‹ Œuvres complètesChapitre 196 sur 540 · XVII. Il me suffit de vous montrer au · texte numérisé non relu

XVII. Il me suffit de vous montrer au

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(*;i:VRKS DK iMETK.- M.VIII, AHAISSKMKNT DU FILS DK DIHt KN L'INCAUN. lOOC

(loi^l CCS priMiiiios, du vous ouvrir l'e.sfiril h en ren)/»r(^m'r (rauir(.'s, do (lisposcr vos (•(Piirs à les j;oûlor fl savourer; «e sont des |»r<^uii<*es plus «^ri^.'ihles à Dieu, que celles (ju'oM lui devait olFrir en In loi, selon lavis (lu . Sage [Prur. m, 9) ; eo sont les Iriiils que je vous envoie en co premier jour do I an ; re sonl les nouvelles que je veux mander en celle nouvelle année, en Lnpielle je vous prit! m'ohlenir nouvelles ^^râces, pour servir h Jésus, h sa Irès-sainle Mère el selon eux à vos âmes.ljue la pui>san(e du Filsel de la Mère soil applitpiée sur nous ! que celle sainte puissance nous sépare de la terre, nous allire h eux, nous déj.a[»proprie «le nous, nous approprie h eux, cl (pie nos jours soient employés h adorer, à glorilier et atinonrer : De die in diem salutare ejus. (Psal. xcv, 2.)

XLVII. — COMUAT AUMlnAULE EN JÉSL'S-CHRIST, ENTRE SA NAISSANCE ÉTERNELLE ET SA MIS- SION TEMPORELLE.

La vie de rhommr esl un combat continuel, et cela se retrouve en Jésus-Christ , mais divinement. Il y a deux appétits en l'humanité de Jésus, l'un procédant de l'humanité même, rt Vautre de la divinité:

l'un qui le porte à nous, l'autre qui le retire en son Père. Et cela est fondé sur la di/J'érencc de sa naissance et de sa mission, de laquelle ayant accompli les devoirs, il s'en retournera à son Père, et sera traité comme son Fils.

Comme le propre de la vie est d'être en mouvement, el mouvement par un principe interne, moveri a se ipso : le propre de -la vie de l'homme est d'être en mouvements et exercices contraires ; car il a en son être des principes contraires, qui lui donnent ses mouvements différents, lellementque, comme son être et sa nature est composé de principes contraires, aussi sa vie est comj)osée de mouvements ditrérents et d'exercices contraires; ce qui a fait dire à Job : Militia est vita hominis super terram. [Job VII, 1.) Et quand l'Ecriture ne le nous dirait pas, l'expérience le nous fait assez connaître, et ne nous permet pas, ni d'en douter, ni de l'ignorer : et ce point n'a besoin d'aucune sorte de [ireuve, ni d'élendue de paroles pour être déclaré. Serait-il bien possible que le nouvel homme fût sujet à cet exercice, et eût divers mouvements en son état, et que nous pussions dire de sa vie comme de la nôtre : Militia est vita ejus super terram? Vu principalement que Dieu avait remédié à ce combat dans le paradis terrestre, mettant la paix et le re|tos en Adam par le moyen de la justice originelle: et le second Adam mérite bien plus de privilèges que le premier, et a une grâce bien plus haute et plus relevée que la sienne. Et toutefois il est vrai el très-vrai de dire que sa vie est un combat et exercice continuel sur la terre : mais ce combut est tout saint el tout divin, el est fondé en sa divinité môme, et esl d'autant plus grand qu'il est puissant el divin de louies parts. El

nous qui sommes misérables et pervers, nous sommes la cause de ces combau ; et CMiniiie nous faisons partie de ses victoires, nous faisons aussi partie de ses combats.

Comme JéMis-Chrisl Noire-Seigneur esl composé de l'Etre divin el de la nature humaine , il a aussi deux inclinations el a{»pélilN diirérenls, et tous deux iinfirimés dans la nature humaine. L'un imprimé par la divinité, (|ui donne être, vie, forme et élat i\ cette n.iture, qui ressent sa grandeur cl sa dignité par son origine céleste, et [)ar sa conslitulion divine', et par sa sub'sislence incrééc; lautre im[ rimé et exprimé [lar la condition créée, leirestre et humaine de sa nature nouvelle; tout ain^ que l'homme étant composé de deux substances diver^e^, l'une spirituelle et l'autre corporelle, a deux sentiments dilférenls , l'un firovenant de l'esprit, et l'auire provenant du corps.

Au Fils de Dieu il y a sa naissance de son Père, et sa mission de son Père: sa naissance le lire et le lient de son Père, car il e>t né de lui en lui, et sa mission le pousse <lehors, et lui fait prendre naissance et vie hors de son Père, en la Vierge et au njonde. Et toutefois sa mission est dérivée <le sa naissance, et sa mission est puremeni divine , comme sa naissance est purement divine; et sa mission est de son Père seul, comme sa naissance est de son Père seul. Et ce combat sera entre sa naissance et .*a mission pendant toute sa vie voyagère en la (erre, et jusqu'au temps heureux et glorieux auquel il tirera son humanité dans sa gloire el dans le sein de son Père.

XL^ m. — DE l'abaissement du FILS DE DIEU, -NON-SEULEMENT A NOTRE NATURE HUMAINE, MAIS AUSSI A l'humble ÉTAT DE LENFANCE.

L Le Fils de Dieu ajoute humiliation sur humiliation en se faisant enfant, et non seulement homme. — IL Raison pour lesquelles le Fils de Dieu a voulu venir à nous par voie de naissance. — Dieu est la grandeur primitive, et il n'y a rien de grand que ce qui honore Dieu ; la bassesse même devient grandeur quand elle l'honore. La naissance temporelle du Fils honore sa naissance éternelle. Le Fils de Dieu, par sa naissance et son enfance, veut sanctifier dans notre nature tout ce que le péché y a souillé. — IlL II y a deux naissances temporelles de Jésus; l'une en la Viery, l'autre hors de la Vierge. — IV. Létal de l'enfance est de considération particulière en Jésus, parce qu'il est le premier, quil est de longue durée, et qu'il porte privation de plusieurs grands effets en une personne divine. Le Fils de Dieu pouvait être homme sans être fils de l'homme, et être fils de l'homme sans s'assujettir aux lois communes de l'enfance. — V. Dieu qui a créé le monde en sa puissance et sa sapience, veut sauver le monde en impuissance et en enfance. Mais cette impuissance est l'effet d'une grande puissance : et cette enfance contient une profonde sapience.

Dieu son de lui-même pour nous obliger

ŒUVUES COMPLETES DU CARDINAL DE BEULLLE.

à sortir de nous-mêmes. — VI. Dieii se faisant homme, s'est fait semblable à l'homme, en se faisant enfant, et en prenant la semblance d'une chair de péché. — S'il. Le Fils de Dieu commence par ce premier état, qui est son enfance, à sanctifier le monde. Le Fils de Dieu, sans sortir des bassesses de sa personne, opère chose grande hors de soi, pour enseigner aux siens de demeurer petits en eux-mêmes parmi les effets d'une grâce opérante et éminente sur autrui. — VilL — L'Enfant Jésus est puissant et impuissant tout ensemble. Dieu entre dans la bassesse et l'infirmité , par la grandeur de sa puissance et de son amour.

F. A près le fonds et la substance du mystère de l'Incarnation un des points les plus dignes d'être considérés, est la manière avec laquelle ce grand mystère est accompli, c'està-dire par voie de naissance; et de laquelle suit que le premier état auquel le Fils de Dieu entre en la nature humaine, est l'état de l'enfance; état le plus vil et abject de la nature humaine après celui de la mort. Car ce mystère pouvant être accompli en diverses manières, il semble que la plus digne et la plus élevée qui peut être choisie, n'est point assez digne de sa grandeur et divinité cachée en ce mystère. Mais les pensées de Dieu ne sont pas comme les pensées des hommes; il choisit entre toutes les manières, les plus humbles et abjectes : il cherche l'abaissement qui ne lui convient pas, et non pas la grandeur qui lui est propre et naturelle. 11 s'est tant abaissé dans l'état propre de ce mystère, que nulle sorte d'abaissement semble ne le pouvoir égaler. Jl veut venir au monde par voie de naissance et de dépendance d'une créature mortelle, qui lui donne jour à jour, heure à heure, vie et consistance. Il vent être, vivre et paraître au monde, en qualité d'enfant indigent, impuissant, selon la qualité de cet étal, sans abréger d'un moment la durée de cette enfance, ni en sa Mère ni hors de sa sainte Mère, et sans se dispenser d'un seul point des sujétions, abaissements et indigences que porte cette enfance.

II. Nous avons dit ailleurs parlant des trois naissances du Fils de Dieu (et nous ne le voulons pas répéter ici que sommairement) qu'il est entré en la terre par naissance humaine, pour adorer sa naissance divine; qu'il a pris cette voie humble de naissance, pour établir en l'ordre de sa grâce, ce très-haut état de maternité divine, qui adore la paternité éternelle de Dieu son Père. Que cet état de tilialion humaine, lequel il porte et portera désormais éternellement, est un état adorant éternellement safiliation éternelle; que c'est une des raisons pour lesquelles il se plaît en celte qualité de Fils de l'homme, et en prend si souvent la dénomination en l'Ecriture ; que hors de Dieu, qui est la grandeur primitive et originelle à toute grandeur, il n'y a rien de sranj que ce qui honore Dieu ; et que la ijassesse devient la grandeur même, quand

elle l'honore. Et parlant, celte voie humble de naissance, rendant un si grande honneur c^ Dieu, devient tiès-grande et trèshonorable, et sera en elfet adorée et des hommes et des anges. A ces raisons que nous avons traitées ailleurs, et que nous voulons omettre ici , j'en désire ajouter une que nous n'avons pas dite, et qui mérile, à mon avis, de n'être pas omise , t'est que le péché du premier Adam ayant pénétré et infecté 1.1 nature de l'homme en tousses étals, la sainteté du second Adam a voulu pénétrer aussi avant que le péché , et sanctifier, même déifier, la naissance intérieure et eitérieure d'un enfant en sa mère et hors de sa mère.

m. Par les discours précédents nous avons supposé qu'il y a deux naissances du Fils de Dieu en la terre. Ce point est assez digne, et concerne assez avant l'état et les intérêts du Fils de Dieu, pour être discouru [)lus amplement et entendu plus clairement. Le Fils de Dieu donc a deux sortes de naissance de la très-sainte Vierge, l'une de la Vierge en la Vierge, l'autre de la Vierge au monde; l'une est en Nazareth, et l'autre en Beihléem; l'une est intérieure de la Vierge en la Vierge, et l'autre est extérieure de la Vierge hors de la Vierge. De l'une parle l'ange à saint Joseph, quand il lui dit : Quod in ea natum est. De l'autre parle l'évangéliste, quand il dit : Cum natus esset Jésus in Bethléem Juda. [Matth. ii, 1) ; et le Symbole des apôtres comprend toutes les deux, quand il dit : Conceptus de Spiritu sancto, natus ex Maria Yirgine. Ces deux naissances sont humaines, ou pour mieux dire sont humainement divines et divinement humaines, toutes deux singulières, toutes deux honorant d'un hommage particulier les choses éternelles; toutes deux abaissant, toutes deux humiliant le Verbe éternel, et toutes deux signalées de circonstances qui leur sont propres.

IV. Le premier état auquel nous trouvons le Fils de Dieu au monde, c'est son enfance : le premier état aussi auquel nous le devons contempler et adorer, c'est celui-là. Et ce d'autant plus qu'il est de durée, et qu'il enclôt en soi plusieurs jours, plusieurs mois, plusieurs années; ce qui ne convient pas à ses autres mystères et actions , lesquelles sont bornées, ou dans quelques heures, ou dans quelques jours : durée d'autant j)lus considérable en cet état d'enfance, que celte enfance est un état qui emporte avec soi un très-grand abaissement à une dignité si haute comme celle du Verbe incarné, et une privation de plusieurs choses dues à une majesté si grande. Cet état d'enfance, nécessaire à notre condition naturelle , n'était nullement nécessaire à la grâce du mystère de l'Incarnation, auquel consiste le fonds de notre salut, tellement que Dieu nous voulant sauver par son humanité, nous pouvait sauver sans être enfant. 11 est le nouvel Adam ; il pouvait être homme sans être fils de rhomme, comme le vieil Adam. Et s'il voulait être fils de l'homme pour honorer

1009 (*:LVRF.S I)K IMKTE. — XIAIII, AUAISSKMF.M DU HLS DK DItt DANS LI.NCAKN. iOlO

une personne en In lerre de sa inal(»rnilé, et établir celle grflro do iiwilcrniu'j divine au monde, il poiivail être t'oiiiié de la niaiti de Dit'u datis le si'in de In \ itTj^e, «(nnnie il l'a élé; et ainsi l'avoir pour Mère, et au inôir.e instant ôlre tiré d'eili", coniim! Kve a élé Urée d'Aditni en un élal parfait et acconi|iIi dans la nature. Mais il eiU privé sa Mère de son séjour de iMuif mois en elle; et son amour vers elle et vers nous l'a i)orté à être enfant, et (oinme enfant en elle et hors d'elle, autant de temps (|ue porte l'indi-

5VIUC et la failtlesst! de la nature Immainc : n siinilitudinnn hominum facfus ^ et huhidi invenlus ut liomo. {Philip, ii, 7.) il a voulu nôtre pas seidenient homme, mais semblable aux hommes , et leur semblable en l'iidirmité de notre nature, pour nous rendre semblables en ses grandeurs ; et nous no voulons pas nous rendre semblables A lui en sa grâce, en sa vertu et en ses exera|)les 1 V. Or la sapience divine, intinie en ses voies et en ses inventions, avant plusieurs moyens d'accomplir le mystère de l'Incarnation, sans mettre et sans laisser le Fils de Dieu en état d'enfance, a conclu néanmoins de le mettre et le laisser en cet état, élat qui porte une sujétion {)articulière ; et c'est l'œuvre et la conduite de la sapience éternelle. C'est la môme sapience qui, éiant incrééc, s'est voulu incarner : car le Fils est la sapience du Père par sa propre naissance, comme le Saint-Esprit est l'amour du Père et du Fils par sa production propre. Nous avons donc à considérer que le Fils de Dieu, qui est essentiellement et originellement sapience éternelle, et maintenant sapience incarnée, a choisi pour son premier état dans le mystère de rincarnation l'élat d'enfance, qui e.^t dans la nature l'étal le plus opposé à la vraie sajiience. Mais il nous devrait suflire que c'est non l'impuissance, mais la puissance et la sapience divine qui choisit cet état; que ses raisons passent les noires, et nous n'y avons aucune atteinte que pour les adorer; que dans ses conseils et pen>ées il n'y a rien de |)lus profond, de plus divin, de plus impénclrable que ce qui regarde la vie du Fils de Dieu; que la lumière nous est nécessaire pour entrer dans ses conseils et pensées; que si, dans l'abaissement de notre cs})ritsous la [)rofondité de sa sapience, il lui [)lail nous donner conduite, nous avons à considérer deux conseils ditrérents de la même sapience : l'un en la création, l'autre en l'incarnalion, oii Dieu, i)ar des qualités apparemment contraires à sa sapieniie, c'està-dire, comme parle saint Paul hardiment, par la Mie, salvos facil credentes. (/ Cor. I, 21.)

La même sapience qui a créé le monde sauve le monde. Ce sont les deux ouvrages signalés à la sapience divine; mais sa conduite est bien différente en ces deux ouvrages : elle a créé le monde en sa grandeur et en sa sagesse, elle a sauvé le monde en son abaissement et en roul)li de soi-même, et, comme dit saint Paul, en la folie : Per s:uUiliam salvos fncil çrcdcntçs ; elle a

créé le monde /ians le sein de son Père, ('ll«; a sauvé le monde dans le sein de sa Mrre; elle a créé le monde en 1 état do sa jiuissani e, elle a »-auvé le monde en étal d impuissance et d'inlirmilé en notre humanité, en notre efifaïKc, en notre mortalité, lit toutefois le salut du monde est un plus grand ouvrage el plus dillinle (|ue la création du monde. Mais Dieu passe nos sens et nos pensées; il est digne d'elle adoré, d'être admiré, non-seulement en soi-même, mais encore en ses (euvres et en la conduite qu'il lui plaît d'y apporter. Jl a voulu sauver le monde parcelle voie; el comme il veut nous tirer hors de nous-mêmes, il a voulu sortir hors de lui-même, et entrer dans nos bassesses et dans notre humanité, jjour nous tirer un jour dans ses grandeurs éternelles el en sa divinité,

VI. Mais il pouvait entrer dans notre humanité en la relevant à l'heure même aux grandeurs qui lui sont dues, non-seulement en la déifiant comme il a fait, mais en la gloriliant et en la revêlant des grandeurs qui lui étaient dues et qu'il lui a conférées au jour de sa gloire, et qu'elle possède maintenant, et quelle possédera éternellement dedans les cieux. Lors nous eussions eu un Dieu-Homme, comme nous avons maintenant; mais nous n'eussions pas eu un Homme-Dieu en la ressemblance de la chair du péché, abaissé dans noire mortalité, dans l'enfance, dans la soutTrance, dans la croix, dans la mort, dans le séjiulcre ; et nous eussions été privés de ses mystères, et des fruits grands et signalés qu'ils ont opérés et opèrent dans la terre. Le Fils de Dieu, se revêtant de notre humanité, n'en a voulu séparer que le péché, mais non pas l'infirmité. Le même esprit, le même amour et la môme sapience qui l'a induit à prendre notre humanité, l'a induit aussi à la prendre avec ses infirmités, sans partager et sans raccourcir sa bonté et sa miséricorde dans les remèdes de notre salut. Comme il s'est fait homme, il s'est fait aussi semblable à l'homme. Il a pris la semblance du péché et'la réalité de notre infirmité ; même, selon saint Paul, il s'est fait péché et malédiction pour nous. Mais ce discours est pour un autre temps. Pour le présent, nous avons à dire que le Verbe s'est fait enfant, et que le premier état qu'il a [)ris en notre nature c'est l'état d'enfance, d'impuissance, d'indigence, voulant être et paraître au monde en cet état pour sauver le monde, et y paraître devant les rois, devant les anges, devant la Synagogue.

\ IL C'est le premier étal du Fils de Dieu sauvant le monde; c'est le premier état auquel il paraît au monde; c'est un élat de longue durée ; c'est un état dans lequel il honore Dieu son Père, et sanctifie j'ar sa présence la Judée et l'Egypte même ; c'est un état partagé entre le noade el la Vierge : car la Vierge a neuf mois de cet état à elle ; c'est un état de puissance en effet, et le premier état dans lequel il commence à sanctifier le monde. 11 sanctifie son précurseur

c*:lviu:s complltes dl' cakdinal de berulle.

dans le ventro d'Elisabelh ; il tire du ciel les arige.«, el les rois de Perse en sa crèche de Bethléem ; il illumine les pa.Ueurs, con- IbnJ les tyrans et émeut toute la cité de Jérusalem sur sa venue, et donne grâce à un million de martyrs de mourir pour son nom avant de le connaître, ni de se connaître, eux-mêmes, remplissant le ciel de tant d'innocents martyrs , qui sont les premières tleurs de l'Eglise naissante, et les premiers fruits de son enfance, et les premières hosties consacrées à sa gloire. Ce sont les merveilles de cette enfance, relevée d'une part de la [tuissance et de la grâce, et de l'autre abaissée et cachée dans les infirmités de l'enfance ; car il demeure impuissant, indigent, el comme mendiant sa piopre vie de la vie de sa Mère. Il est enfant, et en tout ce qui le regarde il porte toutes les débilités de l'enfance : car ces merveilles que nous avons dites sont bien par lui, mais sont hors de lui et non pas en lui. En lui il conserve l'abaissement et l'impuissance; hors de lui il opère ce que ni l'enfant, ni l'homme, ni J'ange même ne peut opérer; pour marque de la divinité cachée dans son enfance, et pour exemple aux siens de demeurer dans le néant et l'abaissement de leur nature et condition, parmi les opération^ de la grâce opérante, éminente et dominante sur les autres.

VIII. Jésus donc est et puissant et impuissant dans son enfance; il est impuissant en soi-même et puissant en autrui ; il est puissant et en sa sainte Mère et au monde ; il est imissant et en Judée el en Egypte; il est puissant el en Nazareth et aux montagnes de Judée; il est puissant el en Bethléem et en Jérusalem el au Tem[)le : car tous les lieux sont marqués de son enfance et de quelque etf^t signalé de cette enfance. Et il est impuissant par grandeur, par puissance, pa'- amour : ( ar c'est la puissance de sa divinité qui le fait impuissant et enfant; c'est la [)Uissance et la grandeur de son amour qui le met en cet état, et non pas la faiblesse de la nature humaine, que nous voyons en lui (lar aucune sorte de nécessité : car celte même personne divine a l'être et la subsistence divine jointes à la puissance de la divine essence, el porte la j)uissance de la gloire en l'âme de ce divin enfant; el ce corps, nonobstant sa faiblesse, est déifié et digne d'être adoré de tous les corps et de de tous les esprits de l'univers. 0 grandeur en bassesse! ô bassesse en grandeur! qui le ])eut dignement exprimer? Nous devrions demeurer en silence pour accompagner le silence de ce divin Enfant, Mais, tandis qu'il est |)our nous dedans l'enfance, il nous faut l'arler de lui, il nous faut parler pour lui.

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