‹ Œuvres complètesChapitre 394 sur 540 · LETTRE CLXXI · texte numérisé non relu

LETTRE CLXXI

EXTRAIT DE DIVERSES LETTRES

I. II. Il encouraye un supérieur de l'Oratoire aux travaux de su charr/e; il lui recommande la dévotion spéciale vers Jésus et sa trrs-.>iainte Mrn; , en sa communauté. — III. Avec combien de soin nous nous devons rendre à Dieu lorsqu'il parle à nos cwurs. Il faut honorer Dieu par les voies qu'il lui plaît ordonner, et non par celles que nous désirons. De l'obliyation de se perdre pour Dieu. — )V. // écrit à un ecclésiastique que Dieu appelait à la conr/réqalion, et lui fait entendre quels en sont les devoirs principaux et essentiels.

I. Nous vous adressons ce bon eccléMastique, VOUS priant de le former dans les exercices de reiraite, d'oraison, et des vertus }iro; res h notre institut. Je n'oublie pas la |ieine que vous avez, et je sais et re-sens que vous ]'OrlezPondus diei et cestus. {Mallh. XX, 12.) Mais comme Dieu crinlinue et accroît vos labeurs, il accroît aussi la grâce et la couronne, et nous devons prendre plus de force, de courage et de longaminité à la grâce adjointe aux labeurs que Dieu nous envoie, que d'alfaiblissemenl à l'arrivée et à la vue de nos travaux. Ayez toujours présents Jésus-Christ Notre-Seigneur et sa très-sainte Mère, en leur vie laborieuse sur la terre, el tenez h bénédiction d"avoir quelques travaux à olfrir en hommage a leur vie sainte et laborieuse.

II. Ayez soin, s'il vous plaît, de continuer la dévotion générale de la maison vers Jésus- Christ Notre-Seigneur et sa très-sainie Mère, par les affections intérieures, et par l'humble et dévole récitation de leurs litanies le soir et le matin en communauté. Je vous supplie de conserver nos Pères en patience et tranquillité; et quant à vous, de prendre nouvelle force en vos travaux, et de'la prendre en Jésus et en Marie. Honorez el remémorez souvent leurs travaux sur la terre et les trataux de leurs serviteurs, desquels il est dit : Egentcs, angustiati, quibus dignut

non crut mundus, etc. [îlebr. xi, 37.) Je supplie Notre-Seigneur Jésus, en l'honneur de sa double angoisse au jardin des Oîives et en. la croix, vous donner à tous double force et persévérance a son service ; que Jésus et sa très-sainte Mère soient votre pensée ordinaire et votre ferme espérance. Recourez à eux en tous les besoins intérieurs'et extérieurs de la maison, comme à ceux à qui elle appartient, et qui peuvent et veulent y pourvoir.

III. J'approuve fes pensées que vous m'écrivez, et je loue Dieu de les vous avoir données. Tenez-vous à Dieu, et adorez la pureté de la divine Essence, la pureté du Père éternel en la production du Saint-Esprit, et la pureté de Jésus en son humanité sacrée, et révérez humblement la pureté de .a sainte Vierge émanée de celle de son Fils. Lorsque semblables dispositions intérieures à celles que vous m'écrivez en votre dernière, vous arriveront , je désire que votre esprit se sépare des choses moins utiles, et qu'il s'y applique humblement et totalement. Car il est raisonnable d'écouter Dieu quand il daigne nous parler, et de nous rendre attentifs à sa voix; et pour lors il se faut retirer des choses on la nécessité, ou bien une très-gran le et urgente charité, ne nous appliquent pas. Il faut aussi apprendre à honorer Dieu par les voies qu'il lui plaira ordonner sur nous, et non par celles que nous voudrions choisir. C'est un des hommages que nous devons à sa puissance, à sa sapience et à son («rdonnance. C'est un des usages que nous devons à ce sien enseignement : Qui pcrdiderit animam suam propter me, inveniet eam. [Matlh. x, 39.) Ohl que cette parole est grande! oh I (jue le sens en est |)rofond et caché! ohl qu'il est sûr et véritable de trouver le salut en la perte ! Cependant, comme il vous faut abandonner d'une part, il vous faut aussi de l'autre veiller et vous retirer des effets que vous portez, vous séparant de tout cela pour vous cacher en la pureté ineffable de Jésus, comme en votre refuge et retraite. Comme la colombe fait sa demeure en la pierre, faites aussi votre demeure en Jésus, en l'honneur de la résidence que son âme sacrée a en sa divinité, et (|ue lui-même a en sa très-sainte Mère, et sa très-sainte Mère en lui. Etablissez-vous en cette demeure, et hors et durant la tempête qui vous moleste. Recherchez cette demeure, et humblement par nécessité, et affectueusement par piété.

IV. J'espère après ces Pâques faire un voyage en votre ville, et vous déclarer de vive VOIX l'éiat de cette petite congrégation à la({uel!e vous désirez vous ranger. Cependant je vous dirai que le point j)remier et essentiel d'icelle, et son premier devoir, e>t de tendre et aspirer à un honneur et amour spécial à Jésus-Christ Notre-Seigneur et à sa très-sainte Mère, et d'y acheminer ceux avec lesquels nous avons à converser. Disposez-vous-y, s'il vous plaît, chaque jour, et croissez sans cesse en cette intention. Je

CARDINAL DE BERULLE. 130

supplie Jésus et Marie de vous y préparer par leurs saintes bénédictions.

Page 1