VI. Quant au particulier de celle dont
LETTRES. — I. -ALX HELIGIELSES CARMELITES. 1378
LF-TTUK XX.
A t>K Mr:nE DE LA CONOIlteATIO?» DK FRA?«CK,
Ions iMiii'.Lni-: des helk^ielses caumLlites
nt: LOLVAIN.
// lui ordonne de rrlonrnrr en France, et /mi mande comme il iiritit jilii à bien manifester la snintfte d'une ('armi'.lite de Dijon, deux ans apn'n son dicci.
Ij\ t^rAi-c lie Jésiis-dhrisl Nolre-Seigncur snil nvcc vous pour j.-i:i).iis. Je viens (Jt* recev<)i< In v<jtr'e ; nous avons lieanfoii|) recoinin.'indé à Dieu rotle air.iiro, r-l avons snjol (!n croire que c'est sn volont»; et celle (le sa sainte Mère, que vous reveniez, et ainsi non-seulemeni nous le conseillons, jiuisque vous avez voulu avoir en cela nos avis (en quoi je pense (|ue vous avez fait chose agréable;» Notre-Seigneur), mais aussi, pour vous ôlcr tout (Joule, nous vous l'enjoigtions au nom de Nolre-Séigneur Jésus-CInisi et (le sa sainte Mère. OM'rez à la sainte N'ierge ce que vous avez fait en ce ()ays où vous êtes, et lui (lemaiidez la grâce (Je la servir et son Fils en ce qu'il lui |)laira. Ce doit être tout notre dé-ir de servir en nos jouis celui (jui daigne nous vouloir servir en son éleniilé. Ayez l)euucou[) de dévotion à Jésus-Christ Nolre-Seigiienr et à sa sainte Mfire. Charjue jour olfiez votre vie et vos œuvres à la louange et honneur singulier du Fils et de la Mère, et demandez chaque jour de croître en cet amour, en ce zèle et en ce désir, de rendre quehjue petit honneur sur la terre à celui qui est mort pour nous lionorer lui-même sur les cieiiï , et à celle qu'il honore élernellement comme sa Mère. Vous avertirez sœur Thérèse et les autres, comme il a plu à Dieu manifester la sainteté de l'une ûe^ religieuses de France, qui mourut il y a deux ans à Dijon, avec témoigiage de saifileté; et maintenant on a trouvé son corps entier, au transpori qu'on a été obligé d'en faire d'un lieu à un autre, par le bâtiment cju'on y a commencé. Je sais qu'il y en a de mortes et de vivantes (jui ont été et sont favorisées de beaucoup de grûces de Dieu, et bien singulières; mais c'est à Dieu et n()n à nous de les manifester; c'est un sujet que Dieu vous donne de le louer et de vous humilier au peu de vertu que vous avez acquises au regard de celle que vous eussiez pu acquérir, si vous eussiez fidèlement coopéré à ses grâces defuiis le long temps qu'il y a qu'il daigne vous ap()e- 1er à son service. Celle [lelile âme était fort humble, innocente et pénitente; elle e>t décédée fort jeune, et en ce peu de temps qii'ellea vécu, ellea laissé une grandeodeur (le sa sainteté en ce couvent, et il a plu à Dieu nif^inieiiant en rendre ce témoignage extérieur. Je prie Dieu qu'il soit avec vous toutes, et je vous demeure à jamais.
LETTRE XXL
TOUS m'écrivez, J'y reconnais [ilus de pusillanimiié que de défaut de bonne volonté. C'est p(nir(pi()i je vous [irio de l'animer en son ofTicc, la prévenir en ses peines, la supporter en ses allli( lions, ne la pas veiller exactemeiil on ses petites faules; el tandis que hî nuage de la tenlnlion l'obscurcira, ne les lui pas faire voir sitôt, el particulièiemenl lors(|ue vous la croyez plus disposée à s'en allliger (^u'.'is'en relever, car c'est un des poinls auxipiels il nous faut imiter la sainle conduite de Dieu, «jui attend l'opportunité pour nous donner sa grâce, sn lumière cl la connaissance de nos défauts : Ut misericordiam comei/uamur et (jratiam inveniamus, in auxilio opportuno, ce dit son AjxMre. {Hehr. iv, 16.)
VIL Dieu est l'auteur des temps et de la grâce; de lui déjteii'i toute o[tp(*rlunité et dis[iosition, il lient nos cœurs en sa nu'in, el toutefois il attend, il pèse, il regarde, il dissimule, el il s'accommode à nos vouloirs et à nos faiblesses. Que devons-nous faire? Nous, dis-jc, (jui sommes sans puissance sur les temps, sur les âmes et sur la grâce, et qui sommes si indignes de servir à Dieu et aux âmes. En celle humble pensée coniiuisez-voiis en l'exercice de votre charge et ollice de chanté, cl montrez môme à celle petite âme une charilé particulière, el quelque estime et >alibfactioii de ses actions el de sa disposition jioiir la relever de la [)usillamilé (|ui la travaille. 11 faut soulager la faiblesse des petites âmes par ces voies et ne [las les accabler {)ar notre pro|)re l'orce. Il faut entrer en quehjue usage de l'amourpropre pour en bannir l'amour-propre; mais vous devez être sans amour-jiropre en cet usage. Et vous l'employez p-ar une conduite plus haute et plus elBcace (Je l'amour divin; et vous imitez ceux (jui font les cures plus excelIcD'es de la nature, qui emploient induslrieusement un [leu de poison, ennemi de la nature, pour relever la nature en ses jilus grands besoins.
Vlll. Je prie Dieu qui a fait la nature et la grâce, nous donner son esprit pour conduire h lui el la grâce et la nature de ceux qu'il lui a plus nous commettre et pour dom()ler la naluie par la grâce, el pour nous donner part à la grâce et à la nature (]ue nous admirons et adorons en son Fils unique Jésus-Christ Noire-Seigneur, où tout est divin et adorable, tout est vivifiant el ineffable, tout est salutaire et admirable, et où même la mort est la vie, la croix est la gloire. Je supplie relie qui était au pied de celte croix, si hun)l)lemeiit, si douloureusement el si constamment , nous (Jonner quelque part à l'esprit, à la grâce , à la vie qu'elle a titrée de la croix et de la mort de i>on Fils unique Jésus-(2hrist Noire-Seigneur. Je suis et au Fils el en la Mère,
Vulri' très-humble et affectionné à vous servir selon Oieu,
FiF.RRi: DK 1)KRILLE,
Prêtre de l'Oratoire de Jésus.
De Paris, ce 10 septembre 10:20.
A L5E PRIEURE DES RELIGIEUSES CARMELITLS
// lui mande quelle doit être la liaison des sœurs avec elle. L'obligation des reli' gieuset est de prier Dieu, et celle des nr#-
iôSO
très de travailler pour Dieu. Jésus et Marie doivent être l'objet continuel de la vie, en temps et en éternité.
La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Je loue Dieu de la sortie de celle que vous me mandez, j'y reconnais le doigt de Dieu et la providence de sa sainte Mère sur son ordre, auquel elle n'était pas propre. Je vous prie de travailler à lier en humilité et charité les âmes à Jésus, à la sainte Vierge et à vous, mais non en sensibilité d'esprit, ni en entretiens superflus et inutiles, qui sont choses dommageables à la perfection religieuse, et c'est un des points que les [lersonnes qui ont un naturel doux, doivent éviter et examiner en leur conduite, et y doivent prendre et observer l'avis d'autrui plus que le leur. Je vous [irift aussi de faire mes recommandations aux prières de la communauté, les besoins en sont grands. Dieu les connaît et cela suffît, et je ne veux pas vous divertir par ces discours. V'otre devoir est de prier et le nôtre de travailler, et je dois vous conserver en la simplicité que Dieu demande de vo'.re condition, qui vous oblige à peu de connaissance, mais à beaucoup Je charité. C'est le bonheur de votre vie qui ne doit avoir que Dieu pour objet, non-seulement de votre intention, mais encore même de votre occupation. Ne négligez pas ce |)rivilége de votre état, qui vous lie à Dieu si paiticulièrement, et vous occupe de lui si saintement. Jésus et sa très-sainte Mère sont les objets f»rincipaux de votre éternité; ils le doivent être aussi de cette vie présente, et vous serez bien coupables si vous manquez à des objets si grands, si divins et si dignes de roccu|)ation du ciel et de la terre. Séparez-vous soigneusement de toutes superlluités de pensées, de paroles et d'actions, pour ne pas manquer h l'entretien du Fils de Dieu et de sa tres-sainte Mère. Je dis ces choses et à votre âme et 5 toutes les sœurs, puisque Dieu ne me donne i)as liberté de Jes voir et de leur en parler moi-même, et je serai bien aise qu'elles aient part à ce que je vous en dis. Je vous |)rie faire mes recommandations à la bonne Mère sous-prieure, c'est une âme que j'honore bien fort en son humilité et simplicité; je serai bien aise qu'elle m'écrive avec liberté ce que Dieu la disposera de me mander, car encore que je ne réponde [las toujours, je suis bien aise de voir devant Dieu les dispositions des âmes |iour y satisfaire en cas de besoin et de nécessité; et dites-lui que je ne désire pas qu'elle m'oublie en ses prières. Je supplie Noire-Seigneur Jésus et sa très-sainlG Mère de vous bénir et vous rendre digne de les servir en la perfection qu'ils désirent de vous. Je suis en eux.
LETTRE XXIL
A UNE PRIEUBE DES RELIGIEUSES CARMÉLITES
L'odeur de la grâce est si délicate quelle peut être intéressée de peu de chose, et il
se faut garder des moindres défauts. Jl faut suivre la voix de Dieu parlant par l'obéissance, par-dessus les plus grandes raisons.
La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. J'ai reçu votre lettre, et considéré ce qui a été mandé. Je ne juge pas qu'on doive changer les premières résolutions qui ont été prises sur des considérations très-grandes qui obligent à les continuer. Ce qui a été écrit n'était jias pour donner peine à, personne, mais par devoir, et pour régler les choses comme il convient à l'édification h laquelle nous sommes tous redevables. C'est un de nos principaux devoirs en la terre que de répandre l'odeur de Jésus-Christ Notre-Seigneur. Cette odeur est pure, est sainte, est délicate, et peut-être intéressée pour peu de chose : et bien que ces choses soient petites, légères et quelquefois innocentes, l'intérêt n'en est pas petit, et nous sommes obligés d'y veiller et d'y pourvoir de bonne heure, selon l'avis ou Saint-Esprit, qui nous enseigne en l'Ecriture : Qui méprise les choses petites, tombera aux plus grandes. [Eccli. xix, 1.) Quant à l'autre point qui a été mandé, nous l'avons aussi considéré, et ne puis, selon Dieu, donner autre avis, sinon qu'il faut suivre la voix de Dieu parlant par l'obéissance pardessus de [)lus grandes raisons; et que la vertu parfaite ne soufï're pas qu'on écoute la voix de la nature aveugle et intéressée de l'amour-propre, au lieu de celle de Dieu. Il demande de nous un délaissement de choses plus grandes et importantes, que les sentiments et affections qui nous lient à la créature, et nous rendent moins projires à nous lier à Dieu. Je supplie Jésus Notre-Seigneur et sa très-sainte Mère de vous bénir toutes en ce saint temps de grâces et de faveurs : temps de la naissance de Jésus, et de la ma lernité de ia très-sainte Vierge.
LETTRE XXIIL
A UNE PRIEURE DES RELIGIEUSES C4RMÉL1TES
Il lui donne quelque conduite sur ses dispositions intérieures, et la charge de faire beaucoup prier pour les besoins publics. La grâce de Jésus-Christ Notre-SeigneuF soit avec vous pour jamais. Je loue Dieu de ses effets pour le rejtos et assistance de cette âme inconnue et traversée. Je supplie sa divine bonté me rendre digne de le servir en elle et suppléer à mes défauts, et particulièrement à l'inapplication et insuffisance que j'ai à ses œuvres et h ses âmes. C'est un de mes besoins, que je vous prie recommander à Jésus-Christ Notre-Seigneur et à sa très-sainte Mère : je leur donne ma volonté pour être et faire tout ce qui est de leurs conseils et intentions divines sur nous. Ne donnez aucun lieu aux inquiétudes qui vous surviennent après les opérations extraordinaires qu'il plaît à Dieu accomplir en vous. C'est une humiliation qu'il faut porter après ces saintes opérations ; mais il n'y faut pas entrer n'y s'en occuper, ains demeurer humblement et persévéramment en la con-
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LETTRES. — I.- ACX BELICIEISES CARMELITES.
diiile el opération du mfimo csf)rit qui n daigné opérer son univre, soit en vims, soit ivirvoijs. Les flllairesde In lerre empirent, et je crnins (|U(» h; remède? n'y soit (in'nn ciel, où il faut lever les veux pour nllirr.'r l'nssis- Ittoco divine sur cet état el sur la (•lir(':lienté. Je n'y puis rien, (juo de l'aire prier Dieu pour ees sujcis (pie je vous représente à ci.'tlc inlentton. Jésus et sa sainte Mèro soient avec vous pour jamais.
LETTUK WIV.
A UNE RKLIUIEISE CARMKI.ITE.
De la retraite de Jf'sus au dc'sert et de l'indissolul/ilité de son âme sainte au reyard de la divine essence.
La grûte de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Le saint temps auquel nous sommes me fait désirer (|ue vous honoriez l'exil de Jésus an désert, et l'avilissomenl intérieur (jue son Ame divine a voulu poiter par cet espèce de hannissenient,(iue le Sainl-Kspril en l'Kvangile nous représente par ces paroles (deines d'énergie : Et[Jesus] erat cum bestiis. {Marc, i, 13. j Adorez Jésus en ces étals. Kélérez ce que vous ressentez en hommaye de cet exil et avilissement divin et adorable de Jésus en la vue des anges et de son Tère éternel. Je le {)rie d'appliquer sur voire âme el votre état, la grâce et la puissance de ses états intérieurs et extérieurs, pour l'accomplissenient de tous ses desseins et de ceux de sa sainte Mère sur vous. Admirez la dépendance que l'âme du Fils de Dieu a eue de son Père éternel dans les voies qu'il ordonnait sur lui, et vous unissez à elle. Adorez etadujirez l'indissolubililé qu'elle avait au regard de la divine essence, et ce non-seulement par subsislence , mais encore par jouissance, par assistance spéciale et par éminencc de grâce. (Quatre liens admirables de cette divine et singulière indissolubilité propre à l'dme de Jésus! Et demandez à cette âme déi/iée, [)ar grâce et miséricorde, une participation de cette indissolubilité pour ne jamais vous départir deDieu et de ses voies. Lt si vous avez dévotion de rechercher en Dieu même cette grâce, qui vous fait besoin dans les sujets que vous m'avez mandés; adorez lunité de la très-sainle Trinité, et lui demandez union insépaiable par etiicace de cette unité 5U[irème. Jésus et sa très-sainte Mère soientavec vous i>our jamais.