‹ Œuvres complètesChapitre 188 sur 540 · XLI. I)K LA NATIVITE: DK JKSI'S · texte numérisé non relu

XLI. I)K LA NATIVITE: DK JKSI'S

Auguste, avrc toutes ses yramieurs, sert à la iKttiiilt' (le Jrgus, c'est snn hnnh'ur s'il le savait vauruitlre. ("est Jf'sus ijui ramrnr le sicle doré selon l'oraclr (1rs pairus, ri non César ni Auguste. Dispnsitiotisà la naissance de Jésus.

L'Iiisloirn romaine n'a point un champ pfusampleel plus fertile, (jue la j^randeur et prospérât' d'Auguste, d'avoir eu le monde en i<a (»ui«san(C et de l'avoir eu un si longtemps. Mais l'histoire sainte le relève l)ien davantage, et lui donne un plus grand sujet d'honneur, qu'en son temps et sous sa puissance, celui qui a l'ait le monde ait pris naissance et ail vécu (jualorzeans sous son autorité. Prince heureux s'il eût su (.onnaîtro son Itonheur, et si, au lieu d'avoir Jésus l)our sujet de son empire, il se fût rendu lui-môme le sujet de Jésus, et le héraut de l'empire de Jé>us au monde. Mais cette gloire ne convient pas aux grands, elle était réservée à de pauvres pécheurs, que les Césars, les Augustes, les rois révèrent en leurs cendres, et aux reliques de leur autorité jiar tout le monde. Heureux Auguste , si c'est plus d'avoir celui qui a fait le monde en sa puissance, que d'avoir le monde en son (louvoir. Ses officiers servent à Jésus, mais sans penser à Jésus; ils sont les fourriers qui lui marquent le logis où il veut naître au monde ; ses ordonnances ne sont que pour faire naître Jésus en Bethléem suivant les oracles. C'est à Jésus et non à Auguste que s'adressent les oracles que i'anti(iuité [)aienne a attribués à César; c'est Jésus qui est le souverain que la nature travaillait de produire au monde; c'est à quoi le ciel et la terre conspirent, et non à Auguste que le ciel ne connaît [)oint, et que la terre redoute, et laquelle est remplie d'horreur, de sang et de confusion ; c'est Jésus qui rapporte, selon Virgile [Eclog. iv), le siècle doré. On a dit de César : Ou qu'il n'eût jamais été, ou quil ne fût point mort, sa naissance et sa mort étant dommageables à l'univers ; mais le monde a besoin de la naissance et de la mort de Jésus, car l'un et l'autre sont également nécessaires et salutaires. Sa naissance fait mourir le péché, et sa mort fait naître la grâce : sa naissance nous fait vivre au ciel, et sa mort fait mourir la mort môme dans la terre : Jésus est le salut et vivant et mourant, et il porte le salut au monde. Venez, ô Jésus mon Seigneur, naissez, vivez, et vivez en la terre. Et si César ne vous sert point, et ne vous offre point la terre qu'il a entre l^s mains, nous vous offrons la terre que nous avons, cette terre vivante et animée de nos cœurs. C'est la terre que vous cherchez, c'est le sujet de vos conquêtes, c'est le triomphe de vos victoires ; c est ce que vous voulez enlever avec vous au ciel. Nous vous l'offrons, Seigneur,

nous vous offrons le moniln que nous sommr's, on échange de celui que César no vous olfrc point. Nuu'» voii.i offrons la terre et le ciel nue nous avons, !a terre de notre corps, et le ciel de notre es(iril. nous vous offrons tout ce que nous sommes.

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