CXI. DE LA VOCATION DES CHRÉTIENS A LA SAINTETÉ
Alix Pères de la congrégaiion de fOraloire de
Jé»ii$.
La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. (Rom. xvi,20.) 1. Le changement de condition que Dieu a voulu faire en moi, ne diminue en rien la vigilance, atfection et obligation que j'ai à conduire vos âmes dans ses voies, et ù veil-
ler sur les maisons qu'il lui a plu nous donner en la terre pour y être servi et honoré.
IL C'est ce qui me fait vous écrire celte lettre, et vous représenter en son nom, que vous ne pouvez douter non plus que moi, que sa volonté ne soit votre sanctification pro|ire,car son Apôtre le nous dit en ces paroles : Hœc est votuntas Dei sanctificatio veslra. (/ Thess. iv, 3.) Et ce sien vouloir vous doit être doux et agréable, car lorsqu'il nous appelle à la sainteté, il nous appelle à la plus haute communication que nous puissions avoir en la terreavec lui-même. Quand il nous donne l'être, cela nous est commun avec les choses inanimées; quand il nous donne la vie, cela nous est commun avec les animaux ; quand il nous donne l'intelligence (de laquelle toutefois nous nous prisons tant, et dont nous nous servons souvent d'o|)position à lui-môme), il nous donne ce qui est conmiun avec les anges et avec les diables même, le moindre desquels est plus savant que tous les savants de la terre ensemble. Mais quand il nous appelle à la sainteté, il nous rend semblables à lui, et nous donne une qualité si excellente, si éminente et si élevée, qu'elle ne peut être donnée qu'aux créatures intelligentes; et encore elle les tire et élève beaucoup plus au delà de la grandeur et perfection de leur être, que l'intelligence ne les a élevés par-dessus les animaux. Ne la concevons pas comme une qualité simple et extérieure, qui porte honneur, faveur, dignité au dehors de nous, et rien en nous, comme les qualités de la terro. C'est une qualité céleste, puissante et effective, qui porte et imprime dans le fond de notre ôtre, un nouvel être, un ôtre si excellent, qu'il fait un ordre à part dans les œuvres de Dieu, et surpasse incomparablement tout ce qui est et [)eut être dans l'ordre de la nature, quelque sorte d'excellence que nou« puissions y concevoir, ou qu'elle puisse recevoir de la part de son Créateur.
III. Dieu nous élève en nous appelant h la communication d*une chose si grande; ne nous abaissons pas dans les choses terrestres. Dieu nous honore en nous élevant ainsi, ne nous avilissons pas en nous attachant à choses basses. Dieu nous sanctifie en nous donnant sa grâce ; ne nous profanons pas dans les passions humaines. Dieu nous tire à lui et nous donne [)art à lui-même, ne le rejetons pas et ne nous privons [las de Dieu pour des choses si légères, comme ce qui nous arrête d'ordinaire en la voie de Dieu, [)Our des |)ensées frivoles, pour des paroles profanes, pour des sciences humaines, pour des })assions brutales, pour des desseins s^bas, pour des choses de néant.
IV. Une (les voix jilus hautes, plus salutaires et plus divines de la philosophie humaine, pour arrêter le cours des passions humaines, et dompter les fureurs des grands combattants pour la terre, était celle voix qui leur disait : Punctmn est pro qiio bellatis.