CX1X-. DE LA GRACE CHRÉTIENNS
Dans le monde de la grâce il n'y a que deux catégories, substance et relation. Jéf us- Christ est toute la substance du nouveau monde, et les fidèles sont comme ses acci- i dents, et ce en Chonneur et imitation de la sainte Trinité où il ny a qu'essence et relations, et où les relations sont de si grande importance.
I. Le monde de la nature elle monde de la grâce sont deux états, deux ordres et deux mondes bien différents et bien séparés, encore que l'un soit et se retrouve dedans l'autre. Mais leurs distances et séparations ne sç mesurent pas selon les distances et proximités • de ce bas monde, mais par rapport à Dieu qui est séparé des méchants, dans lesquels ce nonobstant il est plus présent qu'eux-mêmes. Dans le monde de la nature il y a plusieurs catégories; mais en Dieu qui est le monde des mondes, qui est le monde archétype, qui est le monde principe et tin de tous les autres mondes, et de nature et de grâce, et de gloire et de tous les mondes possibles, il n'y a que deux catégories (je ne dis pas qu'il soit dans la catégorie), substance et relation (et encore cette relation est substantielle) point d'accid'ents, point de qualités, point de quantités : et dans ce monde, cette catégorie de relation est une des plus petites, tenuissimœ entitatis, et c'est la catégorie la plus puissante et la plus im.portante dans le monde de la grâce qui ne subsiste et ne consiste qu'en relation vers Diea.
IL Nous devons tous désirer non pas d'être, mais ou de n'être point ou d'être en relation vers Dieu et son Fils unique, voire n'être que relation vers lui. Tout notre être devant être anéanti par grâce : Vivo ego,jam non ego [Galat. ii, 20), et n'être que relation, ô que cette catégorie de relation est importante dans le monde de la grâce ! Ce qui provient de ce que, dans la Trinité (dont la grâce est image), les relations s'y trouvent, et sont constitutives et origines des personnes divines. Ainsi la Vierge n'était qu'une relation vers le Père éternel qui.l'a faite mère de son Fils, vers le Fils unique, comme étant sa Mère. Tout l'être et l'état de la Vierge semble fondé et fondu en cette disposition de relation. Ceux qui ont discouru des relations, entre les philosophes, les remarquent pour les moindres réalités de la nature, ainsi que nous avons déjà dit, pour les moins efficaces et opérantes; car elles ne produisent rien et elles ne sont que suites des réalités et opérations d'autrui ; et elles se changent et allèrent sans changement ni altération d'autrui (comme fort peu intrinsèques et inhérentes), par un petit changement au terme corrélatif ou au fondement de la relation, sans aucun changement en l'autre ternie. Mais en Dieu les relations sont constitutives des personnes divines; que voulezvous de plus grand ? sont origines des personnes divines ; que voulez-vous de plus efficace? et il n'y a subsistence en la Divinité ni, 10.)