‹ Œuvres complètesChapitre 233 sur 540 · CVIIL AU JOUR DE LA COMMÉMORATION DE» TRÉPASSÉS · texte numérisé non relu

CVIIL AU JOUR DE LA COMMÉMORATION DE» TRÉPASSÉS

De l'état des âmes de purgatoire, et de ce que nous sommes obligés de leur rendre.

L'Eglise nous représenta hier une compagnie toute glorieuse, toute triomphante, toute jouissante, et aujourd'hui elle nous en représente une tout languissante, toute souffrante, mais toute aimante. Nous distinguons trois parties en l'Eglise, c'est à savoir : l'Eglise triomphante, l'Eglise militante, l'Eglise souffrante, dans lesquelles Dieu se communiquedifféremment selon lacondition de chacune; car à la triomphante, il se communique en sa gloire, à la militante en sa grâce, et à la souffrante en sa justice et en ses rigueurs. Et il y a trois conditions à remarquer dans les âmes du purgatoire, car elles sont aimantes, pâtissantes, impuissantes, et tellement impuissantes qu'elles ne se peuvent aider elles-mêmes. Elles sont aimantes et toujours aimantes, elles sont dans la pureté et dans l'actualité de l'amour; elles sont confirmées en grâce et en amour, et leur amour ne peut plus ni déchoir, ni diminuer; en quoi leur condition surpasse de beaucoup la nôtre, car nous n'aimons ni continûment ni parfaitement, et il n'y a moment auquel nous ne puissions déchoir. Notre amour est toujours mêlé d'amour-propre, et nous aimons toujours quelque autre chose que Dieu, et ces âmus n'aiment que Dieu, ne veulent que Dieu, ne tendent qu'à Dieu, et elles y tendent de toutes leurs forces. Mais elles

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