A MADAME DE VENDÔME
// r exhorte à persévérer dans le bon usage des croix que Dieu lui envoie.
Madame,
J'ai reçu la lettrequ'il vousa plu m'écrire, et fait ce qui m'a été po>sibie pour vous servir en l'occasion qu'il vous a plu mecoraraander. Ce porteur vous en rendra témoignage. J'ai beaucoup de regret de vous voir en état que vous ayez besoin du serrice de vos serviteurs ; et de me voir avec si [teu de puissance de vous témoigner par effet ce qui est dû à tout le monde, à votre grandeur, à votre mérite ; et ce que d'abondant je dois en mon particulier, à tant d'obligations que je vous ai. J'ai essayé de n'être pas inutile à vos serviteurs en cette ville, et de les assisteren rop[)ression qu'ils craignaient : ce qui m'augmente le regret de ne ])Ouvoir pas faire le même envers ce qui vous est le plus proche. Le conseil de Dieu envers les siens est de les exercer, les élever et les apf)rocher de lui (lar la croix. Vous êtes trop à lui. Madame, pour n'être pas dans les termes de ce conseil. La croix nous approche de Jésus-Christ, et nous honore plus devant les yeux de son Père, qu'elle ne nous abaisse et avilit devant les yeux du monde; et Dieu se plaît de voir en nous les marques de son Fils bien-aimé, et c'est par ces voies que nous avançons en sa grâce. Ces vérités vous sont trop connues, et votre piété. Madame, n'a pas beso:n que je vous les représente. Il me suffit de prier Dieu qu'il vous avance en ses voies saintes des affiictions et des croix (ju'il vous envoie ; et qu'il me rende digne de vous servir comme vo\is
ŒUVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BERULLE
le méritez, et comme je le dois et désire, étant à jamais.