CXLIV. DE LA VIE DES CHRETIENS EN JÉSUS
Aux religieuses Carinélites du couvent de N'**. I. Notre vie et notre subsistence est en Jé-
(155) IjHum est ncccibarium. {Luc. \, i'i.)
sus, comme la vie et. la subsistence de l'humanité de Jésus est en la personne du Verbe. Notre nature a besoin d'être accomplie, et son accomplissement c est Jésus. — JI. La génération du Fils de Dieu dans la Trinité est l'origine de sa mission au monde et de son union à chacun de nous. Dieu a mis en notre nature un secret mouvement vers sa consommation, mais elle la recherche dans les créatures au lieu de la rechercher en Jésus. Rapports de Jésus à l'homme dont il est l'accomplissement. La première connaissance de l'homme doit être de ce qui lui mangue , et sa première recherche doit être de Jésus comme de son accomplissement. — 111. Les autres créatures ont été créées parfaites en leur condition; mais il n'est pas de même de l'homme. L'homme n'est qu'une capacité de Jésus, qui doit être remplie de Jésus , et malheur à celui qui la remplit d'autre chose! — IV. Jésus est lavie, et il n'y a point d'autre vie que lui; et cette vie est nôtre. Mais nous ne la pouvons recevoir qu'en détruisant la vie d'Adam. Nous devons avoir dévotion à la mort de Jésus, afin quelle opère en nous cette manière de mort. — V. Nous devons travailler à la mort et abnégation de nous-mêmes, en la vue et par le désir de notre établissement en Jésus. Cet établissement est chose si grande que l'esprit humain ne le peut comprendre , et beaucoup moins le porter, s'il n'est fortifié par Jésus-Christ. — VI .Nous devons joindre à l'abnégation de nous-mêmes le recours aux quatre sources de cette nouvelle vie en nous, qui sont, le Père éternel, Jésus lui-même, le Saint-Esprit et la Vierge. Le Saint-Esprit puise Jésus en Jésus, pour l'établir et le clarifier en noxis. La Vierge engendre Jésus en nous selonl' esprit, par la même vertu du Père et du Saint-Esprit, par laquelle elle l'a engendrée en soi-même selon la chair. — A' II. Jésus- Christ, par cette manière de grâce, s'approprie tellement tout ce que nous sommes^ que nous n'en pouvons ni ne devons user que pour lui et en son esprit. Nous sommes criminels condamnés, auxquels le souverain laisse pendant quelque temps le maniement des biens qui lui sont confisqués, v^us faisant comme ses fermiers
I. Jésus est l'accomplissement de notre être qui ne subsiste qu'en lui, et n'a sa perfection qu'en lui, plus véritablement que le cor})s n'a sa vie et son accomplissement qu'en l'âme et le membre au corps, et le cep à la vigne, et la partie en son tout. Car nous faisons partie de Jésus, et il est notre tout; et notre bien est d'être en lui, d'être à lui, d'être, vivre et agir par lui ; comme le cep est, et tire vie et fruit de la vigne : et celte vérité est plus réelle et plus importante que la réalité du cep de la vigne qui n'en est que l'ombro et la peinture.
Nous devons regarder notre être comme un être manqué et imparfait, comme un vide