AU MÊME
Jl lui donne avis de son parlement d'Angleterre. — Il lui laisse la charge de la conscience de la reine, et Vavertit comme il s'y doit conduire.
Mon révérendPere, la grâcede Jésus-Christ TNotre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Dans un jour ou deux, on vous enverra un homme exftrès de la part de la reine, pour vous faire aller à Nomchent ; et dans sept ou huit jours vous vous rendrez ici pour confesser la reine à la fête de la Nativité de Notre- Dame ; car je pars inopinément, envoyé par la reine en France, avec promesse de revenir dans un mois. Je désirais vous voir, et aller à Saint- Jayme;mais l'affaire presse, et noussommessurun port d'où nous serons en Normandie avant que nous fussions à mi-chemin de Londres. Nos Pères croient que je m'en vais fit les laisse, mais c'est un sujet non prévu
qui a obligé ces messieurs à désirer que je fisse un tour par delà. La reine me presse si fort de revenir, que je ne puis'estimerautre chose que mon retour, encore que ce ne soit pas sans grande peine. Vous direz de ceci à nos Pères ce que vous penserez à propos. Leur peine m'a beaucoup fait balancer ce voyage ; mais il fallait que Mgr l'évêque de Mende le fit oumoi. Il y a pensé quelque temps;des raisonsfories à mon avis,ronlretenu,et le sort est loiidjé sur moi- M. de Mende vous donnera quelque avis, avant que vous ))arliez à la reine. Il faut lui parler peu, lui parler avec douceur et respect, et ne la pas charger ni presser. Son âge et sa condition ne le permettent pas. Je crois même qu'en ce commencement, vous pouvez être moins assidu à la cour, et vaquer d'autant plus à nos Pères.
LETTRE GXLVL