracle continuel et le premier miracle de Jésus; miracle opéré en la plus grande débilité et im|)uissance de Jésus, qui est son enfance, et le premier miracle qui orne et accom|iagne son enfance, l'état le plus humble , le plus débile et le plus im[)uissanl de Jésus. Là il commence notre salut : In gua voluntate sanctificati sumus {Hebr. x, 10); et, pour l'opérer, il fait le plus grand de seo miracles, qui esl cette suspension. ¥A il faut soigneusement remarquer, qu'en cet éta( de Jésus en la Vierge, il y a double sus- [lension : celle de sa grâce qui n'est ni iiitluente ni régissante , comme elle devrait être ce semble; celle de sa gloire non répandue au corps ni étendue en tous ses états el elfets en l'âme. Ce sont les miracles de son enfance en Marie, miracles sftirituels et intérieurs, mais [dus grands el précieux aux yeux des anges, que tous les miracles extérieurs et qui sonl visibles à nos yeux mortels.

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