OFUVUES DE PIETE. — LXXIX, TROIS FAMILLES DE JESUS
di';|>osillon vive pnr ln(jiioIl(.' Jt'>ii<5 a op^-ré ro mvsh'^rp, p«;l toujours vil, /ntiicl cl pré- R«'nt h J(^'siis. 'ICIlciin'iil (jiie s'il nous éUiit iMH;essnin', on s'il t'-lflit n^r«''.'il)lc h Dion son rt'To , il scr.iil loiil prôt l'I h pnrlir el h no coniplir ilc nouvf.'iii cvl d'uvro, rclln nrtion, ce mystère. Ccin rions (»lili-o h Imiter les choses el mystères do Jrsus, non rorimie choses l'flssées el éteintes , mnis comiiKî choses vives et présentes, el même éternelles, (|. nt nous nvons nussi h recueillir un IViJil présent et éternel.
II. r>ommeen nous il y n l'Orne elle enrns, <-l tout cel.'i ne lait (pi'iin, nussi dans les mysléres du Fils de Dieu il y a res[tril opéirtiil el pntiss.int du mystère, In lumière de l^rAce du mystère, le dessein <J'étalilir cpieli|ue elleldu mystère, et le cor[»s ou l'action du mystère. Si Dieu ne nous ouvre l'esprit, nous ne |)Ouvons pas pénétrer l'espril pnrliculier des mystères, voire môme nous ne le devons jins rechercher, nous le devons révérer sans le connaître, el si Dieu nous en donne quelque connaissance, nous la devons ac<-epter humblement. Mais pour l'entendre (pieUpie peu davantage, i)renons \\n exemple. L'enfance du Fils de Dieu est un étal I nssagcr, les circonstances de celle crjfance sont passées, el il n'est plus enfnnl; mais il y a (juehjue chose de divin de ce mystère, qui [>ersévère dans le ciel, et qui o[)ère une manière de grâce semblable dans les fimes qui sont en la terre, qu'il plaît à Jésus-Christ all'ecter et dédiera cet humble cl premier état de sa personne. Nous voyons môme que Jésus-Christ a trouvé Tinvention d'établir une partie de sa passion dans l'élal de sa gloire , y réservant ses cicatrices ; car s'il a pu conserver (pielque chose de sa passion en son corps glorieux, pourquoi n'en pourra-t-il pas conserver quelque chose en son âme, dans l'état consommé de sa gloire? Mais ce qu'il conserve de sa passion el au corps el en l'âme, est vie et gloire, et il ne souffre ni en l'un ni en l'autre, et c'est ce qui reste en lui de ses mystères , qui lorme en la terre une manière de grâce, qui y fait api>artenir les Ames choisies pour la recevoir. Kl c'est par cette manière de grâce que les mystères de Jésus-Clirist , son enlance, sa souffrance et les autres, continuent el vivent en la terre jusqu'à la fin des siècles. Saint Paul : Adimpleo ea quœ desunt passionum Clirisli in corpore meo. [Col. i,
lxxviii. des trois captivités de jésls, en son enfance, en ses souffrances et en l'elcuaristie.
Il y a trois captivités et impuissances en la vie de Jésus sur la terre, que je vous convie d'honorer singulièrement, et d'y référer souvent l'étal caidif el impuissant que vous portez dedans les voies de Dieu : I impuissance el ca|)livité de sa stiinte enlance ; celle de sa souffrance, spécialement en la croix el en sa prise, el en In nuit de ses opprobres et de ses douleurs; celle de sa présence au très-saint Sacrement, où no-
nobstnnt létnl suprême <lc sa gloire, l'amour de son l'I^lise el de nos /imcs le tient captif el dépendant de nos paroles, (Je nos actions et des espèces sncramenlalesnuxfjuelles il lui n plu de se lier, iiour nous lier à soi dès celle vie indissolul»lement. 0 enfance 1 C) souffrance ! d présence en ce mystèr(? d'amour, qu(! vous êtes admirable et adorable en la i»avsesse qui vous accomj)ngne ! Oue [:ouvf)ns-nous porter el s<tuliiir en la terre qui soii rligne d'exprimer el d'honorer en nrius cet état el cet abaissement, et de former en notre intérieur une vive et réelle impression el rcprésentalion par grâce, de ce (pie le Fils uiiKjue de Dieu n [torté en ses jours, et jiorte encore en son sacrement pour la gloire de son Père et l'auMMir <le nos âmes? Donnez- vous loul h l'esprit de Jésus, el à ccl esprit de Jésus, comme opérant et comme imprimant luimême dans ses âmes une image vive el une Iiarl.iile ressemblance de ses étals cl de ses conditions sur la terre. Il y est inconnu, abaissé el humilié; il y est captif, i)atissant et dépendant, el il sait liien, par l'efiicace de son es[trit, opérer en nous un état de vie humiliée et inconnue i\ nou3-mêmes, de vie souffrante et assujettie, de vie captive el dépendante, et ainsi honorer ses états dans les états où il lui plaît de nous réduire, et s'honorer lui-môme dedans nous-mêmes.
Ouvrez votre âme ci ses opérations et l'abandonnez toute 5 ses intentions , et jugeant vos propres actions trop peu de chose [>our l'honorer, exposez-vous à la puissance et elTuaco de son esprit, afin qu'il daigne vous disposer à l'honorer par ses influences et opérations. Le Fils de Dieu, en sa divinité, est la figure et le caractère de la sub-lance de son Père, cl comme un divin caractère, il a voulu imprimer lui-même sa divinité en notre humanité nar le sacré mystère de rincarnation. El il lui plaît imprimer dans les âmes ses états et ses effets , ses mystères et ses souffrances, et un jour il lui plaira imprimer en nous ses grandeurs el sa gloire. Attendons ce jour heureux, et en cette huml)le el fidèle attente, portons très-volontiers l'impression et l'imitation de son abaissement, de sa croix el de ses souffrances.