V. Ce don rare et précieux a éié fait ()re
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mièrement à la Vierge, et par la Vierge l\ nous. Ft )d Vierge en a fait un plus granj Usage et ref;u un plus grand eiïet quelriu le reste iW In nature humaine, (^ost à elle seule (pi'il a été donné en (pialiié de Fils, et à nous cfi (pjaîilé de Père ; à elle en rpjalité de Fils propre et nnlurel, et il seia à jamnis son Fils ; il iKMJs, il nous est donné en qualité (h; Père, nous adoptant et nous adi etlant à son hérilnge. Qui pourrait dignement |>enser comme la Vierge a re(;u ce uon précieux de In part du Père, comme elle In estimé, (omnie elle In employé à lous les usages pour lestpjels il lui était «lonné de la part du Père éternel ? Qui pourrait compt;?r la grAce (ju'elle a reçue de cette grAce des grices? la vie qu'elle a reçue en donnant sa vie à celui qui est la vie môme? la puissance absolue et universelle qu'elle a donnée sur elle à celui qui lui donnait puissance maternelle sur lui-môme ? In présenro assidue et la pen-^ée perfiéliielle qu'elle avait de celui (|ui lui était incessamment présent el toujours occui ant et môme ravissant son cœur, ses sens et son esprit enseuible ?
VL La vie, l'adhérence, la société et la conversation mutuelle de Jésus avec Marie, et ae Marie avec Jésus, doit être un des obJL-ts les )lus fréquents de voire vie. Celte vie, adérence et conversation en la teire, allait adorant et imitant la vie, la société et l'unitu des trois personnes divines et incréées, et formait en la terre une idée, une imitation et un exemplaire parfait de ce qui est au ciel entre les personnes élornelles. O vie! ô société ! ô vie et société admirable et adorable 1 Vous y devez (lenser, vous la devez aimer, je dis plus, vous la devez imiter, et toutes vos maisons et sociétés en Ja terre doivent servir à honorer, à représenter et à imiter c.etie société heureuse et )iarfaile do Jésus et de Marie en la terre, il est avec vous, il est au milieu de vous comme il était lors vivant avec Marie, car il est réellement avec vous [lar sa présence en son autel et en son Eucharistie. Vous devez vivre avec lui, vous devez adhérer à lui, vous devez vivre en lui, el vous devez avoir une liaison jiarfaile de cœur à cœur et d'esprit à esprit avec lui. Ce (ioit èlra votre vie et conversation sur la terre, comme c'était la vie et la conversation de Marie en la terre. Lors cette vie et conversation était entre une jiersonne incréée et incarnée, et une j)ersoi;ne créée et humaine; c'est-à-dire entre Jésus et la Vierge, deux sujets différeiils à la véritt', mais saintement et (larfaileiuent liés ensemble, et de In plus parfaite liaison qui se retrouve af;rès le mystère de la Trinité et de l'incarnation. El votre vie et conversation aussi est entre deux personnes, celle de Jésus el la vûire, deux personnes distantes en conditior., mais bien proches en eifef par la miséraiion et dignalion célesle, el celte dignalion ut lionté va plus outre encore. Car Jésus veut èire non-seulement à vous, mais encore en vous; non-seulement avec vous, mais au lond et intime de vous-u.ômo, no fai ant
OîilJVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BERULLE.
L'oi
qu'un (1(î forps, de cœur et d'esprit aveu vous. Vivez donc à lui, vivez avec lui, car il a vécu à vous, et est vivant avecvou>; mais [lassez plu<î outre en cette voie de vie, de grâce et d'amour avec lui. Vivez en lui, car il est en vous, on plutôt soyez transformées en lui-niônie, en soite que ce soit lui et non pas vous qui soit subsistant, qui soit vivant, qui soit régissant, qui soit opérant et agissant en vous et non jias vous, jjour porter l'accomplissement de cette grande parole du grand Apôtre de Jésus : Je vis moi, non pas moi, Jésus est vivant en moi. [Galat. II, -20.)
VII. C'est l'esprit de vie, de grâce et d'araour que je vous souhaite à toutes. C'est l'esprit de vie, de grâce et d'amour que j'estime le plus dedans l'ordre de la grâce. C'est l'esprit dont vous parlent le moins ceux qui vous traversent. C'est res()rit {)riluitif et principal j.ar-dessus tous les ordres. C'est l'esprit qui regarde l'ordre de tous les ordres, c'est-à-dire, ce grand ordre qui doit régiret sanctifie tous les ordres, l'ordre et l'état du mystère de l'incarnation. Estimez et honorez cet ordre, et vous consacrez hicelui; c'est l'ordre qui sera éternel, c'est l'ordre qui enclôt Jésus et .Varie. Estimez et recherchez cet esprit; c'est l'esprit de Jésus et de Marie, c"e^t- à-dire, i;'est l'esprit dominant en l'état de Jésus et éminent en l'état de Marie. C'est l'esprit liant parfaitement nos esprits à Marie et à Jésus; car aussi Marie vivait en Jésus, et Jésus vivait en Marie, et il était sa vie plus que sa propre vie: c'est l'esprit que vous devez respirer, et auquel vous devez aspirer toutes. Esprit liant et déliant tout ensemble. Esprit liant et séparant votre esprit do toutes choses et de vous-mêmes.
Esprit liant à Jésus et à Marie, comme si a[)rès Dieu il n'y avait j)lus qu'eux pour vous en la terre ; car aussi n'y a-t-il qu'eux pour vous (le reste vous éiant ou inutile ou interdit], et eux sont autant vôtres, comme s'il n'y avait qu'eux et vous au monde, et que tout le re^te ne fût point.
Vill. C'est cet esprit d'honneur et d'ainour, esprit d'occufiation et liaison p-arfaite à Jésus et à la Vierge, que nous vous souhaitons. C'est l'esprii que nous voulons ôtre [iropro à vos âmes, et particulier à votre ordrt.*, tandis que ceux qui vf)us molestent, vous disent être destitués de l'esprit de leur ordre. Ils wan sont pas les juges, ils n'en sont pas les dispensateurs; cet esprit est en la main de Dieu : Lbi vull spirat [Jean. m ,8.) Cet es})rit est sujet à la Vierge, car elle est éminente et dominant sui- tous autres esprits ditTérenls en la grâce. Pensez à elle et a son Fils unique. Aspurcz à cet Esprit soini et sanctitiant tous les esprits, et surpassant tous les ordres, tandis que quelques-uns, par livres imprimés en Italie et en Espagne, disputent entre eux de l'esprit delà sainte qui a réformé l'ordre ; les uns tirant sou esprit à la solitude et ermitage, et les autres à l'action et conversation humaine. Durant ces ditférends d'esprit et ces
contentions, soyons en paix, et cherchons d'appartenir à la très-sainte Vierge, el recherchons en humilité l'esprit de Jésus, dans ses Ecritures et dans ses mystères.
IX. C'est l'esprit des esf)rits, c'est l'esprit auquel nous devons vivre pour jamais, c'est l'esprit que nous vous proposons, et c'est par sa cunduile, à mon avis, que nous vous exhortons à prendre part à l'esprit de Jésus et de Marie. Il nous est enseigné dans les saintes Ecritures, il nous est démontré dans les mystères que la foi nous représente, il paraît en la vie des deux personnes les plus excellentes qui habiteront jamais la terre, et qui seront jamais sur les cieux; car l'une de ces [)ersonnes est divine et divinement humaine, c'est-à-dire, Jésus, Dieu et homme tout ensemble; et l'autre personne est humaine, mais, en l'humaine condition, passe tous les saints et tous les chœurs des anges ensemble, et elle entre dans les confins de la Divinité; elle appartient à l'ordre des ordres, duquel les ordres qu'on va magnifiant plus humainement que saintement en la terre, ne sont que des ombr'es à proprement parier, et ombres qui passent sur la terre pour servir en leur bassesse aux choses grandes, saintes et célestes que nous avons a admirer en nos mystères. En ces rares mystères nous avons et nous recevons un Dieu père et une Vierge mère, et ce qui passe toute merveille, l'un est père et l'autre est mère d'un Fils qui est Dieu même. Or, cette sainte \'ierge et heureuse mère, par ses grandeurs et par sa qualité, a droit do grâce, d'auiour et de puissance maternelle sur Jésus qui l'honore comme sa mère, et l'honore d'une gr-âi'O et d'une gloire propre à elle seule, et d'une grâce qui fait un chœur à part dans le ciel et ravit les anges et les saints ensemble.
X. En cette qualité, elle aime et possède Jésus comme son Fils. Elle a une sorte de dr'oit et de propriété sur lui, qui ne convient qu'à elle, et qui est émané du droit et de la ))ropriété que le Père éternel a sur son même Fils, car le Fils de Marie est le Fils même du Père éternel. Parce droit si haut et si éminent, et dérivé encore d'une source si haute et si éminente, comme le sein du Père, elle a un dr-oit et un pouvoir S[)écial de donner Jésus aux âmes. Estimons et révérons ce droit comme il le mérite; admirons la Vierge en i;e droit et en celte puissance; aj)prochons d'elle et entrons en une sainte et heureuse société avec elle; désironsavoir part el à elle, et à son Fils (jar elle. Par cet instinct de grâce et de piété singulière, soyez à elle et vous donnez à elle pour entrer en ses di'oils et eu ses pouvoirs, et la priez qu'elle use de son \ ouvoir sur vous, vous donnant paît spéciale et à Jésus, qui est son Fils, et à elle-même, qui en est la Mère. C'est ce que nous vous souhaitons en cette nouvelle année, pour toutes les années que vous avez à vivre sur la terre. C'est ce que nous désirons être primitif et fondamental en l'oi-dre ; c'est la ditl'érenco el lil'.ation qui vous est vraiment utile et
LETTRES. — . — At\ IxhLlOlbLhhb tAKMKLITKS^
souliuilal»le ; c'est losiiril de la grâce irilérieiire ijue nous voulotis ôlre propre h voire ordre; t'est ce que nous vous prions de deuinn(Jer réciproijuoiiierit h Dieu pour nous, coinnie nous lo f.iisons itftur vou-. ; c'esl en (|Uoi nous ( onsliluons ui grandeur, l'éniint'nce el la iV'Jicilc' de la vie en la lerre. Je supplie Nolre-Scigni'iir Jésus el sa lièss.iinte -Mûre, nous f.iire la grA''(! el la ini-éri(orde de vivre selon ces dc>irs, el (ie les servir en la perl'eclion en la(|uelle ils nous dflignent appeler, el de leur apparlerdr d'une ajiparlenance spéciale 5 Jiiuais. Je suis en eus.
Votre plus huuiblc el alfeclionné à vous servir selon Dxeu^
Pifurk de BÉniLLE.
Prêtre ilr l'Oratoirr de Jésus.
De Paris, ce 15 jauvierjlGiJ,