‹ Œuvres complètesChapitre 445 sur 540 · AO CARDINAL DE RICHELIEU, DU 23 DECEMBRE · texte numérisé non relu

AO CARDINAL DE RICHELIEU, DU 23 DECEMBRE

Sur les contradictions quil avait éprouvées

de la part des Jésuites.

J'aimerais mieux. Monseigneur, vous satisfaire en tout autre sujet, et vous rendre compte des autres affaires, que d'être obligé de parler et d'é(Tire dans cette occasion. Aussi je ne le fais que par obéissance et nécessité, et le plus tard qu'il m'est possible. Je voudrais bien plutôt employer le temps à demander à Dieu la grâce et la patience pour faire un bon usage de semblables accidents, que de l'employer à nous plaindre de ceux qui nous intéressent, encore qu'ils soient extrêmement diserts et abondants à se plaindre devant vous et en toutes rencontres, et à faire valoir fort peu de choses, et qu'ils soient gens à répandre leurs plaintes jusque dans les provinces étrangères, comme s'ils voulaient que ceux qui sont connus pour innocents oiî ils sont, soient tenus pour coupables où ils ne sont pas. C'est leur procédé de parler tous en divers lieux un même langage contre nous, ainsi que je l'ai de

(165) Tabaraud ajoute à la leure que nons reproduisons ici la note suivante sur son authenticité :

Celte lettre, dont le P. Battarel atteste avoir vu la minute , fut imprimée pour la première fois h Lille en Flandre, dans le Chronicon Congregalionis Orat. D. J . per Provinciam Archiepiscopatus Mechliniensis di/fusœ , composé par le P. Svferl, ancien prévôt de la congrégation. Elle reparut dans les Anecdotes de la Chine, t. VII, en 1702. Elle a été réimprimée plus correciemenl avec les lettres de M. Lecamus, de le Tellier et de Bossuei , pour servir de suite au Jugement porté sur les Jésuites par les grands hommes de l'Eglise et de CEtal.

Quoi qu'il en soit, il ne me paraît pas bien démontré ()ue de Bérulle soii l'auteur de celte lettre, et encore moins qu'on n'ait pas ajouté des diatribes ajix plaintes qu'il a pu faire. Ce qui est certain, c'est l°(iu'on a changé ou rajeuni le style de de Bérulle s'il est l'auteur de la lettre qu'on lui attribue, ei qu'il ne l'a point écrite telle qu'elle nous est parvenue; t" si rdlustre cardinal vivait de ni)S jours et si, par conséiutriit, il avait vu qui a aimé ou haï tes Jésuites depuis lôO ans, qui les a célendus on calomniés, favorises ou p'^rsécuiés, son langage eût

nouveau reconnu dans ce dernier voyage, comme s'ils en avaient des avis communs et en tinssent registre ; au lieu que pas un d'entre nous n'est instruit de ces différends, et n'en fiarle ni en commun, ni en particulier. S'ils étaient |)lus remémoratifs des bienfaits que des offenses, ils se souviendraient et avoueraient ingénument que je les ai servis, et en général et en particulier, môme au temps que pas un de ce royaume ne l'osait faire, et ce, par longues années, et durant le courroux d'un grand roi sensiblement offensé, dont je n'ai point considéré l'indignation, nonobstant le péril, pour considérer leurs besoins et leur faire charité dans l'oppression publique ; et lorsqu'ils étaient abandonnés de tous. Ceux mêmes que j'ai l'honneur d'avoir pour parents, ont été presque les seuls qui les ont assistés dans leurs afflictions, et protégés même avec périls très-grands, comme dans l'accident de Châtel, qui tira les Pères Jésuites en ruine, et ceux qui les protégeaient alors. Ce que je dis est notoire en France à tous ceux qui savent l'histoire de ce royaume (t64).

Ils se souviendraient que le P. de Sancy les a obligés de sa vie et de ses moyens à Constantinople, et ils le reconnaissent mal, pour être trop violents en leurs desseins, trop peu sensibles en leurs devoirs et trop aveugles en leurs intérêts. Ils se souviendraient que, depuis avoir dressé l'Oratoire, je les ai obligés à Rouen, à Troyes, à Orléans , à Alençon et en plusieurs autres lieux.

A Rouen, j'ai refusé la ville qui nous donnait un collège pour nous loger, encore que nous fussions sans aucuns fonds et logements, et ce, pour satisfaire à leurs desseins,et lesdélivrerde l'ombre qu'ilsavaient que la ville ne s'affectionnât à nous pour la régence plus qu'à eux.

A Orléans, nous avons travaillé à les introduire, et refusé le collège qui nous a été offert, et un bon fonds pour l'entretenir, bien que nous fussions sans fonds et sans

été bien différent.

(164) Les services rendus aux Jésuites par le P. de Bérulle sont certifiés par la lettre suivante du P. Aquaviva, leur général, adressée à ce saint prêtre avant qu'il ait fondé l'Oratoire.

f Claudius Aquaviva Socieialis Jesu praepositus Generalis , rêver, ac nobili DD. Petro de Bérulle, saluteni in eo qui est vera sains.

« Cum qui erga omnes viros pios affectus noster est, is praesertim rêver, dominationis veslra». pietati, et in Socielatem no&lrani beiievolentiai ac meritis debeatnr ; propterea etsi panperiatis nostr;e conseil, communicalionem oralionuin , et sacriliciorum, rcliquarumque omnium piarum aciionum et operum quie in Societale noslra per Dei gratiaiu et benignitatem fiunt , rêver, dominaiioni vestrai. ex intima cordis aflectione imperliniur in nomiiio Paliis, et Filii, et Spiriliis sancti ; Denm ipsum, et Patrem Domini nostri Jesu Cliristi humiliter deprecanles, ut et concessioiiem liane de cœlo ratani et lirmam liaberc dignclur, et nostram ipse inopiain supplens, pluriniiim révérend. Dominatiuni vesirsc SUOHUiii Uonorum copiam laigialur.

< Dalum Kjmy, die 21 septembiis 16C0.

« ClAIDJL'S AfiUAVlVA.. J

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