CLVIII. OBLATION A LA DIVISITÉ
O Etre suprême, incréé, inûni, et, ce qui surpasse la pensée de tout es{trit créé, su-
(139) Ce jour on chante la Messe ei on fait l'Office de la sainte Trinilé, en tout l'ordre de Fontevraull.
prôme et infini en qualité d'être ! O Etre existant et seul existant de i)ar soi-même ; Etre, source et soutien de tout être ! O Etre éternel, immuable, ineffable ; être, vie et esprit tout ensemble, et être, vie et esprit incompréhensible ; vous êtes vie par essence et vie d'essence, vie d'intelligence, vie d'amour! Je vous adore eu votre essence et en vos grandeurs. Je vous adore en vos pensées et en votre amour. Je vous adore en la vie heureuse, que vous avez en la jouissance et possession parfaite de vousmême. Je vous adore en vous-même et hors de vous-même. Je vous adore en vos œuvres et en l'œuvre de vos œuvres, qui est l'Incarnation. 0 Dieu souverain, toujours suprême et en tout, et toujours aimable et adorable ! Mais vous contemplant en vousmême, je m'émerveille, je me ravis, je me perds en l'unité de votre essence, et en la trinité de vos personnes. Je vous adore en cette unité et trinilé, en cette simplicité et fécondité, en cette fécondité et pureté, et en toutes les merveilles de l'éternité; source des merveilles qui remplissent le ciel et la terre. Et je vous adore en la connaissance et en l'amour qui vous occupe de toute éternité. Je vous adore toujours existant, toujours vivant, toujours voyant, toujours aimant, et toujours heureux et occupé en la vive intelligence de vous-même, et de tout ce qui est et peut être créé, et en l'amour parfait de vos propres grandeurs et perfeclions incoD^préhensibles à tout autre qu'à vous. Vous êtes tout, vous pouvez tout, vous créez tout, vous conservez tout, vous régissez tout. Tout est à vous, tout est par vous, tout est pour vous. Soyez-moi ce que vous êtes en vous-même, c'est-à-dire soyez mon Dieu, ma vie et mon tout. Vous êtes le Dieu immense et éternel, vous êtes le Dieu des dieux, vous êtes le Dieu de toute chair et de tout esprit, vous êtes le Roi des siècles, et Uoi régnant dans tous les siècles et en toute éternité ; que toute chair et esprit vous loue, vous aime, et vous adore en tous les siècles des siècles. Amen.
CLIX. ÉLÉVATION A DIEU SUR SA BONTÉ, SA SAPIENCE, SA PUISSANCE, SON ÉQUITÉ.
0 bonté incompréhensible, qui êtes seule souverainement et essentiellement bonne : Nemo bonus nisi solus Deus, dit le Sauveur même {Luc. î^viii, 19) , de qui viennent, et par qui se conservent tous les biens qui sont en chaque créature ; en qui sont réunies toutes les perfections éparses es créatures, et avec un excès et une éminence intJnie. Faites, ô mon Dieu, que je n'aime, ne souhaite et n'embrasse que vous seul ; que je ne cherche et ne prétende que vous seul en toutes choses.; et que je vous aime de tout mon cœur, de tout mon esprit, de toute mon âme et de toute ma force!
O Sa[)ience, qui voit toutes nos œuvres, qui pénètre le fond de nos pensées, et de qui vient toute sapience créée; faites, 6 mon Seigneur, que je chemine avec crainte devant un Dieu ji clairvoyant, que je pénè-
tre et reconnaisse mes plus secrètes imperfections, et que je reçoive quelque rayon de votre divine sapience 1 Rien ne vous est caché, ô mon Dieu ! Que rien aussi de nécessaire à mon salut ne me soit inconnu ; que nul des adversaires de mon âme ne la puisse décevoir.
O |)Ouvoir infini, à qui rien n'est impossible, à qui rien ne peut résister, de qui vient tout le pouvoir qui est en toutes les créatures; faites, ô Seigneur, que je m'abaisse sous votre toute-|)uissante main ; que jamais je ne résiste à votre sainte volonté, et que je sois puissant à résister au mal, et à faire le bien qui vous est agréable !
O équité inflexible, qui a puni, sur son Fils même, le péctié qu'il n'a pas commis ; lui seul étant objet égal à la justice divine* qui pour un seul péché a condamné tant d'anges à une peine éternelle, et qui ne laisse aucune faute sans punition, tant petite soit-el!e, ni aucun bien sans récompense : faites, ô mon Dieu, que la crainte de votre justice émeuve cet esprit endormi, et outreperce cette chair rebelle à vos saintes ordonnances : Confi(/e timoré tua carnes 7n€as! {Psal. cxvm, 120.)