‹ Œuvres complètesChapitre 223 sur 540 · LOST · texte numérisé non relu

LOST

séciités pour son nom en la terre. Ces horleurs, ces ténèbres, ces fureurs passeront, et l'empire de Jésus répandra ses rayon#et sa lumière sur cette île comme auparavant.

IX. L'empire de Jésus est un empire de lumière; nous voyons comme il commence en Bethléem par lumière, môn^e au milieu des plus é[taisses ténèbres de la nuit. Celui qui naît est le Dieu des lumières, et la splendeur du Père ; et il est né de son Père par lumière. Tout est lumière en lui, en sa nature, en sa personne, en sa génération éternelle ; aussi son avènement au monde est avec lumière, et il est la lumière du monde, et son empire est un em|)ire de lumière. Ne voyons- nous pas comme en ce jour beureux de sa naissance, le ciel reçoit une nouvelle étoile, et latetTe un nouveau soleil? Ne voyons-nous pas que les anges <^ui sont au ciel viennent en la terre tirer leur lumière de ce nouveau soleil, soleil à Ja vérité, mais un soleil écli|)sé dans notre liumanité?Et toutefois, ô merveille, cette éclipse est une nouvelle lumière qui éclaire et ravit les anges, et leur apprend ce qu'ils ignoraient en la splendeur de la gloire 1 Et nous f)Ouvons dire vraiment que i'élat de l'univers est changé parle grand changement que le Fils de Dieu fait en soi-même, se faisant créature pour ses créatures. Car auparavant, les lumières de la terre étaient au ciel : et le partage était tel, que le ciel éclairait, et la terre était éclairée. Et maintenant les lumières du ciel sont en la terre ; et ia terre portant Jésus, [)0i te le flauibcau qui éclaire et le ciel et la terre ; et les anges du ciel cherchent et trouvent leurs lumières dans l'éclipsé même de notre soleil. Le premier jour du monde a été un jour de lumière ; car c'est par la lumière que Dieu a commencé la création du monde. Et le quatrième jour a été employé à former le soleil, Ja lune et les étoiles, et les attacher au firmament. En la réparation du monde, un même jour a formé et le soleil et les lumières du monde, et a formé un soleil qui est le soleil de ce soleil, et qui en son éclipse est la lumière du ciel empyrée : Lucerna ejus est Agnus. [Apoc. xxi, 23.) Jour heureux et qui bénit môme l'éternité ! Jour de ténèbres et de lumières tout ensemble, mais de ténèbres qui rendent lumière. Car Jésus est lumière, et sa splendeur est couverte de nos ténèbres; et il sort de ces ténèbres une nouvelle lumière qui éclairenon le ciel, non la terre, mais le paradis même. Oui pourrait déjiloyer ses merveilles? En ce jour nous voyons une vierge mère , un Dieu homme, une tille Mère de Dieu. Nous voyons l'Eternel prenant naissance, l'iiupassible fait passible, et l'immortel s'unissant à notre mortalité. Nous voyons Jésus naissant en Bethléem, en une étable et une crèche ; et nous voyons les effets de cette humble naissance, [)uissanie au ciel et en la terre, car en cet état humble et abject, il ravit les anges, il dépeuple le ciel, il convcjlit l'établc en un paradis, il change les

ténèbres de la nuit en une claire lumière plus vive que le soleil, il apfielle les pasteurs, il tire les rois, il enseigne les docteurs, il éme\it la cité capitale de la Judée, il épouvante Hérode; et son nom bientôt percera et retentira dans l'empire romain, par les fureurs d'Hérode qui sert à publier sa naissance en l'univers, en le voulant ôter de l'univers.

X.S'il fait ses merveilles en la terre, qu'il ne soit pas sans merveilles dans nos cœurs ; qu'il les dépouille des pensées terrestres, qu'il nous tire , qu'il nous ravisse à lui, qu'il convertisse nos ténèbres en lumières et en sa lumière. C'est un Enfant, mais c'est un Enfant Dieu; c'est un Enfant, mais c'est un Enfant roi; etîc'est un Enfant roi qui doit régner pisr tout le rond de la terre, et il fiiut qu'il règne en nos cœurs et qu'il les déifie. 11 est le roi des âmes et le libérateur de nos misères, le monarque spirituel; sa puissance est douce et forte, son règne est nécessaire à l'univers, il doit s'étendre partout, et nous devonstousfaire partde ceroyaume. Contemplons ce roi et ce royaume, voyons la naissance, le progrès, la conduite, la durée de cette puissance. Ce j)etit Enfant qui naît en ces jours est TAncien des jours et aussi ancien que son Père éternel, et n'est pas récent en la pensée, en la foi, en l'attente du monde. Vous le voyez larmoyant et tremblotant dans une crèche mais il est {trédit dès le commencement du monde, il est promis dès le f)aradis terrestre.

Remarquez, Madame, que c'estdans un pa-r radis que commence dignement la première connaissance et promesse que nous avons de Jésus, car il est un paradis lui-même, il vient pour nous coHduire au paradis. Depuis ce tem^ts il est annoncé par tous les siècles, et il n'y en a aucun qui ne soit marqué de quehjue oracle et figure de son avènement. 11 est attendu par l'espaiie de auatre mille ans, et sa venue donne la vie à l'uni-' vers. Un bien si grand doit être longuement désiré, longuement attendu; mais lorsque le tem|)s heureux approche auquel il doit venir, il vient sans bruit et sans éclat, et semble que le silence du ciel et de la terre couvre son avènement. Il vient et est conçu en Nazareth dans le secret et le silence de la nuit, un seul ange en porte la J nouvelle à une seule vierge;elle la reçoit sans ■ qu'aucun de Nazareth en ail connaissance, non pas même Joseph. . 11 commence ainsi sans bruit et sans parole, lui qui est la parole éternelle. Neuf mois se passent et l'heure de sa naissance arrive; il naît en Bethléem, le Roi du ciel prenant naissance en ce lieu |iar la conduite de l'obéissance îJ à l'édit de celui qui commandait pour lors , à la terre. Au f>oint de sa naissance, sa grandeur et sa royauté n'est connue que de Marie et de Joseph, et eux n'en parlent point. Mais leur modestie et silence, et l'humble état de ce divin Enfant, sera bientôt relevé par la voix publique et relevé par la langue des auges. Aussitôt qu'il est né, le ciel et la terre retentissent, la milice des anges est

citLVur.s m; I'IKtk. - xci, uovai ri: de jksi'S-cmrist.

inv.t occupé»' en cnnli(ju('s tic louanges, les pasteurs en sont infurniés, les rois le |iuliliciil, et la ville rovalr- du royauuM? des Juifs s'en émeut ; la Svii.-ij^oj^ue en est roiisuIlL'e, le conseil del'J'ltal en dcMibi-ic et le loi Ilérod»! en IVéniit.

XI. (l'est ainsi que coininenre en Bethléem co nouvel empire , et dans peu d'aniu'es cet empire de Jésus s'étendra par l(»us les endroits de la terre, non |iar le bruit des armes, mais par le l»ruit (Je ses merveilles, par l'ellicace de sa parole, par la sainteté «le sa vie, par In puissance de sa uiort, par les labeurs de ses aj ôlres; et se verra In con version subite des peui)les à ndor(!r un lionune, des empereurs It révérer une ignominie, des sa^es à admirer une Iblio, comme dit saint l'aul; des grands et des petits, ù invo(pier Jésus, et de l'univers, »i délaisser les aigles romaines p(»ur suivre l'étendard de la croix. Ainsi se l'onde «-e grand, ce divin empire de Jésus, sous lequel et vous et l'univers doilplo\er pour entrer en la vie éternelle.

XII. (>el empire doit doujpterlous les autres empires, doit s'élendie par l<iul le rond <le la terre, doit [tasser de la terre au ciel quatid la terre [tassera, et doit durer autant que Dieu durera lui-même. Ouel doit être le rondement d'un em|iire si grand, si diviu, si [)uissant ? Quelle en doit être la conduite? non certes le sens do l'homme ni le bras de J'homme, mais l'esprit de l'homme-Dieu, et le bras de cet Eid'antque nous voyons et adorons envelo[>|)é dans ses langes. Garc'est un Enfanl-Dieu, et sa vertu est divine, et sa {luissancc féconde établit et gouverne un euqtire digne de lui et semblable à lui : un em|)ire du ciel en la terre, un empire de Dieu en l'homme, et un em[)ire S|)irilueî, un em|)ire éternel et tout dilTérent de celui que les Juifs imaginent. La force de cet cnqtire et le ciment de cet étal céleste est la liaison de l'être divin à l'être humain, de la substance humaine à la subsistence divine, du Verbe à Ihoiume. Voilà sur quoi est fondée celte autorité suprême. Qui ébranlera ce fondement? Qui affaiblira cette [tuissance? Dieu est homme et l'homme est Dieu. Que ne peut jtoinf ce Dieu-Humme? Que ne mérite point cet Homiue-Dieu? Qui est-ce qui ne convient point à qui Dieu même convient? Qui est-ce qui n'ai»iiarlient [loint à celui à qui Dieu môme a()|»artieni el fait [tartie de sa substance, si nous jiouvons [)ar!er ainsi? Si cet homme, si cet enfant qu'on ap[)eile Jésus, est Dieu, ce qui est inestimable, n'estil [)as roi à [)lus forte raison ? N'est-il pas roi des Juifs et des gentils? N'est-il [las roi des ;)asteurs et des mages ? N'est-il [las roi du ciel et de la terre ? Car cette royauté est chose beaucou[) moindre que la divinité, et n'est qu'un des lleurons de la couronne qui orne la majesté divine. Mais Jésus ne vient [las user du droit qui lui a|)[)artient, il veut laisser l'usage et rem[)loi de cette [Hiissance à son Père, il veut [)Our soi l'étable, la crèche el la [taille, et enlin lu croix, il veut l'enfance, l'impuissance, lasoulfance

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pour son iinrlago;il veul vivre une vie liiimblc, une vie sinijile et [lauvre en In ferre, cl ne veut jirenilrc aucune (larl aux gran- «fciirs fjui lui conviennent; il U's délaisse [loiir nous.el nous ne voulons jias délaivsef pour lui un [leu de fange el de naille qui nous a[i|tarlit'nt , ri; nous semble , et lui délaisse chose qui lui est si due, cliose si grande ijuc nrius ne sommes [las seulement ca|)ables de les [lenscr, l'A il fait ce delaissen.enl |»our travailler au salut de l'univers et à la gloire di; son Père.

Mais \v Père éternel, contcnqilant fon Filî en cet humble élat,s'accommode6 la condition de son Fils. l!;t[)uisqu'il est et veut être enun état non de grandeur mais d'abaissement, encore que toute grandeur lui a|>parlienne, il se rend au vouloir et a riiuiuililé de son Fils; il veut qu'il fasse un ai le de ce même abaissement, leipjel il a voulu é[)Ouser en é|iousanl noiie nature. Et il veut (pie son Fils lui demande ce jiouvoir sur la terre» qui lui apjKirtient d'ailleurs; et que [lar un nouveau litre il ait un nouveau droit de sa jiuissance; et que ses droits se niulti[»lient à |)ioportion que l'usage en est différé jiar son humilité (résente. Il veut donc que Jésus ait [lar titre el donation ce qui lui convient déjà [lar sa naissance ; il veut encore que celte donation soit fondée en un nouveau titre, car il veutque Jésus lui demande cette [luissance qu'il lui veut donner sur l'univers, d'autant que cette demande est un nouveau droit, tant elle est humble, tant elle est sainte, tant elle est juste, tant elle est [juissanle, tant elle est chérie |»ar le Père éternel. Tellement que celle donation est fondée en un droit [)récédent et n'est pas [)urement gratuite, puisque le monde a[)|>artient à Jésus et par le titre de sa dignité et |)ar le mérite de sa [trière. Il est bon de voir ce (irocédé entre le Père et le Fils, car il est tout divin et très-im{>orlant dans le monde.

Le Fils, de toute élernilé, aune même essence avec le Père en distinction de personne : mais au tem|»s ordonné par la sa- [)ience éternelle, cette seconde jiersonne éjiouse une nature étrangère |!âr le vouloir du Père pour la gloire du Père. Cette nouvelle essence a>sociée avec l'essence divine par un lien si étroit, est digne de toute >orto degrandeur,de gloire et d'éminence. Mais le Fils épousant celle nouvelle nature, veut éi»ouser aussi la condition de cette nature, et être en indigence, en bassesse, en souffrance, el ce ju>qu'à la crèche, jusqu'à la croix. Le Père honore le vouloir ne son Fils, mais quoi qu'il soit, quoiqu'il fasse, il veut que le monde soit à lui et lui aj)jiartienne. (Malheur à ceux qui le lui veulent ravir [lar l'intidélilé , l'hérésie et l'imjtiété !} Et [tuisque son Fils ne veut [tas se servir des titres de sa grandeur, il y veut employer les titres de son abaissement et de son humanité. Et puisque celle humanité, celte nouvelle épouse, lui est si chère qu'i; en veut épouser les conditions et les abaissements, il veut que le monde soit '^

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lui par son humaniléet par l'usage propio de son abaissement. Le Père donc dit à son Fils : Postula a me {Psal. ii, 8); c'est comme s'il lui disait : C'est un acte d'abaissement et c'est le propre de la nature humaine, que de prier , et c'est l'usage d'une nalure indigente que de demander ; comme donc, ô mon Fils, je vous vois.vivant et subsistant en la nature humaine, et que cette nouvelle épouse vous est si chère, et en la nature et son indigence; faites Un acte de son indigence et de sa condition : Postula a me, et dabo tibi gentes, etc. Ce sont les paroles du Père au Fils, et au jour pro|)re de la naissance de son Fils. Ecoutons, adorons, épluchons ces sacrées paroles. C'est le Père éternel en sa propre personne et non aucun de sa part qui parle au Fils; c'est lui et non autre lui qui dit Postula a me et dabo //^i ; car c'est lui seul qui dit et peut dire et non autre '.Ego hodie genui te (Ibid., 7.) Et le Fils entendant et respectant celte parole du Père, a fait sa demande au Père; car le Fils ne peut pas ne point suivre les volontés de son Père. Que si le Fils a demandé il a reçu; car le Père ne peut rien refuser à son Fils, et beaucoup moins ce qu'il vent lui donner, et ce qu'il le presse et le sollicite de lui demander. Comme donc le Fils a demandé l'univers à Dieu par le vouloir de Dieu même, Dieule Père le lui a donné. Et en ce nouveau jour de la naissance de Jésus, l'univers appartient à Jésus par deux nouveaux titres : par le titre de sa demande (car sa demande est un droit) ; par le titre de la donation du Père, car le Père le lui a donné et donné au jour propre de sa nouvelle naissance. Que de droits par lesquels le monde apj)artient à Jésus I Qui voudra le lui ravir? II lui appartient par sa iiaissan(;e éternelle, car il est Dieu, Fils de Dieu. Il lui appartient par sa naissance temporelle, car il est Homme-Dieu, fils de l'homme et Fils de Dieu. Mais ce Fils de l'homme se dépouille , s'abaisse et s'anéantit, et veut prendre l'état et la robe de serviteur, comme il en a pris la nature. 11 veut être en abaissement et le Père y condescend, puisque son Fils se [ilaîi tant à l'abaissement. Mais il veut aussi qu'il lui parle et lui demande ce pouvoir sur l'univers ; car demander est marque d'indigence, et est chose propre à la condition nouvelle et abaissée qu'il a prise pour la gloire du Père. Et il veut que le sujet de sa demande soit le pouvoir sur l'univers : car ce pouvoir convient à la dignité de sa j)ersonne, au dessein de son envoi dans le monde, et à la condition encore de sa nouvelle nature qui est déifiée, c'est-à-dire élevée dans le sein, dans le trône et dans l'être de la Divinité. Et le Père qui envoie son Fils au monde ne veut pas qu'il soit un jour au monde sans cette |»uissance sur le monde. C'est pourquoi au même jour qu'il lui dit, Ego hodie genui te, au même jour il veut qu'-il lui demande, et il veut lui donner la puissance sur l'univers.

XllI. Je m'éjouis en cette sainte et

douce pensée qui m'apprend le nouveau droit de Jésus sur la terre, et dès le premier jour de sa vie sur la terre. Je m'éjouis encore d'apprendre cette vérité de la bouche de David et de la couler dans l'esprit d'une reine, par l'autorité d'un roi et d'un {»rophète tout ensemble. Mais surtout je m'éjouis de voir que le Père veut que la première voix de son Fils en celte condition humble et enfantine soit adressée à lui, et lui soit adressée sur ce sujet sans ditférer davantage, tant le Père a agréable que nous soyons et de bonne heure à son Fils et sans aucun délai. Et bien qu'il soit Enfant, il a la voix pour parler è son Père, bien qu'il n'ait pas encore de voix pour parler au monde et s'y faire entendre. Sa voix est entendue, est écoulée, est exaucée du Père sans aucun délai; et en un même jour Dieu donne Jésus au monde, et le monde à Jésus dès son entrée au monde. Et nous sommes imprimés dans son esprit, gravés en son cœur, marqués en son cor[)S, écrits en ses mains. Plaise à Dieu que nous soyons en son cœur, en ses mains, en sa gloire pour jamais.

XIV. Bénissons ce jour heureux, jour remarquable en nos éphémérides, jour qui donne vie et salut au monde, donnant Jésus au monde. Nous étions à Satan, au péché et à l'enfer : et nous sommes à cet Enfant qu'on appelle Jéstis. Et Jésus est à nous. 11 est à nous par sa naissance et nous sommes à lui par notre renaissance. 11 esta nous parle mystère de l'Incarnation, nous sommes à lui par le pouvoir de ce mystère. Il est h nous dès à présent, et dès à présent nous sommes à lui. Il est à nous pour une éternité, et nous sommes à lui si nous voulons pour notre éternité. Nos bassesses sont siennes, et ses grandeurs sont nôtres pour jamais. Il esta nous et nous sommes à lui par tant de titres, que c'est un crime, un rapt, un sacrilège insupportable de nous ravir à lui. Nous sommes à lui, et lui esta nous par sa divinité et par son humanité, par sa grandeur et par son abaissement, par sa dignité et par sa demande, par sa vie par sa mort, par donation, per acquisition, par ses mérites et par ses larmes. Nous sommes \ lui par des titres divers, si puissants et si favorables, qu'il ne reste plus que d'être encore à lui par le titre de notre élection, c'est-à-dire par le choix de notre franciie volonté qui se résout d'être à lui, de vivre à lui, de mourir en lui et de régner avec lui pour jamais.

C'est le souhait que j'ai pour vous. Madame, et les prières que je fais à Dieu tou3 les jours. Souvenez-vous et n'oubliez jamais cette vérité : la plus grande et heureuse qualité que vous aurez jamais, c'est d'être ainsi à Jésus, et de vous déclarer par effets et par paroles l'humblo servante de Jésus; de vivre sur la terre en celte qualité, d'en répandre l'odeur et les effets dans la province où vous êtes, de protéger sa loi et ses serviteurs. Et cet Enfant qui nait aujourd'hui, aux pieds duquel les anges ont abaissé leurgluire et les rois leur couronne,

OKLVUKS DK I1KTK. - XCII. NAISSANCK KT ENFANCE HE JESUS.

vous recevra en son sein; et potinine courorino frôle, prlito cl de \iv\\ de diiréo, il vous ftT.'i (torli'r iinoiouroiinc grande, rii Ir-, solide cl éleriielli'.

XCII. DK I.'l>C.\H NATION, NAISSVNCK, KNl-ANCE KT IlOVVtTK 1>K JKsLS-CHmsT.

A In ii'rt'iiittinie reiiu' d'AïKjliUrrf Dans le Iciiips do r<'iif:unt; de .Nolrc-Sci^nt'iir.

1.11. // Jrplure les traversât de rrlte princesse et la l'nnsolr. — III, IV , V. f'onsi H de Dieu sur rincaruation de son Fils , (pti est un mystère d'niiilr\ d'amour et de société. — VI. Considération de Jésus nouvclletneiit né, et nos devoirs envers lui en cet humide état. — \'1I. Les fins pour les' miellés le Fils de Dieu vient au monde. — VIII. Hénit/nité de Jésus Enfant. — IX. L'enfant Jésus est roi et adoré des rois. Fminence de la royauté. — X. Parallèles d' llérode persécutant Jésus-Christ liiifant, et de l'hérésie. L'hérésie redouile sa fureur aux lieux où elle est en puissance, ressentant que sa fin approche. — XI. Manifestation de Jésus dans le temps de son enfance. — XII. Le devoir des rois est d'être les instruments de la gloire et manifestation de Jésus. — XIII. Les saints rois sorit les premiers apôtres de Jésus-Christ. Deux sortes de manifestations de Jésus-Christ, l'une en son enfance, l'autre en son adolescence. — Xl\'. Celui que les trois rois cherchent en Bethléem, nous l'avons en l'Eglise, vrai Bethléem et maison de pain.

Madame, I. Je ne [)uis oublier ce que que je dois à Votre Majesté , et quand j'aurais un si grand oubli de moi-même et de mon devoir, les nouvelles que nous avons continuellement de vos quartiers nous en rafraîchissent la mémoire et nous la renouvellent, mais avec larmes et douleur; c'est ce qui me met en peine en dictant la présente. Car penser à Votre Majesté, et ne [las penser aux maux et violences qu'cdie voit devant ses yeux, contre la foi, le respect et l'honneur qui lui est dû, et sans égard à la douceur de son esprit, à la tendresse de ses ans et è la .splendeur de sa dignité; c'est une chose qui est du tout impossible. Et ayant à parler è Votre Majesté, si je parle de ces excès |)Our la conforter en ses douleurs, on en fera des crimes, comme .si faire des violences n'était pas une griève olfense, puisque le dire seulement, on le veut imputer à une coulpe mortelle. Serait-il possible que la dureté fût arrivée jusqu'à ôter le seniirnent, la voix et la liberté de s'en plaindre? Ne sera-t-i!pas permis de ledire innocemment, puisqu'on le fait non innocemment? et y a-l-il otfense de le dire à vous-même et pour vous soulager, puisque vous le voyez, vous le sentez, vous le souffrez avec tant de douldur? et faut-il que les lis et les roses soient ainsi flétris et fanés en leur |)rinlem|>s, et qu'au lieu de cueillir ces belles lleurs nous ne rencontrions que des épines? Mais ces douces pensées n'cntrenl pas dans

l'esprit lie ceux que la crainte, la fureur et

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