OLLVUES DE PIETE. - CLXVII, CONTRE LINLTIIJTE DE LA VIE HLMAINE
nrufanant un ôtip si pur par nos actions iiii|iurcs et illicites: et c'est parla puissance (jiie nous recevons de lui, (pie nous coninielloiis nos «étions déréglées, abusant iridigneiiieiit do lui et de ses a( tioiis, et usant de ce qui est do lui à l'enconli'u de luimôme.
1-2. 0 grandeur, A puissance, C) infinité de ri'itie divin, ipii voit tout, i|ui contit-nl tout, qui [lorle tout et porte dans un éln; si saint tant de pécheurs et d(î péchés énormes I () comhat remar<pialtl(î erilro la grandeur et la sairuelé d»^ I)ieu (s'il est permis de concevoir dillércnce on des perfections (pii sont eu Dieu une môme chose), car nonobstant celte unité et identité sacrée, sa sainteté l'éloigné inliniment des pé< liés , et le sépare n\ôine de tout ce (pii est c réé : et sa grandeur ne permet pas (jue les pé'lieurs et péchés soient hors de son élciKhie, ni qu'ils offensent par un autre pouvoir que celui qui procède de lui-même: ce (jui rend nos ofFenses [)lus grièves, et nous plus criminels. Kl toutefois ça été l'exeicice [>rincipal de notre vie, d'olfenser un Dieu si saint et si puissant, et l'offenser si facilement, et pour si peu de »ho>c.
13. A[)| réhendons la rigueur de sa sainteté et les effets de sa puissance irritée: adoucissons-le par prières et lar pénitence : adorons cette grandeur ( t sainteté; et pour avoir la [viix, mettons la [)aix en Dieu même, en accordant ces deux siennes perfections, sa sainteté en effaçant nos offenses, sa puissance en n'employant désormais notre pouvoir qu'à servir un Dieu si grand , si saint et si puissant. Et puisque sa majesté veut service, et >a bonté demande amour, aimons et servons un Dieu rempli d'une bonté et majesté si grandes.
CLXVl. DE l'homme e> sa création, en sa
CHITE, EN SA RÉPARATION, ET DE SES DI- VERSES SERVITUDES SELON CES TROIS ÉTATS.
Il faut se souvenir, r que nous sommes créés de Dieu, portant son image et semblance ; 2° qu'il nous faut avoir en l'esprit les pensées, sentiments et affections de cette condition et qualité comme les livrées [)ropres et la manjues île notre état, dont nous devons nous revêtir devant Dieu et ses anges chaque jour , ainsi que chaque jour nous sommes soigneux de ne [taraitre devant le monde , qu avec les marques de nos qualités, étals et grandeurs; 3° que nous sommes pécheurs opposés à Dieu comme ses ennemis, portant sa haine et son délaissement : Odio sunt Deo itnpius et impietas <jus [Sap. IV, 9) ; et nous devons entrer en l'abaissement , regret et amertume (jue requiert cette qualité, la [)lus misérable qui puisse être au monde, et (pii nous réduit à misère et extrême et éternelle tout ensemble, et de laquelle nous ne pouvons sortir, que par le seul pouvoir et la seule miséricorde de celui que nous rendons notre enneuii par nos otîenses; i" que nous sommes Chrétiens rachetés par Jésus; que la qualité de pécheur nous retirant en un sens de la servitude de Dieu, dujucl nous sommes
ennemis, nous remet en une [)lus grande et plus dure servitude au regard de Dieu même; no pouvant nous retirer hors de sa puissance, mars seulement hors de sa grâ«;e et do sa bienveillani e. Nous sommes comme criminels de lese-majeslé , captifs dans les prisons et sous l'cuioritétiu prince; et sommes plus sous sa domination que les outres sujets fidèlement servant Id .Majesté qui leur commande.
.Nous .soiiiiiies donc esclaves, et toujours esclaves de Dieu; et dans notre être et dans le péché et dans la grflre qui nous retire du péché, et donne nouvelle perfection et accomjilissoment h notre être. Ksclaves de Dieu et dans nous -mènes, et dans le [léché et dans la grâce chrétienne, c'està-dire dans Jésus, étant en lui, étant en lui, et étant en lui comme fiarlics et membres de lui-même ; <\u\ est une excelleiiU.' et affectueuse manière d'être en lui, qui oblige 5 nouveaux devoirs, h singulière alfeclion, communication, sujétion et dépendance :
mais ce point requiert un discours à [lart.
Rentrons dans la matière précédente, et voyons: que lo litre de la création et la condition de notre être comme créé, regarde Dieu comme princi|>e et comme humain, regarde Dieu comme son excm[)laire , comme son image et serablance, formés par lui, formés pour lui, et formés })Our être un rapport essentiel à lui, comme l'image à son exe:nplaire. Dans les personnes iiicréées, il y a rapport ))ersonnel de l'une à l'autre; et c'est ce qui les dislingue, les établit , les lie entre elles; et entre Dieu et l'homme , il y a un rapport essenliel-
CLXVIl. CONTRE l'inutilité DE LA VIE UL- MAINE.
I Dieu est toujours opérant en soi-même , et de la dignité de cette opération. Notre vie et sainteté consiste en la double opération de Dieu en soi-même , et nous devons toujours être regardant et aimant Dieu, en l'honneur de son regard et amour éternel vers lui-même. — Il Dieu opère incessamment hors de soi-même dans ses créatures. Et il y opère à proportion de la capacité qu'il a mise en elle, ni/ pouvant souffrir aucun ride. Il y a trois états différents gui partagent la nature humaine, les bienheureux, les damnés et les voyageurs : et Dieu opère incessamment en tous trois, combien que fort différemment. La continuité de l'opération de Dieu en nous nous oblige d'opérer coniimiellement vers lui, et nous devons soigneusement empêcher qu'il n'y ait de vide en nos âmes , travaillant ù remplir la capacité qu'il a mise, chacun selon le degré de sa vocation, et de la mesure de la grâce reçue. — III. Comme Dieu par sa divinité influe et opère continuellement , ainsi est-il de Jésus Christ selon son humanité déifiée. — IV. Jésus en la première frurtie de sa vie est occupé avec son Père , et en ses dernières il travaille pour nous.
I. Adorez Dieu opérant de toute éternité en soi-même et n'opérant qu'en soi-même. 0 quelle opération ! opération qui ei-K Dieu ça
son acte et en son essence, car tout ce qui est en Diea est Dieu. Opération qui en sa formalité est un acte pur ; car en Dieu, être, pouvoir et agir est une même chose. Et Dieu est essentiellement acte et agissant, conune il est essentiellement existant et puissant. 11 est le voyant, comme on a|)pelait les prophètes ; il est intelligent; c'est un être vivant, aimant et opérant ; ô quelle opération intelligente et aimante soi-même! Ce sont les deux opérations de Dieu et essentiellement divines, et nous ne voulons pas nous y ap|)li(|uer; et toutefois en icelles devrait être notre vie et notre sainteté, comme en icelles sera notre béatitude. Opération qui est féconde et productive d'un Dieu, de deux personnes divines. Opération éternelle et qui est toujours, car il est toujours opérant, connaissant, aimant soi-même, et produisant son Fils et son Saint-Esprit. Opération qui est lui-même et son essence, car son être est agir. Opération qui est pure, car c'est un acte pur, séfuiré de toute puissance d'être et de toute impuissance. Opération qui est sainte et source de sainteté. Opération qui est vie et source de vie, et en laquelle consiste la vie du Père et du Fils. Opération en laquelle est la vie, la sainteté, la félicité des personnes divines et de toutes créatures. 0|)ération à laquelle nous sommes tous appelés, car tous ne sont pas capables des opérations de science, mais tous le sont de celles de sapience et d'amour.
II. Adorez Dieu opérant hors de soi-même, en un certain moment ordonné et choisi de lui : In principio creavit Deus cœliim et terram (G en. i, 1), et par celte 0[)ération produisant ses créatures et leur communiquant 1 être et la nature, la grâce et la gloire, et ne cessant jamais de cette opération (car la conservation est une production continuée) toujours souverainement indigente de Dieu et de son application continuelle. Or Dieu veut opérer en sa créature jusqu'au terme de la capacité qu'il lui a donnée, et autant qu'elle est capable de sa grâce et de son amour, ne voulant [loint y laisser de vide, mais y opérer autant que porte sa conduite, [>rovidenceet ordonnance en ses voies sur ses créatures. 11 y a trois pricipaux états dans lesquels l'homme peut être considéré, l'état de la gloire du ciel, l'état de la damnation dans les enfers, et l'état de la vie présente dans laquelle il est voyageur tendant à sa fin. Et en tous ces états Dieu opère sans cesse, quoique très-différemment selon la capacité de chacun; car au ciel l'opération de Dieu est une opération béatifiante ; opération continuelle, influence perpétuelle et non jamais interrompue, et influence de vie et de félicité, et de la même vie et félicité de laquelle il est vivant et heureux en soimême; influence et opération j)ar laquelle il remplit tous les saints, chacun selon sa mesure et la divine capacité qui est en lui par la miséricorde de Dieu. En enfer, au contraire, ro[)ération de Dieu est une 0[)ération punissante et crucifiante, s'il m'est permis d'user de ce terme; c'est une opéra-
tion qui éloigne et sépare de Dieu ceux (jui ont refusé d'être à Dieu, et sépare de Dieu pour jamais ceux qui par eux-mêmes se sont engagés pour jamais à eux-mêmes et aux créatures ; c'est une opération qui tient hors de Dieu et dans les ténèbres ceux qui ont mieux aimé les ténèbres que la lumière qui s'est présentée à eux ; une opération de tourment et de peine, et de tourment continuel |)ropûrtionné à la capacité malheureuse que ces créatures maudites se sont formées elles-mêmes par leur [)éché, et en se détournant volontairement de Dieu et de ses voies. Et pendant le temps de la vie présente en la terre, Dieu 0[)ère et influe incessamment dans les Ames, selon le degré de la grâce et sainteté qu'il y a daigné mettre. El comme Dieu de sa part est toujours à la porte, sto ad ostiiim et pu[so{Apoc. III, 20), toujours appliqué, toujours opérant et influent ; nous devons aussi de notre part être toujours veillants et priants, toujours sur nos gardes, pour ne nous point laisser surprendre |)ar les inclinations de la nature et les inventions de l'amour-propre, et toujours priants et altentifs à Dieu, comme attendant tout notre secours de sa bonté et miséricorde : Oportet semper orarc. [Luc. XVIII, 1.) Et nous nous devons garder de l'oisiveté comme d'un très-grand mal, puisqu'il interrompt et qu'il détourne le cours et l'influence continuelle des grâces de Dieu dans nos âmes, et nous ressouvenir que non-seulement le serviteur infidèle et le serviteur prodigue, mais aussi le serviteur paresseux à faire valoir le (aient, est jeté pieds et poings liésaux ténèbres extérieures.
III. Adorez Dieu comme vive source de vie et d'opération, qui a donné son Fils comme principe de grâce et d'amour dans notre nature, ainsi qu'il est principe d'amour et du Saint-Esprit dans l'éternité.
Adorez Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme, comme opérant continuellement avec Dieu son Père au ciel et en la terre, et même dans les enfers : Pater meus usque modo operatur et ego operor. [Joan. v, 17.) Et en [larticulier, adorez-le comme principe d'esprit et de grâce, influant en nous plus continuellement que la vigne eu son sarment : Egosumvitisetvospalmiies{Joan.xy, 5) ; désirant d'avancer chaque jour en appartenance, adhérence et dépendance, vers lui.
IV. Contemplez Jésus-Christ en sa double communication, c'est à savoir vers Dieu son Père et vers les hommes. En la première, ô quelle viel ô quelle élévation 1 car cet article comprend celte partie de la vie de Jésus (jui a été occupée en |)rières. En la seconde, ô quelle vie! ô qu'elle est laborieuse ! car cette partie comprend tous les Iravaux que Jésus a portés pour les âmes. CLXMll. i)E l'obligation de vivre et