CLXXX. DE LA CONDUITE ACTIVE ET PASSIVE AU REGARD DES OEUVRES DE DIEU
I. Reyir les œuvres de Dieu et élre régi dans les œuvres de Dieu, appartient à un même esprit de Dieu. — IL IH. Réijir porte plui d'autorité, et être ré(ji porte plus de sainteté.
I. Régir et être régi de Dieu sont deux dons de l'esiirit de Dieu sur nous, et souvent être régi est le plus grand et le [dus approchant de la grâce sanctifiante , au lieu que régir est plus appartenant à la grâce qu'on appelle gratuitement donnée. Le Fils de Dieu a voulu prendre l'un et l'autre état, pour
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noire oxemplu ol saiiclilicntidii. Il n voulu èlro dirii^é nvaril(iu« d'ôlru dingenril. Nous le voyons, en sou cnr.irncdirigùp.'itliîs «iii^cs ou Mgvplc : Tollf purnim et mairnn rjus, et eslo ihi, ust/ur ilinn ilicani lilii. [Mdllh. ii. 13.) V.i lors<|u'il est en un A;j;o |'lus av.'MM u l'I caimlilo do la coiniiiunicatiori do sa Mère, il est diri^'é par elle ol j»ar saint Joseph. Adorons co doidile, eel Inimitié, ( cl excellent étal de Jésus diri}^û et dirij^canl ; et lui loniinellons la direction de notre fluie, de notre vie, et lie nos conseils, et do iiotro dernière heure sur la terre.
II. Or, si réj^ir et ôlre régi appartient aux lions de Dieu , nous devons invo(juer son esprit, et n'avoir esprit (|ue pour ôtre capables desa conduite et de ses ellels, et tendio è l'union perpétuelle de notre esprit à l'Kspril de Dieu. Nous devons |ilus aspirer à ôtro régis (ju'à régir, et môme pour régir au nom de Dieu, il l'aut ôtre régis de Dieu eu une manière bien |)arJ'aile et anéantissant les conditions imparfaites de notre esprit naturel. Kt cctle [missance absolue do l'J'Ispril de Dieu sur notre esprit, doit paraître pour disposer suavement les inférieurs h recevoir la direction, et leur donner sujei de croire qu'ils si>nt régis par esprit de Dieu en autrui, et non [)ar l'esprit de l'homme. L'un et l'aulre point et état, c'est-à-dire régir et ôtre régi, requiert [)errection, et non moindre en l'un qu'en l'autre, mais dill'érente; et plus grand nombre sont arrivés à sainteté en étant* régis, qu'en régissant. Pour régir et ôtre régis, il faut reconnaître l'indi-
gence que notre esprit a de l'Esprit de Dieu, plus que la matière n'a de la forme [jIus que le corps n'a de l'âme. L'espritde riiomme doit ôtre purapo(cnlia,a\i regard de l'Esprit de Dieu, qui est la forme des formes, et l'Esprit des esprits. Je ne sais si la matière est pura potentia ; car notre connaissance ne met rien dans la nature, qui ne varie point la variélédes 0[)inions des philosophes; mais il importe beaucou[) de connaître que notre esprit doit èlre pura potentia, an regard de l'Esprit de Dieu, et se conduire selon celte vérité. Car nolro csftril intéressé par le péché originel, et rempli d'amour-propre, n'a aucune puissance de soi en cet état, que de se détruire môme dans les voies de Dieu. 11 a besoin d'un nouvel ôtre, d'un nouvel esprit, d'une nouvelle grâce, d'un nouvel amour, qui le porte, l'anime et le régisse dans les choses de Dieu.
III. Poarôlre bien régis nous avons besoin de règle et d'esiirit, c'est-à-dire et de loi vive et animée et animante, et de loi morte et écrite. La première est écrite en nos cœurs, la seconde est écrite sur le papier. Régir et être régi de Dieu, est une môme grAie, égale en l'école de Dieu ; comme produire cl être produit de Dieu, est une mémo perfection égale tians l'état de .a Trinité de Dieu. Môme si nous y |irenons bien garde, y avant deux sortes de grâces répandues sur les enfants des liommes, l'une, grâce gratuitement donnée, et l'autre, grâce ^anctilianle ; légir appartient à la première, qui est la
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moindre, et l'aulre appartieiil [ilus h la se- ( onde, (pii est la plus éMiinento et importante ; lune donne plus d'autorité, l'autre donne plus tle sninlelé, el il y a un |ilus grand nombre de saints et do grands saints qui ont été régis de Dieu, que de ceux qui ont régi do la part do Dieu ; tant la voie d'humilité, sim|i'icilé et abnégation de son sens oi de soi-môino a d'avantage h sanclifuT les âmes. Le premier do tous les esprits créés, destiné 5 les régir tous, el doué de grâce el de lumière pour ce grand eiret et ollice, s'est perdu; et peut-ôlre(jue le dernier de tous les anges, el régi par eux, cl soumis aux inlluences el opérations de tous ceux qui le précèdent, estdemouré (idèle, el jouit do la gloire éternelle.