LETTRE CCXIV
A UNE PERSONNE DE PIETÉ
Il la console de la mort de Vun de ses proches.
La grâce de Jésus-Cbrist Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Un de nos devoirs et exercices principaux en la terre est de mourir pour vivre, et j)Our vivre à jamais en Jésus, qui est la vie et notre vie tout efâSerable, car comme il s'appelle lui-même la vie {Joan., XIV, 6). son Apôtre l'appelle notre vie {Col, m, k], alin que reconnaissant et adorant en Jésus celte sienne |)erfection qui le rend, non-seulement vivant, mais la vie même, nous sachions qu'il nous veut co(nmuniqiier sa vie et se rendre lui-même notre vie, par la grâce des mystères de l'Incarnation, de la Croix et de la Résurrection, oij Jésus est notre vie et dans la vie et dans la mort même. Car comme en mourant il nous fait vivre |.ar l'eflicace de sa mort conjointe ^ la vie divine, aussi lorsque nous mourons, il nous donne la vie, et nous fait trouver la vie dans notre mort, si nous voulons mourir à nous-même pour vivre en lui. Mourons donc volontiers pour vivre à lui, mourons ^ nous-iuèine et à tout ce qui est nôtre, mourouj avant que de mourir, mourons par
esprit, et par l'esprit de Jésus, pour vivre par ce divin esprit de vie; mourons, dis-je, par esprit, avant que de mourir par les humeurs et la condition misérable de ce corps, qui tend h la mort dès le (ircraier instant de sa vie. Cette sorfe de mort par esprit et par grâce doit précéder la mort oui nous arrive par nature, et vous faites profession continuelle (le cette mort, qui donne la vie et la grâce à la moit mêu)e, et ce doit être un de nos exercices principaux en la terre, si nous suivons l'esprit du ciel, es()rit de Dieu et de vie. Or, ce continuel exercice que nous devons faire doit être accompli de temps en temps avec plus de rigueur, et particulièrement lorsqu'il lui p'Iait nous y convier jiar les inspirations, ou nous y obliger par les occurrences qu'il nous envoie, coujme est celle qu'il lui a plu ordonner sur vous depuis peu de temps. C'est un ob,et de mort qui nous doit faire entrer en un renouvelment de la mort intérieure, que nous devons avoir, et au regard de nous-mêmes, et au regard de tout ce qui est nôtre : car, comme nous vivons et en nous-mêmes et en autrui, nous devons aussi mourir et au regard de nous-mêmes, et au regard d'autrui. Et dès le premier instant de la raison . ou au moins de notre conversion, nous devons à Dieu cette sorte de mort intérieure : 1° le reconnaissant pour unique objet de notre vie ; 2° ne voulant pour jamais vivre qu'en lui ; 3" en lui otfrant cette vie mourante que nous avons , pour être employée à sa gloire et échangée en son temps en la vraie vie qu'il donne aux siens en Jésus- Christ, son Fils, Notre-Seigneur. Cette offrande de notre vie rend hommage et soumission à la vie que Dieu a en soi-même, et reconnaît le pouvoir su()rême que l'Auteur de la vie a sur nous ; et après avoir mis es mains de Dieu ce qui est à lui plus qu'à nous, voire n'est qu'à lui et n'est point à nous, il nous faut encore rendre hommage à sa justice et accepter la sentence de mort prononcée sur nous et sur ce qui est nôtre, par soumission et à l'Etre divin, et à la juslice divine. Ces pensées que je vous propose, et le profit spirituel que vous en pouvez tirer, sera, s'il vous plait, votre entretien, au lieu des pensées que laftliclion vous donnerait sur l'accident arrivé. Car ces pensées-là sortent de la ijature et de vousmême, et celles que je vous écris sont de Dieu et de sa grâce. Je les écris un peu eu hâte et confusément, mais vous les saurez bien digérer et arranger à loisir. Ce sont pensées de vie et de mort, mais de vie et mort divine, de vie et de mort en Jésus; ce sont jiensées d'hommage et de reconnaissance à l'infinité de la vie de Dieu et à l'autorité suprême qu'il a sur ses créatures et à sa justice jiar laquelle il veut que cette vie qui est en nous meure pour faire place à la vie que Jésus nous a acquis, et acquis en sa mort et en son sang, et toutes ces pensées nous font rendre à Dieu ce que nous lui devons j)ar justice. Car il est ju>te que U'ius lui rendions ce qui lui appariieal, e*
l.KTTUKS. — III. — A DIVERSES PKIISON.NES.
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Sue nous souffrions In morl que nous «vous émc'Tiléo, et qui nous est prononcéo et ni>|ili(|iiL^e (16s le premier nionierU (I(î nolro VIO. l'.t flans ce pouvoir nhsolu (h; Dieu sur nous cl celle juslire divine (jui s'exerce (■onlre nous, nous y Irouvons uiiiiéricorile ; car, par S.1 luiséii* ortie, nous trouvons el nous recevons dans sa njoil ^loiie el vi(; 1 O vie! ô gloire! ô vie accpiise par la morl el par une mort divine! A vie cacin'e ded.ins la niorll A vraie vie, vie suprOme el divine, vie inlniie 1 ô juslii e el miséricorde, qui | ar In morl nous cciiduit ?» la vie, et h la vie (jui nlisorhe notre morl dans la grandeur de la vie el de la gloire 1 Je supplie celui qui esl notre vie el nolio gloire, Jésus-Clirisl N»«tie- Seigneur, eUelle (|ui par lui esl et s'appelle vie dans le servicede l'I-'j^liso: Mla dulccdn et spcs nostrn, que pour jamais nous soyons adhérents h leur vie.