LETTRE CCXII
A t'N ECCLÉSIASTIQrE DE QUALITÉ.
Pour lui recommander les religieuses Carmélites, traversées en sa province.
Monsieur,
L'assistance que vous avez voulu rendre aux religieuses Carmélites, m'est d'autant plus agréable qu'elle leur est très-nécessaire. Et j'attribue à la providence de Dieu sur elles, la charité que Dieu vous a donnée envers leur ordre ; car vous êtes un de leurs appuis principaux dans le pays oij Dieu permet qu'elles soient affligées. Je me liens obligé vers vous, Monsieur, de la peine que vous en avez prise, et de la volonté que vous avez de la continuer. Et afin que vous 1b fassiez avec droit el autorité, je vous envoie mon pouvoir. Je ne voudrais pas présumer de vous donner celle peine, si je ne connaissais que ces bonnes âmes en ont besoin. Elles savent bien mieux prier Dieu que se bien défendre. Dieu a voulu me commettre de nouveau depuis ma (iromolion, la charge de ces monastères; el je liens à bénédiction le soin qu'il m'oblige d'avoir de tant du bonnes âmes, sachant combien leurs prières, me servent devant lui. Je désire ne man-^ quer à rien de mon devoir envers elles, el je vous prie prendre celle charge, de les proléger de ma part, el en toute occasion où je pourrais vous rendre quelque service, je vous ferai parailre combien je ressens celle obligation, el que je suis.
LETTRE CCXIII
A UNE DAME DE QUALITÉ, APPELÉE A l'orDRK DES CARMÉLITES.
Madame,
J'ai été averti par la Mère prieure de N. de votre désir d'avancer le temps de voire retraite , et je ferais conscipnce de n'y |»as correspondre de ma part. C'est un désir si légitime, et que vous avez de si longtemps, que, f)Our l'accomplir, nous n'avons qnh considérer si vous le pouvez par les obligations précédentes et naturelles que vous avez à vos enfants. Lorsque j'ai eu le bien de vous parler, j'ai eu sujet de faire un si grand état de votre prudence et pié-té, que j'estime me pouvoir remettre à vous-même de ce point-là; et si vous jugez en conscience y avoir satisfait, je me contente, si ceux qui ont à présent la directi-on de votre âme le jugent avec vous. Je désire donc que rentrée de la religion vous soit ouverte, et j'en écris à la Mère prieure de N.; et si votre inclination vous porte à quelque autre maison de ce même ordre, je ferai encore ce qui dépendra de moi pour vous y servir, me tenant obligé de favoriser en tout ce qui me sera possible les bons désirs que Dieu donne à votre âme. C'est une graïKJe grâce que celle que Dieu vous présente en cette retraite à laquelle vous aspirez; mais il y a encore cela de plus, que c'est une semence de plusieurs autres grâces , que vous ne pouvez pas maintenant reconni'iître. Je loue Dieu de ses pensées et miséricordes sur vous, et je supplie Jésus-Christ, Notre-Seigneur, et sa très-sainte mère, de me rendre digne de les servir en servant à votre âme. Je suis en eux.
CARDI^ÎAL DE BEttULLE.