‹ Œuvres complètesChapitre 203 sur 540 · LV. DE l'obLATIOV de JÉSUS AU TEMPLE · texte numérisé non relu

LV. DE l'obLATIOV de JÉSUS AU TEMPLE

L Trois pas du Fils de Dieu descendant du ciel, en yazareth, en Bethléem et au temple de Jérusalem. Les mystères accomplis en Nazareth et en Bethléem sont de grandeur et de joie. — 11. Mais celui-ci est dliumiliation et de douleur pour Jésus et pour Marie; car Jésus est conduit en Jérusalem, pour voir les lieux où il souffrira, et on en apprend les nouvelles à Marie. En cette fêle, les pensées de Jésus sont de sa croix et de ses souffrances et ce doivaH

être les nôtres. — III. Je'sus est l'offrant, l'hostie et foblation tout ensemble, comme il est la vie et le vivant, et dans V éternité le Fils et lu filiation. Les choses distinguées dans l'être créé se retrouvent en simplicité et en unité dans l'être divin. — IV. Cette fêle est la première de l'ordre de l'union hypostaliijae, et le premier mouvement de Jisus nouvellement né vers son Père.

I. Le Fils de Dieu vient en l'univers pour l'univers. Le ciel, la terre et toutes créatures ont pari à Teffel de ce voyage. Ce voyage est signalé, car c'est le Père éternel qui envoie , et c'est son Fils qui est envoyé ; les deux premières personnes de la Divinité. En ce regard et heureux voyage d'une personne de si grand poids et autorité pour un dessein si grand, le premier pas du Fils de Dieu est à Nazareth; le deuxième est en Bethléem; le troisième en Jérusalem et au temple, par la ()réseiitation de Jésus au tem[)r^; entre les bras de sa .Mère. Ce mystère me semble être un mystère de douleur et de rigueur, s'il iij'est"^[)erraisde [)arler ainsi. Car en Nazareth ce n'est que silence, mais ce n'est que grandeur. Un ange parle, et un des plus grands anges; et parle à la Vierge avec tant de resj)ect, et ne lui parle que de choses célestes et grandes; de la plénitude dp grâces, de la pré>ence du Seigneur avec elle ; de la descente du Saint-Es[)rit en elle ; de la vertu du Très-Haut qui la doit environner ; du Fils du Très-Haut qui doit être ï^on Fils, et doit régner une éternité. 11 ne se parle que de Dieu, que de royaume et de grandeur. Il ne se traite que d'éiernilé; il ne se parle que de Dieu, de son Fils unique, et decette grande et éminente qualité de Mère de Dieu inconnue jusqu'alors au ciel et en la terre.

En Bethléem, je vois à la vérité quelque bassesse ; une étable,une crèche, un bœuf et un âne. Mais j'y vois choses si grandes, que ces bassesses (jresque ne paraissent pas tant, elles sont absorbées de grandeur et de gloire. J'y vois un Dieu naissant, et une Vierge Mère d'un Dieu. Je vois les anges, le ciel et la terre fondant en cette crèche Je vois les rois adorant Ja majesté de ce divin enfant, et les grandeurs du ciel et de la terre inclinées devant lui. Tant de lumières et de splendeurs m'éblouissent et m'empêchent; !e ciel [iar ses lumières, et la terre par ce qui est de plus grand, de plus sage, de plus saint, de plus relevé en elle, conspirant unaniment à reconnaître, à publier etàadorer rtibaissemeni et la grandeur, la divinité et l'humanité de cet enfant. Les rois, les niag-'S et les prêtres, consfùrant les uns à chercher, les autres à indiquer où gît le trésor de l'univers, la lumière du monde et la gloire d'Israël.

* 11. Mais ce mystère est plus de douleur que de joie, plus d'humiliation que degrandeur. Il y a Jésus, il y a la Vierge, il y a Siméon ; trois sujets pi incipaux de cette solennité ; et c'e^t le premier voyage de Jésus sur la terre en sa projtre personne, porté entre les bras de sa très-sainte Mère, ses

jambes ne lui pouvant encore rendre cet oflice. Mais ce premier mouvement de Jésus sur la terre, regarde le temple et Jérusalem, et c'est le premier lieu qu'il visite et honore de sa présence. Ce lieu de Jérusalem oi'i il doit dire, oij il doit faire, où il doit pâtir tant de choses. Il va au temple pour s'y offrir à Dieu son Père; il va en Jérusalem, comme pour [irendre possession dès l'heure même de son entrée au monde, de ce lieu où il doit souffrir pour le mond^. Ce divin enfant est enfant quant au corps, mais il n'est pas enfant quant à l'esprit. Il connaît Dieu soi-même, et les souflVances auxquelles il est destiné; et le mouvement de son esprit le porte en cette ville, comme pour reconnaître à l'heure même le champ de bataille où il doit vaincre l'ennemi, le diable et le péché, et où il doit mourir pour donner vie au monde. De tous les lieux, le plus important à Jésus vivant, et ànousen Jésus, c'est Jérusalem où il doit consommer sa vie pour son peuple, et d'où il doit partir pour descendre aux enfers et monter au ciel, et consommer les choses prédites de lui dedans les prophètes. Or c'estce lieu que Jésus visite le premier en la terre, et qu'il va dédier lui-même et consacrer par sa présence. Cet Enfant porté entre les bras de sa très-sainte Mère, prenant son repos en son sein, demeurant en son sacré silence , ouvre ses yeux et son esprit en approchant de cette ville, et regarde les lieux où doivent un jour s'accom|ilir ses mystères ; ce temfde où il va s'offrir, ce CaTvaire destiné à sa mort, ce mont d'Olivet où il partira dans peu d'années pour achever son voyage de la terre au ciel. Vous voyez cette porte, ô divin Enfcint, par laquelle vous entrez maintenant en la compagnie de Joseph et de Marie, et vous la regardez comme la porte par où vous sortirez pour aller au Calvaire en la compagnie des larrons, au milieu descjuels vous serez attaché à la croix ; vous regardez ces rues qui seront arrosées de votre sang, lorsque vous y passerez pour la dernière fois, portant, comme un Isaac, le bois du sacrifice sur vos épaules, la croix où vous serez consommé en holocauste. Ce sont vos pensées, ô Jésus, en cette solennité, et ce doivent être les nôtres. Vous allez vous offrir en hostie au Père éternel dans son temple, et nous devons nous offrir à lui avec vous.

111. Vous allez vous oiTrir, et vous êtes l'hostie, l'oblation et le prêtre même ; car c'est vous qui vous olfrez, et cette fête est la première cérémonie et la dédicace de cette oblation que vous faites de vous-même à Dieu le Père, que vous avez commencée au jour de votre incarnation, que vous avez continuée au ventre de la Vierge, comme au premier temple de votre gloire. Vous faites incessamment cette oblation de vous-même, mais nous ne sommes pas caj)ables en cette terre mortelle de la remémorer incessamment. Ces jours, ces mystères, ces circonstances qui se trouvent en certain temps, sont des marques tcmj>orelles de notre oblatioa

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OKLViŒS DE PIKTF. — lAI. DK L OPLATION DE JESl'S AU TKMPLE

porpétiipllo ; voirt» vous ôk's à l'hostie el à l'<tt)lflli()ii m6m<!, toujours liosiieet toujours obl^ilion. Car <lans les «hoscs grandes, cé- Wvsttvs et divines, cesclioses se passent ainsi. Nous ri'ôtes pas seuleiiieiil le vivant, mais vous ftics la vie, vous ôtes la voie, vous ôli.'s la v(^rilé, vous ôles la lumière, et aussi vous ^les riiostie el l'ohlaliori môme. Vous files toujours aimant, regardant et adorant votre l*ère, vous files toujours le regardant elcontem|ilant. Et cou'.mo dans votre ôlcrtiité, vous files el le produit el le proiluisanl du Père éternel, lo Fils et la (ilialioii môme, parla iterfecliou t^minente do ees choses distinguées dans les eréalures par leur iinperleclion, el réduites en unité dans l'éire divin par la perfection propre ; aussi dans votre viehuniaine, mais étahlie el cons(»mniée delans l'filre divin [lar une perfection nouvelle, sans confusion aucune, vous files l'hostie, l'olfrandoel i'ohialion mfime ; toujours olfcrt, toujours olTianl el toujours oblation .sans confusion el sans imperfection aucune ; rejetant luul ce qui est imparfait, possédant toul ce qui est do parfait, en ces trois termes distincts et séparés, par l'éminence. l'unité el la sim[)!icilé de votie étal céleste el divin, dans lequel [)ius les choses sont nobles el élevées, [«lus elles sont rendues unes et simples ; et plus elles sont unes et simples, plus elles sonleflicaces.

IV. C'est votre étal en celte solennité, c'est le fond de ce mystère ; c'est une fêle d'ohlation el de consécration de vous-même au Père éternel, c'ejt une fêle qui commence en rincarnalion, el ne cesse jamais, mais est ici marquée de ses circonstances el cérémonies; c'est une fête qui se passe en la terre, mais célébiée au ciel, dans lequel comme voire génération éternelle est la première production du Père éternel et la première fête de l'éternité, aussi celle oblation du Fils de Dieu incarné est la première action el le jiremier mouvement do l'Homme- Dieu vers le Père éternel, est la [iremière fête et solennité de l'ordre de l'union hyjicslalique. Ce sont les choses grandes qui se passent en celte occasion entre le Fils et le Père, el le Fils porté entre les bras de sa Mère, el qui se passent sur notre sujet, et il est de notre devoir de quitter les pensées faibles el basses des enfants d'Adam, et d'entrer dans ces grandes pensées de Jésus, et dans l'oblalion qu'il fait de soi-même à Dieu son Père pour nous.

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