LETTRE CLXXXI
A LA SÉRÉMSSIME REINE d'aNGLETERRE.
// la console en son affliction, et lui fait espérer qu'après les épines, elle recueillera les fleurs et les fruits.
Madame, Si j'avais autant de pouvoir que de passion it de devoir à vous servir. Notre Majesté aurait [)lus de repos et de contentement que vous n'en avez; car il ne se passe point de jour queje n'aie la métnoiie distincte et f)aiticulière de Votre Majesté et des travaux qu'elle |)orte; et plut àDieuquecette mémoire particulière ne fût rafraîchie si souvent, par les nouvelles fréquentes que la France reçoit de vos quartiers. J'ai accompli fidèlement ce qui m'a été commandé de votre part envers le roi et ta reine votre mère. Leurs Maj.eslés vous affectionnent passionnément, et votre considération leur a été un pui>sant aiguillon, jour penser à la paix d'Italie, afin
de rendre la France et Votre Majesté pius considérable à ceux qui la méconnaissent, pour les avoir servi dans leurs propres intérêts, et à ses pro[)res dépens. J'ai cru que celte affaire était utile à la chrétienté, et nécessaire à l'Angleterre, puisqu'elle avait si peu de considération de ses promesses et de votre mérile. Dieu a béni notre désir et petit travail, et je le supplie d'en étendre la bénédiction jusqu'à votre contentement outre mer, et jusqu'à votre personne. Je ne cesse point de prier pour Votre Majesté, que j'espère que Dieu bénira; et qu'a()rès l'hiver, il donnera un printemps; et après les épines, les fleurs et les fruits espérés.