CCII). OBSERVANCES RELIGIEUSES
I. Nous supplions les sœurs de considérer que l'étal aïKjuel il a plu à Dieu de les a|)jtcler est un état de vie régulière, commune et intt^rieure tout ensemble; vie qui le:» lie h Dieu et entre elles, qui les lie [lar société, et enlin qui les lie à J'orJre par régularité. Par leur manière de vie et de vocation, elles sont appeléesde Dieu h le servir en ces trois manières de vie, avec j)erfeclion et sainteté.
H. Pour marquer en cet ordre la dévotion à la sainte Vierge, et pour renouvelhiment d'icoUe, chaque jour et chaque mois l'OUice
sera doiilde, jiour lui dédier chaque moi/, et renouv(der celle dévotion vers elle; ot tous les jours, ii l'issue de Vêpres et do Liiidcs, il y aura mémoire do la sainio Vicr-c.
IH. Le matin, avant l'oraison, on sonnera \'Avr Maria, alin (pie le service extérieur du jour (ommeiice jiar la sninle \ ier^je ; les premières et les dernières actions de la j')uriiée par celle h (\[ii vos jours et voire vie ai»parliennerit jiar droit de scrviiiide.
IV. Les jours dédiés ?» la sainte Viergo seront fêlés au dedans du mona^ière et seront honorés d'un jeûne [.recèdent.
V. Ft d"aiilant (pie l'usage des litanies c-t saint et célèbre en iLL^Iise, celles de la .«.ainle N'ierge seront récitées tous les jours an tlKjPur, et on n'y doit pas manquer en cet ordre, qui lui esl si particulièrement dédié.
\ I. (!et orare aura h l'avenir une spénialo et solennelle dévotion à saint Joseph, atin (|u'il se rende toujours le protecleurdes âmes de cet ordre.
VIL Secondement, à saint Jean-Baptiste, tant à raison de la grande [)art qu'il a avec la sainte Vierge .Mère de Dieu, et que sa sanctification est le premier effet et ouvrage de la sainte Vierge ajtrès sa maternité; comme aussi ahn qu'il se rende f)rotecteur de l'esprit de pénitence , de pauvreté, silence, solitude, et de régularité en la religion.
VIII. Troisièmement, a sainte Madeleine, afin qu'elle })renne puissance et soin sur les âmes de cet ordre, pour les introduire dans les voies d'amour et d'intériorité où elle a été si éminenle et singulière, et où elle a re(;u de Dieu et de son Fils unique, Jésus Noire-Seigneur, tant de jmissance et privilège.
l.\. .\ ces intentions, tous les jours on fora mémoire de ces trois saints en communauié. a trois heures diilérenles, de saint Joseph 5 Vêpres, de sainte Madeleine à Complies. ei de saint Jean-Baptiste à Laudes. En leurfèie on fora une procession solennelle 5 leur ermitage, peur leur demander humblement et instamment celle lulelleelproleclion, et[)our leur rendre hommage.
X. Comme l'on croit pieusement que saint Gabriel a été l'ange gardien de la sainte Vierge, on fera son olli^e double, et on fera celui que nous avons dressé pour co su. et.
XL L'assistance au chœur sera très-exacte, la dispense en sera très-rare, avec grandu considération, et de peu de personnes en môme temps ; sans un grand sujet, on n'eu sortira |)oint, et les dévotions [«rticulières ne tiendront nullement lieu de cctie assistance.
XII. Au son de la cloche qui appelle au service, on sortira des cellules, des office» ou dos lieux où l'on sera, avec es[»rit intérieur, l'extérieur tranquille, recueilli, mortifié; on se cora(>oriera comme étant devant Dieu et ses anges, en qualité d'hosties iixï-
(JEU VUES COMPLETES DU CARDINAL DV. BEaULLH.
moliîes à l'honneur, au service et aux louanges de Jésus-Ghri^l Notre-Seigneur et de sa très-sainle Môie.
XIII. Le divin Office se célébrera ré v(?remment, posément et altenlivemcnt ; les cérémonies s'y fer(»nt dévotement comme étant chose accom[)lie en la [irésence de Jésns- €brist et de ses anges. Le latin y sera prononcé plus fermemenl et doucement.
Xn'. Il y aura très-grande exactitude à se rendre auî heures de communauté en l'honneur de Tassujeltissement que le Fils uni(iuo de Dieu a voulu rendre aux moments établis et ordonnés })ar son Père sur le temps de rincarnalion et sur les heures de sa naissance, de sa vie et de sa njort même ; viedivine, mort divine; vie et mort, quoique divines, assujetties toutefois aux heures et aux moments; ce qui lui faisait dire souvent dans l'Kvangile : 3Ion Père, l'heure est venue. En l'honneur donc de ces sacrées paroles et de cet assujettissement de Jésus , chacune aura toin de se rendre promptement aux heures de la communauté.
XV. On ne passera point dans le cliœur sans nécessité, et alors on le fera posément, révéremment et avec inclination très-profonde, adorant la majesté suprême qui daigne être là présente avec nous.
XVI. La prière pour les trépassés sera fréiiuente dans les dévotions privées; et on dira d'ordinaire une Messe des défunts au grand autel, lorsque, selon les règles du service, on doit dire un Nocturne pour les trépassés.
XVH. Les confessions et les communions ne passeront l'usage et la règle, si ce n'est par licence expresse de la mère prieure pour quelques fois, ou des supérieurs pour coutume ordinaire.
XVlll. Nous exhortons les sœurs de ne so rendre défectueuses au regard delà confession, qui est un sacrement ordonné de Dieu l'Our leur sanctification; elles s'y présenteront par désir de la grâce, et non par décharge de leurs scrupules.
XiX. Elles feront leur confession nupjble et courte, sans étendue de discours superllus, sans aucun rapport de choses de la maison ; et, n'écoutantque Dieu en sa créature, elles se doivent disposer à la grâce qui leur est présentée par ce sacrement.
XX. Et d'autant que le soin perpétuel cle la personne religieuse doit être de vivre et d'opérer |)ar l'esprit de grâce que nous avons ifçu de Jésus-Christ, et de réprimer les actions que l'-roduit la nature imparfaite, chacune regardera devant Dieu ce que la grâce et la vertu requièrent d'elle, et non ce que demande son huoieur et son inclination.
Chacune se rendra à Jésus-Christ, et non à >oi-môme, comme étant désireuse et soigneuse de respecter et de faire vivre l'esprit de Jésus-Christ en elle-même et non pas son esprit propre et particulier, et ainsi, en aucun temps, ni en aucun lieu, elles ne paraîtront dans leur nature, ni dans leur humeur, mais toujours en docilité et en facilité oe bc rendre à iJieu et à la vertu.
XXI. Chacune aura soin de se ressouvenir (les saintes observances de la religion {lOiir les |)ratiqucr exactement et fidèlement, tant celles qui sont ici re[)résentées, que teiles qui ne le sont pas.
XXII. Le zèle de la perfection intérieure et régulière sera renouvelé, et le désir eu sera présenté à Dieu au moins une fois le jour et soigneusement mis en pratique dans les occasions que Dieu fait naître en la communauté, pour acquérii- la vertu.
XXIsI. Dans les supérieures on considérera lautorité de Dieu présente et régissante ; autorité grande et divine nonobstant leur condition basse et humaine ; et par cette pensée les sœurs auront plutôt leur esprit touché de révérence envers Dieu présent en sa créature, que leurs sens ne seront frappés d'aucune condition de celles qui leur commandent. Ainsi elles seront exactes h observer ce qu'elles ordonnent , comme obéissant à la voix de Dieu en leurs supérieures, et elles ne seront pas lâches et nonchalantes en cette obéissance ; car ce serai*, offenser Dieu que de lui obéir avec négligence.
XXIV. Elles ne contesteront pas aussi contre leurs supérieures, en quelque occasion que ce soit ; mais elles se contenteront da proposer humblement leur pensée sans répliquer, car ce serait résister à Dieu en sa créature. Elles ne se priveront point de n9 pas dire quelque chose de leurs discours et actions à la mère i>rieure, car ce serait contre la simj)licité,la clarté et la sincérité avec lesquelles Dieu veut qu'elles vivent pour son amour avec leur supérieure.
XXV. On respectera en ses pensées et en ses paroles les supérieures et les anciennes et généralement lune l'autre, sans avoir ni jiensées en res|)rit, ni paroles en la bouche (jui ne ressentent le respect ; cela étant le hen de paix, un eifet extérieur de l'iinuiilité intérieure, et une conduite jjrudente de charité mutuelle qui soutient et édifie les maisons de Dieu.
XXVL Le propos de voir Dieu en autrui, et même de ne voir que Dieu en autrui, seri exactement observé; et par cette j)ensée les sœurs seront liées en charité les unes avec les autres, et seront portées à se respecter, à s'entr'aimer en Dieu mutuellement, a s'entre-supporter charitablement, à s'cntr'aider facilement dans les petits besoins extérieurs uù les unes requerront l'assistance des autres, et généralement à se ren- (Jre tous les elfets que l'esprit, non de la nature, mais de la charité, produit dans les âmes.
XXVIL Par ce même esprit de charité, les sœurs neserunt pas faciles à se refuser en plusieurs p.etiles rencontres et occasions, où il est bienséant de s'oublier et laisser soi-même puur soulager les autres, et pour accomplir ce devoir de charité par obéissance et. hommage au Fils de Dieu, et y être conduites par sa parole : elles se souviendront de celles-ci, rapportées eu saint .Matthieu (x.xv,
ŒUVRtS LE l'ILTK. — CCIII, OliStUVANCES RLLlCIiiUSFS.
Ti-Q
40) : Ce nur vous ferez à l'un de ces petits, je le ref/nriicrai fuit à woi.
XW'III. i;i pmii- niiginnnlor In chnriic', cl diinimicr l.i l'.iiiiiliiiril"; fjiio les l('in|is ot l'ii- R/ij^c ))Ourrnic'iit rendre trop lihrc cl itii|i<irfnilc, les sd'iirs se (.(jusidéreronl eniimie tilles tie la saillie Nicrge, et je respeclorofil les unes les autres coininc cliosf; a|t|iHrleiianl h Jésus et Marie, en hoiniiiai^o de ce f|iie le Kils de Dieu a l'ail à noire nalnre en I uniss.'ijil à la divine el h la sainle Vierge en la faisant sa mère.
X\l\. Les sœurs n'auront nurnne viio et reganl les unes sur les anires, |)Oiir croître <*n la siniplieilé intérieure et extérieure si nécessaire à introduire les Ames en la vie intérieure et divine h laquelle il a plu à Dieu vous appeler |)ar votre manière de vie religieuse et solitaire.
X\X. On laissera entièrement aux zélatrices le soin de voir les fautes des autres, et on n'aura les veux ouverts que pour voir les siennes propres.
XXXI. On ne parlera jamais des unes aux Autres, sinon en Itien, hormis h la prieure, «^ qui on pourra déclarer ses pensées sur.les i.(eurs en ce qui re^Mrde leur amendement jtar son autorité ou charité.
XXXII. Ctiaque sœur considère sa cellule ou son ollice comme le lieu et le moyen nu- <juel et par lequel elle se doit perl'ectioniier en la maison de Dieu; el s'il arrive que J)ieu permette qu'elle aperçoive quehjue imperfection en autrui , nu lieu de tirer en îioi-méme indisposition de celle faute aperçue, elle se souviendra que le conseil du Dieu en la vie commune est de nous iJorfectionner par l'imperfection d'autrui, el qu'elle est coupable devant Dieu si elle en lire aucun autre usage , et souvent plus coupable que celle qui a fait la faute.
XXXIII. S'il y a quelque sœur accouiiiniée à faillir en l'exacte observance de quel- (|ue vertu intérieure ou extérieure, elle demandera pénitence ordinaire à la supérieure, pour autant de fois qu'elle s'apercevra tomber en cette légère imperfection, afin qu'elle i'accoutume plus à honorer Dieu par humiliation et pénitence, qu'elle n'est accoutumée 5 le déshonorer par défaut de vertu, et qu'aussi elle prenne force en la grâce pour dompter sa nature en l'imperfection ordinaire ; et nu cas que celle sœur manque de demander celte ordinaire [ténitence. la supérieure ne manquera i)as de la lui imposer.
XXXIV. Le silence sera très-religieusement gardé el observé, el la façon silencieuse au marcher sans bruit el sans légèreté, en l'nonneur de la vie silencieuse, Iramiuille et modeste de Jésus et de AJarie bur 11 *.erre.
XXXV. Le silence sera étroitement et religieusement observé ; on ne se |>arlera point aux lieux de communauté , comme au chœur, réfectoire, chapitre : ni aux passages, ni même aux lieux où Ion peut ôlre aperçue parler ensemble , étant nécessaire que la faie extérieure de la maison porte si-
lence et solitude partout, en tout temps el en loul lieu.
XXX\I. Les sfpiirs auront un grand .soin de ne s'iiliacher à rien pour peu cpje ce soil, ni sous aucun prétexte do iiiété ou utililé, s(! souvenant iju'il y a peu (fe chose dont le délaissement par vertu el mortilic.'itioii ne soit jilus utile et agréable h Dieu que l'usage avec adhérence et imperfection.
XXXN'II. La prieure aura soin d'ôterau^f sirurs ce ii quoi elles pourraieni ôlre attachées ; à cet (dfel, elle les fera changer d'office et de «îcllule et autres choses menues qui ne laissent jias d'arrêter el occu[)Cr l'affection, (pie Di(,-u seul veut avoir.
XXX\ III. La fiauvrclé sera très-étroite et les éiolfes grossières, les habits moins a;ij pies et co:ii'modes, selon l'ancien us.ige. ^
XXXIX. Le linge fin que ies séculiers donnent h la maison sera em[iloyé à la sairislie, ou sera i)lulôl changé que d'être em|iloyé avec diminution de la pauvreté.
XL. Les chausses, loques, et les voiles, ne seront ipic de linge ou d'étoile grosse, les manteaux de dessotis ne seront aussi (jue de grosse serge.
XLI. On n'aura rien qui ferme h clef, la réfectorière et robière donneront indilféren;menl aux sœurs ce qu'il leur faudra, sans faire distinction ni dilférence, si la discrète charité ne le requiert autrement au regard de celles qui auront quelques maladies particulières.
XLII. l'.l afin d'éviler le reitlchement qui se pourrait glisser avec le temps en l'usage de la j)auvreté , on ne se servira d'aucune étoffe outre les routumières pour quelque raison que ce soit, sans licence expresse des supérieurs.
XLIIL Outre la garde générale des constitutions, qui doit être inviolable, nous recommandons Sf)igneusemenl et remettons en usage les louables coutumes et observances saintes de la religion qui se pourraient diminuer avec le temps, et pour cela nous déclarons qu'on ne donnera point son avis si on ne le demande ; on ne disputera point, et on ne soutiendra point son avis après qu'on l'aura proposé, mais on cédera humbler.ient aux pensées et aux^senlimenls des autres.
XLIV. On ne fera paraître aucun ressentiment ni répugnance ; car l'abnégation et la charité la doivent au moins couvrir, si elles n'ont pas assez de puissance jiour la dominer.
Xl.V. On ne s'excusera point si l'obéis- .«^ame n'y coiilr.iint, et on ne prononcera aucune parole immorlifiée qui fasse [laïaî- Ire une grande lileheié dans la pratique de la vertu.
XLVI. On n'aura pas d'autre roin que celui de |)laire à Jésus-Christ et à sa sainte Mère : ainsi [)Our le manger, vêtir et autres nécessités humaines, on le laissera entièrement aux oUicières.
XL\ IL Les infirmes obéiront h leur infirmière et prendront ce qu'elle leur c'oiinera sans rien dcman 1er. laissant à Dieu cl
ŒUTUES COMPLETES DU CARDINAL DE BERULLE
KZi
h elle le soin superflu et démesuré que la
nature et l'amour-propre leur donneront
d'elîes-mômes.
XLVIII. L'usage des mortifications sera fréquent et sérieux: elles ne se pratiqueront qu'avec esprit et préparation f)récédente par celles qui auront 5 les exercer, et seront reçues des autres avec un esprit d'humilité et de mortification intérieure et extérieure. XLIX. Au réfectoire les sœurs seront mortifiées, modestes, et sans aucune légèreté en l'usage des sens ; la lecture y sera altentivement écoutée, la vie du saint de chaque jour duquel on fait mémoire y sera lue ; le vertueux usage et le désir des mortifications y sera continué, et plutôt augmenté que diminué, par honneur à la croix et à l'esprit d^humiiiation et de pénitence que le Fils de Dieu nous a si chèrement acquis, et qu'il a si éminemment communiqué à tant de saintes âmes sur la terre.
L. Celles qui auront besoin de manger de la viande, mangeront à part sur une table basse et séparée, si cela se peut, afin que cela leur serve en quelque sorte d'une marque extérieure de pénitence, tandis qu'elles ne peuvent pas observer la pénitence extérieure de la communauté.
LI. Les récréations seront sérieuses et vertueuses, on n'y parlera jamais des choses du monde, ni de celles qui peuvent tant soit jieu intéresser l'innocence et la charité ; on n'y parlera point des exercices de mortification qui auront été pratiqués, ni des imperlectioiis naturelles ni des unes ni des autres, )ii de rien qui offense tant soit peu la cha- J'ilé, pureté et sainteté de la religion; l'on lie parlera d'aucune chose du deliors sans licence, môme à la récréation ; on ne se ressouviendra des personnes constituées en dignité sur la terre que jiour recommander à Dieu leur nécessité, les mettant en oubli ])^r tout le reste, comme s'il n'y avait que Dieu qui remplît nos esprits coumie il remplit le ciel et la terre par sa grandeur infinie.
LU. S'il arrive que par nécessité quelque séculier entre dans la maison, les sœurs .-eront exactes h se retirer promptement ; et tout ce qui sera concernant la clôture sera «exactement observé en l'honneur de la vie cachée de Jésus en la sainte Vierge; ce que je vous prie et exhorte d'honorer par votre vie retirée.
LJJJ. On se recueillera un peu avant de
parler aux séculiers, afin d'avoir l'espril plus présent à Dieu et plus exact è ne rien dire ou faire qui ne les édifie, le temps de la demi-heure ne sera point passé sans sujet et sans licence expresse; la pensée de Dieu présent y sera renouvelée souvent pour retrancher l'oisiveté et suijerfiuilé, ayant soin de répandre l'odeurde la grâce et de la vertu pour l'édification des séculiers, et surtout de ne point rapporter l'odeur du mondo dans la maison de Dieu.
LIV. On ne demandera rien aux parents pour soi, mais seulement pour la maison, et cela même le i)lus souvent ne sera pas approprié à celle qui l'aura demandé.
LV. Et d'autant que ces points sont propres pour mettre les vertus intérieures dans les âmes, on aura soin de les observer avec esprit et disposition conforme à la fin h laquelle ils conduisent et préparent les âmes.
LVL On estimera intérieurement et extérieurement tous les usages de la sainte religion, comme des moyens que Dieu a ins- })irés à ses saints et fidèles serviteurs pour être honorés de nous sur la terre selon la bassesso et la petitesse de notre condition, en attendant que nous soyons dignes de l'honorer dans le ciel par des moyens plus proportionnés à sa grandeur et à >a gloire; et généralement avec un désir véhément d'honorer par ces voies Jésus-Christ Notre- Seigneur, et sa très-sainte mère, à laquelle vous devez toutes apiiartenir à jamais, si vous correspondez à l'institution de voire saint ordre, à vos obligations spéciales et à ses volontés particulières sur vos âmes.
LVIL Nous exhortons les sœurs en la vue de ces deux objets, Jésus et Marie, et à l'imitation de leur bienheureuse Mère sainte Thérèse de Jésus, de se rendre Irès-exactes, non-seulement en ces observances, mais encore aux plus petits points de régularité, de vertu et des choses intérieures; vous souvenant que celui que vous servez en petites choses est grand ; et que ce n'est pas un petit défaut de négliger les petites choses, selon l'avis du Saint-EsjMit : f/ut méprise les petites cfioses, peu à peu tombera [Eccli. xix, \). Soyez donc très-exactes et, par cet assujettissement, honorez l'assujettissement humule et soumis de Notre-Seigneur Jésus-Christ aux plus basses et petites actions de la nature humaine
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