‹ Œuvres complètesChapitre 205 sur 540 · LVIII. DE LA PÉNITENCE DD FILS DE DIEU · texte numérisé non relu

LVIII. DE LA PÉNITENCE DD FILS DE DIEU

Pdur le temps de Carême.

I. Vétnt du Fils de Dieu au désert n'est pas d'élévation, mais d'humiliation et de bannissement. Le Fils de Dieu a pris la semblance de la chair de péché, et Va déifiée en sa personne, — IL Le Fils de Dieu a commencé sa vie publique pur humiliation , se soumettant au baptême de son serviteur.

Cette humiliation est si grande , que saiiit Jean ne la peut supporter, moins en être l'instrument ; mais elle est si puissante quelle le force à ce faire. Exposition de ces paroles : Sic enim decet nos implere omnem justitiam. Le pécheur est séparé de Dieu, est exposé au diable, est ravalé à la condition des bêtes ; et Jésus-Christ porte ces trois effets, en la manière que la sainteté de sa personne le permet. — lil. Le Fils de Dieu prend sur soi tout ce qui est de la peine du péché, c'est-à-dire le tourment et la confusion, et ainsi déifie en sa personne l'état de péché, et non-seulement les divers états de' la nature. — 1\ . La suspension que le Fils de Dieu fait de la gloire due à son carps^ tant par la divi-

nité que par la gloire de l'âme, est une très-grande pénitence, et qui dure toute sa vie. Pouvoir et droits des saints en l'état de la gloire, et spécialement de la gloire de Jésus-Christ si élevée par-dessus la leur. Quel effort d'amour et de puissance a été nécessaire pour réprimer f opération de la gloire de la personne du Verbe et de son âme, tendante à se communiquer au corps. Cette suspension est une vraie et trèsgrande mortification.

I. Il y a trois objets singuliers qui nous doivent occuper avec Dieu, avec le Fils de Dieu et avec la très-sainte Vierge en ce temps de Carême, La quarantaine du Fils de Dieu au désert, sa vie pénitente en tout le temps qu'il a été sur la terre , et sa vie soutirante en ses derniers jours. Ces trois objets doivent être particulièrement révérés de nous en ce temps auquel nous faisons pénitence, pour suivre Jésus-Christ jeûnant quarante jours en sa solitude, et pour nous remémorer la pénitence de toute sa vie sur la terre. L'Eglise à cet ctfet nous re[)résente son jeûne au désert au commencement de ce saint temps ; j)uis sa pénitence, en nous rap{)ortant dans les Evangiles qu'elle nous fait lire, ses fatigues et travaux dans le monde, et sur la fin ses souffrances et sa mort en la croix.

Le premier objet qui est la vie et le séjour du Fils de Dieu au désert, est communément représenté comme un état d'élévation, d'abstraction, de contemplation; mais il me semble qu'il doit être représenté comme un état de bannissement, d'abaissement, d'avilissement. Car c'est le dessein du Fils de Dieu, qui ne s'est pas contenté de prendre une chair semblable à la chair de péché : Simililudinem carncm peccati [Rom. viii, 3) , mais aussi a voulu prendre un état intérieur, semblable à l'étal auquel le pécheur est réduit devant Dieu, afin qu'il y eût un état (le()écheur qui honorât Dieu, comme il yen a un qui le déshonore, et que la Divinité qui l)énètre et sanctifie tous les états de la nature, pénétrât et sanctifiât aussi l'état du péché.

II. Le Fils de Dieu a voulu mener deux sortes de vies sur la terre; Tune privée, qu'il passe avec sa très-sainte Mère; l'autre jiublique, assemblant des disciples, et conversant avec le monde. Et comme celle-ci était destinée à détruire le pouvoir du diable et le règne du péché , il lui a plu de la commencer par l'humiliation du péché, premièrement au baptême, et puis au désert. Premièrement donc il se présente à son précurseur Jean-Ba[)tiste, pour être baptisé de sa main et de son baptême, parmi les pécheurs et les publicains, se revêtant de la forme de pécheur et de l'humiliation du jiéché, comme chargé des péchés du monde, et obligé d'en porter la |)eine et la confusion ; et cette humiliation est telle et si profonde , elle est si éloignée de la sainteté et dignité de sa personne devant les yeux de ce sien précurseur, qui voyait les choses en la lumière de Dieu , qu'il rie la peut suppoi-

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OF,UVIU:S DK PIKTK. — lAIlI, PF.MTKNCK Dlj KILS DE DIKU.

ter» el bien moins d'en ftlro rinslrutnoiit, et (l'v coopérer do sn riinin, el lait tout ce (iiii lui est |tos.silile ImiiiMcmeiil pour s'en (léfendre. Mais riMinii^il«3 tlo Jùmis aussi piiissanle (jiie prolondo, el le zôle divin (}iii possédait son Ame sainle, de satisfaire pailailenienl h la justice du Pùr(;, re(nport(î h ce

3u'il vent ; el aiis^itùt (ju'il a dit ces crânes paroles : Sine modo, sic evim drret nos impirre omnem jitsliliam {Maltli. ni, 15), Jésijs-dhrisl senihle signifier (ju'il est obligé d'accomplir toutes les rigueurs de la justice de Dieu sur les |técl)eurs; saint Jean se rend el ohéil. Le pédieur s'oppose à l'esprit de Dieu, pour adhérer à son esprit proi>re ; el par cela il mérite (|U(; le Sainl-Kspril se sépare de lui par justice, comme il s'en sépare par son ini(juité. VA voilà (jue le Sainl-Ks[irit chasse el oannil Jésus au désert : Spirilus cxpiilil eum in descrtum. {Marc. I, 12.) Le pécheur tombe au pouvoir du iliable : .1 (fuo {pcccatores) captivi lenentur ad ip-uiis voluntalem ( / 2'j//*. ii, 2G ) : et voilà que le Fils de Dieu est exposé à la lerilation du diable : Ut tentaretur a diabolo (Matih. IV, 1); et que le diable le tenle en plusieurs manières, enlre[)renanl môme de inelire la main sur sa personne sacrée, et de Je trans|)orter sur la montagne et sur le pinacle du temple. Le pécheur s'est ravalé de la dignité et noblesse où Dieu l'avait créé, h la contlilion vile des bêles : Jlono cum in honore esset non inteliexit , comparatus est jumentis insipicndbus , et similis factus est illis {Psal. xLviii, 13) : et voilà que Jésus, en celle solitude, est réduit à la compagnie des bêles : Et erat cnm bestiis. {Marc, i, 13.)

IlL il y a deux choses au péché, la coulpe el la peine; el derechef il y a deux choses en la peine, le tourment et la confusion. La confusion d'être séparé et banni de Dieu, comme indigne de son regard, de sa présence et de la parlici[)aiion de ses biens , la confusion d'être soumis au pouvoir de l'ennemi de Dieu, et de la plus vile de ses créatures; la confusion d'être déchu et dégradé de tous les honneurs divins, et honteusement ravalé à la condition des bêtes. Or le Fils de Dieu qui a voulu satisfaire pournous dans ce qui était de nous, dans nos propres misères et intirmités, ne s'est pas contenté de j)rendre notre nature el toutes les conditions de notre nature, l'enfance avec l'impuissance, l'indigence et la dépendance qui lui conviennent; ne s'est pas contenté de s'assujettir à la faim, à la soif, à la lassitude; mais, ainsi que nous avons déjà dit, il a encore pris sur soi tout ce qu'il a pu du péché. S'il eût pu prendre le péché même el la coulpe, il l'eill fait; mais, étant chose impossible, il en prend et porte la peine; le tourment dans les souffrances de ses derniers jours, et sa mort en la croix, et la confusion au temps de sa pénitence au désert, et dans les autres parties de sa vie. Et ainsi si nous exceptons la coul[)e, il sanctitie el déifie l'état et le corps du péché en soi-même, pour détruire en uvns le corps du oéché, el pour rendre un

hommage divin ù son Père, par cela même qui était plus oiiposé h son Père.

IV. Cel étal d humiliahon du Fils do Dieu au désert fait [»arlie de la pénilence rpi'il a daigné faire pour nous; mais ce n'est pas toute >a pénittMice, il en a fait plusieurs autres, et en ce désert, anii;,(aiit son corps jiar lejeOne et toutes les iiH.oiiimodiiés qu'il y a souirerte>, el pendant tout le temps do sa vie passible; et c'en est une partie trèsonsidérable, que sa condition passible et morlelle, et la siisnension de la gloire <lue à son cor[-s, sur K'Kpielle est fondée cette passibililé et mortalité, el c'est ce que nous devons maintenant déclarer. Jésus-Christ étant le Fils uni(pie de Dieu, et son âme jouissant de la gloire du Fils iiniipje, dè«. lo moment de l'incarnation, parce que c'était l'âme de ce Fils unicpie et (|u'elle lui était conjointe en unité de personne, son cor()s (jui était déilié substantiellement comme lame, el qui était le corps el de cette âme et de ce Fils unique, étant uni immédiatement et à l'un cl à l'autre, ce corps, dis-je, avait non un, mais deux droits; et droits très-grands et très-puissants à la gloire do ce même moment, l'un par la gloire de l'âme et l'autre par la divinité. Car, et il est naturel à l'âme glorieuse de communiquer sa gloire à son corps , et il Pest encore plus à la divinité de glorifier la nature qui lui est conjointe si éiroilement. Et nous devons considérer la divinité de Jésus et son âme, comme deux torrents impétueux, qui tendaient de tout leur pouvoir, en manière de dire, à revêtir et orner ce corps de la gloire du Fils unique de Dieu, et de la gloire qui appartient à tout ce qui est sien, en une manière si intime et |)ariiculière. Et toutefois ce torrent et ce double torrent est réprimé, Jésus empêche l'heureuse inondation de gloire à laquelle ils tendent tous deux ; il suspend leur opération, opération si puissante et si pressante, et il la sus|)end, non une heure, non un jour, non un mois, non un an, mais trente-trois ans, pour demeurer fiendant tout ce temps-là ()assible et mortel, et en état d'endurer tout ce que les Ecritures nous apprennent qu'il a bien daigné endurer pour nous. El c'est son amour qui l'a mis en cette condition passible et mortelle, el qui a choisi celle sus[)ension de gloire, comme le seul el unique moyen de le mettre et le tenir en cet état. 0 amour 1 ô suspension de gloire 1 ô condition passible du vrai corps d'un Dieu! ô que c'est chose étonnante de voir le corps de celui qui est vie el source de vie, dans une condition mortelle, et enfin dans la mort ! Mais si nous contemplons le moyen qu'il emploie [»our cela, nous serons dans un étonnement encore tout autre , miisque c'est par une répression continuelle de celte gloire inetfable el inconcevable de Fils unique de Dieu, qui s'allait répandre aussi bien sur le corps que sur l'âme, dès le [iremier instant de son union hypostatique à l'un el à l'autre; el, par une opposition formelle, s'il m'est permis de parler ainsi , à deux principes si

OEi:VUES COMPLETES Dlj CARDINAL DE BERLLLE.

grands, si puissants, si divins, si présents et appliqués, la divinité et la gloire de Tâme. Puisque c'est |)ar un eiïort et miracle perpétuel de trente-trois ans, et uiirale, non sur la poussière et la cendre, comme la résurrection des morts, non sur un corps naturel comme les autres miracles qui ont été et sont Ofiérés tous les jours [)ar le Fils de Dieu ef ses serviteurs, non dans l'ordre de la nature, mais dans l'ordre miraculeux de la grâce, et non simi)lement dans l'ordre de la grâce, qui est un miracle elle-même, si on la compare avec la nature, mais dans l'ordre de la grâce incréée, car telle est la grâce de l'union liypostatique ; et, ce qui passe toute merveille, non-seulement dans la grâce, mais dans la gloire de cet état si divin. La gloire est l'état des états, c'est un état auquel les cU'ets qui sont tenus pour miracles en la nature, et qui en etfet sont tels, sont connaturels; car si un saint ressuscité pas.se en un clin d'œil, soit du ciel en la terre, soit de la terre au ciel, s'il traverse les corps solides et durs comme des diamants, s'il se rend visible ou invisible à ce qu'il lui ulaît et en la façon qu'il lui plaît, ces elfets et ces dill'éiences, qui sont des miracles en l'ordre de la nature, sont les appartenances et les droits de la gloire, et conviennent comme naturedenient à l'état de la résurrection. La gloire est un état miraculeux, et miraculeux jusqu'à ce point, que de naturaliser en sa faveur les miracles en chacun des saints. Mais coDibien plus en la personne du Saint des saints, en la personne du Fils unique de Dieu? Quel etiort faut-il donc pour s'y opposer et arrêter l'opération d"une si grande puissance? O pénitence! ô mortilication et nouvelle mortilication de Jésus! ô invention admirable ! ôelfort adorable de la sagesse et [)uissance divine, pour établir dans noire nature une sorte de pénitence el de mortilication digne d'être présentée à la ju.stice de Dieu, en satisfaction des péchés des hommes! La mortilication n'est autre chose que la privation de quelque effet de vie, dont on se retranche [lour Dieu. Quand nous {)rivons nos sens de quelque i)laisir, notre goût des mets délicieux, notre vue des objets curieux el agréables, notre chair des vêtements mous et délicats, el des autres satisfactions et commodités qu'elle a accoutumé de rechercher, cela n'est rien conmie nous ne sommes rien, et cela ne nous est fias dû. C'est cette gloire du Fils unique de Dieu, qui est chose grande, qui est chose très-grande, et très-grande dans Tordre et l'état tout miraculeux de la gloire; etelle lui est due, elle lui est présente, elle lui est a[)pliquée par deux puissances intiniment grandes, la divinité et la gloire d'une âme déifiée, et il faut qu'il fasse un etiort continuel pendant toute sa vie pour en arrêter la communication, et il fait cet etiort et cette suspension, en hommage el en satisfaction à la justice de Dieu oUensé par les hommes (119). Cest donc aussi celte pénitence, c'est cette mortification et privation d'une vie si divine, vie de gloire,

(>19) Proposito sibi gaudio susliuuit crncem.

vie de gloire d'un Dieu qui mérite d'être a[)pelée de ce nom, et nous devons contempler, adorer et invoquer sur nous Jésus- Christ Noire-Seigneur en cet état, afin qu'il nous donne son esprit de pénitence en ce temps, et que nous travaillions à la mortification de nous-mêmes et de notre nalure,en l'honneur de la mortification qu'il a bien voulu porter de sa proj)re gloire.

LIX. DU FILS DE DIEU AU DÉSEKT, ET DU DE- VOIR DES PKÊTRES AU TEMPS DU CAREME.

I. Nous devons au temps du Carême nous renouveler dans le dessein de la perfection. ■ — IL Nous devons aussi nous renouveler dans l'adhérence à Jésus et à sa très-sainte Mère et à tout ce qui leur appartient. El ce d'autant plus que c'est ce qui dislingue notre congrégation {qui na autre base que la prêtrise) des autres communautés. — IIL Retraite et humiliation du Fils de Dieu au désert, où il est comme en un bannissement. Le Fils de Dieu entre dans l'état de péché pour trois raisons principalement, pour nous ressembler en tout, pour y honorer son père, el pour détruire cet état en nous. L Le temps auquel nous sommes parleassez de lui-même, et un temps si saint doit être employé saintement. Il y a deux choses que nous devons faire en ce temps, un renouvellement d'esprit de la voie de la perfection, et une adhérence plus grande au Fils de Dieu. Ce renouvellement d'esprit est l'intention du Saint-Esprit en l'ordonnance et institution de ce saint temps, auquel il veut opérer renouvellement en toute l'Eglise et faire un amendement général en tous. Or nous devons, en toutes nos actions et dévotions, suivre l'intentinn et la dévotion de res[)rit de Dieu en l'Eglise. Si ceux du monde mènent une vie particulière en ce temps, ayant de coutume de mener une vie commune le reste de l'année, combien notre vie doit-elle être plus particulière en ce même temps, puisque nous sommes dédiés si spécialement au service de D:eu?lly doit avoir autant de dilférence tout ce temps en notre vie intérieure au regard des autres temps, comme nous voyons de dilférence en la vie vertueuse que mènent plusieurs du monde à (irésent, au regard de celle qu'ils suivent le reste de lannée. Tous les membres du corps humain reçoivent nouiriture, i mais tous ne la reçoivent pas si parlaite, car — 1 la nourriture du foie est bien plus grossière que celle du cœur. De môme donc, tous les membres du corps mystique du Fils de Dieu qui est l'Eglise, doivent avoir une piété particulière en ce temps; ruais aussi nous la devons avoir plus grande et plus [larfaite. comme aussi nous faisons une partie plus noble de ce cor|)S mystique entre les Chrétiens, il nous taut donc renouveler en ce temps le désir de la vie parfaite, et du progrès et avancement que nous devons faire en la perfection. Qu'un chacun pour ce sujet lasse quelque accusaiion el humiliation devant Dieu, des imperfections de sa vie pas-

{Hebr. xn, <2.)

OEUVRflS DE !IK!i:. — LIX, LR MI. S DE I) KL Al DESKUT.

séo, rnr lo rcnoiivellornont doit rommonccr jtnrlh cl c'est le prctnicr point tic l'aujcudciDcnt.

11. Sorondctnon! , nous nvor).s aussi nno gratidc ol)lig.'ili()ii en rc tctiips, h rciioiivclrr notre mllu^iciiio iiu Fils do Dieu, car c'osl h présent i\[u> sa vie puhlKjoe nous est proposée. Aupornviinl il a mené une vie sc( rete, jirivée, p.'ulijulieri', inronniK! et ordinaire, se iiiontr.Mit seulement comme lir>miiie, quoiqu'il liU Dieu et lioinmc tout cnsemMc ; mais maiiili'Ui'uit il commence une vie publi(|U(», en l.-Kjuelle il se découvre le Messie, l'oint du Seigneur et paraît Fils do Dieu nu monde. Au>si celte vie commence par une déclaraiion et maniroialion de sa fili.ilion divine, de la part du Pére éternel en son baptême. Or, comme le Fils de Dieu commence cette nouvelle manière de vie, il nous faut honorer celle vie publique de trois ans, ses prédications, ses miracles, ses conversations avec les âmes, et l'éial intérieur de son âme en cliaciin de ces points; renouvelant notre adliérenco, liaison et piélé vers lui en ce nouvel état. Mais prenons garde que parlant si souvent entre nous, de nous renouveler en l'esprit de piété et en l'adliérence au Fils de Dieu, et pour l'amour de lui h sa trés-sainle Mère; nos œuvres correspondent lidèlement aux lumières et aux avis qu'il plaît à Dieu de nous en donner; el que celle piélé envers Jésus et Marie, et tout ce qui concerne leur service et nos devoirs vers eux, soit de jour en jour plus particulière, plus parfaite, plus éminente; et d*autant plus encore, que c'est celte piété Oui nous dislingue des autres sociétés de 1 Eglise de Dieu. Les communautés apportent une exaction si grande à l'observance de la vertu particulière en laquelle elles sont comme distinguées des autres. l'ordre de Saint-François fait profession de pauvreté, et les religieux de cet ordre sont si exacts en la pratique de celte pauvreté, qu'ils n'oseraient avoir rien de propre et particulier, el feraient conscience seulement de toucher un denier; tant ils ont d'exaction en tout ce qui concerne la pauvreté. Tout de môme les Cliartreux au regard de la solitude et abstinence de viande, et ainsi des autres. Or cette exaction que nous remarquons dans les communautés en la vertu laquelle elles choisissent particulièrement, et qui les distingue des autres, nous la devons avoir en celle congrégation en la |»iété vers leFils de Dieu, vers la très-sainte Vierge, et généralement tout ce qui leur peut rendre liommage. Do sorte qu'il ne faut rien omettre de cette piété, puisque c'est notre vertu et colle qui nous convient en tant que prôires, el nous devons ôlre très-!;dèlesà accomplir ce que cet esprit de|>iélé demande de nous. 111. 11 nous faut diviser ce temps de Carême en deux parties: l'une jusqu'au dimanche de la Passion, l'autre jusqu'à la fin. ISou-s devons faire nos exercices sur la ftassion du Fils de Dieu en celle seconde partie ; el pour la première, nous devons prendre chaque semaine quelque point de la vie pu-

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