A MONSEIGNEUR LE MARÉCHAL DE SCHOMBERG
// le remercie du soin quil avait pris de ramener itn monastère de religieuses Carmélites qnon avait voulu séparer de l'unité de iordre.
Monseigneur,
Je vous souhaiterais un meilleur emploi que celui que vous avez daigné prendre à notre occasion, mais ceux qui sont capables de choses grandes, sont capables aussi des petites ; et c'est un ni(}me ouvrier qui a fait l'éléphant et le moucheron, et nous'iui rendons un pareil hommage, car il se. montre aussi grand aux choses petites comme aux choses grandes. A son exemple, vous êtes toujours égal à vous-mêmes, et aussi grand et heureux en ces choses basses, comme aux choses grandes et publiques lorsqu'il a plu à Dieu de vous y employer. C'est un bonheur à l'ordre que vous vous soyez rencontré en ce lieu, et à moi un malheur de vous avoir occasionné cette peine; et c'est un effet de voire bonté de vous être abaissé à ouïr ces petites âmes, à recueillir leurs larmes, à effacer leurs peines qui sont les derniers effets de la division. Je n'ai point eu à délibérer sur les articles qu'il a vous plume proposer; il est juste de soulager leursfaiblesses, déporter leurs petitesses, de condescendre à leurs appréhensions; mais quand il ne le serait pas, il est plus que raisonnable de satisfaire à votre intention. Je vous supplie très-humblement de recevoir la parole que je vous en donne et de vous en assurer. Votre nom , votre autorité €t la peine que vous avez daigné prendre à notre occasion, m'obligent à choses plus grandes et plus difficiles Je supplierai madame la marquise de Maignelay, que je n'ai [)oint encore vue sur ce sujet, de vous répondre pour moi. Et si j'étais tant heureux que de vous pouvoir rendre ce qui vous est dû, je tiendrais à grande bénédiction de rendre ce service au public, qui est intéressé en votre personne et en votre mérite. Mais la saison ne porte pas de si bons fruits, et je ne suis pas digne de si bons effets, et il faut que je nie contente dans mes propres pensées et sentiments qui reconnaissent ce que vous êtes, et ce que je vous dois, et la condition perpétuelle que je suis obligé de conserver, et que je vous supplie très-humbleuient accepter, en me tenant et m'avouant, etc.
De Paris, ce 4 juin 1624.
LETTRE CXCL