ADAM ET EN JÉSIS-CHRIST
L Adam fut sanctifié en la surface de l'être, et sa sainteté a été fort peu profonde; tuais le nouvel homme a été sanctifié en la racine de l'être, et par sa personne, car elle est divine. — 11. Dieu, qui est saint par essence, a fait un nouvel homme saint par subsistrnce. En l'état d'innocence, la sainteté était dans l'homme ; et en l'état présent, l'homme est dans la sainteté , car il est sanctifié en Jésus-Christ, et comme l'un de ses membres. Le Chrétien doit perdre sa subsislence en Jésus, comme l'humanité de Jésus est privée réellement de la sienne, et par cela subsiste en la personne du \erbe, et lorsqu'il est arrivé à ce point, il ne peut plti» déchoir de la sainteté.
l. Selon l'ordre substantiel de la créature, la
(125) Il semble que ces choses soient ici mises cinnine dcpcndanl de Jésus en oel él;il de mort. L« &ecoud point est luarquo (7 Peir. m, 19), où
parlaiil de Jésns-Chrisl , il dil : lu quo (Spirilu) et his qui tu curceie erant tpiriiibus vetiiens prediiuiil.
preniif^re chose, c'est la subsistence ou personne à laquelle l'ôlre et la nature appartiennnent. Ainsi le nouvel homme qui est Jésus-Christ dont la sainteté est la personne divine du Verbe, a été sanctifié dans la ra- «•,ino de l'être et dans ce qui soutient et reçoit tout; et Adam a été sanctitié en quelque façon en la surface de l'être, et comme par uiie sainteté qui fut ré^tandue sur lui, s[>écialement si nous supposons que la grâce surnaturellequi lui donnaitdroitau royaume des cieux, était distinguée et ajoutée à la justice originelle qui était plutôt droiture que sainteté. La sainteté de Jésus est la personne du Verbe, et partant une sainteté antécédente et recevant en soi son humanité, une sainteté substantielle ; au lieu que celle d'Adam est subséquente et accidentelle. La sainteté de Jésus est son être même, au lieu que celle d'Adam est un ornement adjoint ù son ôtre. La sainteté de Jésus, c'est luimême; et partant entièrement inséparable, au lieu que la sainteté d'Adam est hors de son être, d'où vient qu'il la peut perdre aisément, comme en etlet il en est déchu, et nous tous en lui.
II. Or l'homme étant déchu de sa sainteté en Adam, le vouloir de Dieu n'a pas été de le rétablir en la même manière de grâce et de sainieté ; mais au lieu qu'il l'avait rendu en lui-même, il a fait dessein de le sanctifier en son Fils. Dieu, qui est saint en lui-môme, nous a voulu sanctifier en lui et non pas en nous; il nous donne son Fils, et en lui soimême, atin que nous a vous une sainteté substantielle qui est la personne de son Verbe; une sainteté divine, car le Verbe est Dieu, et que nous sovons saints par subsistence, comme Dieu est saint par essence. Et il y a cette ditférence entre la sainteté de notre création et la sainteté de notre réparation, que }iar la création la sainteté est en l'homme, et [)ar la ré[iaration qu'il a plu à Dieu d'en faire, l'homme est dans la sainteté ; et ce en hommage, en imitation, en partic)i>ation et j>ar dé[)endance du nouvel homme, qui est sanctifié non-seulement dans l'être, mais dans la racine même de l'être, et d'une sorte de sainteté antécédente à la nature humaine, et qui la reçoit en soi-même. Et si comme le nouvel homme entre dans la sainteté incréée par anéantissement de sa personne naturelle et humaine, nous entrons en lui avec perte de nous-mêmes, et que nous puissions dire avec saint Paul : Ego jam non ego, comme le nouveUiomme est inséparable de la sainteté, nous 'serons aussi contirmôs en icelle,et nen [)Ourrons plus déchoir.