‹ Œuvres complètesChapitre 398 sur 540 · LETTRE CLXXV · texte numérisé non relu

LETTRE CLXXV

EXTRAIT DE DIVERSES LETTRES

I. Pour conforter une âme qui se trouvait dan." quelque dureté et sécheresse en Coraison. — il. Avis à une âme de ne se point inquiéter du souvenir des fautes passées. — 111. Recommandation des besoins de la France et de l'Ànyletirre. — IV. Le soin des supérieurs commis au gouvernement des œuvres de Dieu doit être universel et particulier, en l'honneur et imitation de la Providence divine.

I. La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous [)our jamais. J'ai reçu votre lettre, et vu par iceile comme vous continuez à désirer nous parler. Je ferai ce qui me sera possible pour cela, et en attendant je vous prie n'avoir aucune peine de ce que vous me mandez, mais d'honorer le bon Jésus en l'état de sa vie [jénible et humiliée sur la terre, en la face de Dieu son Pèie ; et de vous lier entièrement à la très-sainte Vierge, désirant que sa vie intérieure et divine honore son Fils pour vous, qui n'êtes pas digne de l'honorer par élévation et onction intérieure. Offrez à Jésus et à Marie sa très-sainte Mère vos duretés et sécheresses, offrez-leur en humiliation et tranquillité d'esprit, et peut-être que cette voie rendra plus d'hommage h Dieu, et à votre âme plus d'utilité, que si vous étiez fort con:solée et élevée.

LF.TTRES. — III. — A DIVKRÎ^FS PERS0NNK5;.

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II. Je vous prie d'ôtro en repos (Jo conscioMco sur les choses passées, les oultlier (;l ne les point remémorer, les mettre aux pieds (lu Fils (je Dieu el l'ailorer dflijs le p.irf/iit usfli^e (pi'il a fait sur la terre, en la vue el coniiaissaricc qu'il avait lors de tous nos défauts; lui demander la ^rflce de rfîievoir el bien user de ce ipj'il vous a antpiis el mérité par sa croix, et vous doruier à sa Iréssaiiite Mère, aliu qu'(dl(i vous donne h son FiU. Soyez h lui et à elle pour jamais. I.orsqu'en la sainte connumiion la mémoire de ces choses vous revient, humiliez-vous devant Jésus, humilié pour vos péchés juscpi'à la croix: el vous ouhlianl vous-mêmes et vos fautes, ne vf)us souvenez, ijue de Jésus et vuus (ioiMU'Z h lui en paix.

III. Je reiu'vrai volontiers cet lionnôte jeune honmio venant de votre part et sans le faire attendre. Je loue Dieu do ce qu'à mon retour, un <les premiers fruits que nous recevons, c'est de la main de la très-sainte V^erge et |tar voire moyen. Les atfaires qui nous tirent dehors continuent à nous occuper, en sorte que je puis dire n'<ître pas encore arrivé pour moi, ni pour mes désirs et mes devoirs particuliers, et (}u'à peine je

ptiis trouver le temps de vous écrire ce.s «hmx mots et encore par la main d'autnii. Je V'ius prie de recommander à Dieu et à sa très-sainte Mère leurs conseils et volontés .sur moi, et les besoins présents de la France et de r.Xn^li'terre, qui ne sont pas petits et qui rerpiièrent une misérn:orile et hénédio tK)n très-grande, di>,'rie de celle ijui est Mère de Dieu, el (pii daigne ôlre Mère de nos Ames.

IV. Kn ce soin nous devons adorer et imiter la proviilence do Dieu, laquelle est générale et particulière, et comme telle s'applique à un chacun de nonset ci<;hacune de nos actirms, comme s'il n'y avait que Dieu el nous au monde, et s'étend à la généralilô des chos(;s avec autant d'éminence et de perfection, comme si elle n'avait aucune application aux choses particulières. Nous unissant h celte Providence, à laquelle nous servons en servant à vos âmes, nous devons nous conformer à icelle,el entrer en un soin de voire salut et perfection qui soil universel et (larticulier tout ensemble. Cette disposition ne nous permettant d'omettre aucum; partie de vos fondions, je me suis trouvé obligé de vous mander, etc.

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