Huant au i»rcmicr usage et i)remier
CARDINAL DE BERULLE. 960
regard vers Jésus, qui est d'élévation, regar- I dons Jésus selon tout ce qu'il est en lui- ' même, regardons-le selon tout ce qu'il est vers nous, regardons-le comme vie et comme notre vie. Ne nous regardons pas nousmêmes; regarderions-nous une chosemorte, car nous sommes morts, et nous n'avons de vraie vie qu'avec Jésus-Christ en Dieu, ainsi que nou> apprend l'apôtre saint Paul. Regardons Jésus-Christ, regardons-nous en Jésus, regardons notre prochain en Jésus. Tout nous est donné en Jésus-Christ, regardons tout en Jésus-Christ; en chaque grâce, regardons j)lus Jésus-Christ que la grâce même ; et en ceux avec qui nous traitons, regardons-y i)lus Jésus-Christ qu'eux-mêmes. Le Père éternel voit tout en son Fils, et ne nous yoit qu'en son Fils ; et il faut que notre regard soit imitant et adorant son regard. Le regard duquel \e Père regarde son Fils donne son essence à son Fils ; car c'est par ce regard divin et adorable, qu'il l'engendre éternellement dans son sein, et même qu'il l'engendre temporellement dans notre nature et dans le sein de la Vierge ; et notre regard vers Jésus nous dispose à recevoir Jésus et sa divine génération dans nos âmes. Le péché nous rélléchit à nousmêmes, mais la grâce nous rélléchit à Jésus, à la croix et à la mort de Jésus, et, par cette rétiexion sainte, prépare nos cœurs à la vie que Jésus nous a acquise par sa mort en la croix.
IV. Quant au second usage et second regard qui est de dépendance, notre vie dépend de Jésus, elle ne nous est donnée que par lui et pour lui ; car l'homme était condamné à mort, et cette sentence lui ayanlété prononcée : In quacuiufue die comcderis ex eo, morte jnorieris : « Au même jour que tu mangeras de ce fruit, tu mourras de mort [Gen. II, 17), » il devait mourir, et l'exécution de ce funeste arrêt n'a été suspendue qu'en considération et pour l'amour de Jésus.
Notre vie donc dépend de Jésus; notre j)ouvoir de bien faire est enclos en lui, et dépend de sa grâce ; et si nous faisons quelque action qui soit agréable à Dieu, ce n'est qu'au nom et en la vertu de son Fils.O;«ne, dit saint Paul, quodcunque facitis in verbo aut in opère, omnia in nomine Domini noslri Jcsu Cliristi, gratias agcntes Deo etPatri pcr ipsum: a Tout ce que vous faites en parole ou eu. œuvre, faites-le tout au nom de Notrc-Seigneur Jésus-Christ, rendant grâces au Seigneur et au Père par lui {Col. ni, 17) ;« où l'Apôtre nous enseigne- que nous n'avons droit de vivre, ni pouvoir d'agir et de parler, (ju'en son nom et en sa vertu ; et qu'en tous nos usages et mouvements, nous devons être en disposition de reconnaissance vers Dieu, et lui rendre grâce par Jésus-Christ, comme étant celui par lequel nous recevons toutes nos actions et tous nos mouvements de sa divine bonté. Les miracles se faisaient par les apôtres au nora de Jésus-Christ, 'c est-à-dire en son autorité et en son pouvoir. Or il est vrai (pio toutes les bonnes œuvres sont autant de mi-
oi:i;yui:s m: rii;TL. — xxxi, jksis-ciirist est vie.
rai les à la rinturo corroiniiue par le péclK';, cl |>;iilarit nous avons l)c>soi(i du niôinc nom cl «k' l/i nii^iiiL' vertu pour les laire.
\'. O"'"'"' ''<> troisième usnj^e ou rc^nnl, (pii Cî>l lie rel.'tiion à Jésus-Clirisl, j] (îsi justi' (pie, (•oiiimc nous tenons l'ôlie et la vie lie Jésus-(ilirisl, el (pie nous recevons ihî lui liml(;s nos aeli(»ns el nos aiïeciions, nous ri^'lérions aussi tout h lui. Kl c'est ce (jue saint l'aul sii^rulic au texte iJ(!'jh allégué , par ces paroles : (iralins ayenlrs Dca pcr ipsum , |iar les(|ueilcs il n<jus exhorte, (pje coMuno tous n(js u.sagos nous viennent de Dieu par Jésus-C.lirisl, nous les ra|>|'orlions incessamnimii à Dieu el à Jésus- (ilirisl, et h Dieu par iC;>us-(',|i( isi, p.u- un humilie espnl de reionriaiNS.in( e. Kl de re- (hef en la 1" ll])ïlrc aux Corinlhicns, cliap. X, vers 30 : Suit (jue vous manyicz, suii (jue vous buviez, soit (pic vous fassiez aulrt chose, faites tout en l'fioniicur et yloire de Dieu ; et il enseigne clairement en toute celte épitre, que c'est en l'honneur de Dieu et de J6sus-(^hrist, el (juc Jôsus-Chrisl étant entre Dieu et ntius, nous ne pouvons ni recevoir de Dieu ses faveurs, ni rendre <'» Dieu nos devorrs <|ue par Jésus-Christ (115).
Kn ces trois usages et regards ditlérents vers Jésus-Chrisl Notre-Seigneur, consistent les principales o1)ligalions de la vie religieuse. Vous êtes hosties immolées h Jésus, connue il est hostie immolée à Dieu, hosties de louange, de remercîment et d'amour. Vous devez être v^ts Jésus, comme il est vers son Pure; altenlives à lui, comme il est attentif ù son Père; dépendantes de lui, coumie il est dépendant (Je son Père; recherchant sa gloire , comme il recherche incessamment celle de sou Père ; et Jésus, votre vie, doit toujours êlre devant vos yeux, pour vivre dans cette parfaite incitation et celle entière conformité avec lui : Erit vila tua pcndens anie oculos tuas.