‹ Œuvres complètesChapitre 354 sur 540 · LETTRE CVI · texte numérisé non relu

LETTRE CVI

A LA MÊME

La grâce de Jésus-Christ Noire-Seigneur soit avec vous pour jamais. Dejtuis la mort de la Mère Thomasine, Dieu a donné tant de pouvoir au malin esjiritde traverser jusqu'à présent cette œuvre, que je ne dois vous donner assurance de noire [tartement que je ne voie tout accompli, si je considère l'état des esprits d'oiî il dépend. Mais si je conciidère les raisons divines qui sont reçues à mon avis au conseil de la Trinité sainte, où tout se conclut en premier et dernier ressort, el puis il s'exécute en terre, en son temps et avec ses difficultés; il me

semble (jue je ne puis douter; olque plus tôt cet esprit contraire sera défait, nue l'alfaire ne se fasse comme il faut, et bienlôl. Le Saint-Esprit qui est descendu sur les Apôtres en celle sainte fôte, nous y veuille assister, par 1(! moyen 'les bonnes prières que j(î (rois (pie vous avez soin de faire faire continuelleiiienl. Je vous su[»plie ne les point ((riieltre, et faire de voire part, ctforl a la très sainte Vierge, à ce (pi'il lui plaise bénir ce sien (l'uvre vie sa saii.le assistance, d'autant plus que lennemi de sa gloire s'eflorce avec tant de puissance de lélouffer s'il pouvait; le(juel, saint Michel, ange de la France, et qui est é( hu en partage à notre affaire ce mois, liera quand il sera temi»s. «^

LETTia: CVIL

A LA MÊME

La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Je prie Dieu qu'il nous rassemble et réunisse (tour son service, et pour l'accomplissement de cet œuvre que vous attendez avec langueur. Je ne sais [)as quel esl le conseil de Dieu sur cet œuvre, ne méritant pas de le savoir ; mais la vérité esl, que les traverses ont été étranges, et que Dieu a donné puissance à l'ennemi de Tœuvre de l'infecter en sa source. Jusqu'à présent Dieu s'est [)lu à nous exercer, el préserver l'œuvre de ce qui lui sérail dommageable, plus qu'à l'assister de l'effu^ace de sa sainte grâce [lour le ( onclure et terminer. Kl si nous devons attendre l'issue selon la mesure de la tentaiion et de l'épreuve, nous avons sujet à mon avis d'être contents. Ils sont assez résolus à donner, et plus (^ue nous n'en demandons; mais ils ne me semblent pas avoir resjtritde Dieu pour nous bien faire. Je crois que nous devons désirer el prétendre tout le mieux qui se peut, et y employer jusqu'au dernier moyen de l'industrie qu'il plaira à Dieu nous donner : et cela lait, s'il ne j'Iaîl à Dieu y répandre sa bénédiction, voir ce qui peut suffire, encore (]ue ce ne soil le mieux; et après l'impossibililé du premier, se conlentcr de celui-ci ; et si cela ne se pouvait, [ilulôl n'avoir rien, que ce iiui ne serait pas propre. Nous disf)uions sur le premier chef, el ne puis à mon avis selon Dieu l'abandonner, que par l'impossibilité même, el aj res avoir employé loui ce qui esl de nos petites forces, ne sachant s'il plaira à Dieu de bénir l'œuvre par le moyen qu'on penserait le moins; el (lOiir ceje désire n'en omelire pas un. Cet article est imporiant, el j'y ai eu bien des peines en l'es) rit plus grandes, que les traverses de dehors, el bien des craintes qu'il n'y eût de la tentation pour relarder l'œuvre : mais il m'a semblé que je devais passer outre, et qu'il me devait suflire que, le craigniint el me disposant à voir la teiilaiion, je ne l'aperçois pas, mais l'obligation d'êlre fidèle à Dieu, an prix de ce fong temps, qui est une des plus dures croix que je [)uisse souffrir en l'affaire. El il me semble qu'il doit être dur d'employer

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ŒLVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BEUULLE.

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à cet œuvre des Ames qui n'y aient point de disf)osition éminenle, ni de vocation intérieure ; et que Dieu ayant employé en toutes les IbniJations de ce pays des âmes ciioisies et singulières, il se faille contenter d'âmes communes pour celle fondation, qui est la })lus importante de tontes. Et si Dieu me fait paraître du contraire, au moins par l'impossil)ililé de l'œuvre; il me semble que sa bon'.é et miséricorde envers l'œuvre jusqu'à i)résent, et les dispositions de son Saint-Es|)rit en la France, et les traverses que nous recevons ici, nous obligent à croire et attendre de sa main, ce qui nous est le plus convenable, sans nous conlenter du moindre. Confortez-nous de vos avis et de vos prières, car je ne puis ici prendre conseil de personne, et il me semlile que je suis obligé à me croire plus que pas un, comme étant [dus chargé de l'atfaire par la commission de Sa Sainteté même, et par la délégation de ceux qui m'ont envoyé; et il me semble qu'on ce pays, il y a [)eu de gens de conseil et d'infériorité. J'en ai plus trouvé en une bonne âme inconnue et méprisée, et à mon avis, de mérite devant Dieu, qi\\ est en cet ordre, et a pratiqué la sainte Mère, qu'en tout le reste de celte pro\ince, qui fait beaucoup plus de profession de l'extérieur que de l'intérieur. Je parle du commun des réguliers, non de cet ordre de la Mère de Dieu, qui marche d'un autre [)ie(i pour le regard des filles. 11 me semble que voyant les souffrances de nous tous. Dieu sera obligé par sa miséricorde, à abréger le temps, et à conclure l'œuvre comme nous désirons

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