I.ETTRKS. — 111. - A DINEUSES PERSONNES LETTRE CXCII
A MAniMK m: mvzancolrt, noivi i.ikmeîjt
(-.()> Vi;il II K A LA FOI CATIIOI-K)! K.
Mfldniiie, l/lioiiiKuir qiio j'ai on de trnilnr nvpc M. <lo Scclit'Ilo, voir»! IVùr»;, ù |ir(''>ciit rallioli(|ue, cl iiyoc une (l.iiiio di; 'Hi<'dili'' en vDtro
f)rj)vm('e, (jn'il a ['lu h Dieu de réduire h \ii oi avec loiile sa famille ; a été suivi |ioiir inuii reyard du Ixiidienr de votre eoriiiaissance, et vous n tjonru'' le sujet île me vfiir, et me parler de la relij^ion prétendue réfcjrniée. En eelte vue je jugeai h propros d'ouvrir vus livres, et vous y l'aire voir l'article trente et unième de votre eonfession de foi ; et vous m'avez avoué depuis (|ue c'est le premier point <|ui a fra|)pé votre ûme jusqu'au vif, et »}ui vous a (lonné dès lors le <Jésir d'en avoir l'éclaircissement par les vôtres, ou à leur défaut île vous résoudre. C'est ce (jui m'oblige à sortir mainlenanl de la paii et douceur de ma vie et de la tranquillité de ma retraite, |)0ur entrer en ce combat et vous conforter en la foi (pic vous embrassez, en délaissant le parti contraire à voire salut cl à l'Kglise. Je ne prétends en ce discours que de vous faire voir l\ l'œil el 5 ceux (jui sont encore dedans l'erreur, comme cette inslructiou première que vous avez reçue de nous, tlemcure ferme et solide contre les efforts de nos adversaires ; vous empêche de llolter aux vents de doctrine élevés en ce siècle, et vous conduit et alfermit en la vive roche, sur laquelle il a plu à Dieu de bâtir son Eglise, el d'y poser votre Ame, comme une pierre vive de ce bâtiment du Fils do Dieu en terre. Je ne r'^cherche pas volontiers ces combats ni de iilurae ni de langue (el Dieu sait que c'est la seule pensée de mon devoir qui m'y tire maintenant), el la modestie chrétienne nous apprend à n'en pas faire état, et à n'estimer en celte vie que ce qui rend honneur et gloire à Jésus-Christ el à son Epouse : et le succès de ces rencontres, ne peut releverde beaucoup son élat el sa gloire. Car l'Eglise de Jésus-Christ, glorieuse de tant de victoires, himorée de tant de triomphes, et couronnée de tant de lauriers, que ses travaux et *es sueurs lui ont acquis contre l'idolâtrie qui remplissait la terre , et contre les hérésies qu'elle a mis à ses jiieds en chaque siècle, comme autant de monstres, ne ressemble pas à l'Eglise de nos adversaires, invisible et inconnue au monde juscju'à présent, qui n'a de quoi se signaler qu'en publiant légèrement ou faussemeni le succès prétendu de semblables escarmouches : mais la nôtre ayant arboré l'étendard de la croix par l'univers, el porté partout la connaissance du Fils de Dieu, elle se contente d'être et de [laraîlre toujours comme un grand corps d'armée, bien rangé en bataille, qui romjit les forces des troupes ennemies, sans s'émouvoir, el sans faire gloire de ses rencontres, qui dompte selon Daniel ii, 21), tous les royaumes de la terre, qui sert dappui el de soutien à la vérité,
selon sainl l'aul (/ Tim. m, 15), et qui doit vaincre el subsister ji/»7u'<i la fin du mondCf selon l'Evangile [Mnilh. xwiii, 20], etc.
LETTUE CX<:ill
A MaIMMK DR SAINT UEOnCES, £.•< A^GLETERRR.
.Madame,
J'ai ref;u la lettre qu'il vous a [du m'écrire, et ce (pii m'a été diverses fois mandé do votre part par autre voie el aTant mon partem'Mit. J'ai bien prévu ces ornjjes dont vous portez une bonne jtart. J'ai cru que le remède princi(tal, était en la paix de France et d'I*>pagne, el que c'était la meilleure recommandation qui pouvait venir de France, en .Angleterre, tant pour moyenner le contentement particulier de la reine que de ses serviteurs, et de tous les calholifiues. C'est à (}uoi j'ai pensé ù pro[)OS d'insister vers le roi et la reine mère, el j'espère que Dieu fera cette giAce et misériccjrde ù la chrétienté. J'ai très-grande et très-sen>ible douleur des allhctions de la reine, et du mauvais traitement (^ue les catholiques reçoivent contre les paroles el serments donnés, contre la *'") publique el contre l'humanité môme. Mais qui n'a point de foi envers Dieu, n'en gar^'e |)Oinl envers les hommes, et faut chercher par d'autres moyens la sûreté des paroles et des devoirs. El c'est le malheur de l'hérésie qui altère el corrompt les meilleures natures. J'ai l'ait entendre à la reine mère la facilité que vous avez 5 revenir quand le service de la reine d'Angleterre le requerra. "S'ous ne devez pas suivre les bons avis que l'on vous donne |)ar de là fort courtoisement et charitablement, mais vous devez attendre des commandements de par deçà avant [-artir, lesquels je ne firévois pas vous devoir arriver sitôt. Vous aurez dans fieu de temps .Mgr l'évêque de .Monde par delà, duquel vous aurez une pleine connaissance des intentions de ce pays. Peu de jours avant que je [tariisse d'.Angleterre, Mme la marquise de Maignelay m'y envoya une croix de petits tableaux selon les dévotions que je lui avais jiroposées, pour me servir comme d'un oratoire portatif aux divers yoyagesque je suis obligé de l'aire en divers lieux par ma condition : elle l'adressa à feu .Mme la comtesse de Sipierre pour me la délivrer, ne sachant pas que j'étais en chemin pour revenir. Tellement que j'ai trouvé ce |iaquet jtarti trois jours avant que j'arrivasse à Paris. Je n'ai |»as voulu la retirer dans les douleurs récentes de la perte qu'on a faite de cette vertueuse dame. Je vous prie mainlenanl me faire cette faveur que de la retirer, et de me l'envoyer [lar la voie de M. de Blainville, outre (jue c'est un usage de dévotion qui ne regarde que moi, el qui m'est utile, le soin et la peine que .Mme la marquise a eu de me le faire faire et de me l'envoyer m'oblige à avoir soin lie le conserver. Je [>rie Dieu qu'il augmente ses grâces et bénédictions sur la reine, sur sa maison, et sur ce pauvre royaume atfligé. Je suis.