LETTRE CXCIX
A MONSIEUR l'ÉVÉQUE DE MENDE.
Sur sa proniotiou.
Monsieur,
Je puis bien m'étonner de ma promotion au cardinalat, vu le peu de mérite de ma personne, mais non pas trouver étrange la congratulation que vous m'en faites , eu égard à l'honneur de votre amitié. Je ne ;»uis toutefois la recevoir, sans faire tort à la connaissance que je dois avoir de moimême, et de la pesanteur de cette charge, qui m'oblige à la recevoir avec plus de crainte que de contentement, et avec plus de besoin et de désird'ôlre aidé des jjrières, que d'être honoré des compliments de ceux ■qui me font cet honneur que de m'aimer. C€st celle même pensée, et non jias faute
LETTRE ce,
A «ONSJEUR L ABBÉ DE FOLLIGNY, EN ITALIE.
Sur sa promoiion.
Monsieur,
Je n'ai rien fait dans mes actions précédentes, qui mérite la mémoire des hommes ; et si elles vous ont été rapportées, et aux Souverains Pontifes qui ont par ci-devant régi le Saint-Siège , je dois craindre que ce ne soit une récompense humaine, ordonnée à des actions qui ne méritent {las une récompense divine. Plai'^e à Dieu que je sois en sa mémoire, et qu'oubliant mes misères, .11 se souvienne d'exercer ses miséricordes sur moi, et que je sois un jour, un de ceux dont il est dit : Jn mcmoria œlerna erit justus. {Psal. CXI, 7.) Je ne sais pas pourquoi sa majesté divine a ordonné sur moi le cnangement d'état sur lequel vous daignez mécrire ; mais je sais bien ne le mériter point, et je suis obligé de rechercher la grâce de Dieu qui m'y est nécessaire, par les prières de ses serviteurs. Vous êtes de ce nombre, et vous êtes en un lieu honoré du corps et de la mémoire d'une célèbre servante de Dieu , la bienheureuse Mère Claire de Monlé-Falco. Je lui ai beaucoup d'obligation et de dévotion dès longtemps. Je vous prie de l'invoquer pour moi quelquefois, et donner pan en vos saints sacrifices à celui qui en a besoin, et que vous voulez obliger de votre souvenir, et qui désire être plus par effets que par paroles.