‹ Œuvres complètesChapitre 375 sur 540 · LETTRE CXLIV · texte numérisé non relu

LETTRE CXLIV

A UN PRÊTRE DE l'oRATOIRE.

Ce prêtre était tenté de quitter la condui/e d'une œuvre très-imporlunte, et où il était grandement utile.

L'affaire de R. est de telle importance, que si vous n'étiez dans le pays, je me croirais obligé d'y être. Je vous |)rie de considérer que cette vigne nous a été commise })ar vos labeurs et votre industrie , et que Dieu veut achever ce qui reste, par la même voie , et il semble qu'il vous fera reproche , si vous man(juez à une œuvra qu'il a rendue si particulièrement vôtre. 11 vous a donné grâce, et grâce notable pour cela, et il ne la retirera })as, si vous-mêi>;e ne vous en séparez le premier ; et vous ne le devez pas, mais au contraire vous dis[ioser à éviter les ein[)êchements, et à rechercher la première grâce que Dieu vous adonnée pour ce [tayslà : Prima cpcra fac, vous dit l'ange de VApocalypse (ii, 5). Je sais quelque chose de vos peines, et je voudrais être ra[)prqché de vous pour vous y satisfaire. Croyez je vous.

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prie , rjuo j<? suis toi on votre flrno . quo jrti jrtni«is été ; que ricii lit- iihî |)<'hI Iniro v.-n ier «Ml \a (ODnniss.'mre de ce i|ije je vous dois »»i loulo la cotif^ié;^atioM, que je désire vous servir et coriiotileren tous lieux el oti toutes orcfliions; et (|uo les tiunj,'cs où vous Aies ne vous doivent pas servir de conddiie, Minis d'exerciie, pour retulrc lidèleinent h I)i(!U ce qu'il désire de vous. Je rne promets (pi'un |ieu do (Onféietuo eii.sendile vous tera voir rhir dans vos peines, (jqendajil je vous sup[ilie trèN-lmniItleinenl de prendre la conduite de cet leuvre, jusqu'à ce que nous avons déilhéré par criseniMo, des personnes iju'il y faut établir et enq)loyer : <ar jus(prà ce temps là, je no vous en liens iiullement décliarj-'é devant Dieu, qui amis l'u'uvre entre vos mains, el saura bien vous le redemander.

LETTIIK CXLIV bis.

1 l;>i PnftTRE DE L'on\TOIRE QUI DEMEURAIT Â HOME,

Seigneur soit avec vous pour jamais. Je n'oublie pas votre élat et vos peines, el je ne suis pas sans soin el sans sentiment pour y pourvoir. J'en ai écrit au roi et à M. le cardinal de Uichelieu, et ils -n'y ont promis toute sorte d'assistance, lï y a partout disposition tout entière pour cet elfet; mais nous sommes tous séparés, le roi, le garde des sceaux, les secrétaires d'Etal, et moi que le roi a laissé seul près de la reine mère avec deux secrétaires d'Etal. Outre que r^ffaire d'Italie lient tout le monde allenlil" ot occupé, il faut un peu de temps el de patience, de laquelle Dieu sera servi, et le monde édifié. Parlant avec Sa Sainteté, je TO<js prie lui odrir tout ce que je lui dois et à saint Pierre en lui, avec toute la sincérité et soumission qui vous sera possible; lui demander pour moi sa bénédiction d «ux œuvres où nous travaillons; l'assurer de notre volonté perpétuelle à servir el l'Eglise et le Sainl-Siége. Jedésire accomplir et en perfection tous les devoirs de la condition en laquelle il a plu à Dieu me mettre, n'y chercher el n'y trouver que Dieu seul el non moi-môme. Car je la considère comme un étal de [)erfection et de service en l'Eglise de Dieu cl non autrement, el je ne suis attaché, ni à dessein, ni à œuvre, ni à aucun lieu. Et si SaSainletéine jugeait aussi utile à Home qu'en Franco, jaimerais mieux Rome que France ; bien que je n'aie que trop de crédit en France, quoi qu'on vous ait mandé. Je me juge inutile partout, mais je suis désireux de servir Dieu [lartout où il .'ui plaira m'appeler. Demandez à Dieu pour moi celle grâce, el dites, s'il vous |)lait, pour Fuoi, trois messes, l'une à Saint-Pierre au Vatican, l'autre à Saint-Pierre in Montorio, et l'autre à Sainte-Marie iMajor, el une quatrième 3 Saint-Salvador, atin que Jésus, la A'ierge, saint Pierre et saint Paul, me tirent

OElVRES COMPL. DR V7. BÉhLLLE.

nu lieu ot aux fonctions qui leur sont agréables. Ju suis un eux.

Votre très- affectionné et obliijé

srrrileitr, l'ii niiK, r;4nni>ALDF. H^:bulie.

De P.iris, (.- 1) m/us t02«).

EKTTitr: rxi.v.

kV R. P. DE SA><:Y, r.\ \Nr,LETEHBE.

// lui recnmmotide une lettre très-ample, qu'il écrit à la reine. — // l'avertit comme il %r. doitcomporler vers 1rs 'lutres ecclésinsti(jues de la reine. — // est d'avis que la reine honore un saint de chaque tnois, d honneur sjii'rtril. — Il l'encourage à la croix cl à la patience.

Mon révérend Père, la grAcede Jésus-Chri«;t Notre-Seigneursoitavec vouspour jamais. J*vous envoie une grande lettre que j'écris à la reine, pour la consoler en ses atlliction^. l»our l'éloigner de f»lus en plus de l'hérésie, pour l'attirer à Jésus-Christ (jui est le sujet principal de sa lettre, en son mystère de sa naissance, et adoration dos trois rois. Je serai bien aise que vous la voyiez, et quf» môme vous la retiriez doucement pour la lui garder, si ce n'est qu'elle voulût elleniôme la garder avec l'instruction que la reine mère lui donna en parlant. Car les personnes qui gardent ses papiers ne sont, guère pour l'ordinaire bons à cela. Si quel- (lues-uns des principaux en veulent avoir la lecture, avec prudence et secret vous la leur pouvez communiquer, si la reine le trouve bon. Si M. Tobie Matthieu est à Londres, et qu'il vous voie quelquefois, vous lui en pouvez donner la lecture, mais non à autre. C'est un homme d'esprit et de vertu, et fort intelligent aux affaires de son pays, el avec lequel vous [lourrez traiterutilement. Il m'atfectionne et estime ma manière d'écrire, et même il avait eu la pensée de traduire en anglais le livre des Grandeur* de Jésus, et si Dieu lui en continue la pensée, j'en serai bien aise pour l'honneur du même Jésus. Je vous recommande beaucoup do faire tout ce qui vous sera possible pour vous accommoder avec ces messieurs les ecclésiastiques de la reine. Il leurfaut déférer tout, obéir à tout ce qui est command'é, et ne pas donner prétextée la division qu'on voudrait introduire. Notre partage est la croix et le labeur. Laissons aux autres à chercher autres choses. Je vous prie m'avertir de tout, comme vous faites; supporter tout, obéir et édifier. Il est bon aussi, d'exhorter la famille de la reine à la piété elà la communion tous les dimanches de ce Carême. C'est u-n temps de dévotion particulière, autorisée en la primitive Eglise. Il est à pro()Os que vous proposiez à la reine, tous les mois un saint, qu'elle honore et invoque ce mois-là, ne pouvant pas les ho.norer tous d'un soin el honneur particulier. L'Eglise les nous [iropose tous en leur jour, et notre défaut noas restreint à un. Mais il me semble plus à propos que vous Jo |>roposiez, ou par votre choix, ou ouelqutfois

par le choix de la reine, lui en proposant quelques-uns, et que Sa Majesté lise leur vie en ce mois; c'est une occupation sainte et utile. Il vaut mieux que vous lui donniez en cette façon, que par sort, afin qu'on n'ait prétexte de blâmer cette manière.

Souvenez-vous qu'il faut prier et pâtir, et en la croix du Fils de Dieu, faire les œuvres duFilsde Dieu, et opérer en l'humilité de son Esprit. J'ai tardé à vous envoyer la lettre de la reine, jusqu'à trouver une commodité expresse et assurée ; je vous prie m'avertir quand vous Taurpz reçue, et si la reine l'aura lue volontiers ; elle est un peu longue, mais elle la peut lire à plusieurs fois, et, à mon avis, il est bon qu'elle la lise en particulier, c'est-à-dire avec peu de dames; je crois que deux suffiront.

Conservez le frère D, tant qu'il vous sera possible. Il faut pâtir, et conserver ceux qu'on a ; on n'en peut pas changer aisément, et ne faut pas les renvoyer aussitôt qu'ils sont pénibles. LeFilsdeDieuasupporté longtemps en sa famille ceux qui étaient bien opposés à son esprit, et il nous faut honorer sa patience, son humilité, sa prudence. L'œuvreque vous avez entre les mains est un œuvre de croix, il la faut supporter telle que Dieu la donne, et ne point tant chercher le moyen de nous en décharger, que d'en profiter. Donnez du temps à Dieu en l'oraison, aux esprits en la conférence et communication, à vous-même en la retraite, et considération sur vous-même et vos actions, afin que le vide de la nature soit rempli de la grâce, et que l'esprit de Jésus soit notre esprit et notre plénitude. Je vous prie défaire en commun quelques petites prières à Jésus-Christ Notre-Seigneur et à sa trèssainte Mère, pour la reine, pour l'Angleterre et pour le besoin de la congrégation en ce pays-là. Nous le faisons ici. Je su|)plie Notre- Seigneur Jésus et sa très-sainte Mère, vous bénir tous.

De Paris, ce 10 février 1626.

LETTRE CXLV bis.

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