‹ Œuvres complètesChapitre 241 sur 540 · JELVRES DE PIETE. — CXX, TROIS SERVITUDES DE LIIOMME · texte numérisé non relu

JELVRES DE PIETE. — CXX, TROIS SERVITUDES DE LIIOMME

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que |)flr rclalions, que voulez-vous de plus iin|>orU«ril ?

Or coiiinio en Dieu il n'y a q»ie .sub.>>l,in( c et relation, ainsi Dieu, fornianl ^on œuvre principal à son imaj^o et senililance, a \oulu qu'il fût compris dans ces deux catégories (le substance et ilc relation. Jéjus-Clirist son Fils in'-arné en csi la substance comme étant la gr.ice incréée; et notre ^r.lce consiste en relation vers lui comme étant en (piel<iue fa^-on les accidents {\c celte sulislance (|ui ne sont que par lui, (jue pour lui et (ju'en lui, et ne sont considérables (pie comme quelque cbose de li^.

CXX. DKS TROIS 8EUVITLDE5 DE l'hOMUE PAR I.A CRÉATION, PAR LE PÉCH^, PAR LA GRACE.

I. Tous les hommes sont serviteurs , même les plus grands et les plus puissants. — II. La striilude des hommes vers Dieu prrnévère jusque dans l'élut de la (jloire. L'hnmme (fui pèche devient esclave du péché et du dialde ; et lnrs(/uc Jésus-Christ l'en délivre, il entre dans les droits de l'un et de l'autre ; et dans ceu.r qu'il aurait eus, s'il eût persévéré en sa première grâce.

I. Il n'y a rien de |)lus connu au monde , par le sens et par la raison, que la dilTérence et condition de ncaîlre et de serviteur. C'est la plus générale et étendue qualité qui soit au monde. Elle partage tous les hommes ; elle entre dans leurs sentiments et affections; elle entre et se répand môme dans tous leurs états et conditions, Cliacun veut être maître, mais en effet tous sont serviteurs ; et s'ils sont maîtres de quelques-uns, ils sont serviteurs au regard d'autres. Et ceux-là même le sont le plus, qui sont les plus élevés, et qu'on croit être le moins sujets à celle condition, et sj-écialeraent s'ils sont serfs de leurs passions.

C'est la pensée commune que nous devons avoir, en considérant la manière de vivre de tous les hommes ; mais si nous entrons en des pensées plus hautes, plus profondes et plus divines, nous reconnaîtrons ingénument que la condition de l'houime le met nécessaiiement en état de servit'ide, sa liberté lui fait choisir un maître , l'un ou un autre, ou le monde, ou la religion, Dieu ou le diable. Mais il lui est nécessaire d'être en condition servile, sujette et dépendante des desseins et volontés d'autrui.

Cette condition nous est im|)Osée de naissance ; elle ne })rocède de notre choix et de notre industrie, elle est aussi ancienne que Dous , et même elle est inséparable de nous.

II. Nous sommes tous nés serviteurs , et la condition de servitude est tellement propre et comme essentielle à la créature, que c'est le premier degré ou la première appartenance et propri«hé de son être ; et même nous sommes en servitude [lar plusieurs litres. Le premier et le plus fort de tous est celui de notre création , qui nous réduit en servitude : servitude heureuse, et sous le

|,!us [luissanl h la vérité, maisau.ssi .e meilleur .Slaltre du uionde, (pu est Dieu. Comme il est le Maître le [»lus puis.>,Tnt, celle servitude est aussi la plus étendue et la plus absolue : car elle donne jus(prau fond do l'être, et s'étend dans tous les éials de l'homme, juîjfjue dans la gloire et l'éiernité : Serviunt fi, dit saint Jean {Apoc. vu, 15;, parlant de ceux (pli ont leur demeureau ciel. Heureuse et honorable servitude, puis(ju'e!le regarde Dieu, un .Maître si légitime, si digne, si puissant et si bon ; puisriu'elle cotnpatit même avei; la [gloire et la félicité. Comme il est nécessaire a l'homme d'être émanant et j)rocédaril de Dieu, il l'est aussi d'être dépendant de Dieu ; et cette dépendance est la marque de notre [)remière servitude -.Omnia serviunt lihi. C'est le [)remier titre de notre servitude, mais ce n'est [)as l'unifjue. Celuici est fondé en la grandeur de Dieu ; mais il y en a un autre qui est fondé dans le néant du péché : l'un en la condition de l'être créé, l'autre en notre iniquité "et en la condition du péché que nous tirons d'Adam, lequel nous rend enfants d'ire au même instant qu'il nous fait ses enfants redevables à la justice de Dieu, |)rivés de tous nos droits comme esclaves du diable par le ])éché.

Il y en a encore un autre troisième aussi heureuit que ce second est malheureux. Il est fondé en l'état de la grâce, à laquelle nous sommes appelés et établis en Jésus- Christ Noire-Seigneur. Nous entrons dans la servitude dont nous venons de parler, en qualité d'enfants d'Adam; et dans celle-ci, en qualité d'enfants de Jésus-Christ. Il nous donne un nouvel être, et nous impose aussi une nouvelle dépendance. 11 est Père , et il est Rédempteur :^1 nous a rachetés de la servitude du péché et du diable ; et, en cette qualité, il s'est acquis les droits du diable et du péché, et tous ceux que nous aurions légitimement sur nous-mêmes par le droit de la création, si nous ne les eussions perdus par le [)éché. Et, en outre, il a les droits que la qualité éminente de Rédemj»teur, et encore plus celle que l'Homme-Dieu lui donne absolument sur nous; nous rendant la vie, la puissance, la liberté de faire notre saiut, étant désormais heureux et éclairés de Jésus, au lieu que nous étions malheureux éclairés de Satan et du péché (130). Toujours éclairés, toujours en servitude, mais bien diversement. Eclairés de Dieu , comme ses créatures; éclairés du diable, comme pécheurs ; éclairés de Jésus-Christ, comme rachetés par lui. Ce premier nous est commun avec les anges; le second avec tous les enfants d'Adam ; le troisième avec tous les enfants de Jésus-Christ. Voilà nos trois qualités que nous devons toujours avoir (Jevant les yeux: qualités propres et essentielles. Celles' que nous avons dedans l'état du monde d'où nous tirons nos vanités sont qualités nouvelles etaccidenlelles ; elles sont j>assagères ; mais celles-ci sont

(150) Luuraa imviorum, veccatum, (Prov. xxi, 4.)

primitives, elles concernent le fond et l'état de notre être, elles sont permanentes et solides, elles sont très-importantes et éternelles par elles-mêmes.

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