‹ Œuvres complètesChapitre 395 sur 540 · LETTRE CLXXII · texte numérisé non relu

LETTRE CLXXII

EXTRAIT DE DIVERSES LETTRES

I. Il mande à un prédicateur comme il doit se conduire pour prêcher utilement, et lui recommande de prendre un soin particulier des ecclésiastiques. — IL Avis s\ir la réception de plusieurs parentes en même monastère des religieuses Carmélites. Les prémices des maisons portent grâce particulière et labeurs particuliers. — III. Du bon usage des besoins temporels. Dieu regarde plus la disposition intérieure que l'action extérieure, et il nous faut être dans ce même soin. Recours aux bons anges. — IV. Quelques avis à un supérieur.

I, Je vous ai promis à Toulouse pour y prêcher l'Avent et Carême; je vous prie vous disposer à y rendre service à Jésus- Christ Notre-Seigneur. C'est son office que vous devez faire envers ce peuple. Il le faut accomplir par son esprit et en sa grâce, laquelle on doit rechercher avec humilité et oraison, plus que par étude; encore que je vous exhorte d'y employer le temps nécessaire pour prêcher solidement et utilement ; mais la première disposition est celle de la charité et de l'oraison, et la seconde celle de la science. Je vous prie de procéder avec douceur, modestie et respect envers messieurs du chapitre, et essayer de disposer ceux que Noire-Seigneur vous adressera, leur donnant créance en vous, à le servir avec plus de piété et perfection que le commun des ecclésiastiques. Un de nos soins particuliers doit être de servir ceux de notre même profession et ministère, et je vous prie de le faire humblement, prudemment et charitablement.

IL Nous sommes un i;eu difficiles en la réception de plusieurs parentes dans un même monastère des religieuses Carmélites, et il y faut quelque considération particulière.'Je ne vous dis pas ceci pour refus, mais seulement |)Our conduite, et afin de procéder en l'affaire plus |)ar voie de la volonté de Dieu que par aifectio-i humaine. C'est une grâce que Dieu vous fait de la vouloir retirer du monde; coopérez-y avec son esprit.

Je vous exhorte aussi à vo\is rendre digne de plus en plus de servir Dieu en ce commencement d'établissement oiî vous êtes employé. Les prémices des maisons portent grâce particulière, mais aussi demandent labeurs particuliers. Servez-y en esprit d'humilité et de tranquillité, de patience et d'oraison, et honorez les labeurs de Jésus fondant son Eglise, et la part qu'il y a donnée à sa très-sainte Mère.

III. Pins le temporel est en mauvais état, plus faut-il travailler à l'intérieur, efhonorer l'étal du Fils de Dieu en son abaissement et en ses souffrances, et recourir à sa trèssainte Mère pour obtenir, par ses pouvoirs

LKTTUKS. - 11. - AUX PRKTRKS DK LORATOIRE.

et [irivili^ucs, l'assislnricn iKÎcessnirc. Je les supplie d ôlre «vcc v<jus, cl vous (lis|)o.scr h lirer bon usagiî île ces rroix cl liuiiiilialions. Nous soiiiinos obligés h les servir, h nous sniiclilier et à édilk-r le |iio(liairi, et nous ne sommes pas oblij^cVs d'avoir du bien on la terre, mais au ciel. Je loue Dieu de la bonne santé (ju'il vous donne, et des l)onnes (cuvres dans icstjuelies vous l'eniplo\ez, et je vous supplie d'y joindre les dispositions et aireclions intérieures avec lesquelles Dieu mérile délre lionoré et servi de ses créatures. Car vous savez (ju'il estime beaucoup plus l'aircction avec laquelle on le sert, tjue la môme action parla(iuelle il est servi , et c'est un moyen do vous avancer grandement en la vie intérieure parmi les actions extérieures de vertu et de charité que vous exercez continuellement au lieu où vous êtes. Honorez les bons anges en l'atraire présente qui se traite pour votre maison, idin que tout y réussisse à la gloire de Dieu par leur entremise.

iv. Priez, pâlissez et exercez humblement la charité envers les âmes. Ollrez, s'il vous }ilaît, (iuel(}ues messes par mois en l'honneur de la très-sainte Vierge, compatissante à son Fils en croix, pour les besoins de la congrégation en général, et de votre maison en particulier. Parmi les soins qui occupent votre esprit il faut entremêler beaucoup de patience, douceur et charité, et prévenir les personnes dans leurs besoins s])irituels et temporels.

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