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agir que commo Dfeu et jugo sévère. Voyez l'amour de ce Fils vers la justice et les rigueurs de son Père, et oouime il dit sans cesse en l'Evangile que tout ce qui est écrit de lui es Ecritures, c'est-à-dire tout ce qui fl été ordonné dans le conseil éternel que les écrits des pro[)hètes expriment, soit entièrement accompli. Voyez comme il se livre è ces divines rigueurs, et s'abandonne à celte justice et à ces arrêts avec tant de fidélité, qu'il n'y manque pas d'un seul iota, et avec tant d'amour, qu'il traite d'ennemi et appelle Satan un de ses plus chers disciples qui dit quelques paroles pour l'en détourner (li3). Adorez cette justice, aimez ces rigueurs, liez-vous à ce divin vi)uloir, unissez-vous à l'amour de l'âme sainte de Jésus vers les rigueurs de son Père, et que ce soient vos sentiments et vos affections au regard de la justice de Dieu, que vous devez regarder comme les autres, mais d'un regard plus pur que les autres, d'un regard d'honneur et d'amour, ce que communement ne font pas les autre^j,
3. Adorez cette justice de Dieu exercée sur son Fils unique, adorez-la dans toutes les humiliations et les opprobres, toutes les souffrances qu'elle lui a fait porter en l'âme et au corps dans sa tristesse jusqu'à la mort, «ians son agonie au jardin, et celte épouvantable sueur de sang découlant jusqu'en terre, dans sa seconde et dernière agonie en la croix, et vous donnez à lui sans réserve pour raccompagner en ses douleurs, pour porter avec lui les rigueurs de son Père, qui sont fondées sur nos offenses, et afin qu il vous fasse la grâce de rendre hommage avec lui à la justice de Dieu. Mais ayant ainsi rendu vos devoirs à la justice divine, tournez-vous vers l'amour, à cet amour ineffable et inconcevable, duquel Dieu nous a tant aimés, que nous donner son Fils unique et le livrer pour nous tous à la mort. Rendez-lui amour pour amour, et soyez bien aise de gagner l'indulgence, j)uisqu'elle vous ôte l'empêchement à l'amour. 0 mes sœurs, s'il se faisait un jubilé pour ce seul sujet, d'ôler les empêchements de l'amour divin, nous devrions faire toutes sortes de diligence possible pour le gagner! Celui-ci est jiour ce sujet, puisqu'il est octroyé pour nous délivrer de toutes les peines justement méritées par nos fautes, nonseulera»>nt de la peine du sentiment (qui est la seule chose que le monde pèse ), mais aussi de la diminution de la grâce et providence de Dieu sur nous et de noire amour vers lui, que vous entendez bien être de vraies peines, et de très-grandes peines, et des châtiments rigoureux. Regardez-y donc cette sorte de peine, et que ce soit celle-là principalement dont vous recherchiez dêtre déchargées par une nouvelle a[)plication et satisfaction de Jésus-Christ à vos âmes. Et s'il y en a quelques-unes qui ne comprennent pas si bien ce que je dis, qu'elles
{M7>] Vadepost me Salana , non enim savL^ en q^!m Dei »unt, eic. [Mutih. \y\, 23.)
unissent leurs intentions h la mienne, et à mon désir qui est plus grand que mes paroles, et que je ne puis faire voir tel qu'il est.
CXCI. LES DISP0SIT10?«S 1!<TÉRIEIRES QTj'iL RECOMMANDE AUX SUPERIEURS DE LA CON- GRÉGATION DE l'oratoire de JÉSUS.
1. Adhérence, dépendance et conduite dérivée de Jésus, comme de celui qui est le souverain pasteur des âmes : Pastor et episcopus animarum nostrarum. (1 Petr.n, 25.) Adhérence par amour ; dépendance par assujctlissement à sa puissance et même à son être, qui doit être la source et le principe de notre être, de notre f)uissance et de notre action ; conduite par influence de l'esprit de Jésus sur notre esprit. Que ce soit la disposition du su[)érieur envers Jésus-Christ. Et pour le regard des autres, qu'il ait plus de soin de les instruire par- exemple que par parole ; qu'il ait l'espiu atletitif à Jésus et qu'il puise en cette divine source toute l!efficace de sa conduite ; qu'il se souvienne qu'il est oilicier de Jésus, et comme son ambassadeur, et que, partant, il ail soin de sa gloire et de ses intérêts (IW-j. Je dis les intérêts de Jésus, car Jésus a des desseins dans les âmes, il y a des affaires et des effets à opérer, et il les veut opérer par autrui.
2. Le dessein de Dieu est d 0[)érer même les plus grandes œuvres pour ses créatures, par ses créatures , leur donnant part à ses desseins, à ses opérations et à sa conduite, comme il leur donne part à son être, à sa grâce et à sa gloire. Ainsi, voulant réconcilier le monde, i! a voulu avoir un instrument conjoint à sa divinité pour le rendre propre à la dignité de ce grand œuvre, etilachoisi une nature humaine pour lui servir à cet œuvre de ses œuvres, et il l'a unie à son Verbe, à son Fils unique, afin qu'il opérât et pâlît en icelle. En suite de ce conseil et de ce dessein de Dieu sur le mystère de l'Incarnation Dieu, qui opère c.unsiamment , conformément et proportionnément à soi-même, veut se servir des hommes pour appliquer aux hommes les grâces qui leur sont acquises et préparées par ce grand mystère, et par l'Homme-Dieu qui est le chef et le souverain des hommes en l'ordre de la nature, de la grâce, de la gloire.
3. De là vient qu'en l'ordre établi de Dieu il y a doux sortes de personnes : les uns qui reçoivent, et les autres qui communiquent l'e'sprit, la lumière et la grâce de Jésus. Les premiers sont tous les fidèles, et les seconds sont les prêtres et les su|)érieurs,qui dé[)artent leurs influences aux inférieurs, et doivent imiter les anges supérieurs et les ordres éminents entre les anges, qui purgent, qui illuminent, qui enflauiment ceux qui leur sont soumis et subordonnés. Puisque Dieu nous aj)pelleaux fondions angéliques,
(li4; Leantiove pro Chrhto fnwjmur. (H Cor. V, 20.)
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OELVUKS DE PIETE. — tXCII, ESI'lUi DE LA CONÇU. DE LOIUTOIRE.
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disposons-nous nussi A une vie anpélifjuc cl h lui exercice cl niinislère si élevé, si sainl ei SI ellir.'ice.
k. (".oniino colin humnnité sacrée regarde In \erl)(', esl adluTcnln au Verhn, cl n'a suhsisleiicn (jue dans ce \'erl)e divin; airisi le Mi|>ériour, (jui est l'inslruinenl ilc Jésus, «onune riiuniaiiité de Jésus esl rinslrurnenl du \crl»e, doil élre adliércnl h Jési:s, doit regarder Jésus, doil n'avoir vie el suhsis- Icnce (lu'en Jésus, (jiii e>l nf)lrn vie el notre sul)sislcnce. l'A connue celte liunianilé esl reni|>lie du Verhe en loules ses |)arli«;s, vu l'Ame el au cor[)s, en son élre el en ses 0(>éralions ; ainsi nous devons rechercher (l'être remplis de Jésus el de l'esprit de Jésus, en sorte (|ue nos ("lus petites et plus comnujnes opérations envers autrui soient conduites el opérées |)ar son esprit el non par l'esftrit de la nature.
5. Qn\\ aime l)oaurou|) Jésus cl Marie, sa très-sainte Mère, et qu'il révère singulièrenienl la puissance suprême qu'ils ont sur les ilnies; car el Jé.>us en est le Seigneur souverain par plusieurs titres, el ensuite elles appariiennenl à la \ ierge sa mère, el ils sont aussi irès-parliculièrement intéressés dans les âmes, el plus intéressés (ju'aucuiie autre créature.
6. Le premier nom de la première per- .sonne de la très-sainte Trinité est celui de l*ère ; et c'est ce nom qui le constitue en sa |icrsonnalilé(livine, et, le rendant l'èrede son Fils unique, le rend principe avec lui de la jiersonne du Saint-Esprit, car il y a ordre entre les processions divines. Or de celte dodrine nous devons recueillir combien ce nom de Père doit être vénérable en l'i-lglise, 01 comme les ecclésiastiques doivent procéder en leur conduite comme pères, el doivent révérer la [laternitéel maternité divine, dont l'une esl l'origine des émanations éternelles, el l'autre est le principe de l'incariialion divine.
7. Dieu contemplant soi-même produit son Fils; el la contemplation de Dieu et de soi-même doit être la première eljtrincipale occultation de ceux qui doivent engendrer des enfants à Dieu en son Eglise.
8. Le Fils unique de Dieu, en son abaissement dans l'Incarnation et dans la croix, nous fait enfants adoptifs à Dieu son Père, et opère notre salut; el dans l'abaissement de nous-mftnie, nous devons opérer le salul des âmes, el les introduire en l'étal d'enfanls de Dieu.
9. Le premier usage du supérieur doit être de regarder, bénir et adorer en cette «jualilé celui qui esl le supérieur de tous, et que rKcrilure nomme et bénit en qualité de Dieu et de Père tout ensemble, <|ue l'Ecriture joint divinement on ces saintes \)»i'oles: Bcnediclus Deus et Pater Domini uoslri Jesu Chrisû. « Dieu el Père de Jésus - Christ Niitre-Seiyneur, Père des miséricordes, et Dieu de toute consolation, f/ni nous console en toutes nos tribulations i^Ephes. i, 3), où les olîices et fondions d'un vrai père et iU[ éi ieur sont eiprimt^es, esprit de douceur
et de miséricorde, el le soin de l'exercer el omplover, en consolant les adligés en toutes leurs aJllictions.nue ce nom donc, proféré si souvent, no soil point [irofané par son usage vulgaire el par nos imperfections journalières et ordinaires , mais serve d'avertissenuMil aux supérieurs, comme ils se doivent conduire en l'exercico de la supériorité.
CXCIL l'esprit de la conghk<;ation nr. i/o-
RATOIIIE DE jfcsi S, ET LES DEVOIRS DE «;EUX QUI Y SONT APPELÉS.
1. Le même Dieu qui a rétabli en nosjours en plusieurs familles religieuses l'esprit el la ferveur de leur première institution, semble vouloir aussi départir la môme grâce et faveur à l'étal de prêtrise, qui est le premier, le plus essentiel et nécessaire à son Eglise, et .renouveler en icelui l'état et la perfection qui lui convient selon son ancien usage el en sa première institution. El c'est j)Our recueillir cette grAce du ciel, pour recevoir cet esprit de Noire-Seigneur Jésus- Christ, notre grand prêtre, pour vivre et opérer sous sa conduite, et pour la conserver à la i)Ostérité, que nous sommes assemblés en ce lieu et en celte forme de vie qui se commence.
2. Cet état de prêtrise requiert de soimême deux points. Premièrement une trèsgrande perfection el même sainteté; car c'est un état saint et sacré en son institution, c'est un ofïïce divin en son usage et ministère, et c'est même l'origine de toute la sainteté qui doil être en l'Eglise de Dieu. Secondement, il requiert une liaison particulière 5 Jésus-Christ Notre-Seigneur, auquel nous sommes conjoints par ce ministère en une manière spéciale, et par un pouvoir si élevé, qu'il ne convient pas même aux anges en l'état de la gloire. C'est pourquoi il nous faut tendre continuellement en ces deux })oinls, et les tenir entre nous comme essentiels à cette institution, savoir est, un grand désir de la perfection el une très-grande liaison d'honneur, d'amour et de dépendance à Jésus-Christ Notre-Seigneur.
3. Même comme il a [»lu à Dieu d'inspirer h chaque famille religieuse le soin et la profession de quelque vertu particulière, en sorte que, les possédant toutes, elle se rend éininente et singulière en l'exercice el profession de quelqu'une entre les autres, qui de la pauvreté comme les Capucins, qui de la solitude comme les Chartreux, qui de l'obéissance comme les Jésuites, nous devons reconnaître que le soin particulier d'aimer el d'honorer intimement et singulièrement Jésus-Christ Notre-Seigneur, contre J'aiïection commune qui luie>t due par tous les Chrétiens, et qui lui esl rendue par tous les ordres religieux, doit être le point auquel «•elle petite congrégation se doit rendre émiiieii te el singulière en Ire toutes les a uires saintes communautés qui la précèdent en temps, en vertu el en autorité, et que d'ailleurs elle doit el veut respecter et honorer en toute humilité cl charité.
OEUVRES COMPLETE:. DU CARDINAL DE BERULLE
4. Ensuite de cette pensée et vérité, nous porterons tous, par le devoir et l'esprit de cette institution, un honneur et amour spécial à Jésus-Christ, nous tenant désormais comme hosties immolées à son service, ainsi qu'il a daigné être- l'hostie immolée pour nous à Dieu son Père, et nous mettant du tout entre ses mains, comme organes de son esprit et instruments de sa grâce, ainsi qu'il est en son humanité rinstrumcnt joint personnellement à'Ia Divinité. Et en celte qualité nous nous reconnaîtrons obligés d'avoir un grand amour à Jésus, qui est l'unique objet du bon plaisir de son Père; une grande union d'esprit h son esprit, auquel il nous fautvivre en l'intérieur, et [lar ]e(|uel il nous ^r faut opérer en l'extérieur; un grand zèle de son honneur, qui doit être le but de notre vie; une abnégation du monde et de nousniômes, qui est la croix qu'il nous faut porter pour sa gloire ; une imitation parfaite de sa vie et de ses mœurs; une assidue coopération à ses œuvres et à ses desseins, considérant que l'ordre de la nature se peut bien conserver sans nous et sans notre travail, mais non l'ordre de la grâce qui nous est commise ; un grand respect et service à son Eglise; une propagation de son état et de son royaume en terre; bref, faire en sorte que nous ayons une plénitude de lui (ne regardant et ne recherchant que lui), et une non estime de tout le reste : et qu'il nous soit dès à présent tout en tout par la grâce, comme Usera éternellementtouten tous parlagloire.
5. Nous considérerons que l'un des offices et qualités de Jésus-Christ Notre-Seigneur est d'être prêtre éternellement, et même l'auteur et l'instituteur de notre prêtrise, voire en sorte que nul autre ne le pouvait être que lui. Tellement que, pour ne point rabaisser l'état de notre institution, nous devons reconnaître Jésus en qualité de notre instituteur et patron principal de notre vie ; nous devons rendre encore à Jésus-Christ, selon cette pensée, tout ce que les ordres religieux rendent de rcs|iect et de soumis- .sion à leurs instituteurs, et en une manière bien plus haute et partaite ; et par ainsi nous tiendrons Jésus-Christ comme notre Dieu, notre médiateur et notre instituteur, et nos jiensées et affections en cette institution «loivent être réunies en lui, sans être diverties ni portées ailleurs. Pour ce sujet, et afln que cette congrégation ne soit divertie ni diminuée en cet objet, et tire de lui seul sa vie, sa forme et sa perfection, elle fera profession de ne reconnaître jamais aucun autre pour patron principal ni instituteur que Jésus-Christ, sans toutefois manquer en rien de l'obéissance et observance des choses qui seront commandées de sa part, en son nom et en l'autorité qui lui est subalterne (145).
6. Nous aurons soin d'acquérir les vertus chrétiennes chrétiennement, c'est-à-dire,
(145) Jésus-Cinist est rinslitmcur d<> la prêlrise, ei il n'y en peut avoir rt'aulros que lui , mais ce berviieur île Dieu est instiluieur d'une couîrëgalioii
non-seulement de les dériver en nous de Jésus-Christ, comme notre source et plénitude : De pleniludine ejus nos omnes accepimus [Joan. i. 16), mais encore de les référer à lui, et de les acquérir et exercer [lar ce titre, intention et motif spécial, d'honorer par ce moyen les vertus de Jésus-Christ Notre-Seigneur.
CXCIII. DIVERS ENSEIGNEMENTS POUR LA MA- NIERE DE VIVRE ET DE CONVERSER DES PRÊ- TRES DE l'oratoire de JESUS, QUI PEUVENT AUSSI SERVIR A TOUS CEUX QUI ASPIRENT A LA PERFECTION DE LA SAINTE PRETRISE.
1. Nous devons comme prêtres, et prêtres de Jésus, faire profession solennelle de piété, comme plusieurs ordres le font, l'un de pauvreté, l'autre de pénitence, l'autre de solitude, l'autre d'hospitalité, et faire profession de piété et dévotion spéciale vers Jésus et sa très-sainte Mère, qui ne doit jamais être séparée de lui en l'honneur de la liaison ineffable qu'elle a avec le Fils de Dieu ensuite et par sa qualité de'Mère.
2. Nos principaux règlements doivent être en ce sujet, et notre soin principal à rendre solide et parfaite celte disposition intérieure et cette obligation extérieure de notre âme vers Dieu, comme prêtres: vers sonFiIsunique Jésus-Christ Notre-Seigneur, comme prêtres de Jésus-Christ; vers sa trèssainte Mère, comme prêtres et esclaves de celui qui est son Fils et son Dieu tout ensemble; vers les anges et saints qui ont rapport au Fils de Dieu; vers l'Eglise, qui est l'épouse de Jésus en terre, et le sujet de ses labeurs et souffrances, et l'objet de sa grâce.
3. De cette piété et dévotion doit naître une liaison spéciale à Jésus et à Marie, liaison d'hommage et servitude; liaison d'appartenance et dépendance, liaison d'amour et d'union d'esprit, donnant sur nous, à Jésus et à Marie, tout le pouvoir que nous leur pouvons donner par élection de notre volonté, qui leur est due par leurs titres éminents et qualités singulières connues et inconnues, et qui requiert leurs desseins et conseils sur nous, secrets ou manifestes.
k. Nous ne nous considérerons jamais que comme une suite et partie de Jésus et de Marie, et partie principale, faisant une transfusion et transport en lui de tout ce que nous sommes à nous-mêmes et de tout ce qui est nôtre, transport plus réel et volontaire que celui qui est entre l'homme et la femme par le droit de leur alliance et entre le maître et l'esclave par le litre de servitude; et nous désapi)ropriant, par cette voie d'amour, d'hommage et de servitude, entre les mains de Jésus, comme les religieux le font par voie de pauvreté; y ayant communauté de tout entre Jésus et nous, et désapi»ro{)riation de tout ce qui nous conci rue. En suite do cette appartenance étroite et singulière de cette congrégation à la divine personne de
qui fait profession de vivre dans Tt^spril el les devoirs dp la prêlrise.
1273 OfXVRES DK PIfcTK. — CXCIV, TOtS LES HOMMES DOIVENT SERYin DIEL. 1274
J(<sti.s-('liri5l , rl)a(|iio maison est dédiéo h (|ii«'l(jii'un (10 SCS mvslèrcs, choisi par «clui (jiii a ilrnit de !es a<<i'|i(cr, et honoré de tous ceux qui y sont par (HicKpio dévolion secrète, (^hflipjc chanihce nif-im,' doit ôlre dédiée h quehjuo mystère ( lioisi par les particulières ; chaïun doit considérer sa detncnre comme demeure de Jésus, comme chamhre qui est plus h Jésus qu'.*! lui, (jui ne doit servir (juà recevoir ses grAces et son esprit, cl ^ traiter, ou avec lui ji'ir oraison, ou pour lui par l'élude et action (ju'il y «onvienl l'aire pour imiter JésUs en sa demeure et vie sur la terre.
5. Kn cette dévote pensée, nous sortirons de noire «'hnmhre, em|iortanl avec nous l'esprit de Jésus, [lour converser et agir oar « et esprit, qui doit remplir notre vie ; nous y rentrerons avec ce même es[)ril pour converser avec Jésus dans notre retraite. Et pour aider <i cette dévotion intérieure, sortant et entrant, nous faisons queUpje brève l'rière et nous rendons honneur à Jésus, alin que nos entrées ei soities ne soient prolanes, vagahondes, indiiréreiites, mais dévotes, recueillies, sérieuses et utiles à la disposition de l'âme.
6. Le prêtre de Jésus doit pouvoir dire plus que tous : Vivo ego, jam non ego, vivit vtro in vie Cfirislus: c.ir même il doit l'aire vivre Jésiis-tlhrist dans les autres, et .doit être instrument de celle vie que Jésus veut avoir dans les âmes par son ministère. Vie en Jésus, mort en soi, vie de Jésus en nous, sont trois j)oinis auxquels les prêtres de Jésus doivent être incessamment appliqués, tant en eux-mêmes qu'en autrui.
7. Chacun de nous considérera que l'oraison doit être un des principaux, plus ordinaires et [<lus familiers exercices d'un prêtre, et lequel même nous est représenté par le nom de l'Oraloire que nous portons. <jue cet exercice comprend l'oraison, tant fmblique que particulière, en chacune desquelles li nous faut tous avoir diligence et assiduité; en sorte que rien ne nous dispense de la [irière, que l'action ou d'obéissance ou de charité, le prêtre ne devant jamais être oisif, mais toujours occupé ou en action vertueuse, ou en oraison sainte. (Jueceuxiqui sont moins occupés en l'action doivent prendre plus de temps et de soin à l'oraison, joignant leurs j)rières aux labeurs d'aulrui, les uns levr.nt les niains à Dieu avec Moïse, taiîdis (jue les autres sont occupés au combat s|iirituel avec Josué. Que ceux qui sont en l'action doivent soupirer a[>rés l'oraison, et ceux qui sont plus occupés en la retraite et oraison doivent honorer les actions des autres, un chacun demeurant humblement et saintement en l'occupation (pie Dieu lui donne, pour traiter ru avec lui par la prière, ou pour lui jiar la communication charilable. Que la prière vocale doit succéder 5 la mentale, et la particulière à la publique si elle n'est inlerrom-
pue par action ou d'obéissance ou ée chanté, el l'oisiveté -'soigneusement bannie comme indigne non-seulement d'un et.-clésiaslique réglé et retiré, mais d'un Chrétien.