I.KTTUK CCXV
A UNE VERTLELSE DaMOISELLE GRANDEMENT TRAVAILLÉE DE LESPRIT MALIN.
La grAce de Jésus-Cliri>t Nolre-Scigneur soit avec vous [lour jamais. J'aidifFéré quelque temps à vous répondre, pour mieux considérer ce que vous me mandez. Je vous exliorl(3 à Taire tous Ic'^ jours une gran<le et pr'ofoiule séparation de lespi il (jui vous travaille, el la laiie de toute votre puis- .sance, en riionneur de la séparation que Jé- .sus-Christ Noire-Seigneur el la très-sainte Vierge ont en eux-mèaics par leur propre sainteté. Cet esprit malin s'insinue dans nos sens, dans nos liumeurs, dans notre esjirit môme, el se cache el couvre de nous-mêmes dans nous-mêmes, pour être moins aperçu, p»ur être reçu plus iacilemenl, pour prendre droit de nons en nous, d'y faire beaucoup d'excès (|ue nous croyons inévitables. 11 n'est pas lantbooin de connaître cosdéfauis-là en particulier, ce qui est mal aisé, cou)[ne il esl nécessaire d'avoir un éloignement très-grand de cet esfirit, qui essaye de se rendre si présent et si lamilier en iiou> ; el par cette voie nous dis|;oser insensiblement à avoir moins d'éloigncment de lui. Kl au contiaire nous devons être dans un état d'éloignement perpétuel el absolu de lui et de tous ses cU'ets; [larce qu'il est séparé de Dieu pour jamais, parce qu'il est ennemi de notre salul, parce ipi'il ne fait aucun etl'el en nous que pour nous éloigner de Dieu ; et nous ne devons rien poiler de lui, que ce (|ue nous ne [louvons éviter. Kl cela môme il le faut [lorler comme une jiénitence im- I Osée de Dieu sur le pé» hé, en l'Iionueurde Jésus portant nos initjuilés sur soi. Les peines que vous avez en la sainte communion, me donnent sujet Je |)enser (pi'elle devrait être |)lus rare el le |)lus secrètement que faire se peut, car le malin esprit demande à èire vu en ses etfets, el au contraire il le faut cacher el l'anéantir même si n<jus |»ouvons en ses elfets. La privation île la très-sainte communion par esprit d'humilité et de ré-
vérence h Jésus-Clirist Notre-Seigneur, serji utile h r/ime, et amoindrira, à mon avis, le pf)uvoir du malin esnril, infest/uil la personne. \ji pré-^ence de cet esj rit n'oblige pa^ h une privation absolue, mais elle re- (piiert une retenue et modération plus grande p;ir cet esptil de révérence h la [irésence ilo Fils de Dieu; et la puissance ()u'jl prend <)c faire les elfets déiégbVs (pie vou-s uio (Mandez, nionlre que Dieu demnn .'e ccMle réserve et leleniie, laqiudle acceptant comme delà main d»; Dieu, et par son ordonnance, elle vous sera prolitable. Je supplie Nolre-S(rigneur Jé>us-(]l)risi, et sa très-sainte Mère, vous bénir et diriger dans les voies [lénible* que vous portez. Il y faut beaucoup d'humilité, de paliem e, de dégagemenl de soi elde soumission h l'ordonnance île Dieu sur ses créatures.
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A UNE PERSONNF DE PIÉTÉ
Il l'exhorte à ronsmer par une praliqut journalière d'oraison, les bonnes résolutiunii (jue Difu lui avait données en une retraite spirituelle.
La grâce de Jésus-Christ Nolre-Seigneur soit avec vous pour jamais. L'amitié que j'ai detoul temps ronlraclée avec votre fimille, n'a |)U permettre que j'aie içjnoié la résolution que vous avez jirise avec Dieu ces jours passés, et ralfeclion particulière que je porte dès longtemps h votre âme, nie fait avoir parla la bénédiction que vous avez reçue du ciel, en vos pieux el dévots exercices. C'est une grûi.e que vous devez estimer beaucoup, el i^ui sera fondement de |)lusieurs autres grâces, si vous les savez bien conserver et ménager, à la gloire de Dieu et voire avancement particulier. Mais comme vous vovez (^uc la semence doit être cachée dedans la ter;'e quelque tem;is avant se lever, et pousser au dehors sa verdure et sa feuille ; ainsi celle semence de l'esprit (!e Dieu doilêtre conservée dedans voire ta jr, el y prendre de profondes racines, avant de les manile>ter à personne. Et comme vous l'avez reçue en la retraite, aussi fanl-il que vous la conserviez par la même voie qui lui a donné commencement el origine, c'est-àdire en la retraite de l'esprit avec Dieu, sinon quel(]ues jours et semaines entières, au moins quelques heures chaque jour, ou vous renouveliez les meilleures pensées, les jdus vives atl'ections, et les plus saintes résolutions que Dieu vous ait données. Car c'est l'esprit de l'oraison qui [liante el qui arrose, et qui accroît en nos cœurs les autres dons el glaces du Saint-Esprit.