LETTRE XVII
i LA MÈRE MADELEINE DE SAINT-JOSEPH, PRIEinE DES CARMELITES AU COUVENT DE LINC.VKNA- TION DE PARIS.
// ne sait pourquoi il est envoyé à Rome ; sinon que de divencs parts on lui fait savoir uniformément, que c'est la volonté particulière de Dieu. Hors ce qu'il doit aux lieux saints, il ne peut pas être à Rome un mo.nent après son affaire conclue ; quoique humairiemcnt, il y ait toute satisfaction. Il con'inue à lui parier humblement de sa pauvreté intérieure.
La grâce do Jésus-Christ Noire-Seigneur soit avec vous pour jamais. Je me j)romets que vous aurez, et toutes les bonnes âmes que vous savez, plus de mémoire de moi, que je ne vous en donne sujet par mes lettres.
J'en ai eu une de vous, el de nul autre de tous les monastères. Encore que je ne réponde pas, ce m'est consolation, el (juclquefois forcH el bénédit lion en res(.rit, de les lire ; el j'en suis bien aise, et eusse désiré (Ml recev(jir pour ce sujet. .Maintenanl je craindrais (ju il ne fût un peu tard, car l'affaire est fort avancée, et je désire parliraussitôt «ju'elle sera conclue. Je me promets que ce sera pour la lin de ce mois. Je ne pénètre point quel est le de.ssein «le Dieu surnioi en ce vo.vage. Il m'est aussi inconnu, que lors(pie je partis ; el si de diverses paris il a plu h Dieu me faire savoir uniformément, que c'était sa volonté particulière, el ()Our des desseinsautresqueceux qui paraissent.
Humainement j'v ai trop de sujet de satisfaction, mais ce n'est [las ce (^uejcdois chercher. Après les lieux saints, je respire après d'autres exercices el occupations; et la vie étant courte, j'ai |>eine de l'emfiloyer si bassement et si inutilement, car c'est bassesse que tous les entretiens tie la terre. Plaise à Dieu de nous donner ceux de son Fils unique Jésus-Christ Noire-Seigneur, et sa très-sainte Mère. Je suis en eux pour jamais. Votre, etc. Cette lettre servira, s'il vous plaît, pour nous renouveler en la mémoire et aux prières de toutes les bonnes Ames de vos deux monastères. Elles me sont présentes devant Dieu, comme si j'étais dans Paris ; mais je suis partout en môme état de pauvre;é, et dinca|)acitédes choses uivines.el je ne sais comment je peux servir à leurs besoins, par la condition de cet état. Je ne laisse [las de prier pour elles comme je dois, el d'oifrir à Jésus ma pauvreté pour elles.
De Rome le 6 novembre.