A UN SUPÉRIEUR DE I.'ORATOIRE
// lui mande comme il faut (jagner les cœurs de ceux de dehors, pour les rendre utiles à l'œuvre de Dieu. Il Cexhorte au renouvellement, dans les dispositions que la vocation à la prêtrise requiert.
Mon Père, la grâce de Jésus-Christ Notre- Seigneur soit avec vous pour jamais. Je vous prie d'essayer de ramener les principaux esprits aliénés, en les visitant, honorant et leur déférant en quelque chose, et de faire quelques prières à Jésus-Christ Notre-Seigneur et à sa très-sainte Mère pour cela. Car nous devons avoir soin d'é-
difier, par exemple et non pas dompter les cs|)rits par puissance. Je vous prie a-ussi, qu'en ce saint temps, et vous et toute la maison, fassiez un renouvellement d'esprit devant Jésus-Christ Notre-Seigneur et sa très-sainte Mère, en l'honneur de la vie nouvelle du Fils de Dieu au monde par l'Incarnation, et de la qualité nouvelle de la "\ierge par la maternité divine que lui donne te mystère. Ces deux points nouveaux dans le ciel et dans la terre, nouveaux dans le temps et dans l'éternité, nouveaux en Dieu même et dans l'ordre de sa grâce, nous obligent à un renouvellement d'esprit pour adorer, pour accompagner, j^our imiter le nouvel être de Jésus au monde et en sa très-sainte Mère. Ce renouvellement d'esjirit se doit étendre et appliquer à l'état et aux désiis de la vie parfaite, de l'appartenance et dépendance spéciale de Jésus et de sa très-sainte Mère, et de l'accomplissement exact de l'esprit de la grâce et des fonctions de la prêtrise, qui est une sorte de perfection distincte et nécessaire à notre profession. Prenez, s'il vous plaît, le soin de considérer et faire considérer à nos Pères ces trois points de renouvellement intérieur et spirituel, que nous devons faire de temps en temps, et spécialement en ce saint temps de grâce et de bénédiction nouvelle, qui donne et manifeste le Fils de Dieu et la mère de Dieu au monde. Je suis en eux.
LETTRE CXXXIIL
A UN SUPÉRIEUR DE l'oRATOIRE,
// lui mande Vacceptation de la maison de Tours, et quil l'a dédiée à la vie languissante et souffrante de Jésus en croix. Il s'étend sur ce mystère. Sa profonde humilité à se reconnaître inutile aux œuvres de Dieu.
Mon Père, la grâce de Jésus-Christ Notre- Seigneur soit avec vous })ourjimais. J'ai fait [dus de séjour à Tours que je ne pensais, et je n'y ai rien fait pour les Carmélites, avant remis le tout au retour. A notre arrivée inopinément la ville s'est disposée à nous désirer. Deux jours auparavant il n'y avait aucune disposition présente pour cela, mais au contraire sujet notable de retardement, et peut-être d'empêchement. Ce changement inopiné m'a obligé de recueillir leur bonne volonté ; et ils ont fait du jour d'hier une assemblée de ville, des [dus grandes et notables qui aient été tenues d"ès longtemps, en la(|uclle, par l'unanime consentement de tous les corjis qui y ont assisté, et même de toutes les [)ersonnes particulières, nous avons été rcicus. 11 m'a semblé que je devais dédier la maison à la vie languissante du Fils de Dieu en la croix. Je l'ai ainsi fait, et le supjilie de disjioser les choses en sorte que celte maison honore cette partie de la vie sur la terre. Je trouve beaucoup j)lus de disposition en ce peuple à i)roûler de nos petits labeurs que non pas en la ville de N. Cette affaire inopinée m'a obligé à séjourner trois ou quatr'3 jours en cette
non
LETTUKS. - 11. - MX l'IlKTRKS DK L ORATOIRE.
tille, plus <iuo je r»t' projeUiis. N(»iis cm averliiez tous nos l'iTos, >'il V()ii.s-|ilnll, «it je les fie iriioiioicr .ivoc nous ce niysl(>re, au(juel nous avons olFeil el <ié(lié celle; maison, cl «le prier Notic-Sei^çnour el sa Irèssainle .Mute, (pi'ils daignent av.tncor le tcni(»s «le n(»s l.ihciirs en celle viilo-l.'i, en Ihonneur el hoinni.i^e de (die vie lnn;,'uissanlo cl sontlranle de Jé>us en l.i croix. Olil quelle vie! oli! iiuelles langueurs, olilquelles soutrrances ! iMi ! ipnds elleis ordonnés pour celle vie el [Wir iclle vie-là ! Si nous pouvions faire un monde en l'Iionnejr d'un .si irrand el .^i divitj sujcl, nous le devrion.s iaire; el je me liens heureux (Ju moyen et de la pensée i|ue Dieu nous dorwie, de lui dédier el olFrir une maison en I honneur spécial de chose tant m«^moral)le el tant honorable. Je vous écris la jirésente de Sauinur, ne l'ayant pu l'aire de Tours, à cause de celle alFaire (jui nous a un peu occupé. Je vous supplie do continuer votre soin el cliarilé envers la maison, et de rendre (juelque honneur spécial à Jésus cl à Marie, houveiiez-vous, s'il vous iilait. d(! cos paroles de saint Paul : Qui prœest sollicitudine [Rom. xii, 8), el servez à Noire- Seigneur el à sa très-sainte Mère par celle voie-li>. Je ne suis [las digne de les servir par aucune voie, ni intérieure, ni eitérieure •" au moins demandez-leur pour moi que je les serve en l'humble reconnaissance de mon inutilité. Je désire être recommandé, s'il vous plaît, à tous nos Pères el frères en Noire-Seigneur et en sa trèssainie Mèie.