‹ Œuvres complètesChapitre 249 sur 540 · SUS-CHRIST, ET PAR JÉSUS-CHRIST, SUR CES · texte numérisé non relu

SUS-CHRIST, ET PAR JÉSUS-CHRIST, SUR CES

PAROLES DU PSAUME Lxxi, 15 : Adorabufit de ipso semper, tota die benedicent ei.

Ces paroles sont prophéties, car elles parlent de choses divines, pour un temps éloigné de celui auquel elles ont été prononcées, et elles sont la règle de notre vie. Elles .uarlent de Jésus-Christ Notre-Seigneur ; elles déclarent quels doivent êlre nos exercices au regard de lui, et nous obligent à l'avoir en mémoire perfiétuelle : Tota die benedicent ei, et nous obligent à adorer par lui et de lui : Adorabunt de ipso, li est l'objet que nous adorons, el le moyen par lequel nous adorons, de ipso , Pt par lequel nous adorons toujours, semper. Bénir et adorer Jésus sont les deux ollices du Chrétien, el les deux fondions de l'Ame divine. C'est par lui, c'est en lui que nous sommes bénis; c'est lui aussi que nous devons bénir.

CXL. NOUS SOMMES MORTS EN ADAM , ET LA GRACE NOUS EST DONNÉE POUR PASSER aU NOUVEL HOMME.

1. Tout ce que nous recevons d'Adam n'est que mort , et nous sommes nous-mêmes personnes condamnées à la mort. Tout a qui est d'Adam périra par le feu , et en attendant^ nous le devons faire mourir par le feu que Jésus-Christ a apporté du ciel en la terre. Nous devons mourir par ce feu divin, nonseulement à la nature, mais aussi aux lumières et aux sentiments de la grâce. — 11. Parce que le Fils de Dieu a voulu mourir pour notre réparation; la grâce qu'il nous donne est une grâce de mort ; et tandis que nous sommes en la terre, ses effets sont plus de mort que de vie.

I. L'être, la vie el l'ornement que nous recevons d'Adam n'est que mort ; il ne nous engendre que dans la mort, et pour la mort ; et Dieu ne le regarde que comme une chose morte, qui a besoin de sa grâce et de sa vie, et ne peut vivre que par lui : Filii mortis. {I Reg. xxw, 16.) Le monde est l'échafaud de notre su[>plice ; nous sommes non-seulement obligés à la mort, mais condamnés à la mort. Nous vivons en la terre, comme en notre sentence el notre exécution; nos pensées, nos conseils, nos paroles, sont dans i'injpuissance, dans l'inutilité, dans la délormité de la mort. Il ne suffit pas de reconnaître notre état de mort en tout cela, car le diable reconnaît bien qu'il est mort, et n'en est {«s meilleur ni plus vertueux ; mais il

OEUVRES Di: PIETE. — CXLII, nKl'AKATION DE L HOMME FAR LA CROIX.

ilTS

faut que nous entrions dans l'instinct que Diou a do traiter tout ccln commo mort, et nous devojis nous traiter en l()Ul cola comme morts. Le dessein de Dieu est que tout cela meure, et ne fait (jue le supporter avec, patience, en attendant (ju'il le délniise. Nous devons donc être dans linclinalion que tout cela meure, et ne le supporter qui.' dans la patience de Dieu. Dieu lera mourir Adam et toutes ses iruvres par le leu au dernier jour; en attendant, le feu spirituel lo doii faiic mouiir, dont le Fils de Dieu parle: îijnrm veut millere in terrain. [Luc. xii, 49.)

(le (jue nous venons de dire est la mort que l'orie la nature par !e péché, mais il y a la mort (pie nous recevons par la grâce, (pii est, lor.'»(|ue nous entrons dans l'inclinalion de Dieu, voulant faire mourir la nature; et il y a la mort môme aux lumières et seiuimenls do In grâce, en l'honneur de la mort de Jésus, è sa vie qui était divinement iiumainc.

II. La vérité et la justice de Dieu veulent, quand bien nous ne prétendrions à Jésus- Lhrist, à scsilons, ni à la rédemption, que nous nous conduisions comme morts au monde ; et eidin il nous réduira par sa puissance en celte mort, sans av(jir égard à notre volonté.

La grâce que le Fils de Dieu est venu élahlir au monde, est une grâce de [uorl, et non de vie; une grâce d'anéantissement, et non (Je subsistence ; une grâce d'appauvrissement, et non de suflisance et abondance.

El il a voulu mourir lui-même, lui qui est la vie, pour nous tirer et consommer en celte mort.

En Jésus, il y a mort et vie : mais la mort est manileste, et la vie est cachée.

Jésus caché en sa mère, en la pauvreté de sa naissanie, en l'humilité de sa conversation , où il ne [)arle point de lui et ne se fait [)as connaître ; de sorte que ses |)arents lui (lisent : Manifesta teipsum munflo. Il est caché en l'ignoiuinie de sa croix, il est caché en Dieu, en la résurrection.

Page 1