‹ Œuvres complètesChapitre 39 sur 540 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

tf l K I.i: TnOlHLK UE I.A VIERGE VIENT DE LA l*AltOI.E, ET NON l»E I.A PUÉSENCE DE I-'aN(;E.

La pureté dr ' la \icrqr ne pouvait être trouhlr'c de la vue de iantje, et pourquoi. La Vierge était aeeoutumée de traiter avec les atifjes. La Vierije co7iver>ait connue ange avec les atujes, les voi/ant en leurs propres personnes, et non seulement en leurs formes empruntées. La Vierge est inaceessitflc ou péché, à la tentation et à l'illusion. Les grâces, les pri-cHéges et l'état virginal de Marie, sont cachés à l'esprit tnalin. Explication de ces paroles : Turbata est in serinone ejus.

Qu'y a-t-il qui vous trouble, ô Vierge sacrée, en un sujet tout pacifique, tout céleste et tout divin ? A mon avis, ce n'est pas la pré.sence et l'apparition de cet ange en une forme humaine; car votre pureté est solide, innocente et tranquille ; elle est céleste, angélique et divine; elle n'est [)as faible, défiante, ombrageuse ; et la garde (i'icelle est î;ans timidité, sans trouble et sans inquiétude en votre esprit. Si la seule présence et la simple vue de cet ange eût été le sujet de votre peine, i-1 n'eût entré en pro[)OS qu'après vous avoir éclairée, comme nous voyons qu'il arrête môme ses propos sans passer plus outre, parce que son propos vous étonne. Vous êtes tout angélique d'esprit, de grâce, de condition; vous êtes accoutumée de traiter avec les anges, et beaucoup plus à voir i:elui-ci qui est votre ange tulélaire. Même vous conversez comme ange avec les anges, et votre esprit voit ces esprits célestes en leurs [)ropres personnes, et sait bien les reconnaître sous quelque forme qu'ils apparaissent.

Votre vue est si claire et si subtile, qu'elle n'a rien à craindre de cette part, et votre manière de grâce est si pure et si délicieuse, est si suave et si sainte, est si délicate et particulière à vous, que l'odeur des malins esprits n'en peut approcher , comme on dit que les serpents ne peuvent souffrir l'odeur de la Heur de vigne. II3 n'ont jamais eu de |)art en vous, aussi n'y ont-ils jamais rien attenté, et vous n'avez porté ni tentation ni illusion quelconque, comme il sera dit ailleurs. Vous êtes un paradis, où le serpent n'a point d'entrée; et l'ange de votre girde est plus flamboyant

que celui qui gnrdnit le [jaradts terrestre ; il cinpêclie ces malins d'aftittocher de vous. \'ons êtes un jardin.clos et une fontaine bicfi scfdiée. Vous êtes un trésor caché dans le secret de In sapience divine, oui vous cache en clle-inêiiie, (Oinme vous devez un jour le cacher dans vous, c'est-à-dire dans viiire sein virginal. Les malins esprits n'ont aucun accès h vous, ni coimaissanco d'un tiésor caché do cette sorte. Vos grâces leur sont invisibles, vos privilèges leur sont inconnus, votre état même virginal kur est caché dans le mariage, ce dit saint Ignace : i't partus ejus celaretur diabolo.

Que rien de bas et terrestre ne nous occupe en un sujet si |tur, si haut et si divin. Que rien, A Vierge sainte, n'abaisse votre élévaiiofi. Que rien ne trouble voire repos. \'ivez, priez, [>arlez en assurance. Les poites sont bien clones, l'homme n'y a point d'accès. Voire garde est présente et vigilante; l'ange malin n'en peut approcher. Dieu est en (et ange que vous voyez ; et ce mémo Dieu est avec vous : Dominus lecum. (Luc. I. 28.) Dieu [tarie par cet ange, et Dieu l'écoulé en vous. Qu'y a t-ii donc qui vous étonne? Et toutefois vous êies en trouble, et le narré de celle histoire nous l'apprend. Mais il nous ap|)rend aiis.^i que c'est la parole de l'ange, et non la personne de l'ange, qui vous mei en peine. Car saint Luc dit : Turbata est in sernione ejus. {Ibid., 29.) Et il appert que c'est la salutation et non l'apparition , que vous examinez :

Et cogitabat gualis esset istu salulalio. [Ibid.,' 'i'd.) hévérons une si grande pensée sur un si grand sujet, en une âme si grande.

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