‹ Œuvres complètesChapitre 407 sur 540 · A MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE MARQUEMONT · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE MARQUEMONT

// se réjouit de sa promotion et lui recommande l'établissement des Pères de COratoire de France, à Saint-Louis de Rome. Monseigneur,

La part que Dieu me donne dans le secret de sa conduite à vous élever à la dignité que vous avez, me donne aussi une i)art plus particulière, ce me semble, et au contente ment que vous en recevez après tant de traverses et ditlicu'tés, et h l'espérance qu'un chacun en conçoit pour le service de l'Eglise et le bien delà France. Je ne dois point employer de paroles à vous témoigner une chose digne de si petite considération en elle-même, et si connue de vous. Monseigneur; mais bien dois-je employer mes prières, à ce que celui qui vous a appelé à celte grande dignité, vous donne aussi la grâce qui l'accompagne; et la bénédiction à vos serviteurs, de recueillir les fruits qu'ils espèrent ; et que l'Eglise en reçoive l'assistance, l'ajipui et la défense qui lui est nécessaire. Jl semble que Dieu n'ait ditféré à vous conférer cette qualité, que pour vous y porter plus glorieusement; y faire reluire davantage sa providence, vous obliger plus fortement à lui, et vous donner un moyen plus puissant de servir à son Eglise, dont je crains que vous n'ayez plus de sujets qu'il ne serait à désirer. Si parmi les besoins universels et les ac<:lair.alions publiques de la France à votre promotion, il est {)ermis de faire quelque réllexion sur nos besoins particuliers, je vous dirai. Monseigneur, avec votre permission, que vous êtes au port, et nous en la tem|)ête ; et (jue l'orage nous accueille, au même temps que nous vous voyons surgir au port. Et par l'indisposition de M. N., que le lemi)S n"a pas diminuée, et notre retenue, patience et modestie, n'a pas gagné. Mais c'est Dieu qui le sé[)are d un œuvre qu'il avait autrefois commencé avec vous. (Vest Dieu qui veut (uie la part (ju'il y avait vous soit laissée tout entière, atin que nous devions, non h lui, mais à vous

seul, notre établissement à Rome; je l'aime beaucoup mieux ainsi. Et puisque je n'ai rien contribué à son aliénation, qu'au contraire je l'ai servi par deçà depuis peu, où des plus grands ont voulu m'enquérir de lui ; je suis bien aise, que sans ma faute, je sois quitie envers lui, et que je vous doive tout, Monseigneur, auquel je dois déjà tant d'auties choses, et que vos mérites obligent tant à servir et honorer. Je rends à ceux auxquels je suis redevable, peu de témoignage par lettres de mes devoirs : ma paresse, mes [)etites occupations, mon inutilité, mon mal d'yeux, mon devoir à la retraite, me servant de prétexte et d'excuse à moi-même. Je vous supplie très-humblement ne pas mesurer à cette aune mes res|)ects et sentiments. Vous avez déjàquelque petite preuve de ma fidélité. Si Dieu me présentait quelcjue moyen de vous servir, les effets réels et solides vous feraient ("onnaître comme je désire cultiver et conserver soigneusement la qualité que j'ai dès longtemps d'être. Monseigneur l'Illustrissime, etc.

De Paris, ce 9 février 1626.

LETTRE CLXXXVL

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