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À M. LE CARDINAL DE LORRAINE

Sur sa promotion.

Vous Êtes né prince dans un Etat, et issu d'une maison l'une des plus illustres du monde, et qui a conservé la foi oij elle était combattue , et l'a rétablie où elle était éteinte; et maintenant Dieu vous fait jirince dans un Etal qui régit lous les autres Etals de l'univers, qui les bénit et sanclifie lous, qui s'étend jusqu'au bout du monde, et jusqu'au bout des siècles ; qui môme ne finit point à la lin du monde, mais passe de la terre au ciel. A la vérité tout ce qui est en vous est grand, mais cette grandeur oij Dieu vous élève maintenant, doit couionner les autres grandeurs, el me semble qu'elle leur donne un nouveau lustre, en vous donnant un nouvp.nu moyen de les faire [jaraitre, et d'employer la naissance, la connaissance, la pru'jence, la puissance, que vous avez au service de celui qui vous a donné ces avantages et qualités excellentes. Celui même qui vous fait maintenant [wince dans son Eiat. dans l'Eiai propre de son Fils unique Jé>us-Chri-t Noire-Seigneur, en un royai;u>e

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éternel, dans le temps ; céleste en terre, et divin au ciel. Vous considérant en cet honntnir, je vous révère d'un respect tout nouveau et tout particulier; et je vous vois si grand, que je ne vous puis souhaiter une plus haute grandeur, que d'user de celle que Dieu vous a donnée à la gloire de Dieu même. C'est le mojen d'être aussi grand un jour au ciel, que vous êtes grand en la terre , et d'avoir autant d'éminence en l'Kglise de Jésus, qui triomphe dans les cieux, que vous en avez en celle qui combat en la terre. C'est ce que je vous souhaite, etc.

De Paris, ce octobre 1627.

ŒUVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BERULLE. 1",48

d'amitié , qui ra'empêche de m'en éjouir

avec vous, et de votre nouvelle promotion

aussi, car il y a beaucoup plus de chôrge

d'honneur, en l'épiscopat qui vous a été

que ,. , ,.„. -,-

conféré. Je vous en souhaitais et souhaiterais encore une autre, où il y a moins à travailler et plus à profiter, par la bonne disposition des esprits mieux disposés h recevoir le fruit des labeurs de leur prélat. Je prie Dieu, qu'il nous fasse è tous la grâce de le servir et honorer, dans les charges où il lui [)lajt nous élever; et puisqu'il nous y honore, que nous soyons soigneux de l'y honorer lui même.

LETTRE CXCVIH.

A MGR l'archevêque DE ^ARBON^E,

Sur sa proniolion.

Monsieur, Ce n'est pas en l'occasion présente de votre parent prisonnier à Gênes, que je veux vous témoigner comme je désire vous servir ; c'est de tout temps, qu'estimant votre mérite j'en ai recherché les sujets , et tiendrai toujours h faveur, d'embrasser tout ce qui vous concerne, pour le faire réussir selon votre dessein. Et parce que cette affaire ne se peut traiter qu'avec les ambassadeurs et agents, il faut que le temps et l'occasion nous en soit la règle, pour vous en donner le contentement que je désire vous procurer de toute mon atreclion. Je vous supplie de vous assurer, que je n'y perdrai point de temps et d'occasion ; et si l'affaire ne tombe entre mes mains, j'en [orlerai à ceux qui en auront h commission. Je vous reniercie bien humblement de l'affection que vous me témoignez. Je ne sais pourquoi Dieu a ordonné ce changement en moi, je sais bien ne le point mériter. Puisqu'il l'a ainsi voulu, je le supplie qu'il me donne la grâce de l'y servir comme je dois. Les charges ont beaucoup plus de pesanteur que de splendeur. Je le supplie que je sente toujours l'une, et ne sois jamais occupé de l'autre. «C'est mon devoir et mon désir.

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